La guerre est son métier, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, février 2026)


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Pieter Brueghel le Jeune. – « L’Homme au sac d’argent et les flatteurs », vers 1592

The Leiden Collection, New York

Le 4 janvier dernier, l’année commence à peine et le président des États-Unis revient à Washington dans son avion. Il est en forme. À Mar-a-Lago, où il a joué au golf, il a également assisté la veille, en direct, à l’enlèvement de son homologue vénézuélien Nicolás Maduro par un commando de l’armée américaine. Surprise totale, exécution parfaite. M. Donald Trump a donc envie de parler aux journalistes plus encore que d’habitude. En roue libre, il menace six États en quelques minutes. Ceux qu’il vient d’attaquer, le Venezuela et Cuba — trente-deux gardes du corps cubains de M. Maduro ont été tués —, mais aussi l’Iran, un pays qu’il a déjà bombardé sept mois plus tôt. S’ajoutent à la liste la Colombie, le Mexique, le Groenland.

Autour de lui, les journalistes se régalent. Sitôt qu’il met en cause un pays, ils encouragent M. Trump à taper plus fort : « Donc il y aura une opération des États-Unis en Colombie ? » ; « Est-ce que vous réfléchissez à une action américaine à Cuba ? » ; « Pensez-vous que vous allez agir contre le Groenland ? ». Dans ce fan-club présidentiel qui revient de Floride, une personnalité frétille, épanouie : le sénateur républicain de Caroline du Sud, M. Lindsey Graham. Le président lui donne-t-il la parole pour qu’il cesse de hocher la tête comme une marionnette ? En tout cas il plastronne à son tour : « On a eu le Venezuela, on a Cuba, on a la Colombie. Trump nettoie notre arrière-cour d’un califat de la drogue avec des dictateurs narcoterroristes qui assassinent, violent, et expédient chez nous de la drogue. (…) Attendez un peu et ce sera le tour de Cuba, une dictature communiste qui a tué des prêtres et des nonnes. Leurs jours sont comptés. »

Le récit de M. Graham comporte en effet un happy ending opportun en cette période de vœux : « On va se réveiller, j’espère en 2026, avec dans notre arrière-cour des alliés qui font du business avec l’Amérique, pas des dictateurs narcoterroristes (…)

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