Pesticides : La toxicité progresse à rebours des promesses


Entre 2013 et 2019, l’exposition du vivant à la toxicité des pesticides a augmenté dans la majorité des régions agricoles du globe, selon une étude scientifique publiée début février dans la revue Science. Et pour cause ! Un modèle agricole toujours plus intensif, porté par quelques grandes puissances et des choix politiques qui peinent (si tant est qu’ils essaient) à honorer les engagements internationaux.

Les chercheurs allemands à l’origine de l’étude ont conçu un indicateur global intégrant à la fois les volumes épandus, la dangerosité des substances et leur diffusion dans les écosystèmes. Leur analyse montre une dégradation marquée pour six grands groupes d’espèces, en particulier les pollinisateurs, les organismes du sol et les milieux aquatiques. Christophe Leboulanger, écotoxicologue au laboratoire Marbec, alerte : « Les industriels peuvent réduire la quantité de pesticides en trouvant une molécule qui sera plus efficace, donc plus toxique ». Ces travaux ont été relayés par Reporterre.

La toxicité se concentre dans les régions où l’agriculture est la plus intensive. États-Unis, Brésil, Chine et Inde représentent à eux seuls une part majeure de l’impact chimique mondial. Certaines cultures se distinguent par leur contribution élevée, notamment le soja, le coton, le maïs et la canne à sucre. Les auteurs soulignent également que le recours massif aux OGM ne garantit pas une réduction de la pression chimique. Marcel Amichot, chercheur à l’Inrae, résume l’impasse : « Tant qu’on reste dans un système d’agriculture productiviste, on aura forcément besoin de pesticides, c’est un problème sans fin ».

Les chercheurs appellent à une transformation profonde des systèmes agricoles et alimentaires : réduction des substances les plus dangereuses, développement d’alternatives non chimiques et évolution des régimes alimentaires constituent les leviers les plus efficaces. Une transition coûteuse pour les agriculteurs, qui suppose un accompagnement public durable. Sans ce sursaut politique, la trajectoire actuelle continue d’éroder les écosystèmes et d’éloigner un peu plus l’objectif de protection du vivant.





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