Traits de caractères, par Boris Séméniako (Le Monde diplomatique, février 2026)


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Né Samuel Monod en 1894, Maximilien Vox reste pour beaucoup de graphistes le créateur en 1954 de la classification Vox-ATypI, qui répartit toutes les polices de caractères en neuf grandes familles. Son autobiographie permet de mieux connaître le cheminement d’un homme dont le nom est mondialement associé à l’art typographique (1).

Sa plume fait revivre le monde de l’édition de l’entre-deux-guerres, avec des personnages hauts en couleur, tel Bernard Grasset. Dans les années 1920, il crée chez cet éditeur une nouvelle identité pour les couvertures de ses livres. Grand succès. Les collaborations s’enchaînent : Plon, Larousse, « Le Masque », Gallimard… À l’écoute de la création de son temps, comme le montre son intérêt pour la police Bifur inventée par l’affichiste Cassandre, il fait aussi revivre des typographies oubliées, avec le concours de la fonderie G. Peignot & Fils.

Catholique d’extrême droite, il prend part aux émeutes antiparlementaires du 6 février 1934. Il travaillera au ministère de l’information de Vichy, mais rejoint en 1943 le groupe de résistance Combat, avec lequel il participe à la libération de Paris. En 1952, il fonde avec son ami Jean Giono et d’autres graphistes les Rencontres de Lure, restées le rendez-vous annuel des typographes.

Tous les amoureux du graphisme trouveront plaisir à plonger dans ce récit, car « la typographie est certes une architecture ; mais peut-être, après tout, est-elle plus encore une musique »…



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