En visite dans le Caucase, le vice-président américain, J.D. Vance s’est rendu mardi en Azerbaïdjan où il a signé un partenariat stratégique avec le président de ce pays, Ilham Aliyev. Coopérations économique, énergétique, technologique et militaire sont au cœur de cet accord, qui permet à Bakou de diversifier ses relations économiques et à Washington de consolider sa présence dans l’arrière-cour irano-russe.
En août 2025, les États-Unis ont orchestré une médiation aboutissant à un accord de paix historique signé à la Maison Blanche entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, sous l’égide de Donald Trump, avec Ilham Aliyev et Nikol Pachinian. Les deux dirigeants ont officiellement paraphé un texte où ils renoncent à toute revendication territoriale l’un sur l’autre, actant de fait que le Haut-Karabakh appartient à l’Azerbaïdjan.
Un TRIPP et des patrouilleurs dans la mer Caspienne
L’un des points-clés de cet accord est le grand corridor de transit de 43 km, appelé « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales » (TRIPP), qui va traverser le sud de l’Arménie pour relier l’Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan. L’objectif est de relier ce corridor à des routes menant vers l’Europe et développer des infrastructures de transport terrestre, maritime et aérien facilitant les échanges, les procédures douanières et sécurisant le passage qui sera sous gestion US dans une région essentiellement marquée par l’influence russe.
Mardi, le vice-président américain a visité le Caucase du Sud pour renforcer l’engagement de son pays à l’égard de ces deux pays. La veille de son arrivée à Bakou, il s’était rendu en Arménie, là où aucun vice-président ou président américain ne s’était déjà rendu. Avec le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, J.D. Vance a signé un accord lié à l’énergie nucléaire civile ainsi qu’à l’exportation par Washington de puces informatique et de drones de surveillance.
Avec Ilham Aliyev à Bakou, le vice-président américain a signé un large partenariat portant sur plusieurs secteurs, pour “créer de la prospérité là où il n’y avait autrefois que des combats et des conflits”. À propos du TRIPP, le président azerbaïdjanais y voit “une nouvelle contribution à la paix, au développement et à la coopération dans la région”.
J. D. Vance a de son côté annoncé son intention d’envoyer à l’Azerbaïdjan de nouveaux patrouilleurs pour l’aider à “protéger ses eaux territoriales” dans la mer Caspienne. Située en Asie occidentale, cette mer réunit surtout, avec deux autres États, l’Iran et la Russie, qui voient d’un très mauvais œil toute intervention extérieure pour garantir la sécurité de la région.
Le partenariat prévoit aussi une coopération dans des projets d’intelligence artificielle et d’infrastructures IT, ainsi qu’une collaboration sécuritaire “pour la stabilité dans le Caucase du Sud”.
“Ces pays sont souverains”, rappelle Moscou
La visite de J.D. Vance dans ces deux pays et l’annonce des accords signés ont fait réagir Moscou. Interrogé par la presse à ce propos, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a rappelé que la Russie maintenait “une coopération mutuellement bénéfique avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans pratiquement tous les domaines et entend continuer ainsi”.
“Ces pays sont souverains, et ils ont un droit souverain à établir des relations avec d’autres États souverains”, a-t-il ajouté.
Depuis fin 2024, les relations entre Moscou et Bakou ont été marquées par des crises graves : crash d’un avion azerbaïdjanais abattu par erreur russe, mort de ressortissants azerbaïdjanais lors d’une rafle à Ekaterinbourg, protestations mutuelles et expulsion de diplomates, culminant en une crise diplomatique qualifiée de « divorce ». Malgré un dégel en octobre 2025, des frictions persistent toujours.
De son côté, Ilham Aliyev est revenu dans les petits papiers de plusieurs pays occidentaux ces dernières années, malgré le conflit dans le Haut-Karabakh. Il a d’ailleurs rappelé lors de la visite de J.D. Vance que son pays “assure aujourd’hui la sécurité énergétique de 16 pays grâce à ses ressources en gaz naturel, dont 11 sont membres de l’OTAN et alliés des États-Unis ». Avant Washington, Bakou avait renforcé en 2022 ses relations avec l’UE, notamment dans le domaine de l’énergie.