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L’Iran est disposé à consentir des concessions sur le dossier nucléaire, à condition que les États-Unis lèvent leurs sanctions. Téhéran refuse toutefois toute négociation sur ses missiles ou l’arrêt total de l’enrichissement. Entre diplomatie et pression militaire, l’issue des pourparlers reste hautement incertaine.
Alors que les discussions indirectes entre Washington et Téhéran reprennent, l’Iran affiche une volonté prudente d’avancer vers un nouvel accord nucléaire, tout en plaçant la responsabilité du succès sur les États-Unis.
Dans un entretien accordé à la BBC, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a affirmé que « c’est à l’Amérique de prouver qu’elle veut conclure un accord », estimant que des progrès restent possibles, si la question centrale des sanctions est réellement abordée.
L’espoir demeure
Selon lui, les premiers échanges organisés à Oman ont évolué « dans une direction plutôt positive », même s’il juge encore prématuré d’anticiper une issue. Téhéran met en avant plusieurs gestes d’ouverture, notamment la possibilité de diluer son uranium enrichi à 60 %, un niveau proche du seuil militaire. « Nous sommes prêts à discuter de cette question et d’autres points liés à notre programme s’ils sont prêts à parler des sanctions », a-t-il insisté, sans préciser l’ampleur des allègements attendus.
L’Iran refuse toutefois toute remise en cause de ses lignes rouges. Majid Takht-Ravanchi insiste : « la question du zéro enrichissement n’est plus à l’ordre du jour », rejetant une exigence régulièrement évoquée par Donald Trump. De même, le programme balistique reste exclu des discussions. « Nos missiles sont venus à notre secours lorsque nous avons été attaqués. Comment pourrions-nous renoncer à nos capacités de défense ? », a-t-il déclaré, soulignant la dimension dissuasive de cet arsenal.
Dans un contexte de renforcement militaire américain au Moyen-Orient, le diplomate iranien a averti qu’une confrontation serait « traumatisante pour tous » et plongerait la région dans le chaos. Tout en affirmant privilégier la voie diplomatique, il a prévenu que l’Iran réagirait fermement à toute menace existentielle. « Nous espérons parvenir à une solution politique, mais l’autre partie doit aussi prouver sa sincérité », a-t-il conclu.
Malgré des signaux d’ouverture, la méfiance demeure profonde, alimentée par des divergences sur le périmètre des négociations et par la crainte iranienne d’un revirement américain. Le prochain cycle de discussions à Genève pourra ainsi déterminer si le dialogue débouche sur un compromis durable ou sur une nouvelle phase de tensions.