Epstein, Yermak et Zelensky, par Thierry Meyssan


Andriy Yermak, avocat international engagé, fut le mentor de Volodymyr Zelensky en politique. Il devint le directeur de son administration présidentielle. Zelensky étant bipolaire, Yermak le remplaça en toutes choses, lors de ses épisodes dépressifs. Il démissionna au début de l’opération Midas. Zelensky a assuré qu’il n’était pas coupable et que le motif de sa démission était autre.

L’affaire Epstein secoue l’ensemble des États développés. Résumons les faits : le milliardaire Jeffrey Epstein a organisé un réseau d’informateurs pour le compte du Mossad et de la branche franco-suisse des Rothschild. De manière à disposer de moyens de chantage sur eux, il a progressivement embarqué ses cibles (des scientifiques, des financiers et des politiques) dans une suite de jeux, toujours plus atroces les uns que les autres. Au départ, il leur proposait des relations extraconjugales, puis avec des partenaires de plus en plus jeunes, puis il les embarquait dans des tortures, des meurtres et du cannibalisme. Les personnes qui arrivent à des postes importants dans la société peuvent ressentir le besoin de vérifier le pouvoir dont elles disposent. Elles ne peuvent le mesurer qu’à la hauteur de leurs transgressions, avec des pratiques unanimement condamnées, auxquelles elles se livrent sans encourir de poursuites.

Ce type de chantage n’est pas nouveau. Nous avons connu en France l’affaire Doucé (1990) et en Belgique l’affaire Dutroux (1995-1996). Jamais la lumière n’a été faite sur les cibles de ces chantages. On s’est contenté de soulever quelques noms de personnalités, mais on n’a jamais arrêtés les criminels haut-placés. Ce qui est nouveau, dans l’affaire Epstein, est que la justice états-unienne dispose de 9 millions de pages de documents, dont elle a déjà rendu publiques un tiers.

Les affaires Doucé et Dutroux étaient des chantages exercés par les services secrets de l’OTAN. Leurs cibles n’étaient pas uniquement en France et en Belgique, mais dans toute l’Union européenne. Les cibles qui ont été utilisées n’ont pas été inquiétées. Elles étaient disponibles pour de nouvelles opérations.

À ce stade, 25 cibles d’Epstein ont négocié avec le procureur fédéral. Elles ont versé des sommes considérables pour échapper aux poursuites et obtenir que leurs noms ne soient pas cités. Dans les 3 premiers millions de documents publiés, toutes références les concernant ont été caviardées, alors même que celles de leurs victimes apparaissent en toutes lettres.

Nous ne savons pas comment le secrétariat à la Justice états-unien a choisi l’ordre de publication des documents qu’il possède. Pour le moment, elles ne mettent en cause que des personnalités européennes et épargnent ses cibles aux États-Unis. Peut-être est-ce un hasard, peut-être est-ce un moyen de déstabiliser des alliés en attendant que l’opinion publique, écœurée, se lasse.

Nous savons cependant que d’anciens ou actuels chefs d’État et de gouvernement sont impliqués. Certains ont laissé fuiter des données économiques, financières ou commerciales, d’autres des secrets politiques, militaires ou diplomatiques. Tous ont commis des actes relevant de la justice pénale et trahi leur pays. Chaque fois, à leur insu, le destinataire de ces informations était l’État d’Israël, ou tout au moins d’une faction de son gouvernement.

De manière récurrente, des informateurs, dont certains étaient des témoins manipulés, d’autres des malades mentaux et parfois — beaucoup plus rarement — d’authentiques témoins, ont dénoncé la participation de personnalités à des cultes sataniques.


Depuis deux semaines, la presse ukrainienne a multiplié les caricatures d’Andriy Yermak, en mage, dans l’ombre du pouvoir.

À ce jour, le seul chef d’État connu dont l’entourage pratique des messes noires caractéristiques de ce type de culte, c’est le président non-élu ukrainien, Volodymyr Zelensky. Depuis plusieurs années, des informations abominables circulent à son sujet sans qu’il soit possible de les vérifier. Cependant, le 31 janvier, Yulia Mendel, l’ancienne attachée de presse de Zelensky, a révélé que son homme de confiance, Andriy Yermak, l’ancien chef de son administration aujourd’hui déchu, pratique des messes noires [1]. Il faisait venir des mages chabad d’Israël, de Géorgie et d’Amérique latine. Selon elle, « Yermak brûlait des herbes, collectait des fluides de cadavres pour fabriquer des poupées ». En deux semaines, l’Internet ukrainien s’est couvert de caricatures et de plaisanteries sur « Yermak le Mage », qui avait prédit à Zelensky que jamais la Russie n’interviendrait en Ukraine. Sous le pseudonyme « d’Ali Baba », Yermak était, par ailleurs, à la tête d’un vaste réseau de corruption, révélé lors de l’opération Midas [2].

Depuis sa mise à pied, Yermak a repris sa profession d’avocat. Selon la presse de son pays, il se rend chaque matin dans une salle de sport, puis à son cabinet l’après-midi. Les journalistes, qui le suivent à chacun de ses déplacements, l’ont observé se rendant aux domiciles d’Oleksandr Kamyshin, directeur des chemins de fer, et de Roustem Oumierov, secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale d’Ukraine, aujourd’hui mis en examen dans l’affaire Midas. Surtout, il a rendu visite à Yevgen Korniychuk, ancien ministre controversé de la Justice qui fut ambassadeur en Israël (2021-2023). C’est le gendre de Vassyl Onopenko, président de la Cour suprême. Finalement, Maître Ihor Fomin, l’avocat de Yermak, et Yevgen Korniychuk sont allés voir ensemble Timur Mindich (l’associé d’affaire de Volodymyr Zelensky, aujourd’hui en fuite) à Herzliya (Israël) [3]

Dans le tiers des documents Epstein connus, il y a plusieurs passeports ukrainiens, mais le département de la Justice a caviardé les noms, adresses et photos des détenteurs qu’Epstein fréquentaient. De plus, d’autres documents attestent qu’Epstein s’est rendu plusieurs fois à Kiev et a chargé le Français Jean Luc Brunel d’y faire ses emplettes. Brunel était le directeur des agences de mannequinat Karin Models (Paris) et E=MC2 (Miami). Il a été inculpé en France pour proxénétisme et a eu la bonne idée (comme Epstein) de se « suicider » à la prison de la Santé. Timur Mindich était aussi le directeur de l’agence de mannequinat Fire Point (Kiev). On ignore cependant combien de jeunes ukrainiennes et ukrainiens sont tombés dans leurs filets.

C’est dans ce contexte que Maître Volodymyr Vatras, membre de la Commission juridique de la Verkhovna Rada (Parlement), a déposé, le 6 février 2026, un projet de réforme du Code civil ukrainien [4].

Outre que ce projet de loi protège la réputation des personnes poursuivies pour corruption jusqu’à leur condamnation définitive, elle abaisse l’âge du mariage… à 14 ans. Comprenons bien ce dont il s’agit : par voie de conséquence, toute poursuite pour détournement de mineur ou pour viol sur des enfants de 14 à18 ans deviendra impossible au regard des autres lois ukrainiennes. La presse ukrainienne parle de « pédophilie d’État » [5]. De nombreux Ukrainiens, s’appuyant sur la Convention des droits de l’enfant, ont ouvert des pétitions contre cette réforme régressive [6]. Vous n’avez pas encore compris ce dont il s’agit : cette réforme sera rétroactive et s’appliquera à tous les faits postérieurs à 2014 (c’est-à-dire au coup d’État du Maïdan). Cette réforme abolit les dispositions du Code pénal ukrainien contre la pédophilie [7].

Connaissez-vous un État au monde, aujourd’hui ou par le passé, qui ait abaissé l’âge du mariage de manière rétroactive ? Non, évidemment.

Rappelons que le gouvernement ukrainien accuse la Russie d’avoir enlevé 900 000 enfants. Moscou, qui conteste ce chiffre, fait valoir qu’il les ne les a pas capturés, mais les a ramassés sur le champ de bataille et les a amenés en Russie pour les préserver de la guerre. L’Ukraine n’a, à ce jour, rendu publique qu’une liste nominative de 339 enfants que l’administration Zelensky réclame. Où sont passés les milliers d’autres ?

La réponse est quelque part dans les 6 millions de pages, toujours secrètes, de l’affaire Epstein. Les expériences médicales de Hunter Biden sur des soldats ukrainiens vous avaient révolté, les enlèvements d’enfant ukrainiens par la clique Zelensky vous feront vomir.

Intervenant à la tribune de la Verkhovna Rada, la députée Inna Sovsun déclare, le 11 février : « La norme que les membres de la Commission des Lois tentent de faire passer, sur le mariage avec des jeunes de 14 ans, est de la pure sauvagerie. Elle contredit le bon sens et les normes européennes. Combien de problèmes il y a encore dans ce code, nous ne savons pas. Par conséquent, je me joins aux exigences des avocats pour exclure le projet de Code civil de l’examen, l’examiner attentivement à nouveau en commission, en discuter dans la société et seulement ensuite le soumettre au Parlement ».

Rouslan Stefantchouk, le président de la Verkhovna Rada et idéologue du parti Serviteur du peuple (celui de Zelensky), s’est beaucoup investi à la fois pour rédiger ce Code civil et pour le défendre devant son assemblée. C’est un scientifique et un pédagogue qui s’est longtemps occupé d’enfants. Il est, lui aussi, impliqué dans l’affaire Midas. Mais tous les experts ont pointé le fait que ses déclarations ne correspondent pas au texte qui est présenté. Justement, Stefantchouk, était à Washington, la semaine dernière. Le 7 février, il a rencontré Riley M. Barnes, secrétaire d’État adjoint chargé de la Démocratie, des Droits de l’homme et des Droits des travailleurs. Il lui a longuement exposé qu’aucun enfant ukrainien n’avait disparu, mais que 900 000 ont été capturés par la Russie.

De retour à Kiev, Rouslan Stefantchouk a dû faire face à une révolte de toute la société. Il a admis qu’il ne pourrait pas, en l’état, soumettre le projet de nouveau Code civil au suffrage des députés. Mais le problème que cette réforme a maladroitement tenté d’enterrer subsiste.

Nous ne connaissons aujourd’hui que le tiers de l’affaire Epstein. Lorsque nous aurons d’autres éléments, nous devrons inventorier les informations dont il disposait et nous interroger sur comment Israël les a utilisées.



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