Depuis sa création, Conspiracy Watch (CW) se présente comme un observatoire dédié à l’analyse critique du conspirationnisme et de ce qu’ils déclarent comme étant des théories du complot. Fondé et dirigé par Rudy Reichstadt, le site est reconnu comme un service de presse en ligne d’information politique et générale (n° CPPAP : 09307 Z 93758), édité par une association loi 1901. Ce statut officiel, qui lui confère des avantages fiscaux et une légitimité médiatique, devrait normalement imposer un respect exemplaire des principes déontologiques journalistiques, en particulier ceux de la Charte de Munich (1971) : respect absolu de la vérité, rectification obligatoire des informations inexactes, et distinction stricte entre journalisme et propagande.

Des questions déontologiques et financières détaillées ont été adressées à Rudy Reichstadt par France-Soir (1), portant notamment sur l’engagement de CW vis-à-vis de la Charte de Munich, les procédures de rectification, l’indépendance éditoriale et la transparence des financements. À ce jour, M. Reichstadt ne s’est pas rendu disponible pour commenter ni répondre à ces sollicitations, privant le débat d’un contradictoire.

Un exemple récent met cruellement en lumière les écarts possibles : l’article « Affaire Fact & Furious : Xavier Azalbert face à la justice », publié le 20 novembre 2024 et mis à jour pour la dernière fois le 27 janvier 2025. Cet article relate le procès en diffamation intenté par Antoine Daoust (fondateur de Fact & Furious) contre Xavier Azalbert (directeur de la rédaction et de la publication de FranceSoir). Il détaille l’audience du 18 novembre 2024 au tribunal correctionnel de Versailles et conclut par la condamnation en première instance du 16 décembre 2024 : Xavier Azalbert reconnu coupable de treize chefs de diffamation, condamné à des amendes, des dommages-intérêts et des frais d’avocat.

L’article met en avant plusieurs éléments à charge : des tweets d’Azalbert accusant Daoust de « fabriquer et vendre de fausses ordonnances et tests PCR », basés sur des allégations de son ex-épouse ; une tentative présumée de rachat de Fact & Furious sous menace de poursuites pénales, qualifiée implicitement de chantage ; une proximité stylistique entre les écrits de Fact & Serious (lié à FranceSoir) et ceux d’Azalbert ; l’étiquetage récurrent de FranceSoir comme « site conspirationniste » et de Xavier Azalbert comme figure de la complosphère.

Selon l’arrêt, les publications incriminées « n’imputent pas de faits suffisamment précis pour permettre un débat contradictoire et faire l’objet d’une preuve », et « ne constituent pas des allégations portant atteinte à l’honneur ou à la considération » de Daoust. La cour qualifie l’ensemble de « travail d’information » journalistique, et non de diffamation. Le parquet n’ayant pas fait appel, cet arrêt rend donc définitif le fait qu’aucune condamnation pénale des chefs de diffamation n’existe envers Xavier Azalbert. Les faits de diffamation ont donc été imputés à tort par la partie demanderesse.
À la date du 12 février 2026, plus de deux mois après cet arrêt, l’article original de Conspiracy Watch n’a toujours pas été rectifié ni complété pour intégrer cette décision. La condamnation en première instance y figure toujours comme un fait établi, sans la moindre mention de la relaxe en appel ni de l’évolution judiciaire complète. Avec un agrément CPPAP en poche, ce silence devient particulièrement gênant, et interroge sur une potentielle opacité plus large dans les pratiques du site.

Cette persistance à ignorer une décision de justice en appel pourrait-elle être assimilée à un « négationnisme des décisions judiciaires » – un terme que Reichstadt et acolytes emploient volontiers contre d’autres, mais qui semble ici s’appliquer à leur propre ligne éditoriale lorsqu’un fait judiciaire contredit son récit narratif.

Cette omission soulève plusieurs points de déontologie, selon la Charte de Munich (2) : devoir 1 : respect de la vérité et droit du public à la connaître intégralement ; devoir 3 : publication d’informations avec les réserves nécessaires ; ne pas supprimer les informations essentielles ; devoir 6 : obligation de rectifier toute information qui se révèle inexacte ; devoir 8 : interdiction des accusations sans fondement actualisé ;

Et le devoir 9 : ne pas confondre journalisme et propagande.

Ce cas n’est pas isolé. Dans une analyse publiée sur France-Soir (9 février 2026) concernant l’affaire Epstein, le même modus operandi est décrit : un framing binaire (faits officiels vs. délires complotistes), une sélection de sources, des attaques ad hominem et une omission sélective de nuances qui dérangent la narrative dominante. Ici comme là, l’absence de mise à jour postérieure prive le lecteur d’une information équilibrée et actualisée. D’autant que CW semble entretenir des liens indirects avec des figures citées dans les Epstein files, comme la famille Rothschild : le site bénéficie du soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, présidée par David de Rothschild, et un intervenant régulier comme Tristan Mendès France est souvent associé à ces cercles dans des débats sur les théories « dites complotistes » impliquant les Rothschild. Les Epstein files révèlent d’ailleurs des liens d’affaires étroits entre Ariane de Rothschild (Edmond de Rothschild bank) et Jeffrey Epstein, avec des conseils financiers et un accord de 25 millions de dollars, jusqu’en 2019. Ces connexions indirectes, qui sont à mettre en perspective des déclarations de Reichstadt sur le financement public de CW lors de la commission d’enquête sur le fonds Marianne, soulèvent des questions sur l’indépendance éditoriale face à des narratifs sensibles.
On peut dès lors s’interroger sur de potentielles « ingérences étrangères » à la rédaction de Conspiracy Watch, un reproche que le site adresse fréquemment aux voix dissidentes qu’il étiquette comme « complotistes ».
Par ailleurs, CW n’a pas mis à jour publiquement l’origine de ses financements, notamment publics : le site est financé à environ 50 % par l’État, via des subventions importantes les 60 000 euros du Fonds Marianne en 2021 (dans un contexte de scandale sur son opacité et des méthodes déloyales d’attribution, dénoncées par une commission sénatoriale comme un « fiasco »).

Le rôle de figures comme David Medioni (fondateur d’ErnestMag, proche de la DILCRAH via Frédéric Potier, ex-délégué interministériel) amplifie ces interrogations : Medioni apparaît centralement dans des vidéos de CW, et un article de juin 2023 appelait à une commission d’enquête sur l’usage des fonds publics par la DILCRAH (budget annuel de 100 millions d’euros), soulignant un « mélange des genres » dans un petit monde interconnecté, sans que cela n’ait abouti à ce jour. À l’heure de la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public (créée en octobre 2025 et toujours en cours en février 2026), il serait opportun d’examiner aussi l’usage de ces fonds publics par des entités comme CW.
D’autant que près de 50 % des Français perçoivent un manque d’objectivité dans les médias (61 % se méfient des traitements des grands sujets d’actualité, selon le Baromètre La Croix 2026), et 75 % réclament plus de transparence sur les financements, favorisant des appels à arrêter les subventions publiques.
Enfin, France-Soir et le Collectif citoyen ont reçu de nombreux commentaires sur les méthodes déloyales de CW, à commencer par l’obtention de fonds du Fonds Marianne et l’opacité générale de son financement, renforçant l’idée d’un site plus militant que neutre.
CW, avec son statut de service de presse reconnu, devrait incarner une référence en matière de fiabilité et de rigueur. La persistance d’éléments obsolètes ou invalidés judiciairement interroge sur la priorité donnée à la vérité versus à une mission militante anti-conspirationniste. Outre la décision juridique évoquée ci-dessus, se pose aussi la question sur le négationnisme du reporting des effets indésirables de la vaccination covid, alors que près de 46% des Français rapportent en avoir subi, ou encore l’opacité des plaintes visant Ursula von der Leyen ou la macronie.

Si Rudy Reichstadt et Conspiracy Watch étaient vraiment des journalistes et un média sérieux, cela se saurait depuis longtemps : on y rectifierait une information devenue fausse en moins de deux mois au lieu de la laisser pourrir sur le site comme un vieux cadavre judiciaire qu’on refuse d’enterrer, tout en masquant des financements publics opaques et des liens indirects avec des figures des Epstein files comme les Rothschild.

S’ils voulaient prouver leur attachement à la déontologie, ils ont superbement raté l’occasion en or de corriger, surtout avec un agrément CPPAP qui rend le silence encore plus assourdissant. L’information n’est visiblement pas leur objectif premier ; est-ce donc là la confirmation que c’est une officine militante déguisée en média, Fonds Marianne en bonus pour traquer les « complotistes » avec l’argent du contribuable ? – un peu comme Fact & Furious gérée par un ancien barman reconverti en justicier du fact-checking.
Au final, on se demande sérieusement si CW n’est pas moins fiable que la concierge du quartier : elle, au moins, actualise ses ragots quand elle apprend qu’ils sont bidons, et elle ne fait pas payer le contribuable pour ça. Entre « négationnisme de décisions juridiques » et soupçons d’« ingérences étrangères » à la rédaction, on peut donc appeler ça le « RectificationGate » – un scandale taillé pour un site anti-conspi qui en devient l’illustration parfaite.

Retrouvez le résumé vidéo (assisté par IA et édité par France-Soir) de l’article :
(1)Mail envoyé à Rudy Reichstadt

(2) Analyse des non-respects de la déontologie selon la Charte de Munich
Sur les 10 points de la Charte, plusieurs sont potentiellement violés. Les voila évalués un par un, avec justifications basées sur le contenu :
Bilan déontologique : Sur 10 points, au moins 5 violations claires ou partielles (1, 3, 6, 8, 9). Le site priorise une narrative anti-conspirationniste au détriment de la rectification et de l’objectivité, ce qui le rapproche plus d’une outil de propagande que d’un média respectueux de la Charte.
| Devoir de la charte de Munich | Estimation du respect des devoirs | Observations |
| Devoir 1 : Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences : |
Violation claire.
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L’article priorise une version partielle (condamnation en première instance) sans intégrer la vérité judiciaire complète (relaxe en appel). Cela prive le public d’une connaissance pleine, potentiellement pour éviter de « nuire » à l’image anti-conspirationniste du site. |
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Devoir 2 : Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique :
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Respecté en surface | L’article critique Azalbert et FranceSoir, mais biaisé : il défend implicitement les fact-checkers comme Daoust tout en étiquetant les opposants comme « conspirationnistes », limitant ainsi la critique pluraliste. |
| Devoir 3 : Publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner de réserves ; ne pas supprimer les informations essentielles : | Violation partielle. | Les sources (tribunal, tweets, etc.) sont citées, mais des infos essentielles sont supprimées (issue de l’appel). Pas de réserves sur l’évolution possible du dossier. |
| Devoir 4 : Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations : | Pas de violation évidente ici | Le récit semble basé sur une présence à l’audience ou des comptes-rendus publics. |
| Devoir 5 : S’obliger à respecter la vie privée des personnes : | Respecté globalement. | Bien que des détails personnels sur Malika K. et Daoust soient évoqués, mais dans un contexte judiciaire public. |
| Devoir 6 : Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte : | Violation majeure. | Malgré la relaxe en appel (publiquement annoncée en décembre 2025), l’article n’a pas été rectifié au 11 février 2026. Cela maintient des infos inexactes (culpabilité persistante), contredisant directement ce point. |
| Devoir 7 : Garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement : |
Respecté
|
Pas de sources confidentielles divulguées. |
| Devoir 8 : S’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement : | Violation potentielle. | Accusations comme « chantage » ou « représailles » sont présentées comme faits, mais l’appel les a invalidées implicitement. Étiquetage « conspirationniste » pourrait être vu comme diffamatoire sans fondement judiciaire post-relaxe. |
| Devoir 9 : Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste : | Violation probable. | Conspiracy Watch agit comme une agence pour étiqueter et discréditer les voix dissidentes (ici, France-Soir et Azalbert), sous couvert de debunking. L’article semble plus propagandiste (défense des fact-checkers alignés sur l’establishment) que journalistique neutre. |
| Devoir 10 : Refuser toute pression et n’accepter de directives rédactionnelles que des responsables de la rédaction : | Pas d’éléments pour évaluer. | Le biais systématique du site (anti-conspirationnisme financé publiquement) suggère des influences externes. |