Le Département de la Justice américain poursuit Harvard pour refus présumé de transmettre des données sur ses admissions. Washington souhaite vérifier si l’établissement respecte l’arrêt de la Cour suprême de 2023, qui interdit l’usage du critère racial. Au cœur de la bataille se trouvent des documents jugés essentiels pour évaluer d’éventuelles discriminations et déterminer si l’institution peut continuer à bénéficier d’aides fédérales.
Dans sa plainte, l’administration accuse Harvard d’avoir « ralenti délibérément le rythme de production » des pièces demandées. La procureure générale adjointe Harmeet Dhillon insiste dans un communiqué sur le caractère incontournable de la coopération. « Fournir les données demandées constitue une exigence élémentaire dans tout processus de conformité crédible, et refuser de coopérer soulève de sérieuses inquiétudes quant aux pratiques de l’université ».
Derrière l’argument juridique, le conflit s’inscrit dans une offensive politique plus large. Donald Trump a réclamé début février un milliard de dollars de dommages et intérêts pour solder plusieurs enquêtes visant l’université. L’administration menace aussi de couper certains financements fédéraux en invoquant à la fois les politiques de diversité, les tensions liées au conflit Israël-Gaza et la sécurité des étudiants juifs. Selon The Epoch Times, cette procédure marque une escalade dans les relations déjà tendues entre le gouvernement et les grandes universités.
De son côté, l’établissement conteste plusieurs décisions fédérales ayant gelé des financements de recherche et défend son autonomie académique. Son président Alan Garber estime que l’État ne doit pas pouvoir « dicter ce que les universités privées peuvent enseigner ». Ce duel dépasse désormais la seule question des admissions et cristallise une lutte idéologique sur le rôle des universités dans la société américaine.