La limitation de la vitesse à 80 km/h au lieu de 90 n’a pas porté ses fruits


Huit ans après son lancement par le gouvernement d’Édouard Philippe, la limitation à 80 km/h est abandonnée dans 52 départements, depuis février 2026. Les élus locaux invoquent un bilan jugé inefficace sur la mortalité et dénoncent des coûts élevés, tandis que défenseurs de la sécurité routière alertent sur les risques d’un retour en arrière.

Dans l’Eure, le passage au 80 km/h n’aurait sauvé qu’une seule vie en cinq ans selon les données départementales. Julien Arpaia, directeur de la mobilité, résume pour Le Figaro : « Pour mesurer l’impact de la baisse de la vitesse, on a comparé la période de 2014 à 2018, soumise au 90 km/h, à celle de 2019 à 2023 où le 80 km/h a été imposé. Bilan, on est passé de 17 morts à 16. » Dans le même temps, les blessés ont augmenté de 12 %. Pour Alexandre Rassaërt, président du département, « cela ne fonctionne pas ».

Ce constat alimente une dynamique nationale. La mortalité routière hors agglomération reste élevée, avec 3 260 décès en 2025 selon la Sécurité routière. Le sénateur Hervé Maurey estime que « le bilan n’a pas été concluant ». Derrière ces chiffres se joue aussi un conflit territorial. Plusieurs élus ruraux considèrent la mesure comme une décision technocratique imposée depuis les grandes villes, un ressentiment qui avait nourri la crise des Gilets jaunes, entres autres…

Reste la question du coût et du sens. L’État avait déjà déboursé jusqu’à 12 millions d’euros pour modifier la signalisation en 2018. Le retour au 90 km/h représente à lui seul plus de 20 0000 euros dans l’Eure. Les associations sont divisées. Jean-Yves Lamant rappelle que « la vitesse est un facteur aggravant des accidents » et souligne que le gain de temps demeure marginal. À l’inverse, Pierre Chasseray réclame une règle uniforme pour plus de lisibilité.





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