Le témoignage de Les Wexner devant le comité de surveillance de la Chambre dans l’affaire Epstein : naïveté ou chantage ?


Alors que les révélations des « Epstein Files » continuent de secouer les États-Unis avec la déclassification progressive de millions de pages par le ministère de la Justice, et ce jour l’annonce de l’arrestation d’Andrew Mountbatten-Windsor, une analyse récente publiée sur FranceSoir explore les racines profondes d’un système de chantage impliquant renseignement, crime organisé et élites, comme détaillé dans le livre One Nation Under Blackmail de Whitney Webb. Cet article met en lumière le rôle central de Leslie Wexner, fondateur de L Brands, comme mécène financier de Jeffrey Epstein, lui accordant une procuration totale sur sa fortune et fournissant les infrastructures pour des opérations de « honey traps » – des pièges sexuels visant à compromettre des personnalités influentes. Ces éléments contextualisent l’audition à huis clos de Wexner, âgé de 88 ans, devant le comité de surveillance et de réforme gouvernementale de la Chambre des représentants, dans le cadre de l’enquête sur Epstein, le financier condamné pour trafic sexuel décédé en 2019.

Cette déposition, qui s’est déroulée dans la résidence de Wexner à New Albany, dans l’Ohio, fait suite à une assignation à comparaître émise par les démocrates du comité, motivée par de nouvelles révélations issues des documents du ministère de la Justice sur Epstein. Elle aura durée six heures. Wexner, co-fondateur du Mega Group – un réseau de milliardaires pro-Israël lié au crime organisé et au renseignement a maintenu qu’il avait été « dupé par un escroc de classe mondiale ».

Dans une déclaration préparée, il a décrit Epstein comme un « manipulateur diabolique » qui menait une « double vie », et a insisté sur le fait qu’il n’avait aucune connaissance des crimes d’Epstein, notamment l’exploitation sexuelle de mineures. Il a affirmé avoir été « naïf, stupide et crédule » en accordant sa confiance à Epstein, qu’il a rencontré dans les années 1980 par l’intermédiaire de Bob Meister, ancien vice-président d’Aon, et d’Elie de Rothschild.

deposition

 
Le contexte de la relation Wexner-Epstein

La relation entre Les Wexner et Jeffrey Epstein remonte aux années 1980. Dans sa déclaration écrite, Wexner détaille : 

« J’ai été introduit à Epstein au milieu ou à la fin des années 1980 par Bob Meister, l’ancien vice-président d’Aon. Bob savait que j’avais besoin d’aide pour gérer mes finances personnelles et a suggéré que je parle avec Epstein. Je n’ai pas uniquement compté sur la recommandation de Bob ; j’ai consulté Ace Greenberg et Jimmy Cayne de Bear Stearns, l’ancien employeur d’Epstein, qui l’ont tous deux recommandé sans réserve. Epstein a également offert une référence, Elie de Rothschild. Quand j’ai parlé avec Elie, il a fortement recommandé Epstein sur la base d’un travail qu’Epstein avait fait pour sa famille. Au début, Epstein était réticent à me prendre comme client. En fait, pendant les premières années où je le connaissais, Epstein m’offrait des conseils ici et là tout en expliquant que donner des conseils financiers individuels n’était pas son objectif et en refusant d’accepter une compensation. Il a dit qu’il m’assistait comme une faveur. Peu à peu, je me suis rendu compte que, dès le début, Epstein complotait pour gagner ma confiance. »

Wexner, alors à la tête d’un empire retail florissant, a engagé Epstein comme gestionnaire financier. En 1991, il lui a accordé une procuration générale sur ses finances, lui donnant un contrôle sans précédent sur sa fortune estimée à des milliards de dollars. Selon des documents récemment déclassifiés par le FBI, Wexner est même désigné comme un « co-conspirateur » potentiel dans l’enquête sur le réseau de trafic sexuel d’Epstein, bien qu’il n’ait jamais été inculpé. Des courriels montrent que les deux hommes ont continué à communiquer en 2008, contredisant partiellement les affirmations de Wexner sur une rupture nette en 2007.

Le nom de Wexner apparaît plus de 1 000 fois dans les « fichiers Epstein », des documents judiciaires et d’enquête libérés progressivement depuis 2019. Des victimes, comme Virginia Giuffre, ont allégué dans leurs témoignages que Wexner faisait partie des hommes à qui elles avaient été « trafiquées », bien que Wexner nie vigoureusement ces accusations et affirme n’avoir jamais participé à aucune activité illégale. Il a également déclaré n’avoir visité l’île privée d’Epstein qu’une seule fois et n’avoir jamais voyagé à bord de son avion, le tristement célèbre Lolita Express.

Wexner a expliqué avoir rompu tout lien avec Epstein en 2007, après avoir découvert que ce dernier lui avait volé des fonds, estimés à environ 100 millions de dollars – une somme qui, selon Wexner, représenterait l’essentiel de la fortune d’Epstein.

Les questions qui persistent : naïveté ou chantage ?

Le témoignage de Wexner soulève des interrogations centrales sur les motivations derrière cette relation étroite. Pourquoi Les Wexner a-t-il donné un tel contrôle sur sa fortune à Epstein, un homme sans formation financière formelle reconnue ? Était-ce simplement de la naïveté, comme le prétend Wexner, ou y avait-il un élément de chantage ?

D’un côté, Wexner insiste sur sa « naïveté » : il décrit Epstein comme un « escroc » qui l’a trompé, et affirme avoir été victime de vols massifs. Des démocrates du comité, comme le représentant Robert Garcia, ont exprimé leur scepticisme, qualifiant les déclarations de Wexner de « peu crédibles » et soulignant qu’il était le « principal bienfaiteur financier » d’Epstein, lui ayant transféré jusqu’à 1 milliard de dollars. Des spéculations circulent sur des réseaux sociaux comme X, où le journaliste d’investigation Xavier Poussard a réagi à la déposition en soulignant la recommandation d’Elie de Rothschild, reliant cela à des réseaux plus larges dans son livre Devenir Brigitte ». Poussard cite la déclaration de Wexner, alléguant que cela confirme des liens avec des figures influentes comme les Rothschild, potentiellement impliquées dans des dynamiques de pouvoir obscures. Certains utilisateurs accusent Wexner d’être complice du réseau de trafic sexuel, citant des témoignages de victimes.

De l’autre, des allégations de chantage émergent. Epstein était connu pour collecter des informations compromettantes sur des personnalités influentes, potentiellement pour les faire chanter. Bien que Wexner nie tout lien avec ces pratiques, des documents du FBI et des témoignages suggèrent que son nom était central dans l’enquête, y compris en tant que « co-conspirateur » potentiel. Le représentant républicain Thomas Massie a récemment déclaré que le ministère de la Justice continuait à censurer des fichiers, et a révélé des détails non expurgés liant Wexner à Epstein. Une question se pose : Epstein a-t-il utilisé des informations personnelles ou des secrets sur Wexner pour obtenir ce pouvoir financier ? Wexner n’a pas répondu directement à cela lors de son témoignage, se contentant de nier toute implication criminelle. L’enquête de Whitney Webb (One Nation Under Blackmail) renforce cette perspective en décrivant Epstein comme un rouage d’un système de chantage industrialisé, hérité de figures comme Roy Cohn et Robert Maxwell, avec Wexner comme financier clé.

Réactions et suites

Les démocrates du comité ont qualifié le témoignage de Wexner de décevant, affirmant qu’il minimisait sa relation avec Epstein malgré des preuves contraires. Wexner a également mentionné un détail curieux : il a trouvé « étrange » que Donald Trump assiste régulièrement aux défilés de Victoria’s Secret, sans lien apparent avec la mode, et a supposé que Trump et Epstein pouvaient s’être croisés.

Cette audition s’inscrit dans une enquête plus large sur les Epstein Files, qui continuent de révéler des noms et des détails sur le réseau du financier. Bien que Wexner n’ait jamais été inculpé, son rôle en tant que principal soutien financier d’Epstein reste au cœur des débats. Naïveté d’un milliardaire trompé ou chantage orchestré ? Les réponses complètes pourraient émerger avec de nouvelles déclassifications, mais pour l’instant, les questions persistent, alimentant les spéculations sur l’étendue réelle de cette alliance controversée.





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