La Coordination rurale (CR) a dit vendredi son intention de boycotter l’inauguration samedi du Salon de l’agriculture par Emmanuel Macron, à qui le secrétaire général du syndicat « déconseille » même toute tentative d’approche de son stand.
« Dans l’instant, nous ne souhaitons pas être présents au petit-déjeuner en compagnie du président de la République », a indiqué le président de la CR Bertrand Venteau, confirmant une information du site Contexte.
La visite présidentielle le jour d’ouverture du Salon débute traditionnellement par un petit-déjeuner, suivi de l’inauguration officielle puis d’une déambulation du chef de l’Etat dans les travées du parc des expositions.
« Je lui déconseille d’essayer de venir nous voir, l’accueil risque d’être rude », a dit vendredi François Walraet, le secrétaire général du deuxième syndicat agricole.
Selon lui, l’organisation ne prévoit pas de mobilisation mais « il peut y avoir des agriculteurs qui lui manifestent leur colère, de manière pacifique », a dit M. Walraet, ajoutant que « c’est le salon des agriculteurs, surtout pas des politiques ».
M. Macron « n’est pas le bienvenu (…) si c’est pour vanter les mérites d’une agriculture qu’il n’a pas défendue. L’agriculture française a besoin d’être protégée face à la concurrence déloyale du reste du monde.
Pour autant les responsables de la CR rencontreront au cours du Salon d’autres politiques, notamment « ceux qui ont voté la loi Duplomb », a précisé M. Walraet. Ce qui exclut la gauche et les écologistes, opposés à cette loi controversée.
Troisième syndicat du paysage agricole, la Confédération paysanne, classée à gauche, a pour sa part annoncé début février qu’elle boycotterait elle aussi l’inauguration présidentielle du salon.
Cette décision a été prise « en l’absence de remise en cause de l’abattage total (des foyers de bovins dans le cadre de la dermatose) et de mesures de protection structurelle pour le revenu paysan, par cohérence et décence vis-à-vis des éleveur », avait expliqué la Confédération, confirmant en revanche sa présence sur son stand « durant tout le salon pour porter la voix des paysans qui en ont assez de se payer de mots ».