Législatives en Hongrie, Un tribunal à Berlin oblige X à partager ses données avec une ONG


Les pressions s’accumulent sur X en Europe. En Allemagne, une ONG a demandé à la plateforme X un accès aux données “publiques” liées aux élections législatives hongroises qui se tiennent en avril. Face au refus du réseau social détenu par Elon Musk de satisfaire cette requête, Democracy Reporting International a saisi la justice, qui a statué mercredi en sa faveur. 

Les élections législatives hongroises sont prévues le 12 avril 2026, marquant la fin du mandat de quatre ans du Parlement monocaméral de Budapest. Ce scrutin s’annonce décisif après 16 ans de domination quasi ininterrompue du Fidesz, le parti national-conservateur de Viktor Orbán. La campagne met aux prises ce parti au pouvoir, qui contrôle près de 70% de l’Assemblée, et le parti pro-européen Tisza mené par Péter Magyar, ex-membre du Fidesz passé à l’opposition. Les sondages récents montrent Tisza en légère avance ou à égalité avec Fidesz. 

Une élection scrutée de près

Ce duel oppose deux visions : Fidesz, qui promet de protéger la Hongrie de la guerre en Ukraine, de l’immigration et des « ingérences » européennes, et Tisza qui prône un ancrage fort dans l’UE et l’OTAN, avec des liens pragmatiques envers la Russie. 

La semaine dernière, Donald Trump a publiquement exprimé son soutien à Viktor Orbán pour ces élections, déclarant sur Truth Social être « honoré de le soutenir à nouveau » après 2022 et qualifiant Orbán de leader fort protégeant son peuple. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a renforcé ce soutien par une visite cela fait quelques à Budapest. “Je peux vous dire avec certitude que le président Trump est profondément engagé envers votre succès, parce que votre succès est notre succès”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse aux côtés de Viktor Orban.

Ce scrutin, à l’image des précédents, notamment ceux qui se sont déroulés en Europe centrale, suscite un intérêt particulier et ce, pour de nombreuses raisons. Une défaite du PM hongrois, considéré comme un allié de Moscou et hostile aux initiatives européennes sur de nombreux sujets, pourrait doter Bruxelles d’un nouveau soutien à son conseil et, par la même occasion, réduire toute éventuelle influence russe au sein de l’UE. 

En outre, Moscou s’est déjà vue reprocher cette influence lors des élections roumaine en 2024, dont le premier tour a été annulé après la victoire de Călin Georgescu, pour des “ingérences présumées” et une violation du DSA par plusieurs plateformes, TikTok à leur tête.

Une telle possibilité a poussé une ONG allemande, Democracy Reporting International (DRI) à solliciter la plateforme X afin d’obtenir un accès aux données publiques comme les métriques d’engagements (like, partages, portées, etc) sur les contenus liés aux élections hongroises, afin d’y déceler les risques de désinformations ou d’ingérence. La requête se réfère à l’article 40 du DSA, qui oblige les réseaux sociaux à partager leurs données avec des chercheurs qualifiés. Face au refus du réseau social, l’ONG a saisi en novembre 2025 un tribunal de Berlin pour obliger X à lui fournir un accès. 

Le tribunal tranche en faveur de l’ONG

Cinq mois plus tard, mercredi 18 février, le tribunal a tranché en faveur de DRI, rendant la décision exécutoire immédiatement. Il s’agit d’une cour d’appel de Berlin qui, après le refus d’un tribunal de première instance de saisir l’affaire en raison de son incompétence en la matière, a ordonné à X de divulguer ses données liées aux élections hongroises.

“Le DRI enquête sur les débats en ligne liés aux élections dans de nombreux pays, dans l’intérêt public”, se défend Michael Meyer-Resende, directeur du DRI. “Pour mener à bien notre mission, nous avons besoin d’un accès effectif aux données publiques des plateformes”, a-t-il ajouté. DRI avait déjà tenté d’obtenir un accès en temps réel aux données liées aux dernières législatives allemandes sur X, en vain, malgré une procédure judiciaire en cours. 

L’accès des chercheurs à ses données vaut à X de nombreux démêlés avec l’UE. En décembre, la CE a prononcé une amende de 120 millions, la première sanction dans le cadre du DSA contre une plateforme. Il est reproché à la plateforme de X un registre publicitaire “opaque”, un manque de transparence dans la gestion du badge bleu ainsi qu’un accès restreint aux données par les chercheurs. Cette amende a accentué les tensions entre X et la CE, voire entre Washington et Bruxelles.





Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *