
D’ordre de mon Gouvernement et me référant à nos précédentes lettres datées du 30 décembre 2025 et des 2, 9, 13, 22 et 28 janvier 2026 concernant la menace persistante d’emploi de la force par les États-Unis d’Amérique contre la République islamique d’Iran, je vous écris à nouveau pour appeler de toute urgence votre attention, ainsi que celle des membres du Conseil de sécurité, sur les menaces incessantes d’emploi de la force proférées par des fonctionnaires américains, notamment les récents propos publics du Président des États-Unis au sujet de l’utilisation de la base de Diego Garcia aux fins d’une éventuelle attaque militaire contre la République islamique d’Iran, qui constituent une violation flagrante de la Charte des Nations Unies et du droit international et risquent de plonger la région dans un nouveau cycle de crise et d’instabilité.
Le 18 février 2026, dans un message publié sur les médias sociaux, le Président des États-Unis a une nouvelle fois proféré une menace publique et explicite d’emploi de la force contre la République islamique d’Iran et déclaré : « Si l’Iran décide de ne pas conclure d’accord, les États-Unis pourraient être amenés à utiliser Diego Garcia et l’aérodrome de Fairford pour éradiquer toute éventuelle attaque. »
Compte tenu de la situation instable dans laquelle se trouve la région et de la persistance avec laquelle les États-Unis y transportent et y accumulent des équipements et des moyens militaires, une déclaration aussi belliqueuse ne doit pas être perçue comme un simple exercice de rhétorique de la part du Président américain ; elle est plutôt le signe qu’il existe un risque réel d’agression militaire, dont les conséquences seraient catastrophiques pour la région et constitueraient une grave menace pour la paix et la sécurité internationales.
La République islamique d’Iran demeure pleinement attachée aux buts et aux principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et aux solutions diplomatiques. C’est de manière constructive, avec sérieux et de bonne foi qu’elle s’est engagée dans des négociations sur la question du nucléaire avec le Gouvernement des États-Unis, dans l’optique de faire clairement part de ses préoccupations et d’exiger la suppression complète et vérifiable des mesures coercitives unilatérales illégales et inhumaines imposées à la nation iranienne, et, selon le principe de réciprocité, de lever les ambiguïtés concernant son programme nucléaire pacifique, afin de parvenir à une solution mutuellement acceptable, axée sur les résultats et pleinement conforme aux droits inaliénables reconnus à tous les États Parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
La République islamique d’Iran reste convaincue que si les États-Unis envisageaient eux aussi ces pourparlers avec sérieux et sincérité et faisaient preuve d’un véritable respect des principes de la Charte des Nations Unies et des normes impératives du droit international, il serait tout à fait possible de parvenir à une solution durable et équilibrée.
Dans ce contexte, la République islamique d’Iran vous demande, ainsi qu’à tous les membres du Conseil de sécurité, conformément à la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales qui incombe au Conseil en vertu de la Charte des Nations Unies, d’utiliser pleinement l’autorité et les bons offices du Conseil pour faire en sorte que les États-Unis cessent immédiatement leurs menaces illégales d’emploi de la force, se conforment à leurs obligations en vertu de la Charte, en particulier celles qui sont énoncées au paragraphe 4 de l’Article 2, et s’abstiennent de toute action susceptible d’aggraver encore les tensions ou de conduire à une confrontation militaire, qui serait lourde de conséquences pour la paix et la sécurité régionales et internationales.
Le Conseil de sécurité et le Secrétaire général doivent agir sans tarder, avant qu’il ne soit trop tard. Le Conseil de sécurité ne doit pas permettre que les menaces d’emploi de la force et les actes d’agression soient normalisés, légitimés ou considérés comme une norme politique acceptable, ni qu’ils soient utilisés comme instruments de politique étrangère. Si ce comportement illégal n’est pas sanctionné, ce sera bientôt au tour d’un autre État Membre souverain d’en faire les frais.
La République islamique d’Iran a déclaré à plusieurs reprises au plus haut niveau qu’elle ne recherchait ni tensions ni conflit et qu’elle ne déclencherait aucune guerre. Toutefois, en cas d’agression militaire, l’Iran réagira de manière déterminée et proportionnée, dans l’exercice de son droit naturel de légitime défense en vertu de l’Article 51 de la Charte des Nations Unies. Dans de telles circonstances, toutes les bases, installations et ressources de la force hostile dans la région constitueraient des cibles légitimes en cas de réaction défensive de l’Iran. Les États-Unis porteraient l’entière et directe responsabilité de toute conséquence imprévisible et incontrôlable.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre comme document du Conseil de sécurité.