Cuba, si seule, par Christophe Ventura (Le Monde diplomatique, mars 2026)


Que peut faire La Havane face à Washington ?

Après le Venezuela, Cuba. M. Donald Trump poursuit sa politique agressive en Amérique latine. En interdisant à Caracas d’approvisionner La Havane en pétrole, il place le pays communiste, déjà ébranlé par une série de crises ravageuses, dans une situation économique et sociale intenable. En espérant lui faire mordre la poussière.

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Giselle Lucía Navarro. – « Nocturno en el espejo » (Nocturne dans le miroir), 2024

© Giselle Lucía Navarro

Est-ce la fin de la révolution cubaine ? Le président américain Donald Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio semblent bien décidés à la faire advenir. En quête d’un nouveau trophée impérial, ils appliquent la méthode testée avec succès contre le Venezuela, l’allié numéro un de La Havane et son premier soutien économique depuis les années 2000. Pour un adversaire des États-Unis en Amérique latine, M. Trump et son administration n’envisagent qu’un destin : la soumission. Mais deux chemins peuvent y conduire. La première voie est celle de la négociation — avec un pistolet sur la tempe —, qui doit aboutir à un « accord », aux conditions américaines. Si cette première option s’avère impraticable, la seconde s’impose, comme ce fut finalement le cas à Caracas : l’utilisation de la force brute. C’est alors M. Trump qui fixe, seul, les règles, donne le tempo et siffle la fin de la partie. Le locataire de la Maison Blanche dispose d’un atout redoutable dans la confrontation : son imprévisibilité. À tout moment, il peut changer d’avis et frapper. La mise en scène de son « imperium » est dorénavant bien huilée, presque ritualisée. M. Trump a pris l’habitude de partager ses humeurs du jour avec quelques journalistes. Une intervention militaire à Cuba ? « Ce ne serait pas une opération très difficile comme vous pouvez l’imaginer. Mais je ne pense pas que cela sera nécessaire » (16 février 2026).

Depuis l’enlèvement spectaculaire du président vénézuélien Nicolás Maduro, le 3 janvier dernier, point d’orgue d’une intervention militaire américaine aussi massive qu’illégale, Washington a ordonné à Caracas l’arrêt immédiat de ses livraisons de pétrole à Cuba. Une situation à laquelle ce pays, qui dépend du Venezuela sur le plan énergétique, et qui subit depuis la pandémie de Covid-19 une sévère crise socio-économique, ne peut faire face. L’administration américaine le sait.

Cuba est ainsi prisonnière d’un piège à double mâchoire. D’un côté, (…)

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