Les États-Unis soufflent le chaud et le froid sur Téhéran
« Pourquoi l’Iran n’a-t-il toujours pas capitulé ? », se demandait le président américain Donald Trump (20 février). Le régime théocratique ne semble pas vouloir lâcher prise. La répression menée en janvier dernier contre sa population démontre, une fois encore, son échec. Alors que Washington n’a pas renoncé à l’usage de la force, une fraction des élites iraniennes attend son heure.

Arghavan Khosravi. – « The White Flag » (Le drapeau blanc), 2022
Depuis le début de l’année, les États-Unis ont soufflé alternativement le chaud et le froid sur l’Iran. D’un côté, l’administration américaine a déployé une imposante armada aéronavale dans les eaux du golfe Persique et dans ses bases de la région. Pour de nombreux observateurs, il ne fait aucun doute qu’une telle concentration d’avions et de navires de guerre, dont deux porte-avions, ne peut qu’être le prélude à une attaque d’envergure, fût-elle limitée dans le temps. De l’autre, Washington et Téhéran ont accepté de reprendre les négociations au sujet du programme nucléaire iranien, mais il s’agit, derrière cette question stratégique, d’une tentative de régler le contentieux politique global qui oppose l’Iran et les États-Unis depuis la prise en otage des diplomates américains en 1979. S’il est difficile de prévoir quelles seraient les conséquences d’une opération militaire, notamment en ce qui concerne la survie du régime iranien, une éventuelle, longue et difficile « normalisation » Iran – États-Unis serait une nouvelle révolution pour les Iraniens, car elle saperait les fondements idéologiques de la République islamique.
La révolution iranienne de 1979 fut marquée par l’irruption de l’islam populaire comme force politique. Depuis lors, on a surtout regardé la République islamique au prisme de l’islam révolutionnaire et régulièrement prédit sa chute imminente en occultant les forces et idées politiques d’indépendance, de liberté, de respect des droits humains et de justice sociale qui avaient abouti au renversement d’une monarchie despotique et inféodée aux États-Unis. Ces forces n’ont jamais disparu, tandis que le régime s’enfermait dans le despotisme et la corruption et que la société continuait de se transformer et, souvent, de se révolter.
Cet équilibre instable touche aujourd’hui à sa fin. Les massacres de janvier 2026 constituent en effet un point de rupture et pourraient bien être fatals à la République islamique. Cette dernière (…)
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