un bras de fer autour des archives minières de la RDC — RT en français



La société minière américaine KoBold Metals, soutenue par Jeff Bezos et Bill Gates, s’oppose à l’AfricaMuseum en Belgique sur la numérisation d’archives coloniales congolaises. Au cœur du différend : l’accès et la gestion de millions de documents relatifs à l’exploitation des richesses minières de l’actuelle RDC.

Un bras de fer oppose la startup américaine KoBold Metals, appuyée par Jeff Bezos et Bill Gates, à l’AfricaMuseum, situé à Tervuren, au sujet de la numérisation d’archives coloniales concernant l’actuelle République démocratique du Congo (RDC).

KoBold Metals affirme avoir proposé d’appuyer Kinshasa dans la numérisation de cartes et documents d’époque coloniale conservés en Belgique. Ces archives, longues de quelque 500 mètres d’étagères et comptant des millions de pièces, retracent la cartographie et l’exploitation des ressources minières congolaises.

« Nous scannons, nous numérisons et rendons les documents immédiatement accessibles au public », a déclaré à Reuters Benjamin Katabuka, directeur général de KoBold en RDC. Selon lui, le pays a besoin de davantage d’investissements dans l’exploration minière, ce qui suppose un accès élargi aux données géologiques.

Bruxelles refuse de confier les cartes à une entreprise privée

Le musée belge, soutenu par les autorités fédérales et engagé dans un projet distinct avec la RDC financé par l’Union européenne, refuse toutefois toute délégation à une entreprise privée. « Nous ne pouvons pas confier la gestion des collections à des sociétés privées, cela irait à l’encontre de toute éthique scientifique et institutionnelle », a affirmé son directeur, Bart Ouvry.

KoBold indique avoir obtenu en 2024 des permis d’exploration pour le lithium et d’autres minerais en RDC, ainsi que des accords avec Kinshasa pour numériser certaines données, y compris celles conservées en Belgique. L’entreprise invoque également une loi belge de 2022 encadrant la restitution des collections coloniales, bien que les archives en soient exclues.

Le musée précise travailler avec le Service géologique national congolais sur un programme de numérisation et de partage des archives, prévu sur cinq ans, dans le respect du droit belge et européen. Les autorités belges rappellent de leur côté que ces archives constituent un bien public et qu’aucun accès exclusif ne peut être accordé à une entreprise étrangère sans cadre contractuel.

Les documents concernés, parfois manuscrits et fragiles, remontent à l’époque où le roi Léopold II s’appropria le Congo en 1885, avant que le territoire ne devienne une colonie belge en 1908. Un héritage historique sensible, au croisement d’enjeux mémoriels et économiques.



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