Blocage du détroit d’Ormuz : la Chine retient ses carburants, les pays d’Asie menacés de pénurie de diesel et d’essence


La crise énergétique mondiale déclenchée par les attaques et ripostes autour du détroit d’Ormuz a déjà une première conséquence majeure : l’Iran, dont une part importante des exportations pétrolières transitent par ce détroit, est aujourd’hui incapable de livrer du brut à la Chine, son principal marché. En 2025, près de 57 % des importations maritimes de pétrole brut de la Chine provenaient du Moyen-Orient, soit environ 1,4 million de barils par jour venant d’Iran, selon la société d’analyse Kpler. Privée de cette ressource essentielle, la Chine a demandé à ses principaux raffineurs – PetroChina, Sinopec, CNOOC et Zhejiang Petrochemical – de suspendre temporairement les exportations de diesel et d’essence, afin de privilégier les besoins du marché intérieur. Bloomberg rapporte que les raffineurs ont été invités à annuler les livraisons déjà prévues et à ne plus signer de nouveaux contrats, pour éviter une pénurie et contenir la flambée des prix domestiques.

Cette décision a des répercussions directes sur plusieurs pays d’Asie qui dépendent des carburants raffinés chinois pour compléter leur production locale. Singapour, les Philippines ou la Thaïlande reçoivent une part importante de leur essence et de leur diesel de Pékin, et l’interruption de ces flux risque de resserrer le marché régional. Par ailleurs, l’Asie dépend fortement du pétrole brut moyen-oriental : en 2025, environ 60 % du pétrole importé par les économies asiatiques transitait par le détroit d’Ormuz, avec des dépendances individuelles très élevées – le Japon tire près de 95 % de son brut de cette région, la Corée du Sud environ 70 %, et la Chine, elle, presque la moitié de ses importations maritimes.

Dans ce contexte, la suspension des exportations chinoises est susceptible de provoquer des tensions d’approvisionnement, une hausse des prix et potentiellement des pénuries localisées, notamment dans les pays à faible capacité de raffinage interne comme les Philippines et la Thaïlande. Les marges de raffinage dans la région ont déjà atteint des niveaux record, signe d’un marché tendu. John Gong, professeur d’économie politique à l’Université de Commerce International et d’Économie de Pékin, souligne que cette décision est « très compréhensible » du point de vue chinois : l’objectif est avant tout de garantir la stabilité du marché intérieur et de protéger les consommateurs contre une flambée des prix. Cette situation illustre comment un blocage localisé dans le Golfe peut transformer un choc sur le pétrole brut en crise régionale des carburants raffinés, affectant directement les économies et les ménages asiatiques.





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