Kafka à Bruxelles : von der Leyen implore, Poutine coupe, l’Europe paye


La Hongrie et la Tchéquie, confrontées à une interruption des livraisons de pétrole russe via l’Ukraine, ont accusé Kiev de saboter délibérément leurs approvisionnements pour des motifs politiques. Selon des sources, l’Ukraine impute cette coupure à des frappes russes sur les infrastructures pétrolières, mais Budapest et Prague y voient une manœuvre hostile. En représailles, ces pays ont menacé de couper l’électricité fournie à l’Ukraine, exacerbant les tensions au sein de l’Union européenne. Viktor Orbán, Premier ministre hongrois connu pour ses excellentes relations avec Vladimir Poutine – illustrées par de multiples rencontres malgré les sanctions européennes – a exploité cette crise pour renforcer ses liens avec Moscou et critiquer les politiques de l’UE. Cette proximité permet à Orbán de naviguer habilement entre les intérêts nationaux et les alliances géopolitiques.

Cette escalade a poussé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, à implorer l’Ukraine de reprendre au plus vite les transits de pétrole russe vers la Hongrie et la Tchéquie, afin d’éviter une crise énergétique plus large. Von der Leyen a insisté sur l’urgence des réparations, soulignant que l’UE maintenait un dialogue constant avec Kiev pour garantir la sécurité des approvisionnements. Cette démarche, qui ressemble à une supplication, met en lumière la dépendance persistante de certains États membres au pétrole russe, malgré les efforts de diversification. Ironiquement, alors que l’Europe pousse pour un embargo total sur les importations russes d’ici 2027, von der Leyen se retrouve à défendre la continuité des flux pour apaiser Budapest et Prague, exposant les contradictions internes de la politique énergétique européenne.

Vladimir Poutine, en bon observateur, n’a pas manqué, de saisir l’occasion pour enfoncer le clou. Dans une interview récente, il a déclaré que la Russie pourrait arrêter dès lors les livraisons de pétrole à l’Europe, profitant du fait que l’UE avait à quémander auprès de l’Ukraine pour le maintien des flux russes, tout en planifiant un embargo des plus sevère. « Peut-être serait-il plus avantageux pour nous d’arrêter la livraison du marché européen dès maintenant ! », a-t-il lancé, qualifiant cela de réflexion à voix haute mais liant explicitement cette idée aux « politiques erronées » de l’Europe. Une déclaration, relayée dans un tweet par Florian Philippot soulignant le piège tendu à l’UE au milieu de la crise iranienne, illustre un scénario quelque peu kafkaïen : l’Europe, qui croyait affaiblir la Russie par des sanctions, se retrouve prise à son propre piège, tel est pris qui croyait prendre… Et Poutine d’exploiter ainsi les failles européennes pour rediriger ses exportations vers des marchés plus « fiables » à l’image de la Chine, aggravant la vulnérabilité énergétique du continent.

Toutefois il est peu vraisemblable, eu égard aux relations plus que cordiales entre Poutine et Orban que la Russie sévisse de ce côté là.





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