La machine de propagande israélienne est confrontée à une pression juridique croissante. Des influenceurs, des consultants et des médias ont déposé plainte contre le gouvernement, réclamant des millions de shekels. Ils l’accusent de ne pas avoir payé pour le travail effectué dans le cadre de sa campagne de communication internationale pendant le génocide perpétré par Israël à Gaza, comme l’a rapporté Calcalist le 5 mars.
Selon Calcalist, plusieurs personnes impliquées affirment avoir été recrutées en urgence au plus fort du conflit pour promouvoir le discours israélien à l’étranger, avant de découvrir que le gouvernement n’avait pas prévu de modalités de paiement adéquates. Des enquêtes ont depuis révélé de graves irrégularités au sein du cabinet du Premier ministre, qui a pris en charge la communication internationale d’Israël après l’effondrement du ministère de l’Information suite à l’opération Al-Aqsa Flood en octobre 2023.
BREAKING : ISRAEL INFLUENCERS SUE ISRAEL FOR NONPAYMENT.
Lawsuits totaling millions of shekels have been filed against the Israeli government for allegedly not paying influencers and consultants hired during the war. (Aka Hasbara propagandists)
One of those who says he… pic.twitter.com/wdPt7WMH3l
— Suppressed News. (@SuppressedNws1) March 4, 2026
DES INFLUENCEURS ISRAÉLIENS POURSUIVENT LE GOUVERNEMENT POUR NON-PAIEMENT. Des poursuites judiciaires totalisant des millions de shekels ont été engagées contre le gouvernement israélien pour non-paiement présumé d’influenceurs et de consultants recrutés pendant la guerre (également appelés propagandistes de la Hasbara).
Des responsables auraient contourné les procédures d’appel d’offres officielles et étendu des contrats existants avec des sociétés de production privées, lesquelles ont servi d’intermédiaires pour verser des paiements à des commentateurs et consultants pro-israéliens opérant à l’étranger.
this is Musk’s Mossad handler Nikita Bier, who is manipulating the algorithms as part of Israel’s hasbara war propaganda effort, which included removing verification badges of Iranian government officials to limit their reach and changing Iran’s flag to the Mossad-Pahlavi asset https://t.co/we0ALjzq8Q pic.twitter.com/aIpnr7kIgM
— (@zei_squirrel) March 5, 2026
Voici Nikita Bier, agent du Mossad chargé de superviser Musk, qui manipule les algorithmes dans le cadre de la campagne de propagande israélienne (hasbara), notamment en supprimant les badges de vérification des responsables du gouvernement iranien afin de limiter leur influence et en remplaçant le drapeau iranien par celui du Mossad-Pahlavi.
Plusieurs de ces sociétés affirment désormais que l’État refuse de régler ses dettes.
L’une d’elles, Intellect Production and Publishing Group, a intenté une action en justice réclamant environ 1,7 million de shekels (environ 552 000 dollars) pour couvrir des frais de déplacement et des opérations médiatiques visant à contrer les manifestations pro-palestiniennes lors des audiences de la Cour internationale de Justice (CIJ).
L’ancien porte-parole du gouvernement israélien, Eylon Levy, figure parmi les personnalités qui affirment que le gouvernement leur doit encore de l’argent pour leur travail dans le cadre de la campagne de communication internationale d’Israël.
Hasbara bombshell :
Netanyahu’s social media campaign to whitewash Israel from it’s crimes is a complete failure. The Israelis are not paying the influencers, they are scamming them and making them work for free. Netanyahu’s office even forged signatures. One of the victims… pic.twitter.com/ivtrOrC6Qe
— Middle East Observer (@ME_Observer_) March 5, 2026
La campagne de Netanyahu sur les réseaux sociaux visant à blanchir Israël de ses crimes est un échec total. Les Israéliens ne rémunèrent pas les influenceurs ; ils les escroquent et les font travailler gratuitement. Le cabinet de Netanyahu a même falsifié des signatures. Parmi les victimes figure Eylon Levi, que vous avez probablement tous vu diffuser de la propagande.
Selon un article de Calcalist, le salaire mensuel de Levy, s’élevant à 41 125 shekels (un peu plus de 13 000 dollars), transitait par la société de production Intellect Production and Publishing Group, au lieu d’être versé directement par l’État.
Une autre société, Speedy Call, avait installé un studio d’interviews ouvert 24h/24 au sein du quartier général militaire de Kirya, utilisé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et d’autres hauts responsables.
Cette société affirme qu’Israël refuse désormais de lui verser plus de 600 000 shekels (environ 200 000 dollars) pour neuf mois de travail.
Ces différends salariaux au sein de l’appareil de propagande israélien surviennent en même temps que des révélations plus larges sur l’ampleur de la campagne de communication mondiale menée par Tel-Aviv durant la guerre contre Gaza.
Des enquêtes et des documents publics ont démontré que des agences de relations publiques liées à Israël ont versé des milliers de dollars par publication à des influenceurs américains sur les réseaux sociaux afin de promouvoir des discours pro-israéliens en ligne. Des documents soumis en vertu de la loi américaine sur l’enregistrement des agents étrangers (FARA) ont révélé des paiements s’élevant en moyenne à 7 000 dollars par publication dans le cadre du « Projet Esther », une campagne de propagande visant à influencer l’opinion publique sur des plateformes comme TikTok et Instagram en faveur d’Israël et à diaboliser l’opposition.
Israël a déjà organisé des visites d’influenceurs soigneusement orchestrées à Gaza, invitant des personnalités des réseaux sociaux à visiter des sites de distribution d’aide gérés par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), un programme d’aide israélo-américain meurtrier, afin de contrer les reportages internationaux sur la famine dans l’enclave.
Ces visites ont été présentées comme la preuve qu’Israël facilitait l’aide humanitaire, malgré les nombreux documents fournis par diverses organisations, dont l’ONU, démontrant que la famine à Gaza était une conséquence directe des restrictions systématiques imposées par Israël à l’aide humanitaire et de l’obstruction des livraisons de secours. Ces initiatives s’inscrivent dans ce que les responsables israéliens eux-mêmes qualifient de « huitième front » de la guerre : une bataille parallèle pour le récit et la perception, menée sur les plateformes de médias sociaux, les réseaux publicitaires et les campagnes numériques pilotées par l’IA, conçues pour influencer l’opinion mondiale sur la guerre à Gaza.