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Les Houthis affichent leur solidarité avec l’Iran mais n’ont pas encore engagé leurs forces dans le conflit. Téhéran pourrait conserver ce groupe comme levier d’escalade stratégique dans la région. Une intervention risquerait toutefois de provoquer une riposte militaire massive des États-Unis et d’Israël.
Depuis le début de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, les rebelles houthis du Yémen affichent publiquement leur solidarité avec Téhéran, sans pour autant s’engager directement dans le conflit. Le 28 février, leur chef Abdul Malik al-Houthi a affirmé que son mouvement se tenait « en pleine solidarité avec la République islamique d’Iran ». Pour l’heure, cette position se traduit surtout par des déclarations politiques, des manifestations et une mobilisation médiatique, loin d’une intervention militaire immédiate.
Cette prudence contraste avec l’attitude d’autres groupes liés à l’« axe de la résistance ». Le Hezbollah a déjà tiré des roquettes vers Israël, tandis que des milices irakiennes ont visé des installations américaines à Bagdad et à Erbil. Les Houthis, eux, restent en retrait, alors même qu’ils avaient rapidement pris part aux hostilités lors de la guerre à Gaza en attaquant des navires en mer Rouge et en lançant des projectiles vers Israël.
« Le doigt sur la gâchette »
Pour de nombreux analystes, cette retenue pourrait relever d’un calcul stratégique. L’Iran conserverait la « carte houthie » comme levier d’escalade si le conflit devait s’intensifier. Ces dernières semaines, les rebelles auraient d’ailleurs redéployé des lanceurs de missiles et des systèmes radar le long de la mer Rouge et près de la frontière saoudienne. Le chef houthi a lui-même prévenu que « le doigt est sur la gâchette », laissant entendre qu’une intervention reste possible.
Une entrée en guerre aurait toutefois des conséquences majeures. Les Houthis pourraient perturber la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb, un passage stratégique du commerce mondial. Combinée aux tensions dans le détroit d’Ormuz, une telle situation risquerait d’entraîner une hausse brutale des coûts du transport maritime et de l’inflation mondiale.
Mais le risque militaire est tout aussi important. Les États-Unis et Israël ont déjà mené de lourdes frappes contre les positions houthies ces dernières années, réduisant leurs capacités en drones et missiles. Une nouvelle offensive pourrait viser directement leurs dirigeants et leurs infrastructures. Pour certains experts, une implication trop directe serait donc potentiellement suicidaire, sans véritable capacité à modifier l’équilibre du conflit en faveur de l’Iran.
De ce fait, selon certaines sources, depuis les derniers bombardements israélo-américains sur le Yémen, les Houthis ont renforcé leurs capacités défensives, en construisant des abris, des tranchées souterraines et des caches d’armes.