Confusion à Washington, la Marine américaine n’a encore escorté aucun navire dans le détroit d’Ormuz, a rectifié mardi la Maison Blanche, après qu’un ministre de Donald Trump eut dit l’inverse, provoquant de grands mouvements sur les marchés.
« Je peux confirmer que la Marine américaine n’a escorté aucun pétrolier ni aucun navire à l’heure actuelle » dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole, a dit la porte-parole, Karoline Leavitt, lors d’une conférence de presse.
Quelques minutes plus tôt, Chris Wright, ministre de l’Énergie, avait publié puis supprimé un message annonçant qu’une première traversée avait été rendue possible grâce à l’appui militaire américain.
De quoi « nous assurer que le pétrole continue d’affluer vers les marchés mondiaux », déclarait M. Wright dans sa publication sur X.
La porte-parole de la Maison Blanche n’est pas revenue sur les raisons de la publication, puis du retrait de ce message.
Quelques jours plus tôt, Chris Wright avait déclaré que la Marine américaine escorterait les navires marchands tentant de passer par le détroit d’Ormuz « dès que ce sera raisonnable ».
Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, ont de leur côté assuré mardi qu’aucun navire militaire américain n’avait « osé » s’approcher du détroit d’Ormuz.
Ces signaux contradictoires ont chamboulé les marchés.
Déjà orientés en baisse, les cours du pétrole ont plongé de plus de 15 % après le message de M. Wright, les investisseurs espérant que les millions de barils bloqués dans le Golfe depuis une dizaine de jours puissent approvisionner le reste du monde.
Le démenti américain a tempéré cet enthousiasme, les prix de l’or noir reculant finalement d’un peu plus de 11 % à la clôture.
En réponse aux frappes américano-israéliennes visant le pays depuis une dizaine de jours, les Gardiens de la Révolution bloquent le trafic dans le détroit d’Ormuz, l’un des corridors commerciaux les plus cruciaux au monde.
Environ 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) transitent par ce détroit coincé entre le sultanat d’Oman et l’Iran.
Depuis lundi dernier, plus d’une vingtaine de navires commerciaux ont été détectés franchissant le détroit d’Ormuz, après de premières attaques visant des navires, selon une analyse par l’AFP des données de MarineTraffic, parmi lesquels neuf pétroliers et deux navires-citernes destinés au transport du GNL.
C’est beaucoup moins qu’habituellement.
Le président américain, Donald Trump, a menacé de frapper l’Iran « beaucoup plus fort » si Téhéran « prenait le monde en otage » en bloquant l’acheminement de pétrole.
Des dizaines de navires sont toujours bloqués dans la région, craignant d’être ciblés par des attaques iraniennes mais aussi et surtout en raison des primes d’assurances prohibitives.
L’administration Trump a dégagé 20 milliards de dollars pour la réassurance des navires dans le Golfe, dans l’espoir d’encourager le trafic, sans grand succès pour le moment.
L’ONU Commerce et Développement (Cnuced) s’est inquiétée mardi des répercussions des perturbations du trafic maritime sur des secteurs comme l’énergie et les engrais, dont les prix se sont envolés.
L’organisation craint que les pays en développement en paient le prix fort.