Sénégal : l’Assemblée nationale durcit les peines contre les «actes contre nature» pour préserver les valeurs traditionnelles



Le 11 mars, l’Assemblée nationale sénégalaise a voté en faveur d’un texte durcissant les sanctions concernant les relations homosexuelles. Les députés déclarent répondre aux attentes d’une société attachée à ses racines culturelles et religieuses, face à des influences extérieures perçues comme déstabilisatrices.

Le texte, adopté à une large majorité, s’inscrit dans la continuité des promesses électorales du camp Pastef. Ousmane Sonko, qui avait annoncé dès 2022 vouloir criminaliser plus fermement ces pratiques, a tenu parole. « C’est le premier projet de loi que je porte moi-même », avait-il déclaré le 24 février sous les applaudissements des députés.

Ce durcissement intervient après une série d’affaires qui ont profondément choqué l’opinion : l’arrestation de douze personnes, dont des personnalités publiques, pour « actes contre nature » début février, puis celle de quatorze autres suspectées d’un réseau pédocriminel lié à l’étranger et à la transmission volontaire du VIH.

Le député Ismaïla Wone s’est félicité : « Nous avons des valeurs incarnées par des références. Nous voulons être en conformité avec nos réalités sociétales. »

Une affirmation de souveraineté face aux pressions occidentales

Si ces dossiers sont distincts, ils ont ravivé un débat national où l’homosexualité est largement perçue comme une importation occidentale incompatible avec les valeurs sénégalaises, ancrées dans l’islam et les traditions familiales.

Les associations Jamra et And Samm Jikko Yi, influentes depuis plus de quinze ans, ont salué cette mesure comme une victoire. Elles avaient soutenu le Pastef lors de la présidentielle de 2024 précisément sur ce terrain. Pour de nombreux Sénégalais, cette loi n’est pas une régression, mais une protection nécessaire des mineurs, de la cellule familiale et de l’harmonie sociale.

Elle permet aussi de lutter contre la « promotion » financée par certaines ONG étrangères, souvent accusées de vouloir imposer un modèle culturel étranger. Ainsi, la députée Diaraye Ba a-t-elle estimé que limiter la liberté d’expression des homosexuels permettra de défendre la jeunesse du pays.

Le texte prévoit par ailleurs des amendes plus lourdes (jusqu’à 10 millions de francs CFA) et punit les dénonciations abusives de mauvaise foi, pour éviter les dérives. Le premier ministre a insisté sur le maintien des programmes de lutte contre le sida, montrant un équilibre pragmatique.





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