Affaire Epstein : Après analyse de 3 millions de documents, la Pologne annonce une enquête pour “trafic d’êtres humains”


La Pologne se saisit à son tour de l’affaire Epstein. Le parquet polonais a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête pour soupçons de trafic d’êtres humains, un crime passible de 20 ans de prison qui pourrait avoir été accompli en Pologne, contre des femmes, y compris des mineurs. Varsovie entend collaborer avec d’autres États membres pour faire avancer son enquête.

En fin janvier 2026,le département de la Justice américain a publié plus de 3 millions de pages supplémentaires de documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein, dans le cadre de  “Epstein Files Transparency Act”, promulgué en novembre 2025 par le président Donald Trump. Ce lot massif, incluant rapports d’enquêtes du FBI, transcriptions d’auditions, courriels internes, vidéos et images, porte le total des pages divulguées à environ 3,5 millions depuis fin 2025, bien que de très larges portions ont été caviardées pour protéger les identités des victimes, certains témoins et selon les critiques, certaines personnalités impliquées.

Le raz-de-marée Epstein en Europe

Ces révélations ont rapidement entraîné une série de scandales en Europe et au Royaume-Uni, avec des répercussions politiques et judiciaires immédiates. Le prince Andrew, acteur clé dans cette affaire depuis ses débuts, a été arrêté le 19 février 2026 à son domicile de Sandringham, suite à de nouveaux éléments des fichiers liant ses voyages et paiements à des mineures recrutées par le trafiquant sexuel et sa campagne, Ghislaine Maxwell,, entraînant sa déchéance définitive de tout titre royal et une enquête criminelle en cours par la Metropolitan Police. 

Peter Mandelson, ex-commissaire européen et proche de Tony Blair, a démissionné de ses fonctions après la découverte de courriels et virements financiers le reliant à des entités offshore associées à Epstein. Morgan McSweeney, chef de cabinet de Keir Starmer, a été contraint à la démission en février pour avoir été celui qui a recommandé Peter Mandelson au poste d’ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis, malgré les informations déjà disponibles sur sa relation étroite avec Jeffrey Epstein. A nos jours, le gouvernement Starmer est ébranlé et sous le feu des critiques. 

En Norvège, le scandale a fait fureur. La princesse Märtha Louise, citée un millier de fois dans les documents, est dans la tourmente depuis plusieurs semaines. L’ancien Premier ministre Thorbjørn Jagland a été inculpé pour corruption aggravée après des perquisitions révélant des séjours et cadeaux d’Epstein, tandis que l’ambassadrice Mona Juul a démissionné pour ses liens passés avec le financier américain. 

Plusieurs pays ont réagi en ouvrant des enquêtes formelles dès février 2026 pour explorer les ramifications locales du réseau Epstein. La France a lancé deux procédures “cadres” parallèles : l’une sur des faits “à connotation sexuelle” avec des soupçons de proxénétisme et de viols, l’autre sur d’éventuels volets “économiques et financiers”.

La Lituanie et la Lettonie ont ouvert des procédures sur la traite de ressortissantes via des agences de mannequins citées dans les fichiers, appelant les victimes potentielles à témoigner. La Slovaquie a forcé la démission du diplomate Miroslav Lajčák, conseiller du Premier ministre, après des échanges grivois avec Epstein révélés.

Varsovie appelle ses citoyens à témoigner

Mercredi, Varsovie a annoncé à son tour l’ouverture d’une enquête pour les mêmes soupçons, à savoir du trafic d’êtres humains, l’un des crimes les plus graves dans le droit pénal polonais et passible de 20 ans de prison. L’annonce a été faite par le parquet, qui a pris sa décision après l’analyse des 3 millions de documents divulgués fin janvier par le DoJ.

Les enquêteurs polonais, qui expliquent que l’analyse de ces documents “justifient une suspicion raisonnable de commission du crime”, s’attèleront à savoir si des femmes, y compris des mineurs, ont pu être recrutées dans le pays entre 2009 et 2019 « en les induisant en erreur sur la véritable nature de l’emploi », puis emmenées à l’étranger et abusées à des fins sexuelles.

Le procureur a lancé un appel aux citoyens, conviant les personnes qui auraient été victimes de Jeffrey Epstein ou de son réseau ou qui détiennent des informations pertinentes pour l’instruction à se manifester.

Cette enquête, explique le bureau du procureur, sera menée en coordination avec les autorités des autres pays grâce à la décision d’enquête européenne, un outil qui permet l’échange d’informations et de preuves entre États membres de l’UE. Ceci implique aussi bien le transfert de documents entre différents États que la collecte de témoignages auprès de personnes résidant en dehors de la Pologne.

Des noms polonais figurent bien dans les documents dévoilés par le DoJ. Le plus notable est l’ancien joueur de tennis Wojciech Fibak.

 

 

 

 





Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *