Dans un post choc publié sur X, le collectif ScienceGuardians accuse Arnold Ventures, la fondation philanthropique créée par le milliardaire John Arnold et son épouse Laura, d’avoir financé un réseau surnommé « PubPeer ‘PubSmear’ Network Mob» (réseau mafieux qui salit) qui aurait orchestré, depuis plus d’une décennie, des campagnes de harcèlement, de diffamation et d’attaques réputationnelles contre des chercheurs universitaires. Ces allégations sont liées à l’échec d’un projet de 40 millions de dollars sur la nutrition et à des connexions avec le défunt Jeffrey Epstein. Le groupe exige transparence totale et audits publics.
Les accusations principales de ScienceGuardians
ScienceGuardians se présente comme une plateforme de revue par les pairs post-publication entièrement vérifiée, visant à lutter contre la corruption dans la science et à redonner le pouvoir aux chercheurs. Selon leur post, Arnold Ventures aurait injecté des millions de dollars dans plusieurs organisations clés du domaine de l’« intégrité scientifique » : la PubPeer Foundation, Retraction Watch (géré par le Center for Scientific Integrity), le Center for Open Science (COS) et Sense About Science USA.
Ces entités formeraient un réseau interconnecté accusé d’utiliser le prétexte de la défense de l’intégrité pour lancer des attaques coordonnées contre des scientifiques.

Le post cite des montants précis de subventions :
- 562 800 à la PubPeer Foundation pour soutenir les commentaires anonymes post-publication (dont 412 000 en 2016 et 150 000 $ en 2019).
- 300 000 $ à Retraction Watch / Center for Scientific Integrity en 2015 pour la création d’une base de données sur les rétractations.
- Plus de 25 millions $ cumulés au Center for Open Science pour des outils de reproductibilité et de transparence.
- Des financements non précisés à Sense About Science USA depuis le milieu des années 2010.
ScienceGuardians publie aussi un schéma visuel accompagne son post, plaçant Arnold Ventures au centre de ce réseau présumé. Ivan Oransky, cofondateur de Retraction Watch et membre du conseil de PubPeer, est présenté comme une figure centrale de ce système.

Le post relie ces financements à l’effondrement de la Nutrition Science Initiative (NuSI), un projet doté de plus de 40 millions de dollars par la Laura and John Arnold Foundation (devenue Arnold Ventures) entre 2012 et 2013. NuSI visait à révolutionner la recherche sur l’obésité en adoptant une approche de type « Projet Manhattan ». Le projet s’est dissous en 2021 après des conflits internes et une réduction drastique des financements.
ScienceGuardians cite un mémo interne de NuSI daté du 10 décembre 2015 adressé à des dirigeants d’Arnold Ventures (dont Kelli Rhee, actuelle PDG, Stuart Buck et Elizabeth Banks). Le lendemain, Peter Attia (cofondateur et président de NuSI) aurait transmis ce document à l’adresse email privée de Jeffrey Epstein, avec des commentaires évoquant une pression intense (« Still think they want to hang me from a tree? Brutal, huh? » : Jusqu’à penser qu’ils veulent me pendre à un arbre ? Brutal, hein ?). Attia a démissionné fin décembre 2015 ; les financements sont passés à des contrats courts en 2016, précipitant la fin de NuSI.
Le post déclare la période de « courtoisie » de 14 jours écoulée et exige la publication immédiate de tous les documents internes, accords de subvention et comptabilités liés à ces financements.
Qui est ScienceGuardians ?
Apparu en 2025, ScienceGuardians se positionne comme une alternative à PubPeer, accusé d’abuser de l’anonymat pour harceler. La plateforme exige une vérification d’identité académique (mais permet l’anonymat public des commentaires). Le groupe reste anonyme pour éviter de se faire attaquer comme de nombreux chercheurs, se présentant comme une équipe de professionnels de l’informatique et des données formés à l’éthique académique, sans financement corporate.
Des critiques, dont la blogueuse Elisabeth Bik et d’autres observateurs de l’intégrité scientifique, y voient un espace pour des auteurs mécontents de voir leurs articles signalés sur PubPeer (souvent pour manipulation d’images ou problèmes de données). Le chercheur en cancérologie Wafik El-Deiry (Brown University) a publiquement rejoint la plateforme et dénoncé PubPeer comme « tyrannique ». Mais Bik a fait l’objet d’une enquête explosive de la part de ScienceGuardian sur la censure systématique qu’elle orchestrerait avec des réseaux comme PubPeer, des financements occultes ou des chercheurs qui n’ont aucune compétence médicale et présentent des troubles du comportement en professant de nombreuses insultes à ceux qui le contredise.
Récemment, ScienceGuardians a intensifié ses attaques en publiant un tweet le 13 mars 2026, accusant Holden Thorp, rédacteur en chef de Science Magazine, d’admettre que le peer review ne vérifie pas la fraude, tout en soulignant les revenus massifs (129 millions de dollars en 2024) de l’AAAS, sa maison-mère. Ce clip vidéo d’un panel expose, selon eux, comment ces failles servent à des « campagnes de diffamation » contre des figures comme le lauréat Nobel Thomas C. Südhof, renforçant leur narrative d’un système scientifique corrompu par des intérêts non transparents.
🚨 SHOCKING CONFESSION: @ScienceMagazine EIC Holden Thorp Admits Peer Review Skips Fraud Checks Entirely—While AAAS Rakes in $129M!
In this clip, EIC Holden Thorp confesses:
« We ask reviewers really two things… whether the paper belongs in our journal… and whether, if you… https://t.co/SBABzKPVI9
— ScienceGuardians (@SciGuardians) March 13, 2026
Arnold Ventures et les organisations financées
Arnold Ventures, dirigée par l’ancien trader John Arnold (ex-Enron puis hedge fund Centaurus), finance des réformes basées sur des preuves, notamment en justice pénale et en intégrité scientifique. Les subventions citées visent à promouvoir la transparence et la reproductibilité. PubPeer permet des commentaires anonymes ayant conduit à de nombreuses rétractations, mais aussi à des procès de scientifiques se disant victimes d’attaques et de harcèlement comme la scientifique Sabine Hazan ou l’équipe de l’IHU méditerranée du professeur Raoult. Retraction Watch documente les rétractations et met en lumière les problèmes d’intégrité, dont l’intégrité journalistique est mise en question par de nombreux articles à charge sans respecter dument le contradictoire ou les opinions divergentes.
Aucune réponse publique immédiate d’Arnold Ventures n’a été identifiée à ce jour. Le compte X de John Arnold a publié du contenu sans lien avec ces accusations. France-Soir a contacté Arnold ventures qui ne s’est pas rendu disponible pour répondre.
L’échec de NuSI et les liens avec Epstein
L’échec de NuSI a été documenté par des médias comme WIRED (2017-2018) : conflits internes, objectifs non atteints, départ d’Attia. Des documents judiciaires récents liés à Epstein révèlent des échanges email entre Attia et Epstein (2015-2019), incluant des conseils médicaux et des blagues. Attia a quitté CBS News en février 2026 suite à la controverse, niant toute implication criminelle. Les Arnolds apparaissent dans un « réseau de connexions » d’Epstein (archives DOJ), qualifiés de « proches amis », sans accusation de malversation.
Réactions et contexte plus large
Le post a recueilli une visibilité modeste (quelques dizaines de likes et reposts au moment de la rédaction), avec des traductions et appels à réaction d’Arnold Ventures dans plusieurs langues. Le débat autour de PubPeer oppose ceux qui y voient un outil précieux contre la fraude et ceux qui dénoncent un risque d’abus anonyme. Cette affaire illustre les tensions croissantes sur le contrôle de la science à l’ère des philanthropes milliardaires et des plateformes en ligne.
Aucune déclaration officielle des parties visées n’a été publiée pour l’instant. Cette controverse met en lumière les questions persistantes sur la transparence des financements philanthropiques dans la recherche et sur les dérives possibles des mécanismes d’« intégrité scientifique ».
1) questions posées à la Arnold Fondation par France-Soir :
Pour garantir l’équilibre et la précision, j’apprécierais vos réponses aux questions suivantes avant publication :1. Arnold Ventures peut-il commenter les affirmations de ScienceGuardians selon lesquelles l’organisation aurait financé un réseau (incluant PubPeer, Retraction Watch, le Center for Open Science et Sense About Science USA) impliqué dans des campagnes de harcèlement et de diffamation contre des chercheurs universitaires depuis plus de dix ans ?
2. Quels sont les objectifs spécifiques des subventions accordées à ces organisations (par exemple, 562 800 $ à PubPeer, 300 000 $ à Retraction Watch / Center for Scientific Integrity, plus de 25 millions de dollars au Center for Open Science), et comment Arnold Ventures surveille-t-elle et veille-t-elle à ce que ces fonds soient utilisés pour promouvoir l’intégrité scientifique sans permettre d’abus potentiels ?
3. Quelle est votre réponse aux allégations liant l’échec de la Nutrition Science Initiative (NuSI) — un projet financé de plus de 40 millions de dollars par la Laura and John Arnold Foundation (aujourd’hui Arnold Ventures) — aux pressions internes en 2015, y compris les communications impliquant Peter Attia et Jeffrey Epstein mentionnées dans le fil ?
4. Arnold Ventures peut-elle confirmer ou infirmer les liens avec Jeffrey Epstein mentionnés dans les récents documents judiciaires et clarifier si de telles associations ont influencé les décisions de financement ou la gouvernance de l’organisation ?
5. ScienceGuardians a exigé la publication publique de documents internes, d’accords de subvention et de comptabilité financière liés à ces subventions. Arnold Ventures envisage-t-il ou prévoit-il de répondre à cette demande de plus grande transparence ?
Merci d’avance pour votre temps et toutes les informations que vous pourrez fournir. Ma date limite de publication est le 14 mars 2026.