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Israël a averti Washington que ses stocks d’intercepteurs antimissiles diminuaient rapidement face aux attaques iraniennes. Les États-Unis disposent encore de réserves importantes, mais un soutien accru pourrait peser sur leurs propres arsenaux. La guerre prolongée commence ainsi à tester les capacités de défense antimissile des alliés occidentaux.
Alors que la guerre avec l’Iran entre dans sa troisième semaine, Israël a averti les États-Unis que ses stocks d’intercepteurs destinés à neutraliser les missiles balistiques commençaient à s’amenuiser dangereusement. Selon plusieurs responsables américains cités par des sources diplomatiques, les systèmes de défense israéliens subissent une pression croissante face au rythme soutenu des tirs iraniens, qui mettent à l’épreuve le dispositif antimissile du pays.
Cette fragilité n’est pas entièrement nouvelle. Les réserves israéliennes avaient déjà été fortement entamées lors des confrontations précédentes avec la République islamique, notamment lors des affrontements de 2025. Depuis le début de la guerre actuelle, les bombardements répétés de Téhéran ont encore accentué cette pression sur les systèmes d’interception à longue portée.
Une guerre d’usure
La situation est d’autant plus complexe que certains missiles iraniens seraient désormais équipés de munitions à fragmentation, une évolution technologique qui complique leur neutralisation et accélère la consommation des intercepteurs disponibles.
À Washington, cette perspective était anticipée depuis plusieurs mois. Un responsable américain a reconnu que les autorités américaines s’attendaient à voir les stocks israéliens diminuer rapidement dans un conflit de haute intensité. Pour l’heure, les États-Unis assurent disposer de réserves suffisantes pour protéger leurs bases, leur personnel et leurs intérêts dans la région, tout en affirmant suivre de près la situation israélienne. La question d’un éventuel transfert supplémentaire d’intercepteurs vers Israël reste toutefois en suspens.
Une telle décision pourrait avoir des répercussions sur les stocks américains. Lors du précédent affrontement majeur avec l’Iran, Washington avait déjà mobilisé une part importante de son arsenal antimissile. Selon le Centre d’études stratégiques et internationales, plus de 150 intercepteurs du système THAAD avaient été tirés en 12 jours, soit environ un quart des réserves disponibles à l’époque. Au début de la guerre actuelle, plusieurs milliards de dollars d’intercepteurs du système Patriot auraient également été utilisés.
Dans ce contexte, les déclarations du président américain Donald Trump affirmant que les États-Unis disposent de stocks de munitions « quasi illimités » suscitent un certain scepticisme parmi les observateurs, faute de données vérifiables. Si Washington insiste sur sa capacité à soutenir ses alliés, la perspective d’une guerre prolongée contre l’Iran soulève déjà des interrogations sur la durabilité des arsenaux antimissiles occidentaux.