Réponse de l’Iran à la plainte du Qatar, par Amir Saeid Iravani


D’ordre de mon gouvernement, et en réponse aux lettres de la Mission permanente de l’État du Qatar auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York datées des 1er, 2, 3, 4, 5 et 8 mars 2026 (S/2026/110, S/2026/114, S/2026/122, S/2026/127, S/2026/134 et S/2026/143), je souhaite appeler votre attention et celle des membres du Conseil de sécurité sur les points suivants :

Comme suite à mes lettres datées des 3 et 7 mars 2026 (S/2026/121 et S/2026/139), il convient de rappeler que l’agression perpétrée conjointement par les États-Unis et le régime israélien contre la République islamique d’Iran, en violation du caractère impératif de l’« interdiction de l’agression », a commencé le 28 février 2026 avec l’assassinat lâche du Guide suprême de la République islamique d’Iran, plus haute autorité de l’État, et de plusieurs autres hauts responsables de mon pays, ainsi que des attaques simultanées contre des biens de caractère civil, notamment des écoles, des hôpitaux, des installations sportives, des habitations et des centres de services publics.

Depuis le début de cette agression commise contre la République islamique d’Iran par les États-Unis et le régime israélien, les agresseurs utilisent également les territoires et les installations de certains États tiers, dont l’État du Qatar, pour lancer des attaques militaires illégales, qui ont jusque-là entraîné le martyre de plus de 1 300 civils et la destruction de 9 669 biens de caractère civil, dont 7 943 habitations, 1 617 centres commerciaux et centres de services, 35 hôpitaux et centres pharmaceutiques et médicaux, 9 bâtiments du Croissant-Rouge et 63 écoles.

Comme expliqué dans plusieurs communications adressées par la République islamique d’Iran au Conseil de sécurité, notamment dans la lettre parue sous la cote S/2025/466, selon le principe fondamental sic utere tuo ut alienum non laedas, les États ont l’interdiction de permettre sciemment que leur territoire soit utilisé, directement ou indirectement, pour causer un préjudice à d’autres États. En outre, selon l’alinéa f) de l’article 3 de l’annexe de la résolution 3314 (XXIX) de l’Assemblée générale, en date du 14 décembre 1974, « le fait pour un État d’admettre que son territoire, qu’il a mis à la disposition d’un autre État, soit utilisé par ce dernier pour perpétrer un acte d’agression contre un État tiers » constitue un acte d’agression.

Par ailleurs, selon un principe fondamental du droit international découlant du caractère impératif de l’« interdiction de l’agression », les États doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher des forces armées étrangères stationnées sur leur territoire de commettre des actes d’agression contre d’autres États et ne doivent pas faciliter ni soutenir de tels actes. Il est évident qu’en cas de violation de ces obligations fondamentales, un État dont le territoire a été utilisé pour commettre des actes d’agression contre un État tiers voit sa responsabilité juridique internationale engagée, y compris la responsabilité de réparer les dommages directs et indirects résultant de ces actes. Les autorités compétentes procéderont au relevé de l’ensemble des dommages et pertes causés par de tels actes d’agression.

Dans l’exercice du droit naturel que lui confère l’Article 51 de la Charte des Nations Unies de défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale, et face à l’incapacité du Conseil de sécurité de s’acquitter des devoirs et responsabilités qui lui incombent en vertu de la Charte, la République islamique d’Iran a mené des opérations défensives nécessaires et proportionnées contre les bases et les installations des agresseurs dans la région. Ces actes sont conformes au droit international et ont été clairement et à plusieurs reprises annoncés à l’avance par divers canaux et à différents niveaux.

Tout en rejetant catégoriquement les allégations infondées formulées par le Qatar dans sa lettre du 4 mars 2026, la République islamique d’Iran reste déterminée à entretenir des relations amicales avec l’État du Qatar, sur la base du respect mutuel, du principe de bon voisinage et du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chacun. Elle souligne une nouvelle fois que les opérations défensives qu’elle mène contre les bases et installations militaires des États Unis dans la région ne visent en aucun cas la souveraineté ni l’intégrité territoriale de l’État du Qatar.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre comme document du Conseil de sécurité.



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