Victimes de la ‘guerre contre un virus’ laissées en errance médicale – après leur rendez-vous au ministère, les associations réclament reconnaissance, suivi et transparence


À la suite d’un rendez-vous au cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, trois voix de terrain ont livré un débriefing sans fard : Julia Walter (On a eu not’dose, et administratrice d’AAVIC TEAM), Mathieu Dubois (président d’AAVIC TEAM) et Alain Maupas (administrateur d’AAVIC TEAM, père de Mélanie, décédée le 24 février 2026). Tous trois sont des victimes – directes ou indirectes – d’effets indésirables post-vaccinaux, et décrivent un système public où « l’errance médicale » persiste, malgré des appels répétés à l’aide.

« C’était une première pour moi au ministère. J’y suis allée en tant que victime, avec une péricardite post-injection et des pathologies multiples. Je suis en invalidité, avec auxiliaire de vie. Il fallait qu’ils entendent enfin la réalité de ce qu’on vit chaque jour », raconte Julia Walter. Elle dit accompagner désormais d’autres personnes dans leurs démarches (MDPH, dossiers, orientation), tant « l’errance médicale est énorme ». Et de marteler : « Être entendus ne suffit plus ; il faut passer à l’action. Reconnaissance, aide médicale, aide financière : il faut simplifier la vie de toutes ces victimes. »

Le président d’AAVIC TEAM, Mathieu Dubois, insiste sur l’ampleur du ressenti : « Notre association représente 1 055 adhérents. J’ai eu plus de 800 victimes au téléphone : c’est une souffrance incroyable. Une triple peine : physique, morale, financière – et même sociale. On a l’impression d’une non-assistance à personne en danger. » Il décrit des interlocuteurs administratifs « déconnectés du terrain » : « Quand on arrive, ils semblent découvrir qu’il existe des effets indésirables, et qu’aucun dispositif pérenne de suivi n’est en place. » AAVIC TEAM réclame « une vraie reconnaissance, un accompagnement médical structuré, et des chiffres actualisés ». Mathieu Dubois pointe notamment l’absence, selon lui, de données consolidées de l’ANSM depuis juin 2023 : « Pourquoi n’a-t-on plus ces rapports de pharmacovigilance ? »

Le drame personnel d’Alain Maupas donne une gravité particulière au propos. Sa fille Mélanie est décédée le 24 février 2026. « C’était la troisième fois qu’on rencontrait des conseillers du ministre. Et on repart de zéro : les personnes reçues n’étaient même pas au courant de la réunion précédente. Comment, en 2026, peut-on avoir si peu de suivi interne ? » s’étonne-t-il. « On nous traitait de complotistes ; mais quand l’État lui-même n’assure pas la continuité, qui alimente la défiance ? Moi, j’ai promis à Mélanie de continuer. Il faut que ces gens assument et agissent : reconnaissance et aides pour les victimes. »

La métaphore guerrière employée au plus fort de la crise revient constamment dans les témoignages. « Nous sommes des victimes d’une guerre contre un virus, des blessés de guerre », lance Dubois. « En temps de guerre, on soigne les blessés. Là, on les laisse de côté. Des plateformes dédiées ont fermé, le suivi est lacunaire. Derrière les procédures et les budgets, il y a des humains. Ce n’est plus des chiffres. » Les trois intervenants affirment ne pas avoir senti, au ministère, l’hommage dû à des « soldats » qu’on honorerait d’ordinaire : « Non, on ne s’est pas sentis honorés », souffle Mathieu Dubois.

La question de la confiance publique traverse l’entretien. Les trois porte-voix évoquent des chiffres d’opinion défavorables à la poursuite des campagnes et y voient le reflet d’une fracture. « Les familles sont désormais touchées : cancers, pathologies chez des jeunes… Comment s’étonner que les gens aient peur ? » interroge Alain Maupas. Ils disent constater sur le terrain une hausse d’appels et de signalements, et regrettent que nombre de victimes aient d’abord été renvoyées à des causes psychologiques : « Combien de fois a-t-on entendu : ‘c’est le stress’, ‘c’est dans la tête’ ? » répond Mathieu Dubois. « Pourtant, la temporalité post-injection est là dans bien des cas. »

Au-delà du constat, les demandes sont claires :

 – Mise en place d’un parcours de soins identifié et d’un suivi pluridisciplinaire pérenne. 
– Transparence et publication régulière des données de pharmacovigilance.
 – Reconnaissance institutionnelle des effets indésirables et dispositifs d’indemnisation simplifiés. 
– Ouverture d’un dialogue structuré et continu entre associations, soignants et autorités.

Julia Walter illustre la « double peine » – être malade et devoir prouver – par son propre parcours : « Ma péricardite a été attestée aux urgences en 2021. En 2022, j’ai lancé une action en justice pour faire reconnaître le lien ; c’est une bataille de papiers, d’expertises, d’allers-retours. Nous avons obtenu des informations montrant que myocardites et péricardites post-injection étaient connues tôt au niveau européen. Il faut que les victimes qui le peuvent engagent aussi des démarches. Devenons acteurs de notre santé, ne nous laissons plus faire. »

Les trois intervenants décrivent un rendez-vous où, s’ils ont perçu chez une conseillère « une certaine ouverture pour aller chercher des réponses », ils redoutent que la suite ne se perde dans les sables. « On nous dit ‘on vous entend’ depuis des années. Maintenant, il faut agir. C’est une question de vie ou de mort », résume Mathieu Dubois. Ils appellent à « l’union », au-delà des clivages vaccinés/non vaccinés, et à une « grande cause nationale » de la reconnaissance et de la prise en charge des effets indésirables. « On connaît tous quelqu’un », rappelle Alain Maupas. « Rejoignez-nous, soutenez les associations, venez aux manifestations. Plus nous serons nombreux, plus les grands médias et les décideurs écouteront. »

Sollicités pour des données chiffrées et des précisions sur l’état des dispositifs de suivi, les services du ministère de la Santé n’avaient pas, à l’heure de la publication, apporté de réponse. De leur côté, Julia Walter, Mathieu Dubois et Alain Maupas disent tenir la porte du dialogue ouverte – mais exigent un calendrier, des actes et des garanties de continuité. « On ne vient pas en ennemis, conclut Mathieu Dubois. On vient avec le drapeau blanc. Tendez-nous la main. »





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