Le gouvernement allemand a assuré jeudi avancer vers des mesures de soutien à la chimie, fragilisée par la guerre au Moyen-Orient et qui vit « sa crise la plus grave depuis l’après-guerre », selon la fédération sectorielle.
En fin d’année dernière, un tarif préférentiel de l’électricité et un dispositif de compensation de son prix pour l’industrie avaient été annoncés, mais leur implémentation a pris du retard, faute d’avoir reçu le feu vert de la Commission européenne.
La ministre de l’Économie et de l’Énergie Kaherina Reiche a affirmé devant la presse que ces deux mesures avaient reçu des « retours positifs » de Bruxelles, avant une approbation officielle attendue « d’ici la fin du deuxième trimestre ».
Elle a insisté sur la priorité « d’assurer des prix de l’énergie compétitifs » car les tarifs élevés de l’électricité sont un « désavantage » pour le secteur, tandis que « les installations ne fonctionnent qu’à 72 % de leurs capacités ».
Concrètement, sur la période 2026-2028, le gouvernement a promis de ramener à environ cinq centimes d’euro par kilowattheure le prix de l’électricité pour l’industrie, avec une application rétroactive au 1ᵉʳ janvier.
L’Allemagne s’appuie sur une règle européenne qui autorise des aides couvrant une partie du prix de gros de l’électricité et de la consommation annuelle des entreprises.
Les entreprises devront en outre investir la moitié du montant de l’aide dans l’efficacité énergétique et la durabilité pour bénéficier du dispositif.
Selon les calculs de la Fédération allemande de l’industrie de la fonderie, le tarif subventionné ressortirait ainsi non pas à 5 centimes, mais à environ 18 centimes par kWh, en légère baisse seulement et en restant à un niveau élevé face à la concurrence internationale.
Mme Reiche a également annoncé que le dispositif de compensation du prix de l’électricité allait être élargi à 31 secteurs contre 10 auparavant, et profiterait particulièrement aux fabricants de produits chimiques organiques de base et d’engrais, qui n’étaient pas éligibles auparavant.
« L’industrie chimique est le cœur de l’industrie en Allemagne, au moins aussi importante que l’industrie automobile, sinon plus », a souligné lors de la conférence de presse le ministre de l’Environnement Carston Schneider.
Dans une logique d’allègement bureaucratique prônée par la coalition du chancelier conservateur Friedrich Merz, le gouvernement a aussi rappelé son soutien à une révision du mécanisme européen REACH, qui encadre la production et l’utilisation de substances chimiques dangereuses.