Plusieurs organisations de transporteurs routiers s’organisent pour manifester leur mécontentement par des actions régionales à partir de ce week-end afin de protester contre la hausse du prix des carburants liée à la guerre en Iran, qui grève leurs trésoreries.
Le syndicat de transporteurs routiers OTRE prévoit ainsi des manifestations ou des opérations escargot à Lyon et Clermont-Ferrand en Auvergne-Rhône Alpes samedi, en Ile-de-France lundi, en Pays-de-Loire mardi, et en Provence-Alpes Côte d’Azur, Occitanie et Nouvelle-Aquitaine mercredi.
Le 1ᵉʳ avril, les transporteurs routiers de la FNTR, plus ancienne organisation de routiers, se joindront en Provence-Alpes-Côte d’Azur à ceux de l’OTRE, a indiqué la FNTR.
« Nous arrivons à la quatrième semaine de crise, la situation est très compliquée pour les transporteurs routiers, car le gasoil livré en cuve est souvent plus cher pour eux que dans les stations-service », a souligné la déléguée-générale de la FNTR, Florence Berthelot.
Comme beaucoup d’entreprises de transport routier sont des PME qui ne disposent devant elles que de 28 jours de trésorerie en moyenne, la flambée des carburants « déséquilibre complètement leurs postes de coûts, d’autant que les factures qu’ils émettront à leurs clients fin mars ne seront pas payées avant mi-mai au plus tôt », a-t-elle ajouté.
Les transporteurs demandent une aide « pour ne pas assécher leur trésorerie en achat de carburant en attendant d’être réglés par leurs clients », a-t-elle ajouté. Ils demandent aussi des ristournes sur le prix des carburants, comme celles obtenues par leurs concurrents en Espagne ou en Italie, a-t-elle ajouté.
« Le report des échéances fiscales et sociales qu’on nous a accordé cette semaine n’est pas suffisant », a-t-elle dit.
Vendredi soir, le gouvernement a annoncé des mesures complémentaires, avec une aide de quelque 50 millions d’euros le mois prochain.
La mesure cible les TPE et PME (très petites, petites et moyennes entreprises) qui pourront justifier « de difficultés de trésorerie majeures liées à la crise ». L’aide est équivalente à une aide forfaitaire de 20 centimes par litre pour les entreprises concernées.
Ces dernières mesures n’ont pas convaincu la FNTR qui estime vendredi soir qu’elles « ne constituent en rien une réponse à la crise ».
« Nous nous retrouvons avec une véritable usine à gaz, incompréhensible dans ses critères », estime Florence Berthelot ajoutant que « les annonces gouvernementales ne sont ni à la hauteur, ni opérationnelles ».