Fico menace Bruxelles de bloquer le 20e paquet de sanctions contre Moscou — Enfant de la Société — Sott.net


Robert Fico remet sa menace de véto sur la table.

Pipeline

© Kisbenedek / AFP

Une dizaine de jours après une déclaration conjointe de la Commission européenne et du Conseil européen concernant l’oléoduc de Droujba, dans laquelle ces institutions européennes soutiennent une réparation, un rétablissement de l’approvisionnement en pétrole et proposent une assistance technique et financière à l’Ukraine, le Premier ministre slovaque ne constate toujours pas un flux de pétrole russe et menace à nouveau de bloquer aussi bien un 20e paquet de sanctions contre la Russie et le prêt européen à Kiev.

Fin février dernier, la Hongrie a bloqué un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine, en réponse à l’interruption des flux de pétrole russe via l’oléoduc Druzhba, endommagé le 27 janvier et traversant l’Ukraine pour approvisionner Budapest et Bratislava. Le Premier ministre magyar accuse Kiev de « chantage politique » et refuse alors toute aide tant que les livraisons ne reprennent pas.

Pas de pétrole, pas de soutien slovaque

L’Ukraine invoque des dommages techniques dus à des attaques russes, mais Budapest et Bratislava dénoncent un « motif politique », refusant l’accès à des inspections et menaçant de mesures de rétorsion comme la suspension des exportations de diesel vers l’Ukraine.

Début mars 2026, le Premier ministre slovaque Robert Fico a déjà annoncé que la Slovaquie poursuivrait le veto sur le prêt si Viktor Orbán perdait les élections législatives hongroises du 12 avril. Le PM slovaque affirmait être « prêt à prendre le relais de la Hongrie » pour forcer la restauration des flux Druzhba avant que Bratislava n’annonce un accord de principe avec l’UE fin mars 2026. L’Ukraine a accepté une aide technique et financière européenne pour réparer l’oléoduc, avec des experts européens prêts à intervenir « immédiatement », ouvrant la voie potentielle à la levée du blocage du prêt.

Depuis, seul Viktor Orban faisait encore planer son véto, allant jusqu’à réduire les livraisons hongroises de gaz à l’Ukraine. « Pas de pétrole, pas d’argent », avait-il affirmé. « Pour briser le blocus pétrolier et garantir la sécurité de l’approvisionnement énergétique de la Hongrie, de nouvelles mesures sont désormais nécessaires », a-t-il déclaré. « Tant que l’Ukraine ne fournira pas de pétrole, elle ne recevra pas de gaz de la part de la Hongrie », a-t-il ajouté dans une vidéo postée sur Facebook.

Mais voilà que Robert Fico revient à la charge. Le chef du parti SMER constate que le pétrole russe ne transite toujours pas via le pipeline Droujba. « Si la Commission européenne préfère l’Ukraine à la Slovaquie, elle peut oublier le soutien au 20e paquet de sanctions contre la Russie, ainsi que notre volonté de faire des compromis lors de la mise en œuvre des plans d’adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union européenne », a-t-il déclaré dans une vidéo sur Facebook.

Le chef du gouvernement slovaque dit « constater des déclarations du président ukrainien indiquant qu’il n’est absolument pas intéressé par la reprise du transit du pétrole russe. Après l’arrêt du transit du gaz russe, il s’agit du deuxième geste ouvertement hostile et économiquement préjudiciable de Vladimir Zelensky envers la Slovaquie. La Commission européenne n’a rien fait pour contraindre Zelensky à résoudre la situation de l’oléoduc », a-t-il ajouté.

« La CE serait plus satisfaite » avec l’opposition

Pour Robert Fico, les institutions européennes privilégient le fait de « faire du mal [aux Slovaques], nous punir, laisser notre population payer plus cher l’essence et le diesel et le soumettre à une pénurie plutôt que de recevoir du gaz et du pétrole de Russie (…) Il s’avère que la haine et l’obsession envers la Russie l’emportent », estime-t-il.

De son avis, si les livraisons de pétrole via Druzhba s’étaient poursuivies, la Slovaquie et la région d’Europe centrale n’auraient pas été confrontées à une situation difficile concernant l’essence, dont les prix augmentent dans le contexte de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

« Je n’ai absolument aucun doute sur le fait que la Commission européenne poursuit également des objectifs politiques », poursuit-il. Robert Fico estime que l’exécutif européen souhaite « affaiblir la coalition gouvernementale actuelle, qui ose avoir des positions souveraines et indépendantes sur des questions fondamentales ». « La Commission serait bien plus satisfaite si le pays avait un gouvernement composé de l’opposition libérale. Celui-ci aurait répondu à toutes les attentes de la Commission et aurait peut-être entraîné la Slovaquie dans la guerre », a conclu Robert Fico, qui affirme son intention de poursuivre la politique « souveraine » de la Slovaquie.

En novembre dernier, la Commission européenne a mis en demeure la Slovaquie, environ deux mois après l’adoption par Bratislava d’une réforme constitutionnelle visant à garantir la primauté de ses lois face à l’Union européenne (UE). L’exécutif européen a annoncé avoir ouvert une procédure d’infraction contre ce pays.



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