Tel-Aviv se prépare à une intensification de l’activité militaire américaine contre l’Iran — Les Maîtres du Monde — Sott.net


Donald Trump menace d’intensifier les frappes contre l’Iran tout en poursuivant une issue négociée.

Soldats israeliens

© Jalaa Marey/AFP via Getty ImagesDes soldats israéliens prennent position le long de la frontière entre Israël et le Liban, le 7 mars 2026.

Israël anticipe une montée en puissance des opérations américaines

Israël se prépare à la possibilité d’une intensification de l’activité militaire américaine contre l’Iran dans les prochains jours, ont déclaré de hauts responsables israéliens à Epoch Magazine Israel, alors que le président américain Donald Trump envisage de renforcer la pression sur Téhéran après une série d’avertissements fermes liés à la réouverture du détroit d’Ormuz et à une proposition d’accord formulée par Washington pour mettre fin à la guerre par la voie diplomatique.

Les responsables ont indiqué que les États‑Unis élaborent plusieurs options pour de possibles opérations à l’intérieur de l’Iran, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à contraindre Téhéran à accepter un accord pour mettre un terme à un conflit qui dure désormais depuis plus de quatre semaines. Ces préparatifs reflètent des attentes croissantes à Jérusalem quant à l’entrée potentielle du conflit dans une phase plus intense si la diplomatie échoue.

Les responsables israéliens estiment que M. Trump n’a pas encore tranché sur la voie à suivre, laissant ouvertes aussi bien l’option d’un règlement négocié que celle d’une forte escalade.

Menaces d’escalade et options militaires

M. Trump a menacé de détruire les infrastructures critiques de l’Iran — y compris ses installations énergétiques et, potentiellement, ses usines de dessalement — si Téhéran refuse de conclure un accord et de rouvrir le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz.

Depuis le début du conflit, à la fin du mois de février, l’Iran a fortement restreint le trafic maritime dans le détroit, contribuant à une flambée des prix de l’énergie et alimentant les craintes de ruptures d’approvisionnement et de répercussions économiques plus larges.

Les cours mondiaux du pétrole se sont envolés dans le contexte de la poursuite des combats, propulsant le baril de brut à plus de 115 dollars ce week‑end. Il s’échangeait autour de 72 dollars le 27 février, juste avant le début des frappes américano‑israéliennes sur l’Iran, mais a fortement grimpé depuis, à mesure que montent les craintes de perturbations et d’un embrasement régional.

En dépit de ses menaces, M. Trump a également laissé entendre que la diplomatie progresse. S’adressant à des journalistes à bord d’Air Force One, le 29 mars, il a déclaré que les discussions avec l’Iran — directes et indirectes — se poursuivent et réalisent des progrès « très encourageants », laissant entendre que les négociations avancent parallèlement au maintien de la pression militaire.

« Nous avons eu aujourd’hui de très bonnes négociations avec l’Iran, nous obtenons beaucoup de choses qu’ils auraient dû nous donner depuis longtemps », a déclaré M. Trump, ajoutant que Téhéran doit accepter les termes proposés ou s’exposer à de lourdes conséquences.

L’Iran nie les pourparlers alors que des propositions concurrentes émergent

Les responsables iraniens contestent vigoureusement cette description de la situation. Esmail Baqaei, porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a affirmé que Téhéran n’a mené aucun pourparler direct avec les États‑Unis et a rejeté l’idée selon laquelle il aurait accepté les propositions de Washington.

« Au cours de ces trente et un derniers jours, nous n’avons eu aucune négociation avec les États‑Unis », a déclaré M. Baqaei dans un message publié sur X, ajoutant que l’Iran n’a reçu que des messages transmis par des intermédiaires, notamment le Pakistan. Il a précisé que Téhéran reste concentré sur sa défense face à ce qu’il décrit comme une agression militaire américaine continue.

M. Trump maintient de son côté que la diplomatie gagne du terrain après plusieurs semaines de frappes intensives américaines et israéliennes, qui, selon lui, ont profondément remodelé la structure dirigeante en Iran. Il a présenté la situation comme ayant de facto entraîné un « changement de régime », affirmant qu’un nouveau groupe de responsables iraniens semble désormais davantage disposé à dialoguer.

Selon M. Trump, ces responsables ont accepté la plupart des éléments d’une proposition américaine en quinze points, comprenant des exigences portant sur l’arrêt de l’enrichissement d’uranium, le démantèlement d’installations nucléaires clés, l’acceptation d’un contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique, ainsi que la réduction du programme balistique iranien et de son soutien aux groupes armés alliés dans la région.

L’Iran a répondu avec son propre ensemble de conditions, incluant l’arrêt immédiat des attaques américaines et israéliennes, des garanties contre tout conflit futur, le versement de réparations de guerre, un cessez‑le‑feu régional couvrant l’ensemble des groupes alliés, ainsi que la reconnaissance internationale de ses revendications sur le détroit d’Ormuz.

Le Parlement iranien a également approuvé un plan visant à prélever des droits de passage sur les navires transitant par le détroit, selon les médias d’État, alors que se poursuit le bras de fer sur le contrôle de cette voie maritime stratégique.

Risque d’embrasement régional et coordination américano‑israélienne

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré, le 30 mars, que Washington dispose de plusieurs options pour répondre à toute tentative iranienne d’imposer durablement des restrictions ou des droits de passage sur le détroit.

« Cela ne sera pas autorisé », a affirmé M. Rubio dans un entretien à l’émission Good Morning America de la chaîne ABC, ajoutant que M. Trump dispose d’un éventail de mesures pour garantir la liberté de navigation, tout en refusant de détailler les actions concrètes qui pourraient être engagées.

M. Rubio a indiqué que, si l’administration privilégie une solution diplomatique, elle est prête à agir si nécessaire, compte tenu notamment de l’importance stratégique du détroit pour les marchés énergétiques mondiaux.

Des responsables israéliens ont déclaré à Epoch Magazine Israel que Jérusalem et Washington restent en étroite coordination à mesure que la situation évolue et qu’Israël accepterait toute décision prise par M. Trump quant au calendrier de fin de la guerre.

Ils ont précisé qu’il existe un alignement complet entre les deux pays sur la nécessité de poursuivre les opérations contre le Hezbollah au Liban, même si un cessez‑le‑feu était conclu avec l’Iran.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a déclaré, le 29 mars, avoir ordonné aux Forces de défense d’Israël d’élargir leurs opérations dans le sud du Liban en réponse à la poursuite des tirs de roquettes du Hezbollah, soutenu par l’Iran.

Le conflit a également pris une dimension géographique plus large, les Houthis, alliés de l’Iran au Yémen, étant entrés à leur tour dans la bataille. L’armée israélienne a indiqué avoir intercepté ces derniers jours deux drones lancés depuis le Yémen, marquant une nouvelle escalade sur le front sud d’Israël.



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