Ce graphique choc révèle un drame silencieux : en 1980, 38 % des Français de 30 ans étaient à la fois mariés et propriétaires. En 2025, ils ne sont plus que 4,5 %. Une chute vertigineuse, divisée par 8 en 45 ans.
Dès les années 1990, la courbe s’inverse. Le mariage recule et se repousse tardivement. L’âge moyen au premier mariage dépasse aujourd’hui 37 ans pour les femmes et près de 40 ans pour les hommes. Parallèlement, l’accession à la propriété devient un luxe pour les jeunes. Les prix de l’immobilier ont explosé tandis que les salaires stagnent. Il faut désormais 15 ans de revenus pour acheter 100 m², contre 10 il y a vingt ans. Les taux d’intérêt, les exigences d’apport et la pénurie de logements neufs aggravent le blocage.
Ce double effondrement n’est pas anodin. Il signe la fin du modèle classique d’entrée dans la vie adulte : couple stable, toit à soi, projet familial précoce, démographie… Résultat ? Précarité prolongée, décohabitation retardée et natalité en berne. Le logement agit comme un contraceptif puissant pour toute une génération.
Qui porte la responsabilité de cet effondrement ? Les politiques publiques successives : urbanisme restrictif qui limite l’offre, fiscalité punitive sur la construction, régulations bancaires trop rigides et absence de vraie réforme du foncier, l’euro… Les gouvernements de tous bords ont laissé filer les prix sans libérer suffisamment le marché. Les baby-boomers, devenus propriétaires à bas coût, profitent aujourd’hui d’un patrimoine gonflé pendant que leurs enfants souffrent.