Terrorisé à l’idée de retourner en prison, Nicolas Sarkozy fracasse son propre camp dans le procès en appel des financements libyens. L’ancien président charge sans retenue Claude Guéant et Thierry Herzog, ses fidèles d’hier, pour sauver sa peau.
Il accuse Guéant d’avoir « franchi la ligne jaune » avec Ziad Takieddine, qualifie son train de vie d’étrange et affirme ne plus reconnaître l’homme qu’il a tant promu. Quant à Herzog, son ancien avocat et ami de trente ans, Sarkozy le désigne comme l’émissaire d’un mystérieux « canal Chirac » chargé de négocier en douce la révision du sort d’Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi.
L’avocat de Guéant a riposté : ces accusations sont « extrêmement graves, désespérées et inutiles ». Mais Sarkozy, dos au mur, continue. Il dissocie, il nie, il pointe du doigt tous ceux qui l’entouraient pour mieux se dédouaner.
Ce n’est plus une défense, c’est une trahison en direct. Pleutre face à la perspective d’une nouvelle condamnation, l’ex-chef de l’État sacrifie ses proches les plus loyaux. La fracture est totale. Le clan sarkozyste implose sous les yeux de la cour.
Un spectacle pathétique qui révèle un homme prêt à tout pour échapper à la prison. Même à brûler ses derniers alliés.