Zack Polanski, le Zohran Mamdani anglais
Au Royaume-Uni aussi, le pouvoir semble promis à la droite radicale. Le parti Reform UK de M. Nigel Farage a le vent en poupe. Quinze années d’austérité et de scandales ont discrédité les conservateurs. Dix-huit mois de gouvernement travailliste ont dégoûté les électeurs. Mais un certain engouement pour les Verts, désormais menés par l’« écopopuliste » Zack Polanski, suggère que tout n’est pas encore joué.

ADAM DIX. – « What Lies Between » (Lire entre les lignes), 2022
© Adam Dix – Guerin Projects, Londres – Galerie Obsolete, Culver City
Ce fut comme une prémonition. Après son élection à la tête du Labour en 2015, M. Jeremy Corbyn compose un cabinet fantôme où siègent des représentants de toutes les tendances travaillistes. D’emblée, l’un de ses membres confie à Channel 4 qu’il faudra sans tarder « mettre la gauche [du parti] au placard, voire l’exclure une fois pour toutes… ». Le successeur de M. Corbyn s’est chargé de la purge à compter de 2020. Mais, aujourd’hui, l’ancien avocat Keir Starmer est le premier ministre le plus impopulaire de l’histoire. Depuis juillet 2024, sous le mandat de celui qui aimait se poser en homme intègre ou se présenter comme « l’adulte dans la pièce », les scandales retentissants succèdent aux renoncements. Et déjà la gauche ressort du placard. Les Verts « écopopulistes » de M. Zack Polanski connaissent un essor sans précédent. Comme si les tares originelles de son projet avaient rattrapé M. Starmer.
Au cours de la campagne interne, début 2020, pour conquérir un Labour encore majoritairement socialiste malgré la défaite de décembre 2019, « sir Keir » ne se contente pas de promettre le « corbynisme sans Corbyn ». Il s’épanche sur sa jeunesse de rebelle, sa contribution à la revue marxiste Socialist Alternatives, ou plus tard sa défense de militants écologistes poursuivis par la justice. Il se montre moins disert sur son expérience au parquet. Procureur général de 2008 à 2013, il avait bloqué des poursuites engagées à la suite de graves violences policières, proposé des sanctions plus sévères contre ceux qui auraient abusé de l’aide sociale (jusqu’à dix années de prison) et facilité la persécution de M. Julian Assange par les autorités américaines.
Une opération de sabotage
Ses états de service lui valent d’être anobli par la reine en 2014, puis investi dans une circonscription londonienne acquise d’avance. Élu en mai 2015 à Westminster, il s’y montre habile, notamment quand le parti rebascule à (…)
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