
Christiane Pooley. — « Life is elsewhere », 2023
Le premier ministre de Hongrie, M. Viktor Orbán, a subi une large défaite aux élections législatives du dimanche 12 avril, qui ont connu une forte participation. Le parti Tisza (Respect et liberté, centre droit) de M. Péter Magyar remporte plus de la moitié des voix (53 %) et les deux tiers des sièges à l’Assemblée nationale (137 sur 199). La gauche perd les 4 sièges qui lui restaient, tandis que le Fidesz obtient 55 sièges et l’extrême droite du Mouvement Notre patrie conserve les six qu’elle détenait.
Mouvement de jeunesse de centre gauche lors de la fin du système communiste, le Fidesz défendait des positions nationalistes et conservatrices depuis son retour au pouvoir en 2010. M. Orbán avait ouvertement construit un « laboratoire de l’illibéralisme » en prenant le contrôle des médias et de nombreuses institutions via des fondations privées (lire ci-dessous « La Hongrie en coupe réglée »).
En politique étrangère, il a joué sa propre partition (lire « La petite musique hongroise »), critique de « l’idéologie de l’Europe occidentale » et cherchant une position d’équilibre de plus en plus bancale entre Kiev et Moscou.
Alors que la gauche reste discréditée par sa dérive néolibérale lors de son passage au pouvoir, M. Magyar, issu également du Fidesz, a su refaire de la politique à la base, en partant à la reconquête des campagnes (lire « En Hongrie, l’élection se gagne au village »).