{"id":12172,"date":"2025-07-16T05:03:55","date_gmt":"2025-07-16T03:03:55","guid":{"rendered":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2025\/07\/16\/les-exonerations-creusent-le-deficit-pas-les-soins-les-moutons-enrages\/"},"modified":"2025-07-16T05:03:55","modified_gmt":"2025-07-16T03:03:55","slug":"les-exonerations-creusent-le-deficit-pas-les-soins-les-moutons-enrages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2025\/07\/16\/les-exonerations-creusent-le-deficit-pas-les-soins-les-moutons-enrages\/","title":{"rendered":"les exon\u00e9rations creusent le d\u00e9ficit, pas les soins \u2013 Les moutons enrag\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p>Par <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/pulse\/protection-sociale-les-exon\u00e9rations-creusent-le-d\u00e9ficit-amouroux-uvase\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.linkedin.com\/pulse\/protection-sociale-les-exon\u00e9rations-creusent-le-d\u00e9ficit-amouroux-uvase\">Thierry Amouroux<\/a><\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"309\" src=\"https:\/\/lesmoutonsenrages.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/image-278-550x309.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-168282\" style=\"width:585px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/lesmoutonsenrages.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/image-278-550x309.png 550w, https:\/\/lesmoutonsenrages.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/image-278-250x141.png 250w, https:\/\/lesmoutonsenrages.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/image-278-768x432.png 768w, https:\/\/lesmoutonsenrages.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/image-278-150x84.png 150w, https:\/\/lesmoutonsenrages.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/image-278.png 1280w\" sizes=\"(max-width: 550px) 100vw, 550px\" data-pagespeed-url-hash=\"1052239140\" onload=\"pagespeed.CriticalImages.checkImageForCriticality(this);\"\/><\/figure>\n<\/div>\n<p>Le d\u00e9ficit de la S\u00e9curit\u00e9 sociale existe, oui. Mais il est faible. Ce qui est grave, ce sont les mensonges qu\u2019on raconte pour le justifier. Le Premier ministre entend annoncer, le 15 juillet, des coupes dans les d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat et dans les comptes sociaux. Officiellement, il s\u2019agirait d\u2019\u00e9viter le d\u00e9rapage budg\u00e9taire. Mais les chiffres racontent une tout autre histoire.\u00a0<strong>Derri\u00e8re les discours d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, ce sont des choix politiques qui fragilisent notre mod\u00e8le de protection sociale.<\/strong>\u00a0Et sans mesurer les cons\u00e9quences, sanitaires comme sociales, de cette nouvelle cure d\u2019amincissement.<\/p>\n<p>En 2024, le d\u00e9ficit des r\u00e9gimes de base de la S\u00e9curit\u00e9 sociale et du Fonds de solidarit\u00e9 vieillesse (FSV) s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 15,3 milliards d\u2019euros.\u00a0<strong>Rapport\u00e9 aux d\u00e9penses totales (537 Md\u20ac), le d\u00e9ficit repr\u00e9sente \u00e0 peine 2,8\u00a0%.\u00a0<\/strong>Et moins de 0,7\u00a0% du PIB. Bref, ce n\u2019est pas une urgence comptable.<\/p>\n<p>En comparaison, le d\u00e9ficit budg\u00e9taire de l\u2019\u00c9tat pour 2024 d\u00e9passe les 154 milliards d\u2019euros, soit dix fois plus.\u00a0<strong>Les comptes sociaux sont donc loin d\u2019\u00eatre le trou sans fond qu\u2019on d\u00e9crit.\u00a0<\/strong>\u00c0 la v\u00e9rit\u00e9, ce sont m\u00eame eux qui ont amorti le choc de la pand\u00e9mie, \u00e9vit\u00e9 des faillites massives, et permis le red\u00e9marrage \u00e9conomique post-Covid. C\u2019est une dette d\u2019utilit\u00e9 publique.<\/p>\n<p>Alors pourquoi cette f\u00e9brilit\u00e9 gouvernementale\u202f\u00a0? Pourquoi vouloir frapper l\u00e0 o\u00f9 les d\u00e9g\u00e2ts seraient les plus visibles pour la population, alors que l\u2019effort budg\u00e9taire pourrait \u00eatre r\u00e9parti autrement\u202f\u00a0? Parce que ce d\u00e9ficit, plus politique qu\u2019\u00e9conomique, arrange ceux qui veulent d\u00e9l\u00e9gitimer le syst\u00e8me pour mieux en d\u00e9manteler les fondations.<\/p>\n<p><strong>Il faut le marteler\u00a0: les d\u00e9penses sociales ne d\u00e9rapent pas.<\/strong>\u00a0Selon la DREES, leur progression est mod\u00e9r\u00e9e (+3,8\u00a0%), et inf\u00e9rieure \u00e0 l\u2019inflation (+4,9\u00a0%). Quant \u00e0 l\u2019Objectif national de d\u00e9penses d\u2019assurance maladie (ONDAM), il a \u00e9t\u00e9 strictement respect\u00e9\u00a0: 256,4 milliards d\u2019euros en 2024, selon le minist\u00e8re de la Sant\u00e9. La part de l\u2019h\u00f4pital reste comprim\u00e9e et la pr\u00e9vention continue d\u2019\u00eatre le parent pauvre des priorit\u00e9s publiques. Il n\u2019y a donc pas d\u2019emballement des d\u00e9penses.<\/p>\n<p><strong>Le vrai probl\u00e8me, ce sont les recettes. Depuis 2017, les exon\u00e9rations de cotisations sociales patronales ont litt\u00e9ralement explos\u00e9.<\/strong>\u00a0En 2017, elles s\u2019\u00e9levaient \u00e0 35 milliards d\u2019euros. En 2023, elles atteignent pr\u00e8s de 75 milliards d\u2019euros. Soit plus du double. Et la quasi-totalit\u00e9 de cette somme \u00e9chappe au financement de la S\u00e9curit\u00e9 sociale, faute de compensation int\u00e9grale par l\u2019\u00c9tat.\u00a0<strong>En clair\u00a0: l\u2019\u00c9tat vide les caisses, puis se scandalise qu\u2019elles soient \u00e0 sec.<\/strong><\/p>\n<p>Ce m\u00e9canisme est bien document\u00e9 par des \u00e9conomistes comme Antoine Bozio ou \u00c9tienne Wasmer (qui ont rendu \u00e0 Michel Barnier en octobre 2024 un rapport sur les politiques d\u2019exon\u00e9rations de charges). Les all\u00e8gements sur les bas salaires, devenus permanents, agissent comme une trappe \u00e0 Smic. Ils bloquent la progression des r\u00e9mun\u00e9rations et co\u00fbtent de plus en plus cher. Le tout sans \u00e9valuation s\u00e9rieuse de leur efficacit\u00e9 en termes d\u2019emploi durable ou de comp\u00e9titivit\u00e9. C\u2019est une strat\u00e9gie de court terme, qui transforme la cotisation sociale (salaire diff\u00e9r\u00e9 des travailleurs) en variable d\u2019ajustement du march\u00e9 du travail. Sans d\u00e9bat. Sans vision.<\/p>\n<p><strong>Investir dans la sant\u00e9, c\u2019est investir dans l\u2019avenir.<\/strong><\/p>\n<p>Plut\u00f4t que d\u2019asphyxier le syst\u00e8me, il faut en consolider les fondations. Car les d\u00e9penses de sant\u00e9 ne sont pas des charges. Ce sont des investissements sociaux, qui ont des effets directs sur la qualit\u00e9 de vie, la productivit\u00e9, la participation au march\u00e9 du travail, et la r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Les rapports s\u2019accumulent pour pointer l\u2019insuffisance des moyens accord\u00e9s aux h\u00f4pitaux, \u00e0 la m\u00e9decine de ville, \u00e0 la pr\u00e9vention.<\/strong>\u00a0Le Haut Conseil pour l\u2019avenir de l\u2019assurance maladie, comme la Cour des comptes ou France Strat\u00e9gie, appellent tous \u00e0 changer de mod\u00e8le\u00a0: renforcer l\u2019efficience, certes, mais surtout investir davantage dans les services publics de sant\u00e9.<\/p>\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0Car une population en bonne sant\u00e9, c\u2019est une population plus autonome, plus active, plus contributive.\u00a0<\/em><\/strong><em>Le co\u00fbt de l\u2019inaction est consid\u00e9rable. La mauvaise sant\u00e9 des travailleurs p\u00e8se sur l\u2019emploi, l\u2019absent\u00e9isme, les carri\u00e8res interrompues, les pensions d\u2019invalidit\u00e9, les arr\u00eats de longue dur\u00e9e. Les d\u00e9penses \u00e9vit\u00e9es aujourd\u2019hui se payent cher demain.\u00a0<\/em><strong><em>R\u00e9duire les moyens, c\u2019est fragmenter les parcours, d\u00e9l\u00e9gitimer les m\u00e9tiers du soin, et accro\u00eetre les ruptures de prise en charge.<\/em><\/strong><em>\u00a0A l\u2019inverse, investir dans la relation de soin, c\u2019est rendre le syst\u00e8me plus humain, plus pertinent, plus durable.\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>alerte Thierry Amouroux, le porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI.<\/p>\n<p>Il faut donc repenser l\u2019investissement social comme un levier de croissance inclusive. C\u2019est le sens des propositions faites par plusieurs \u00e9conomistes dans la lign\u00e9e de l\u2019OCDE ou de l\u2019OMS. Asphyxier budg\u00e9tairement les h\u00f4pitaux est un choix \u00e0 courte vue. La pr\u00e9vention, les soins primaires, l\u2019adaptation des structures au vieillissement, sont des priorit\u00e9s structurelles. Pas des ajustements secondaires.<\/p>\n<p><strong>Et \u00e0 cette strat\u00e9gie d\u2019investissement, la profession infirmi\u00e8re apporte une vision essentielle.\u00a0<\/strong>Car la sant\u00e9, ce n\u2019est pas seulement soigner des maladies. C\u2019est aussi accompagner les personnes, dans leur parcours de vie, dans leurs vuln\u00e9rabilit\u00e9s, dans leurs choix. C\u2019est pr\u00e9venir plut\u00f4t que r\u00e9parer, \u00e9duquer plut\u00f4t que culpabiliser, observer, \u00e9couter, et cr\u00e9er du lien. Les infirmi\u00e8res sont aux premi\u00e8res loges des fractures sanitaires, sociales, environnementales. Elles savent que la sant\u00e9 ne se r\u00e9sume pas \u00e0 une enveloppe budg\u00e9taire\u00a0: c\u2019est une promesse de dignit\u00e9, d\u2019\u00e9quit\u00e9, de continuit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>La protection sociale n\u2019est pas une variable d\u2019ajustement<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019annonce de coupes imminentes dans les comptes sociaux, au nom d\u2019une rigueur budg\u00e9taire qui ignore les d\u00e9s\u00e9quilibres structurels, constitue un non-sens. D\u2019autant plus qu\u2019elle intervient dans un contexte de fragilisation des h\u00f4pitaux, de fuite de soignants \u00e9puis\u00e9s dans le sanitaire et le m\u00e9dico-social, et de tensions in\u00e9dites sur l\u2019acc\u00e8s aux soins.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat peut ma\u00eetriser ses d\u00e9penses. Mais il n\u2019a pas le droit d\u2019appauvrir le mod\u00e8le solidaire issu du Conseil national de la R\u00e9sistance. Les comptes sociaux ne sont pas une caisse annexe de Bercy. Ce sont des droits sociaux financ\u00e9s par le travail.\u00a0<strong>La S\u00e9curit\u00e9 sociale repose sur un principe de solidarit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle, de mutualisation des risques, de r\u00e9partition.<\/strong>\u00a0Elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue comme un budget d\u2019\u00e9quilibre, mais comme un projet politique d\u2019\u00e9mancipation.<\/p>\n<p>Confondre cotisation et imp\u00f4t, salaire diff\u00e9r\u00e9 et subvention, c\u2019est affaiblir l\u2019adh\u00e9sion au syst\u00e8me. C\u2019est ouvrir la voie \u00e0 une privatisation rampante, o\u00f9 chacun serait renvoy\u00e9 \u00e0 ses moyens pour acc\u00e9der \u00e0 la sant\u00e9 ou \u00e0 la retraite. Ce n\u2019est pas un sc\u00e9nario th\u00e9orique.\u00a0<strong>Comme infirmiers, nous voyons quotidiennement que c\u2019est d\u00e9j\u00e0 ce que vivent certains assur\u00e9s, contraints de renoncer \u00e0 des soins pour des raisons financi\u00e8res, ou de patienter des mois faute de professionnels disponibles.<\/strong><\/p>\n<p>Le choix qui se profile n\u2019est pas seulement comptable. Il est civilisationnel. Quand l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 l\u2019emporte sur la solidarit\u00e9, c\u2019est tout le pacte social qui s\u2019effondre.<\/p>\n<p>Thierry Lamouroux, <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/pulse\/protection-sociale-les-exon\u00e9rations-creusent-le-d\u00e9ficit-amouroux-uvase\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.linkedin.com\/pulse\/protection-sociale-les-exon\u00e9rations-creusent-le-d\u00e9ficit-amouroux-uvase\">publi\u00e9 le 13 juillet 2025<\/a><\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/t.me\/dynamiquesdeconflit\/1982\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/t.me\/dynamiquesdeconflit\/1982\">via<\/a><\/p>\n<p>Tous les articles, la tribune libre et les commentaires sont sous la responsabilit\u00e9 de leurs auteurs. Les Moutons Enrag\u00e9s ne sauraient \u00eatre tenus responsables de leur contenu ou orientation en les publiant ou republiant sur le site.<\/p>\n<\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/lesmoutonsenrages.fr\/2025\/07\/15\/protection-sociale-les-exonerations-creusent-le-deficit-pas-les-soins\/\" target=\"_blank\"\">Source link <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Thierry Amouroux Le d\u00e9ficit de la S\u00e9curit\u00e9 sociale existe, oui. Mais il est faible. Ce qui est grave, ce sont les mensonges qu\u2019on raconte pour le justifier. 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