{"id":1257,"date":"2024-11-30T22:17:18","date_gmt":"2024-11-30T21:17:18","guid":{"rendered":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2024\/11\/30\/vivre-en-cabane-une-resistance-poetique\/"},"modified":"2024-11-30T22:17:18","modified_gmt":"2024-11-30T21:17:18","slug":"vivre-en-cabane-une-resistance-poetique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2024\/11\/30\/vivre-en-cabane-une-resistance-poetique\/","title":{"rendered":"Vivre en cabane, une r\u00e9sistance po\u00e9tique"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p>\u00c0 l\u2019approche de l\u2019hiver et face \u00e0 l\u2019asphyxie de nos soci\u00e9t\u00e9s, grandit, en nous, une folle envie de cabanes. Un besoin irr\u00e9pressible de se fondre dans les bois, de se glisser dans nos tani\u00e8res, de trouver des refuges par-del\u00e0 les \u00e0-pic, la brume et le vent. Dans les pens\u00e9es de l\u2019\u00e9cologie, c\u2019est m\u00eame devenu une \u00e9vidence. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Il faut apprendre \u00e0 habiter diff\u00e9remment notre \u00e9poque<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, nous enjoignent les philosophes. Et quoi de mieux que ces b\u00e2tisses faites de bric et de broc, ces murs en pierres s\u00e8ches construits \u00e0 m\u00eame la terre battue, ces toits de chaume et d\u2019ardoise, pour imaginer d\u2019autres mani\u00e8res de se relier, retrouver du souffle et go\u00fbter \u00e0 la frugalit\u00e9 de nos existences<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>?<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les cabanes sont devenues un sujet \u00e0 part enti\u00e8re, un espace de respiration, d\u2019\u00e9merveillement et de subversion. Face \u00e0 des urbanit\u00e9s gangren\u00e9es par AirBnb, face aux m\u00e9tropoles polici\u00e8res, quadrill\u00e9es et aseptis\u00e9es, les cabanes r\u00e9-ouvrent les possibles. \u00c0 l\u2019\u00e9cart des routes, on y vit la d\u00e9croissance. La nuit, on retourne, volontairement, \u00e0 la bougie. On \u00e9coute le po\u00eale qui ronronne, le feu qui cr\u00e9pite, la neige qui tombe dehors. Comme une \u00e9chapp\u00e9e furtive dans le c\u0153ur battant du monde.<\/p>\n<h2 class=\"spip\">Nos derniers communs<\/h2>\n<p>R\u00e9cemment, deux architectes, Gauthier Delvert et Rapha\u00ebl Guillemette, ont recens\u00e9 dans un ouvrage les cabanes nich\u00e9es dans les montagnes en France. Leur livre\u00a0<i>Abrume<\/i>, publi\u00e9 aux \u00e9ditions Ulmer, est une invitation \u00e0 la r\u00eaverie et \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9. Pendant un an, les deux jeunes auteurs sont partis sur les chemins des alpages, au c\u0153ur des for\u00eats, pour habiter, dessiner, documenter et photographier ces <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>cabanes sauvages, appel\u00e9es aussi cabanes non gard\u00e9es ou cabanes libres<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>.<\/p>\n<p>Les particularit\u00e9s de ces habitations\u00a0l\u00e9g\u00e8res<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>? Elles sont ouvertes \u00e0 tous et \u00e0 toutes, sans cadenas ni porte verrouill\u00e9e. Elles ne peuvent pas \u00eatre r\u00e9serv\u00e9es ni privatis\u00e9es. Dernier h\u00e9ritage d\u2019une vie pastorale, vestige d\u2019usages anciens, ces cabanes se comptent en milliers \u00e0 travers la France. Plusieurs <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.pyrenees-refuges.com\" class=\"spip_out\" rel=\"external\">sites internet<\/a> les cartographient. Dans les descriptions et <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.refuges.info\/\" class=\"spip_out\" rel=\"external\">les forums<\/a>, les randonneurs racontent leur dernier passage et appellent \u00e0 en prendre soin. Ces cabanes font partie de nos derniers communs et de notre patrimoine rural. Certains les retapent b\u00e9n\u00e9volement. D\u2019autres s\u2019y installent pour une nuit, quelques jours, voir semaines.<\/p>\n<p><center><br \/>\n  <\/p>\n<p><\/center><\/p>\n<p>En 2018, Jacob Karhu, un \u00e9tudiant \u00e0 Normale Sup, a m\u00eame pass\u00e9 sept mois dans l\u2019une d\u2019entre elles aux confins des Pyr\u00e9n\u00e9es. Il en a fait un livre\u00a0<i>Vie sauvage, mode d\u2019emploi<\/i> (Flammarion, 2021). Pas besoin de partir en Alaska pour go\u00fbter \u00e0 l\u2019aventure, dit-il. Cette cabane, \u00e0 1 700 m\u00e8tres d\u2019altitude, c\u2019\u00e9tait son <i>Into the wild<\/i> \u00e0 lui. L\u2019occasion d\u2019exp\u00e9rimenter une vie simple avec le minimum d\u2019\u00e9quipement\u00a0: deux sacs \u00e0 dos, des v\u00eatements chauds, un sac de couchage, quelques outils et des vivres pour tenir.<\/p>\n<h2 class=\"spip\">L\u2019art de s\u2019ensauvager<\/h2>\n<p>Depuis plusieurs ann\u00e9es, le th\u00e8me des cabanes s\u2019est impos\u00e9 dans la litt\u00e9rature avec de nombreux livres et plusieurs succ\u00e8s \u00e9ditoriaux. Des romans comme <i>Encaban\u00e9e<\/i> de <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/reporterre.net\/Dans-la-cabane-de-Gabrielle-Filteau-Chiba-l-autrice-ecologiste-de-l-annee\">Gabrielle Filteau Chiba<\/a>(Gallimard, 2022), des r\u00e9cits d\u2019aventures comme <i>Un an de cabane<\/i> d\u2019Olaf Candau (Paulsem, 2004) ou <i>Dans les for\u00eats de Sib\u00e9rie<\/i> de Sylvain Tesson (Gallimard, 2011) o\u00f9 l\u2019on retrouve la misanthropie antimoderne de l\u2019auteur.<\/p>\n<p>Le dernier livre de Jean-Marc Rochette, <i>Au c\u0153ur de l\u2019hiver<\/i>, (Les \u00c9tages, 2024) raconte aussi son hibernation dans un petit chalet perdu dans les \u00c9crins. Un autre \u00e9crivain voyageur, \u00c9douard Cort\u00e8s, s\u2019est perch\u00e9 pendant trois mois dans une cabane en haut d\u2019un ch\u00eane en 2021. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Un rem\u00e8de \u00e0 la souffrance<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, dit-il, dont il a tir\u00e9 un essai.<\/p>\n<div class=\"spip_document_86755 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende\" data-legende-len=\"96\" data-legende-lenx=\"xx\">\n<figure class=\"spip_doc_inner\">\n      <picture><source type=\"image\/webp\" srcset=\"https:\/\/reporterre.net\/local\/cache-vignettes\/L800xH1060\/planche_uniforme-d01d0.jpg@.webp?1732883347\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/reporterre.net\/IMG\/jpg\/planche_uniforme.jpg\" width=\"800\" height=\"1060\" loading=\"lazy\" alt=\"\"\/><br \/>\n    <\/source><\/picture><figcaption class=\"spip_doc_legende\">\n<p>Les architectes sont partis plus d\u2019un an et demi sur les traces des cabanes sauvages.<br \/>\n<i>\u00a9 Abrume<\/i><\/p>\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/p><\/div>\n<p>Des livres d\u2019architecture et de photographie remplissent \u00e9galement les \u00e9tals. <i>L\u2019appel des cabanes ou l\u2019art de s\u2019ensauvager<\/i> est sorti il y a un mois aux \u00e9ditions Vagnon. Avant lui, <i>Cabin Porn<\/i> (Epa Eds 2019), <i>Cabanons \u00e0 vivre<\/i> (Terres vivantes, 2018), <i>Cabanophiles d\u2019ici ou d\u2019ailleurs<\/i> (La cabane d\u2019\u00e9dition, 2017), <i>Une cabane dans les arbres<\/i> (La Martini\u00e8re, 2014), <i>Vivons perch\u00e9s<\/i> (La Martini\u00e8re, 2011), <i>L\u2019habitat plume<\/i> (Terres vivantes, 2007), etc. ont peupl\u00e9 les rayons.<\/p>\n<blockquote class=\"spip\">\n<p> \u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Une maison construite par le corps, pour le corps<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La liste est longue. Elle dit quelque chose de notre besoin visc\u00e9ral d\u2019autonomie et du caract\u00e8re enchanteur de ce type de construction, des joies de l\u2019enfance qu\u2019elle fait ressurgir. Dans <i>La po\u00e9tique de l\u2019espace<\/i> (Puf, 1957), le philosophe Gaston Bachelard a une belle formule pour les d\u00e9crire. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>La cabane, c\u2019est une maison construite par le corps, pour le corps, prenant sa forme par l\u2019int\u00e9rieur, comme une coquille, dans une intimit\u00e9 qui travaille physiquement. C\u2019est le dedans du nid qui impose sa forme<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, \u00e9crivait-il.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1970, une s\u00e9rie de best-sellers, au retentissement mondial, avait lanc\u00e9 l\u2019engouement. Dans <i>Homework<\/i>, <i>Shelters<\/i>, <i>Domebook<\/i> ou <i>Tiny House on the move<\/i>, le baroudeur \u00e9tasunien Llyod Kahn racontait les diff\u00e9rents tours du monde qu\u2019il avait effectu\u00e9 autour de ces micro-architectures vernaculaires. Face aux bulldozers qui partout arasaient la surface du globe, face au b\u00e9ton qui uniformisait les mode de construction, les cabanes \u00e9taient vues comme un espace de r\u00e9sistance.<\/p>\n<div class=\"spip_document_86293 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende\" data-legende-len=\"82\" data-legende-lenx=\"xx\">\n<figure class=\"spip_doc_inner\">\n      <picture><source type=\"image\/webp\" srcset=\"https:\/\/reporterre.net\/local\/cache-vignettes\/L1050xH700\/yhdz5pf8-e80d3.jpg@.webp?1732883347\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/reporterre.net\/IMG\/jpg\/yhdz5pf8.jpg\" width=\"1500\" height=\"1000\" loading=\"lazy\" alt=\"\"\/><br \/>\n    <\/source><\/picture><figcaption class=\"spip_doc_legende\">\n<p>L\u2019\u00e9cologie a toujours eu une relation intime avec ce type d\u2019habitation.<br \/>\n<i>\u00a9 Abrume<\/i><\/p>\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/p><\/div>\n<h2 class=\"spip\">Le lieu des pens\u00e9es de l\u2019\u00e9cologie<\/h2>\n<p>L\u2019\u00e9cologie a toujours eu une relation intime avec ce type d\u2019habitation. La premi\u00e8re rencontre a eu lieu il y a deux si\u00e8cles, dans une clairi\u00e8re, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de Concord, dans le Massachusetts aux \u00c9tats-Unis. Dans un texte fondateur, <i><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.radiofrance.fr\/franceinter\/podcasts\/la-terre-au-carre\/la-terre-au-carre-du-lundi-29-mai-2023-7859501\" class=\"spip_out\" rel=\"external\">Walden ou la vie dans les bois<\/a><\/i>, le pr\u00e9curseur de l\u2019\u00e9cologie Henry David Thoreau racontait son exp\u00e9rience dans les bois o\u00f9 il v\u00e9cut pendant deux ans, deux mois et deux jours. Il habitait une cabane de 13 m<sup>2<\/sup>, au confort sommaire. Un retour au strict n\u00e9cessaire pour <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>vivre intens\u00e9ment et sucer toute la moelle de la vie<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>.<\/p>\n<blockquote class=\"spip_poesie\">\n<p>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Je m\u2019en allais dans les bois parce que je souhaitais vivre d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, ne faire face qu\u2019aux faits essentiels de la vie, et voir si je pouvais apprendre ce qu\u2019elle avait \u00e0 enseigner, et non d\u00e9couvrir, quand je viendrais \u00e0 mourir, que je n\u2019avais pas v\u00e9cu.<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb Henry David Thoreau<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique, ce philosophe a inaugur\u00e9 un style litt\u00e9raire qui se transmet de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. Des r\u00e9cits, souvent intimes, de trappeurs et de d\u00e9serteurs, d\u2019aventuriers en tout genre qui trouvent dans les cabanes une mani\u00e8re d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la civilisation, \u00e0 son consum\u00e9risme et \u00e0 sa violence. L\u2019\u00e9diteur Gallmeister s\u2019est fait une sp\u00e9cialit\u00e9 de les traduire. On pense notamment au livre <i>Les \u00e9toiles, la neige, le feu<\/i>\u00a0de\u00a0John Haines qui retracent ses vingt-cinq ann\u00e9es de solitude dans un coin perdu de l\u2019Alaska, aux livres r\u00e9jouissants et dr\u00f4les de Pete Fromm <i>Indian Creek<\/i> et <i>Au nom des \u00e9toiles<\/i>. Ou encore \u00e0 ceux de Rick Bass\u00a0: <i>Winters<\/i> et <i>Le Livre de Yaak<\/i>.<\/p>\n<p>Des r\u00e9cits forts, \u00e9crits en grande majorit\u00e9 par des auteurs masculins qui vantent la rudesse du milieu mais aussi le sentiment d\u2019\u00eatre dedans, pris dans une nature plus vaste que soi. Dans une cabane, ce qui compte, au fond, c\u2019est d\u2019abord la finesse de la paroi entre l\u2019int\u00e9rieur et l\u2019ext\u00e9rieur. Pour rester en lien avec les \u00e9l\u00e9ments. <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Vivre in situ<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, dit le po\u00e8te Gary Snyder. Les cabanes sont une mani\u00e8re de nous reconnecter au monde.<\/p>\n<blockquote class=\"spip\">\n<p>\u00a0\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>Vivre in situ<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elles ont toujours \u00e9t\u00e9 un lieu d\u2019inspiration pour les pens\u00e9es de l\u2019\u00e9cologie. C\u2019est dans l\u2019une d\u2019entre elles, sur le haut plateau de Hallingskarv au nord d\u2019Oslo, que le norv\u00e9gien <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/reporterre.net\/La-vie-naturelle-et-joyeuse-du-pere-de-l-ecologie-profonde-Arne-Naess\">Arne N\u00e6ss<\/a> \u00e9labora sa th\u00e9orie sur <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>l\u2019\u00e9cologie profonde<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i> au milieu du <span class=\"caps\">XX<\/span><sup class=\"typo_exposants\">e<\/sup> si\u00e8cle. Il y passa douze ans de vie en cumul\u00e9. Il n\u2019\u00e9crivait quasiment qu\u2019en altitude, entre les murs de cette cabane qu\u2019il a appel\u00e9e Tvergastein. Pour lui, l\u2019humain est au m\u00eame niveau que les autres \u00eatres vivants, il existe <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>un grand Soi<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i> qui nous relie au reste du vivant, nous oblige et nous d\u00e9passe.<\/p>\n<div class=\"spip_document_86757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende\" data-legende-len=\"128\" data-legende-lenx=\"xxx\">\n<figure class=\"spip_doc_inner\">\n      <picture><source type=\"image\/webp\" srcset=\"https:\/\/reporterre.net\/local\/cache-vignettes\/L1050xH700\/aberlioz-2024-02-20-10-4-a86f1.jpg@.webp?1732883348\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/reporterre.net\/IMG\/jpg\/aberlioz-2024-02-20-10-4.jpg\" width=\"1200\" height=\"800\" loading=\"lazy\" alt=\"\"\/><br \/>\n    <\/source><\/picture><figcaption class=\"spip_doc_legende\">\n<p>Une cabane \u00e0 la zad contre l\u2019A69 de la Crem\u2019Arbre, situ\u00e9e \u00e0 Sa\u00efx dans le Tarn, en f\u00e9vrier 2024.<br \/>\n<i>\u00a9 Antoine Berlioz \/ Reporterre<br \/>\n<\/i><\/p>\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/p><\/div>\n<p>Mais les cabanes ne sont pas seulement d\u2019inoffensifs refuges. Ce sont aussi des architectures de la r\u00e9volte. Elles dessinent le monde que nous voulons voir advenir, elles s\u2019\u00e9rigent en lieu et place des d\u00e9serts am\u00e9nag\u00e9s. Les zadistes en font des barricades \u00e0 Notre-Dame-des-Landes. Les grimpeurs <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00e9cureuils<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i> se perchent dans les arbres, assi\u00e9g\u00e9s par les forces de l\u2019ordre, sur le trac\u00e9 de l\u2019A69. Les Gilets jaunes r\u00e9habitaient avec des bouts de palettes les zones p\u00e9riurbaines et les rond-points.<\/p>\n<p>Les cabanes contiennent en germe un programme politique, assure la philosophe Marielle Mac\u00e9, dans <i>Nos cabanes<\/i> (Verdier, 2018). Elles sont un <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>espace de lutte<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>, <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>une mani\u00e8re de faire face \u00e0 l\u2019ordre social<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>. Aujourd\u2019hui, nous devons <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>faire des cabanes<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i> dit-elle, c\u2019est-\u00e0-dire <i>\u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>imaginer des fa\u00e7ons de vivre dans un monde ab\u00eem\u00e9, trouver o\u00f9 atterrir, sur quel sol r\u00e9\u00e9prouv\u00e9, sur quelle terre repens\u00e9e, prise en piti\u00e9 et en pi\u00e9t\u00e9<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb<\/i>. Nul doute que nos escapades dans les bois et les montagnes nous y aident.<\/p>\n<table>\n<tr>\n<td style=\"width:50%;\">\n<div class=\"spip_document_86754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende\" data-legende-len=\"10\" data-legende-lenx=\"\">\n<figure class=\"spip_doc_inner\">\n      <picture>\n<p>        <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/reporterre.net\/IMG\/jpg\/9782379223969-gd.jpg\" width=\"250\" height=\"331\" loading=\"lazy\" alt=\"\"\/>\n    <\/picture><figcaption class=\"spip_doc_legende\">\n<p><i>\u00a9 Abrume<\/i><\/p>\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/p><\/div>\n<\/td>\n<td>\n<strong>Abrume \u2014 Sur les traces des cabanes libres<\/strong>, de Rapha\u00ebl Guillemette et Gauthier Delvert, aux \u00e9ditions <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.editions-ulmer.fr\/editions-ulmer\/abrume-sur-les-traces-des-cabanes-libres-997-cl.htm\" class=\"spip_out\" rel=\"external\">Ulmer<\/a>, 2024, 216\u00a0pages, 35\u00a0euros.\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<aside class=\"boite_encarts\">\n<div class=\"encart encart_gris noprint\">\n<p><strong>Il est de retour.<\/strong><\/p>\n<p>Dans quelques semaines, Donald Trump se r\u00e9-installera \u00e0 la Maison Blanche.<\/p>\n<p>Un milliardaire, pour qui le r\u00e9chauffement climatique est \u00ab<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>un canular<small class=\"fine d-inline\">\u00a0<\/small>\u00bb, sera \u00e0 la t\u00eate de la plus grande puissance mondiale.<\/p>\n<p>Dans une d\u00e9cennie cruciale pour l\u2019\u00e9cologie, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre plus de temps.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 civile doit continuer de se soulever, de se mobiliser et de faire pression sur les puissants.<\/p>\n<p>Mais pour agir, il faut savoir.<\/p>\n<p><strong>Depuis 11 ans, nous publions des articles de qualit\u00e9 sur l\u2019\u00e9cologie, en acc\u00e8s libre et sans publicit\u00e9, pour tous.<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons la conviction que l\u2019urgence \u00e9cologique est l\u2019enjeu majeur de notre \u00e9poque.<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n Et comme plus de 2 millions de lectrices et lecteurs chaque mois, vous partagez sans doute cette conviction&#8230;<\/p>\n<p>Alors si vous en avez les moyens, sachez qu\u2019un don, m\u00eame d\u20191\u20ac, est un acte de soutien fort pour l\u2019\u00e9cologie et le journalisme ind\u00e9pendant.<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n (Et \u00e7a vous prendra moins de temps que la lecture de ce texte).<\/p>\n<p><strong>Si vous le pouvez, choisissez un soutien mensuel. Merci.<\/strong><\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/reporterre.net\/dons\" class=\"bt_soutenir\">Je soutiens <i>Reporterre<\/i><\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"encart encart_vert noprint montre_1023\">\n<div class=\"infolettre-form-container noprint\">\n<p>Abonnez-vous \u00e0 la lettre d\u2019info de Reporterre<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/aside>\n<aside class=\"boite_apresarticle encart_note\">\n<h4>Apr\u00e8s cet article<\/h4>\n<p>      <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/reporterre.net\/Les-ecologistes-nouveaux-coupables-de-la-crise-climatique\" class=\"lien_article\">\n      <picture class=\"vignette_gauche\"><source type=\"image\/webp\" srcset=\"https:\/\/reporterre.net\/https:\/\/reporterre.net\/local\/cache-gd2\/a7\/1da6e32150e851dfc2ddc20e5f05e3.jpg@.webp?1732349070\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/reporterre.net\/local\/cache-gd2\/a7\/1da6e32150e851dfc2ddc20e5f05e3.jpg?1732349070\" width=\"450\" height=\"300\" alt=\"\" class=\"marge12\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n<\/source><\/picture>\n<p class=\"libelle\">\n<p>          Enqu\u00eate \u2014<\/p>\n<p>      Id\u00e9es\n    <\/p>\n<p class=\"titre pol20\">Les \u00e9cologistes, nouveaux coupables de la crise climatique<\/p>\n<p>      <\/a><br \/>\n    <\/aside>\n<aside class=\"boite_complement texte\">\n<p>      <!-- zone_forum --><br \/>\n          <\/aside>\n<aside class=\"boite_lireaussi noprint\">\n<\/aside>\n<aside class=\"colonne\">\n<div class=\"article_info cache_1023 noprint\">\n<p>    <span class=\"date\">30 novembre 2024  \u00e0 09h21<\/span><\/p>\n<p class=\"duree_lecture\">\n        Dur\u00e9e de lecture : 8 minutes\n      <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"bloc_infolettre\">\n<div class=\"infolettre-form-container noprint\">\n<p>Abonnez-vous \u00e0 la lettre d\u2019info de Reporterre<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/aside>\n<div id=\"galerie\">\n  <img decoding=\"async\" src=\"\" class=\"principale\" id=\"principale\"\/><\/p>\n<p id=\"legende\">legende<\/p>\n<\/div>\n<footer class=\"noprint\">\n<\/footer>\n<\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/reporterre.net\/Vivre-en-cabane-une-resistance-poetique\" target=\"_blank\"\">Source link <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019approche de l\u2019hiver et face \u00e0 l\u2019asphyxie de nos soci\u00e9t\u00e9s, grandit, en nous, une folle envie de cabanes. Un besoin irr\u00e9pressible de se fondre dans les bois, de se&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1258,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1257","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1257","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1257"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1257\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1258"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1257"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1257"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1257"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}