{"id":12674,"date":"2025-07-24T04:13:39","date_gmt":"2025-07-24T02:13:39","guid":{"rendered":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2025\/07\/24\/guerre-et-verite-sous-le-regard-tabou-de-nanna-heitmann\/"},"modified":"2025-07-24T04:13:39","modified_gmt":"2025-07-24T02:13:39","slug":"guerre-et-verite-sous-le-regard-tabou-de-nanna-heitmann","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2025\/07\/24\/guerre-et-verite-sous-le-regard-tabou-de-nanna-heitmann\/","title":{"rendered":"guerre et v\u00e9rit\u00e9 sous le regard tabou de Nanna Heitmann"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div id=\"\">\n<p>La photographie de guerre est un champ fragile, o\u00f9 l\u2019\u00e9thique du regard se confronte \u00e0 la brutalit\u00e9 des faits. L\u2019article r\u00e9cent du New York Times [1] consacr\u00e9 \u00e0 la r\u00e9gion russe de Koursk, sign\u00e9 par la photojournaliste Nanna Heitmann, a suscit\u00e9 une r\u00e9action virulente du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res ukrainien. [2] Pourquoi\u00a0? Parce qu\u2019il montre une r\u00e9alit\u00e9 trop souvent absente du tapage m\u00e9diatique dominant, ce flot de discours vertigineux qui noie la v\u00e9rit\u00e9 sous une vision simpliste, comme dans <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=T77UyD9EqME\" class=\"spip_out\" rel=\"external\">Mouseland<\/a>[3], cette fable o\u00f9 des souris na\u00efves luttent contre des chats imposant une pens\u00e9e unique.<\/p>\n<p>La publication dans le <i>New York Times<\/i> d\u2019un reportage sign\u00e9 Nanna Heitmann, finaliste du prix Pulitzer 2024, sur les destructions et les morts civiles dans la r\u00e9gion russe de Koursk, frontali\u00e8re de l\u2019Ukraine, est un fait rare &#8211; presque inou\u00ef &#8211; dans un m\u00e9dia occidental souvent hostile \u00e0 la Russie. Intitul\u00e9 \u00a0\u00bb Paysage de mort\u00a0: Ce qu\u2019il reste l\u00e0 o\u00f9 l\u2019Ukraine a envahi la Russie \u00ab\u00a0, l\u2019article tranche avec la ligne habituelle du journal en r\u00e9v\u00e9lant une r\u00e9alit\u00e9 brutale, trop souvent ignor\u00e9e par conviction id\u00e9ologique\u00a0: des villages bombard\u00e9s, des civils tu\u00e9s, des corps jonchant les routes, des t\u00e9moignages d\u00e9non\u00e7ant des atrocit\u00e9s commises par les forces ukrainiennes. Heitmann, qui a pass\u00e9 six jours sur place avec l\u2019unit\u00e9 russe \u201cAkhmat\u201d selon la presse russe [4], livre des images frontales, sans fard.<\/p>\n<p>Rien n\u2019est romanc\u00e9. Rien n\u2019est att\u00e9nu\u00e9. Ces images, d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment occult\u00e9es par dogmatisme, brisent la vision binaire d\u2019une Russie forc\u00e9ment coupable et d\u2019une Ukraine toujours victime \u2014 une lecture simpliste qui \u00e9touffe la complexit\u00e9 du r\u00e9el.<\/p>\n<p>Ce que l\u2019Ukraine qualifie de \u00ab\u00a0propagande\u00a0\u00bb n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 que le retour du r\u00e9el\u00a0: une guerre sale, brutale. Les civils russes, comme ceux du Donbass, paient un tribut immense \u2014 trop souvent invisibles dans les versions officielles gob\u00e9es par les mougeons, ces hybrides grotesques de pigeon et de mouton, rappelant la cr\u00e9dulit\u00e9 molle des peuples domestiqu\u00e9s. Ce n\u00e9ologisme, cr\u00e9ation populaire, exprime avec mordant l\u2019aveuglement de ceux qui gobent les r\u00e9cits du mainstream sans questionner.<\/p>\n<p>Car la guerre ne commence pas en 2022. Elle commence en 2014, avec le renversement du pouvoir \u00e0 Kiev par le mouvement de Ma\u00efdan, soutenu par l\u2019Occident, et le d\u00e9clenchement d\u2019une guerre civile dans l\u2019Est ukrainien. Depuis cette date, avant l\u2019op\u00e9ration sp\u00e9ciale, pr\u00e8s de 15 000 morts, dont plus de 3 500 civils, sont tomb\u00e9s dans le Donbass \u2014 victimes des bombardements de leur propre gouvernement, des populations russophones que la Russie a cherch\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger face \u00e0 une r\u00e9pression f\u00e9roce. En 2019, un d\u00e9cret a restreint l\u2019usage de la langue russe, langue maternelle de millions d\u2019Ukrainiens, provoquant les vives critiques de la Commission de Venise du Conseil de l\u2019Europe.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9alit\u00e9s, qui devraient faire scandale, n\u2019ont suscit\u00e9 qu\u2019un oubli obstin\u00e9, dict\u00e9 par une r\u00e8gle tacite selon laquelle toute couverture m\u00e9diatique sur la Russie doit adopter un ton critique, au risque d\u2019\u00eatre tax\u00e9e de complicit\u00e9.<\/p>\n<p>Les \u00e9lites, tels des chats de <i>Mouseland<\/i>, pr\u00e9f\u00e8rent une rh\u00e9torique belliciste qui ignore les peuples \u00e9cras\u00e9s. Ce cynisme g\u00e9opolitique, qui invoque la guerre sans \u00e9gard pour les populations sacrifi\u00e9es, r\u00e9v\u00e8le un d\u00e9labrement moral profond. Est-ce cet aveuglement qui m\u00e8nera aux pires d\u00e9tresses humaines\u00a0? Est-ce tol\u00e9rable\u00a0?<\/p>\n<p>Le reportage de Nanna Heitmann brise un tabou en r\u00e9v\u00e9lant les souffrances des civils russes, longtemps ignor\u00e9es par une couverture m\u00e9diatique occidentale enferm\u00e9e dans une vision unilat\u00e9rale du conflit. Tandis que les populations russophones du Donbass, victimes de violences depuis 2014, r\u00e9clament justice dans un oubli g\u00e9n\u00e9ral, ces r\u00e9alit\u00e9s humaines sont rel\u00e9gu\u00e9es au second plan, sacrifi\u00e9es au profit d\u2019un cynisme g\u00e9opolitique qui pr\u00e9f\u00e8re les symboles aux peuples.<\/p>\n<p>Face aux vocif\u00e9rations des hurluberlus d\u00e9connect\u00e9s, comme Ursula von der Leyen pr\u00eachant son \u00ab\u00a0bouclier pour la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb ou appelant \u00e0 \u00ab\u00a0la paix par la force\u00a0\u00bb, qui attisent les conflits sans \u00e9gard pour ceux qu\u2019ils pr\u00e9tendent d\u00e9fendre, Heitmann pose un regard lucide sur l\u2019humain, ramenant au c\u0153ur du chaos l\u2019homme, la douleur, l\u2019espoir. C\u2019est cette humanit\u00e9 brute, capt\u00e9e par son objectif, que Heitmann explore dans un journalisme immersif, fid\u00e8le \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage de Magnum.<\/p>\n<p><strong>Un regard au plus pr\u00e8s de l\u2019humain<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n<\/strong><br class=\"autobr\"\/><br \/>\nNanna Heitmann, membre de l\u2019agence Magnum [5], travaille depuis plusieurs ann\u00e9es en Russie. Elle incarne une forme rare de journalisme immersif, \u00e0 rebours des d\u00e9p\u00eaches standardis\u00e9es et des r\u00e9cits strictement align\u00e9s sur les positions politiques dominantes. Ses photographies de la Russie en temps de guerre, r\u00e9unies sur le site de Magnum sous le titre \u00a0\u00bb Photographs of Life in Russia During Wartime \u00a0\u00bb [6], frappent par leur esth\u00e9tique quasi sovi\u00e9tique, leurs compositions rigoureuses \u2014 comme ce village en ruines fig\u00e9 dans le silence\u00a0\u2014, port\u00e9es par une intensit\u00e9 profonde et puissante.<\/p>\n<p>Mais ce style n\u2019est pas propagandiste\u00a0: il est classique, humaniste, fid\u00e8le \u00e0 l\u2019\u00e9thique visuelle de Magnum \u2014 fond\u00e9e par Cartier-Bresson, Robert Capa, David Seymour et George Rodger. Cette tradition voulait que chaque image porte le poids du r\u00e9el, sans manipulation ni recadrage, et qu\u2019elle soit toujours accompagn\u00e9e d\u2019un commentaire du photographe. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette approche, aujourd\u2019hui marginalis\u00e9e par le flux continu d\u2019images num\u00e9riques et par les algorithmes opaques qui choisissent ce que nous voyons, que Heitmann r\u00e9habilite \u2014 comme une souris de Mouseland qui persiste \u00e0 regarder l\u2019histoire en face.<\/p>\n<p><strong>Un instant suspendu\u00a0: m\u00e9moire et ruine<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n<\/strong><br class=\"autobr\"\/><br \/>\nL\u2019\u0153uvre de Nanna Heitmann ne se limite pas \u00e0 Koursk. Elle impressionne par la constance de son engagement, et par ce regard sans concession qu\u2019elle porte sur les v\u00e9rit\u00e9s humaines de la guerre. Dans l\u2019enfer de Bakhmut comme dans les ruines de Koursk, les russophones souffrent dans l\u2019ombre de r\u00e9cits biais\u00e9s \u2014 ignor\u00e9s, effac\u00e9s.<\/p>\n<p>En janvier 2024, dans un abri souterrain de la r\u00e9gion de Bakhmout [7], murs de briques, b\u00e9ton brut, humidit\u00e9 fig\u00e9e, un sapin maigre, coiff\u00e9 d\u2019une \u00e9toile p\u00e2le, se dresse comme une survivance absurde au c\u0153ur du chaos. Il \u00e9voque un labyrinthe sans issue, la trace d\u00e9risoire d\u2019une f\u00eate dans l\u2019enfer.<\/p>\n<p>Sous un \u00e9clairage artificiel dur, qui d\u00e9coupe les corps en aplats tranchants, une sc\u00e8ne m\u00e9dicale d\u2019urgence se d\u00e9ploie. Un jeune homme bless\u00e9, originaire de Lougansk, nu, vuln\u00e9rable, g\u00eet sur une table d\u2019op\u00e9ration improvis\u00e9e. Il attire les regards ravag\u00e9s d\u2019inqui\u00e9tude. Autour de lui, on s\u2019active\u00a0: certains soignent, d\u2019autres assistent, p\u00e9trifi\u00e9s. La tension est presque insoutenable.<\/p>\n<p>Cette photographie, distingu\u00e9e par le World Press Photo 2024 [7], r\u00e9v\u00e8le toute la puissance du regard tabou de Heitmann\u00a0: elle ne d\u00e9tourne jamais les yeux. Sa composition resserr\u00e9e et sa lumi\u00e8re presque th\u00e9\u00e2trale isolent l\u2019intimit\u00e9 d\u2019un instant dramatique. Presque christique, la sc\u00e8ne fait de la chair bless\u00e9e le c\u0153ur battant d\u2019un monde en suspens.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit plus de g\u00e9opolitique, mais d\u2019un corps en souffrance, d\u2019une lutte pour la vie, d\u2019une humanit\u00e9 nue confront\u00e9e \u00e0 la brutalit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est cela que capte Heitmann\u00a0: cet interstice fragile entre destruction et soin, ce moment d\u00e9cisif o\u00f9 la technique m\u00e9dicale r\u00e9siste \u00e0 la violence, o\u00f9, malgr\u00e9 tout, l\u2019humain persiste au c\u0153ur du chaos. Cette humanit\u00e9 nue, que Heitmann refuse de d\u00e9tourner, provoque l\u2019ire de ceux qui pr\u00e9f\u00e8rent un r\u00e9cit verrouill\u00e9.<\/p>\n<p><strong>La controverse r\u00e9v\u00e9latrice\u00a0: Kiev craque\u00a0!<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n<\/strong><br class=\"autobr\"\/><br \/>\nLa r\u00e9action du minist\u00e8re ukrainien des Affaires \u00e9trang\u00e8res fut imm\u00e9diate. Son porte-parole, Gueorgui Tykhy, a qualifi\u00e9 la publication de \u00ab\u00a0propagande russe\u00a0\u00bb et l\u2019a compar\u00e9e aux manipulations du c\u00e9l\u00e8bre journaliste Walter Duranty sous Staline. Il aurait m\u00eame qualifi\u00e9 la publication de d\u00e9cision stupide, r\u00e9v\u00e9lant une nervosit\u00e9 incompressible et tenace. Cette r\u00e9action outr\u00e9e r\u00e9v\u00e8le l\u2019inconfort croissant de Kiev face \u00e0 tout embryon de pluralit\u00e9 m\u00e9diatique.<\/p>\n<p>Dans la presse occidentale, les souffrances russes doivent rester invisibles, sous peine de brouiller le r\u00e9cit unique de la guerre \u2014 ce r\u00e9cit verrouill\u00e9, fruit d\u2019un d\u00e9labrement moral, qui assimile toute complexit\u00e9 \u00e0 une trahison.<\/p>\n<p>L\u2019ampleur de l\u2019agacement ukrainien souligne \u00e0 quel point un simple \u00e9cart narratif peut provoquer un scandale politique. Bogdan Bezpalko, politologue russe proche du Kremlin, voit dans cette publication un possible signal politique d\u00e9guis\u00e9 de Washington, adress\u00e9 \u00e0 la fois \u00e0 Kiev et \u00e0 Moscou\u00a0: un appel \u00e0 la n\u00e9gociation, ou un test pour jauger la r\u00e9sistance de l\u2019opinion ukrainienne \u00e0 une \u00e9ventuelle d\u00e9sescalade.<\/p>\n<p>Mais quelle que soit l\u2019intention \u00e9ditoriale, le contenu brut de l\u2019article ne peut \u00eatre ignor\u00e9. Heitmann d\u00e9peint des champs d\u00e9vast\u00e9s pr\u00e8s de la fronti\u00e8re, jonch\u00e9s de cadavres de civils, de soldats et d\u2019animaux en d\u00e9composition, au milieu de maisons ravag\u00e9es\u00a0: un paysage de mort r\u00e9v\u00e9lant la brutalit\u00e9 de l\u2019incursion ukrainienne dans la r\u00e9gion de Koursk.<\/p>\n<p>Dans une maison de Martynovka, elle d\u00e9couvre un homme presque nu, une blessure au cou, une balle dans la poitrine\u00a0: une ex\u00e9cution s\u00e8che et silencieuse, qui accuse l\u2019implication directe des forces ukrainiennes.<\/p>\n<p>Elle \u00e9voque aussi le supplice d\u2019un retrait\u00e9 sans d\u00e9fense, raill\u00e9, insult\u00e9, humili\u00e9 devant la cam\u00e9ra par des combattants ukrainiens arborant des symboles nazis, dans une s\u00e9quence qu\u2019ils ont eux-m\u00eames diffus\u00e9e [8], avant que son cadavre ne soit retrouv\u00e9 \u2014 une cruaut\u00e9 insoutenable, jamais relay\u00e9e par les grands m\u00e9dias. Et pourtant, l\u2019enregistrement, produit par ses bourreaux, existe\u00a0: une archive impunie, enfouie sous le silence complice des m\u00e9dias.<\/p>\n<p>Elle d\u00e9crit enfin des habitants trahis, voyant Russes et Ukrainiens comme un m\u00eame peuple, mais pleurant de col\u00e8re face \u00e0 l\u2019incursion ukrainienne, tout en r\u00e9servant un accueil vibrant \u2014 embrassades, pleurs, remerciements \u2014 aux troupes russes \u00e0 Sudzha.<\/p>\n<p>Mais ces r\u00e9cits, aussi saisissants soient-ils, ne r\u00e9v\u00e8lent qu\u2019un fragment de l\u2019horreur v\u00e9cue\u00a0: derri\u00e8re ces images, des t\u00e9moignages innombrables de civils rescap\u00e9s \u2014 pass\u00e9s sous silence \u2014 dessinent, eux aussi, les contours d\u2019une barbarie bien plus vaste.<\/p>\n<p>Nanna Heitmann ne proclame pas \u2014 elle observe. Elle inscrit des fragments d\u2019humanit\u00e9 dans un chaos que beaucoup pr\u00e9f\u00e8rent ne pas voir.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9ontologie, v\u00e9rit\u00e9 et soucis m\u00e9diatiques<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n<\/strong><br class=\"autobr\"\/><br \/>\nCette affaire illustre une faillite syst\u00e9mique de la v\u00e9rit\u00e9 dans les r\u00e9cits de guerre contemporains. Les agences, les logiques de s\u00e9lection automatis\u00e9e, et les consignes \u00e9ditoriales \u2014 comme le Digital Services Act de l\u2019UE, digne des chats de Mouseland \u2014 ont instaur\u00e9 une forme de filtre invisible sur les faits. Ce que nous voyons, lisons, partageons, d\u00e9pend souvent d\u2019un tri opaque et orient\u00e9. Les sources russes sont syst\u00e9matiquement disqualifi\u00e9es, les t\u00e9moignages du Donbass, ignor\u00e9s. L\u2019Occident, qui se pr\u00e9tend pluraliste, ne tol\u00e8re plus que les r\u00e9cits confortent la g\u00e9opolitique des valeurs qu\u2019il pr\u00e9tend incarner.<\/p>\n<p>Ce pi\u00e8ge moral alimente un climat de peur. Des morts suspectes, \u00e9tiquet\u00e9es \u00ab\u00a0suicides\u00a0\u00bb, s\u00e8ment le doute, comme si la v\u00e9rit\u00e9 co\u00fbtait la vie. Dans ce contexte, la photographie de guerre devient un acte de r\u00e9sistance. Une lumi\u00e8re obstin\u00e9e dans un th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombres.<\/p>\n<p><strong>Un regard humain, donc profond\u00e9ment n\u00e9cessaire<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n<\/strong>Le reportage de Nanna Heitmann ne cherche pas \u00e0 s\u00e9duire. Il ne milite pour aucun camp. Il montre. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu\u2019on ne lui pardonne pas. Montrer que des civils russes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s, que des villages ont \u00e9t\u00e9 pill\u00e9s, que des r\u00e9alit\u00e9s humaines transcendent le sch\u00e9ma binaire impos\u00e9 par la diplomatie m\u00e9diatique.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un acte de courage journalistique, mais aussi d\u2019un acte profond\u00e9ment humain. Dans un monde satur\u00e9 de propagandes crois\u00e9es, de r\u00e9cits fabriqu\u00e9s ou effac\u00e9s selon des logiques invisibles, il r\u00e9introduit quelque chose de pr\u00e9cieux\u00a0: la texture du r\u00e9el. \u00c0 nous, citoyens \u00e9veill\u00e9s, loin des mougeons b\u00ealants ou roucoulants, de reprendre l\u2019initiative et de soutenir les journalistes int\u00e8gres et courageux comme Heitmann, loin du brouillard toxique des d\u00e9sinformations qui mus\u00e8lent, forcent \u00e0 la b\u00eatise, et proposent l\u2019apocalypse.<\/p>\n<p><strong>Cassandre G<\/strong>, \u00e9t\u00e9 2025<\/p>\n<p>Sources\u00a0: <br class=\"autobr\"\/><br \/>\n[1] A Landscape of Death\u00a0: What\u2019s Left Where Ukraine Invaded &#8230;<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2025\/07\/12\/world\/europe\/ukraine-russia-kursk.html\" class=\"spip_url spip_out auto\" rel=\"nofollow external\">https:\/\/www.nytimes.com\/2025\/07\/12\/world\/europe\/ukraine-russia-kursk.html<\/a><br class=\"autobr\"\/><br \/>\n[2] Ukraine\u2019s Foreign Ministry responds to NYT report from Kursk Oblast, where \u00ab\u00a0Ukraine invaded Russia\u00a0\u00bb<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.pravda.com.ua\/eng\/news\/2025\/07\/13\/7521551\/\" class=\"spip_url spip_out auto\" rel=\"nofollow external\">https:\/\/www.pravda.com.ua\/eng\/news\/2025\/07\/13\/7521551\/<\/a><br class=\"autobr\"\/><br \/>\n[3] <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.legrandsoir.info\/mouseland-revele-le-piege-des-elites-en-2025.html\" class=\"spip_url auto\" rel=\"nofollow\">https:\/\/www.legrandsoir.info\/mouseland-revele-le-piege-des-elites-en-2025.html<\/a><br class=\"autobr\"\/><br \/>\n\/ Au pays des souris, Thomas Douglas, <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2015\/01\/DOUGLAS\/52600\" class=\"spip_url spip_out auto\" rel=\"nofollow external\">https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2015\/01\/DOUGLAS\/52600<\/a><br class=\"autobr\"\/><br \/>\n[4] La cruelle v\u00e9rit\u00e9. Kiev s\u2019\u00e9nerve quand le New York Times \u00e9crit sur les civils russes tu\u00e9s<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/aif.ru\/politics\/world\/zhestokaya-pravda-kiev-besitsya-kogda-nyt-pishet-o-pogibshih-grazhdanah-rossii\" class=\"spip_url spip_out auto\" rel=\"nofollow external\">https:\/\/aif.ru\/politics\/world\/zhestokaya-pravda-kiev-besitsya-kogda-nyt-pishet-o-pogibshih-grazhdanah-rossii<\/a><br class=\"autobr\"\/><br \/>\n[5] <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.magnumphotos.com\/photographer\/nanna-heitmann\/\" class=\"spip_url spip_out auto\" rel=\"nofollow external\">https:\/\/www.magnumphotos.com\/photographer\/nanna-heitmann\/<\/a><br class=\"autobr\"\/><br \/>\n[6] <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.magnumphotos.com\/newsroom\/magnum-digest\/nanna-heitmanns-photographs-of-life-in-russia-during-wartime\/\" class=\"spip_url spip_out auto\" rel=\"nofollow external\">https:\/\/www.magnumphotos.com\/newsroom\/magnum-digest\/nanna-heitmanns-photographs-of-life-in-russia-during-wartime\/<\/a><br class=\"autobr\"\/><br \/>\n[7] <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/visualjournalism.de\/en\/news-en\/world-press-photo-2025\/\" class=\"spip_url spip_out auto\" rel=\"nofollow external\">https:\/\/visualjournalism.de\/en\/news-en\/world-press-photo-2025\/<\/a><br class=\"autobr\"\/><br \/>\n[8] Les enqu\u00eateurs recherchent les soldats des forces arm\u00e9es ukrainiennes (VSU) qui ont tu\u00e9 le grand-p\u00e8re de la c\u00e9l\u00e8bre vid\u00e9o dans la r\u00e9gion de Koursk.<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=O_DZqgOSmn8\" class=\"spip_url spip_out auto\" rel=\"nofollow external\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=O_DZqgOSmn8<\/a><\/p>\n<\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/www.legrandsoir.info\/koursk-guerre-et-verite-sous-le-regard-tabou-de-nanna-heitmann.html\" target=\"_blank\"\">Source link <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La photographie de guerre est un champ fragile, o\u00f9 l\u2019\u00e9thique du regard se confronte \u00e0 la brutalit\u00e9 des faits. 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