{"id":16726,"date":"2025-09-29T20:29:45","date_gmt":"2025-09-29T18:29:45","guid":{"rendered":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2025\/09\/29\/pouvoir-monetaire-et-dette-publique\/"},"modified":"2025-09-29T20:29:45","modified_gmt":"2025-09-29T18:29:45","slug":"pouvoir-monetaire-et-dette-publique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2025\/09\/29\/pouvoir-monetaire-et-dette-publique\/","title":{"rendered":"Pouvoir mon\u00e9taire et dette publique"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div style=\"word-wrap:break-word;\">\n<p>En tant que simple citoyen, il y a longtemps d\u00e9j\u00e0 que j&rsquo;ai cherch\u00e9 \u00e0 comprendre comment la finance avait impos\u00e9 son emprise sur les Etats eux-m\u00eames. J&rsquo;ai d\u00e9couvert, en m&rsquo;informant aupr\u00e8s des plus \u00e9minents \u00e9conomistes, que la r\u00e9ponse loin d&rsquo;\u00eatre compliqu\u00e9e est toute simple, comme le d\u00e9crit Michael Hudson, \u00e9conomiste \u00e9tasunien, consid\u00e9r\u00e9 par ses pairs comme l&rsquo;un des plus grand au monde\u00a0: \u00a0\u00bb C\u2019est par le syst\u00e8me mon\u00e9taire que les peuples sont asservis. La finance, sans le syst\u00e8me mon\u00e9taire qui lui est enti\u00e8rement favorable, ne repr\u00e9senterait plus un danger pour l\u2019\u00e9conomie productive. C\u2019est la sur-liquidit\u00e9 qui autorise toutes les d\u00e9rives de la finance. La haute finance mondialis\u00e9e ne peut prosp\u00e9rer sans l\u2019existence d\u2019un gigantesque march\u00e9 plan\u00e9taire de la dette publique. Le seul moyen de sortir de l\u2019emprise des march\u00e9s est d\u2019\u00e9carter les march\u00e9s du financement de l\u2019\u00c9tat. La plus grande arnaque du XXe s a \u00e9t\u00e9 la privatisation de la monnaie\u00a0\u00bb. Ayant \u00e0 c\u0153ur d\u2019\u00e9clairer un maximum de personnes sur un sujet aussi central, et pourtant largement m\u00e9connu, j\u2019ai r\u00e9dig\u00e9, \u00e0 partir des notions de base que j\u2019ai acquises, une note synth\u00e9tique d\u2019initiation sur \u00ab\u00a0la cr\u00e9ation mon\u00e9taire et son rapport \u00e9troit avec la dette\u00a0\u00bb, accessible \u00e0 tous. Je l&rsquo;ai diffus\u00e9e autour de moi mais j&rsquo;avoue sans gu\u00e8re de succ\u00e8s. C&rsquo;est ce texte que je vous propose<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019argent est notre premi\u00e8re pr\u00e9occupation, car nous en avons besoin pour vivre. Mais que savons-nous exactement \u00e0 son sujet\u00a0? Globalement nous connaissons ses fonctions. Nul n\u2019ignore en effet que l\u2019argent donne un prix aux biens et services que nous achetons (unit\u00e9 de compte)\u00a0; qu\u2019il permet les transactions (moyen d\u2019\u00e9change)\u00a0; qu\u2019il peut \u00eatre th\u00e9sauris\u00e9 (r\u00e9serve de valeur)\u00a0; et qu\u2019il est enfin un moyen d\u2019enrichissement (l\u2019argent rapporte de l\u2019argent). Mais d\u2019abord, l\u2019argent est un moyen de production puisque tout d\u00e9veloppement \u00e9conomique n\u00e9cessite au pr\u00e9alable une avance mon\u00e9taire. Nous avons conscience qu\u2019il est aussi un instrument de pouvoir et de domination dans les relations politiques, \u00e9conomiques et sociales. Paradoxalement, malgr\u00e9 son importance majeure, rares sont ceux qui ont un minimum de lumi\u00e8res sur le processus de cr\u00e9ation de la monnaie moderne, de ses caract\u00e9ristiques ainsi que de ses potentialit\u00e9s.<\/p>\n<p>J\u2019ai essay\u00e9 d\u2019\u00eatre clair et de m\u2019en tenir \u00e0 l\u2019essentiel. Je pense en effet que des notions de base suffisent amplement pour comprendre comment fonctionne globalement le syst\u00e8me mon\u00e9taire.<\/p>\n<p>Si j\u2019ai voulu me documenter sur la monnaie, ce n\u2019est pas parce que cela est particuli\u00e8rement distrayant, comme on peut s\u2019en douter, le sujet \u00e9tant plut\u00f4t aust\u00e8re. J\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 savoir comment la finance avait r\u00e9ussi \u00e0 imposer son emprise sur les Etats eux-m\u00eames. La r\u00e9ponse est toute simple, c\u2019est au moyen de la dette. Un Etat endett\u00e9, devient d\u00e9biteur, il n\u2019est plus souverain, et d\u00e9pend donc du bon vouloir de ses cr\u00e9anciers qui disposent d\u2019un moyen de domination sur lui. C\u2019est le recours au march\u00e9 pour financer les d\u00e9ficits publics qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019endettement massif des Etats et de la toute puissance de la finance, dont l\u2019arme de pr\u00e9dilection est la dette.<\/p>\n<p>Si la source de l\u2019argent ne provenait que de l\u2019\u00e9pargne pour financer les d\u00e9ficits publics, l\u2019\u00c9tat serait effectivement oblig\u00e9 de solliciter les d\u00e9tenteurs en exc\u00e8s de monnaie. En ce cas, la dette publique serait l\u00e9gitime et justifi\u00e9e. Mais ce n\u2019est pas la r\u00e9alit\u00e9 puisque c\u2019est le cr\u00e9dit qui est \u00e0 l\u2019origine de toute \u00e9mission de monnaie initiale. Ainsi, l\u2019\u00c9tat a parfaitement la possibilit\u00e9, comme il l\u2019a fait dans le pass\u00e9, de recourir \u00e0 un financement hors march\u00e9, directement aupr\u00e8s de sa Banque centrale, sans int\u00e9r\u00eat, ni m\u00eame obligation de rembourser. Alors, la question de la dette publique ne se poserait plus.<\/p>\n<p>L\u2019argent moderne (immat\u00e9riel) est un outil formidable, un flux magique, si on le met au service des soci\u00e9t\u00e9s. Le probl\u00e8me n\u2019est pas l\u2019argent en tant que tel. C\u2019est son fonctionnement actuel qui n\u2019est pas optimal et qui doit donc \u00eatre am\u00e9lior\u00e9 dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de tous.<\/p>\n<p> <strong>Note d\u2019initiation<\/strong><\/p>\n<p>&#8211;\u00a0A \u2013 La cr\u00e9ation de la monnaie ex-nihilo (\u00e0 partir de rien\u00a0!)<\/p>\n<p>Avant (pour faire court), la masse mon\u00e9taire en circulation d\u00e9pendait des r\u00e9serves de stock d\u2019or ou autres valeurs physiques. On ne pouvait donc battre plus de monnaie que la quantit\u00e9 d\u00e9tenue dans les coffres. C\u2019est ce qu\u2019on appelait la \u00ab\u00a0loi d\u2019airain de la monnaie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais, aujourd\u2019hui, la monnaie n\u2019est plus li\u00e9e \u00e0 une contrepartie mat\u00e9rielle, le processus de cr\u00e9ation mon\u00e9taire se fait ex-nihilo, \u00e0 partir de rien, ce qui signifie que l\u2019argent cr\u00e9\u00e9 ne se trouvait pas initialement en d\u00e9p\u00f4t, qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9tenu physiquement avant d\u2019\u00eatre \u00e9mis (sauf pour les billets et les pi\u00e8ces).<\/p>\n<p>La monnaie est donc \u00ab\u00a0d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0abstraite\u00a0\u00bb (ne pas confondre la monnaie elle-m\u00eame, et les supports et moyens de paiements dont certains sont aussi d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9s), exactement depuis 1971 (1), date \u00e0 laquelle le dollar (la principale monnaie du commerce international et de r\u00e9serve) a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre convertible en or, c\u2019est-\u00e0-dire que, depuis, cette devise n\u2019est plus garantie par une valeur physique. C\u2019\u00e9tait la derni\u00e8re monnaie \u00e0 \u00eatre adoss\u00e9e \u00e0 une valeur mat\u00e9rielle.<\/p>\n<p>Donc, toutes les monnaies sont issues de ce qu\u2019on nomme \u00ab\u00a0la planche \u00e0 billets\u00a0\u00bb qui permet en th\u00e9orie une cr\u00e9ation illimit\u00e9e de monnaie. Dans la zone euro, il n\u2019existe que deux planches \u00e0 billets\u00a0:\u00a0la BCE (Banque centrale europ\u00e9enne) et les banques commerciales, dites de \u00ab\u00a0second rang\u00a0\u00bb,  ce qui signifie que ceux qui diabolisent la planche \u00e0 billets devraient comprendre qu\u2019en toute logique ils devraient recommander la  fermeture de toutes les banques\u00a0!<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, on distingue deux niveaux.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a01 &#8211; Le niveau sup\u00e9rieur rel\u00e8ve des pr\u00e9rogatives de la Banque centrale (appel\u00e9e Institut d\u2019\u00e9mission), seule \u00e0 pouvoir cr\u00e9er la monnaie centrale (monnaie de base), consid\u00e9r\u00e9e comme la \u00ab\u00a0vraie monnaie\u00a0\u00bb. <br class=\"autobr\"\/><br \/>\nElle prend deux formes. La monnaie de base physique qui comprend les billets et les pi\u00e8ces, soit 15\u00a0% environ de la masse mon\u00e9taire. Cette monnaie de base est bien entendu fabriqu\u00e9e \u00e0 l\u2019avance avant d\u2019\u00eatre distribu\u00e9e (vendue contre des titres) aux banques qui, elles-m\u00eames, au travers de leur r\u00e9seau, la fournissent aux particuliers, entreprises, institutions publiques.<\/p>\n<p>L\u2019autre forme, c\u2019est la monnaie dite scripturale (2), c\u2019est-\u00e0-dire issue d\u2019\u00e9critures comptables (3), cr\u00e9\u00e9e sur demande des banques de second rang, en \u00e9change de titres remis par ces derni\u00e8res. Elle ne circule qu\u2019entre titulaires d\u2019avoirs aupr\u00e8s de la Banque centrale, soit les banques commerciales et le Tr\u00e9sor, et de ce fait ne peut irriguer l\u2019\u00e9conomie r\u00e9el (4).<\/p>\n<p>Pr\u00e9cisons que les banques, pour exercer leurs activit\u00e9s, sont tenues d\u2019avoir des r\u00e9serves obligatoires (5) en monnaie centrale scripturale en fonction du volume des d\u00e9p\u00f4ts g\u00e9r\u00e9s et des cr\u00e9dits distribu\u00e9s, doivent respecter des r\u00e8gles prudentielles (6) et se procurer de la monnaie fiduciaire. C\u2019est pourquoi elles ont toutes des comptes et lignes de cr\u00e9dit au sein de la Banque centrale (7). De plus, dans le cadre de la compensation entre les banques commerciales (8), et depuis la crise dite des \u00ab\u00a0<i>subprimes<\/i>\u00a0\u00bb, certains titres consid\u00e9r\u00e9s comme toxiques ne sont plus accept\u00e9s, les banques manquant de garanties fiables sont tenues de r\u00e9gler leur position en monnaie centrale (9).<\/p>\n<p>Toutes ces obligations l\u00e9gales, plac\u00e9es  sous la supervision de la Banque centrale, servent en principe (10) \u00e0 contr\u00f4ler et \u00e0 r\u00e9guler l\u2019activit\u00e9 bancaire.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a02 &#8211; La seconde forme de cr\u00e9ation ex-nihilo, c\u2019est la monnaie d\u2019usage (secondaire) que nous utilisons tous, elle est issue du cr\u00e9dit et elle est en volume la plus importante (11). Ce sont les banques de d\u00e9p\u00f4t (12) qui ont ce privil\u00e8ge extraordinaire par d\u00e9l\u00e9gation de la puissance publique (il suffit pour cela d\u2019avoir une licence bancaire ce qui implique de remplir certaines conditions, dont la gestion des d\u00e9p\u00f4ts et du syst\u00e8me des paiements, la mise \u00e0 disposition de moyens de paiement, la domiciliation, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la compensation etc.). Le processus est le m\u00eame que celui utilis\u00e9 par la Banque centrale pour la monnaie scripturale (13).<\/p>\n<p>Le banquier, sollicit\u00e9 par un client d\u00e9sireux d\u2019obtenir un cr\u00e9dit, n\u2019a pas \u00e0 se soucier de savoir si le montant du cr\u00e9dit demand\u00e9 est couvert int\u00e9gralement pas les d\u00e9p\u00f4ts qu\u2019il d\u00e9tient. Ce qui est important, c\u2019est que la banque soit en conformit\u00e9 avec la r\u00e9glementation, que le ratio r\u00e9serve l\u00e9gale\/volume d\u2019affaires soit respect\u00e9 ainsi que les ratios de solvabilit\u00e9 et de liquidit\u00e9 (r\u00e8gles prudentielles). La banque doit \u00e9galement veiller \u00e0 d\u00e9tenir suffisamment de monnaie physique centrale (billets et pi\u00e8ces, appel\u00e9e monnaie \u00ab\u00a0fiduciaire\u00a0\u00bb) pour faire face aux fuites (14).<\/p>\n<p>Ainsi donc, le banquier, apr\u00e8s avoir v\u00e9rifi\u00e9 la solvabilit\u00e9 de son client et pris des garanties, va, op\u00e9ration proprement magique, en inscrivant la somme pr\u00eat\u00e9e sur le compte de son client, cr\u00e9er de la monnaie qui l\u2019instant d\u2019avant n\u2019existait pas. Le contrat de pr\u00eat et les garanties prises constituent la contrepartie du cr\u00e9dit.<\/p>\n<p>En pratique (sans entrer dans les d\u00e9tails), compte tenu des r\u00e8gles \u00e0 respecter, une banque peut, avec 1 euro de fonds propre et z\u00e9ro en d\u00e9p\u00f4t, faire 10 euros de cr\u00e9dit.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 une fausse croyance largement r\u00e9pandue, les banques ne pr\u00eatent pas les d\u00e9p\u00f4ts de leurs clients. Elles ne peuvent en disposer sans autorisation des d\u00e9posants, tout simplement parce qu\u2019ils ne leur appartiennent pas (15, 16).<\/p>\n<p>Toute la monnaie que nous utilisons prend donc sa source dans le cr\u00e9dit. Il s\u2019agit d\u2019une monnaie-dette qui est temporaire puisqu\u2019elle est d\u00e9truite au fur et \u00e0 mesure de son remboursement, contrairement \u00e0 la monnaie centrale qui, elle, est une monnaie permanente. Nous sommes donc dans un syst\u00e8me d\u2019\u00e9conomie mon\u00e9taire d\u2019endettement qui repose pour fonctionner sur une progression constante du recours au cr\u00e9dit pour rembourser les emprunts ant\u00e9rieurs, sans oublier les int\u00e9r\u00eats, lesquels sont n\u00e9cessairement pr\u00e9lev\u00e9s sur la masse existante, et \u00e9galement pour neutraliser les effets n\u00e9gatifs de l\u2019\u00e9pargne bancaire qui, quand elle n\u2019est pas investie dans la production,  \u00ab\u00a0dort\u00a0\u00bb sur des comptes de d\u00e9p\u00f4t.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 leur privil\u00e8ge, les banques per\u00e7oivent des int\u00e9r\u00eats \u00e0 partir de monnaie venant du n\u00e9ant, mais ce processus n\u2019est pas gratuit, il repr\u00e9sente un co\u00fbt\u00a0r\u00e9el\u00a0:\u00a0prime de risque, frais administratifs, amortissements des infrastructures. Plus les taux sont \u00e9lev\u00e9s, plus les banques s\u2019enrichissent. Les op\u00e9rations les plus rentables et les plus s\u00fbres sont \u00e9videmment les pr\u00eats accord\u00e9s aux Etats (bons du Tr\u00e9sor, obligations) pour financer les d\u00e9ficits publics. Aujourd\u2019hui, les taux sont au plus bas. La situation actuelle de taux bas ne durera pas \u00e9ternellement\u00a0:\u00a0d\u00e8s la remont\u00e9e des taux, la dette des \u00c9tats grimpera \u00e0 nouveau. Les taux immobiliers se situent \u00e9galement \u00e0 un niveau historiquement tr\u00e8s bas, en dessous de 1,5\u00a0%. Les banques ne font donc gu\u00e8re de profit dans cette branche d\u2019activit\u00e9, elles se rattrapent largement en investissant massivement dans le secteur de la finance gr\u00e2ce aux liquidit\u00e9s d\u00e9vers\u00e9es par la BCE avec son programme d\u2019assouplissement quantitatif \u00ab\u00a0<i>quantitative easing<\/i>\u00a0\u00bb (17).<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que le syst\u00e8me fonctionne (de fa\u00e7on tr\u00e8s sch\u00e9matique bien s\u00fbr). La seule contrainte, le garde-fou, c\u2019est que la quantit\u00e9 de monnaie en circulation soit globalement en ad\u00e9quation avec les richesses produites, biens et services. Son \u00e9mission doit donc \u00eatre r\u00e9gul\u00e9e finement, par la cr\u00e9ation ou la destruction, pour s\u2019ajuster \u00e0 la marche de l\u2019\u00e9conomie en fonction des capacit\u00e9s de notre syst\u00e8me productif\u00a0: s\u2019il y a trop de monnaie, il y a inflation, pas assez, c\u2019est la d\u00e9flation. Seul l\u2019\u00c9tat est en mesure d\u2019op\u00e9rer cette r\u00e9gulation. Certes, l\u2019inflation mon\u00e9taire peut influer sur les prix, mais elle n\u2019est pas la seule. Dans le langage courant, le terme inflation est souvent utilis\u00e9 \u00e0 tort au lieu de hausse des prix, due \u00e0 l\u2019\u00e9volution des co\u00fbts de certains biens et services, mati\u00e8res premi\u00e8res, \u00e9nergie, et aussi imp\u00f4ts, taxes, et charges diverses (sans oublier les int\u00e9r\u00eats invisibles r\u00e9percut\u00e9s dans les prix (18). En r\u00e9alit\u00e9, il n\u2019y a inflation que lorsque la masse mon\u00e9taire en circulation est trop importante par rapport aux richesses r\u00e9elles produites. A partir du moment o\u00f9 les besoins existent et que la production peut les satisfaire, non seulement l\u2019augmentation de la masse mon\u00e9taire ne peut entra\u00eener d\u2019inflation mais elle est indispensable, ne serait-ce que pour faire face \u00e0 l\u2019accroissement de population. Ce qui compte vraiment ce sont nos ressources en \u00ab\u00a0homme et en mati\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, nous sommes quasi en r\u00e9cession, non pas parce que nous ne sommes pas en capacit\u00e9 de produire plus (les entreprises ne fonctionnent pas \u00e0 plein r\u00e9gime et le taux de ch\u00f4mage est \u00e9lev\u00e9), mais parce que l\u2019argent fait d\u00e9faut dans l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle. Les grands d\u00e9tenteurs de capitaux (banques, fonds de pensions, fonds de placements, assurances, multinationales, grandes fortunes) pr\u00e9f\u00e8rent investir dans l\u2019\u00e9conomie \u00ab\u00a0casino\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire la finance sp\u00e9culative (19), ce qui rapporte beaucoup plus que de prendre des risques dans l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle.<\/p>\n<p><strong>&#8211; B &#8211; Financement du d\u00e9ficit public<\/strong><\/p>\n<p>La question du financement des besoins de l\u2019\u00c9tat est fondamentale. Elle ne reste que trop peu souvent pos\u00e9e sur les plateaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s et dans les colonnes des journaux. Dans un syst\u00e8me d\u00e9mocratique, le choix du mode de financement doit r\u00e9pondre n\u00e9cessairement \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat commun. En dehors des imp\u00f4ts et taxes, il n\u2019existe que deux autres sources de financement, surtout lorsque la pression fiscale est d\u00e9j\u00e0 trop forte\u00a0:<\/p>\n<p>1- Le recours au march\u00e9 (bons du Tr\u00e9sor, obligations) qui sollicite donc des cr\u00e9anciers priv\u00e9s. <br class=\"autobr\"\/><br \/>\n2- Le financement hors march\u00e9 par la Banque centrale, soit par des avances remboursables \u00e0 taux faibles, soit par de la monnaie dite permanente sans int\u00e9r\u00eat ni \u00e9ch\u00e9ance de remboursement. Ce type d\u2019alimentation de la tr\u00e9sorerie de l\u2019\u00c9tat a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9 en France jusque dans les ann\u00e9es 70, sous le nom du \u00ab\u00a0circuit du Tr\u00e9sor\u00a0\u00bb. Depuis cette \u00e9poque, c\u2019est la mise en march\u00e9 de la dette publique qui s\u2019est impos\u00e9e en France, comme partout ailleurs. Les r\u00e9formateurs lib\u00e9raux accusaient les financements administr\u00e9s et les facilit\u00e9s de tr\u00e9sorerie de laisser \u00ab\u00a0filer\u00a0\u00bb l\u2019inflation en encourageant l\u2019indiscipline mon\u00e9taire et budg\u00e9taire de l\u2019\u00c9tat. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait d\u2019oblig\u00e9e l\u2019\u00c9tat \u00e0 vivre comme un emprunteur (20).<\/p>\n<p>Le Trait\u00e9 de Maastricht a ent\u00e9rin\u00e9 cet \u00e9tat de fait, en interdisant \u00e0 la BCE de financer directement les Etats et organismes publics de la zone euro (21).<\/p>\n<p>R\u00e9sultat, au lieu d\u2019\u00eatre limit\u00e9es, les dettes publiques ont explos\u00e9, \u00e0 cause des int\u00e9r\u00eats qui ont connu une forte inflation dans les ann\u00e9es 90 (effet \u00ab\u00a0boule de neige\u00a0\u00bb), mais aussi en raison de la baisse des recettes li\u00e9e \u00e0 une forte diminution des imp\u00f4ts des contribuables les plus ais\u00e9s et des grandes entreprises (22).<\/p>\n<p>Autre cons\u00e9quence, l\u2019endettement public important a conduit les \u00c9tats \u00e0 prendre des mesures de r\u00e9duction des d\u00e9penses publiques, \u00e0 savoir des politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Loin de r\u00e9sorber le stock de la dette, cette solution a, au contraire, aggrav\u00e9 les d\u00e9ficits du fait d\u2019une r\u00e9cession \u00e9conomique provoqu\u00e9e en grande partie par la baisse des investissements publics, qui repr\u00e9sentent une part importante du carnet de commandes des entreprises, et par la baisse de la consommation, r\u00e9sultant d\u2019un pouvoir d\u2019achat moindre des travailleurs. Ce sont ces deux facteurs principaux qui ont amplifi\u00e9 le ralentissement de la croissance.<\/p>\n<p>Le  recours \u00e0 l\u2019emprunt par l\u2019\u00c9tat, qui pouvait se concevoir quand la monnaie \u00e9tait repr\u00e9sentative d\u2019une certaine quantit\u00e9 de m\u00e9tal (or ou argent), n\u2019a maintenant plus aucune justification depuis que la monnaie est enti\u00e8rement d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e. D\u2019autant que d\u2019un point de vue macro\u00e9conomique (23), la dette publique, si elle est constitu\u00e9e par de l\u2019investissement de patrimoine et d\u2019infrastructure, donc de long terme, devrait \u00eatre couverte non par des emprunts, mais par de la cr\u00e9ation en monnaie centrale permanente qui n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre rembours\u00e9e, puisque l\u2019\u00c9tat, propri\u00e9taire de sa Banque centrale, se pr\u00eate \u00e0 lui-m\u00eame\u00a0; les imp\u00f4ts et taxes servant \u00e0 couvrir les d\u00e9penses de fonctionnement et d\u2019amortissement. Pour cela, l\u2019\u00c9tat doit recouvrer son pouvoir mon\u00e9taire. Si cela avait \u00e9t\u00e9 le cas, le stock de la dette publique fran\u00e7aise serait n\u00e9gligeable, alors qu\u2019\u00e0 ce jour il repr\u00e9sente pr\u00e8s de 116, 4\u00a0% du PIB soit 2650 M d\u2019euros \u00e0 fin 2020 (24).<\/p>\n<p>Enfin, il est important de noter, ce qui est rarement pr\u00e9cis\u00e9, qu\u2019une Banque centrale ne peut faire faillite (un Etat non plus d\u2019ailleurs (25, 26 et 27), contrairement \u00e0 toutes les autres entit\u00e9s \u00e9conomiques, en raison de son statut de pr\u00eateur en dernier ressort. Cela signifie que son passif n\u2019est pas exigible.<\/p>\n<p><strong>&#8211; C \u2013 Confiscation du pouvoir mon\u00e9taire par des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>La d\u00e9mat\u00e9rialisation de la monnaie aurait d\u00fb conduire \u00e0 une lib\u00e9ration des peuples. C\u2019est au contraire une logique d\u2019asservissement du plus grand nombre par quelques-uns qui s\u2019est mise en place. Pourquoi ce paradoxe\u00a0? Parce que le pouvoir mon\u00e9taire, principal attribut des \u00c9tats, a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 \u00e0 des banques priv\u00e9es qui, soumises \u00e0 l\u2019obligation de r\u00e9sultats (exigence de rentabilit\u00e9), ne sont anim\u00e9es que par leurs int\u00e9r\u00eats propres de la recherche du profit et donc ne cr\u00e9ent de la monnaie par le cr\u00e9dit seulement pour les projets et activit\u00e9s qui leur rapporteront un b\u00e9n\u00e9fice financier, sans se soucier des cons\u00e9quences, qu\u2019elles soient utiles ou nuisibles \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Par des lois et trait\u00e9s, le syst\u00e8me bancaire priv\u00e9 a conquis le pouvoir de cr\u00e9ation des moyens de paiement en totale ind\u00e9pendance du pouvoir politique. S\u2019il a acquis la l\u00e9galit\u00e9, il ne saura jamais pr\u00e9tendre \u00e0 une l\u00e9gitimit\u00e9 quelconque. La souverainet\u00e9 en mati\u00e8re mon\u00e9taire ne se partage pas. <br class=\"autobr\"\/><br \/>\nComment en est-on arriv\u00e9 l\u00e0\u00a0? Les th\u00e9oriciens de l\u2019\u00e9cole classique et n\u00e9oclassique ont d\u00e9velopp\u00e9 une r\u00e9flexion mon\u00e9taire connue sous le nom de \u00ab\u00a0th\u00e9orie quantitative de la monnaie\u00a0\u00bb. Ils ont r\u00e9ussi \u00e0 convaincre les d\u00e9cideurs politiques que la monnaie est externe aux \u00e9changes de biens et services, que les ph\u00e9nom\u00e8nes mon\u00e9taires ne sont qu\u2019accessoires, que l\u2019\u00e9change pr\u00e9existe \u00e0 la monnaie (28), et que la quantit\u00e9 de monnaie n\u2019a pas d\u2019influence sur le fonctionnement de l\u2019\u00e9conomie, au moins sur le long terme, la monnaie est \u00ab\u00a0neutre\u00a0\u00bb, elle n\u2019est qu\u2019un  \u00ab\u00a0voile\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cependant, ils ont soulign\u00e9 (ce qui est presque toujours omis) qu\u2019une augmentation de la masse mon\u00e9taire n\u2019est inflationniste que lorsqu\u2019elle ne permet pas une cr\u00e9ation de valeur \u00e9conomique correspondante. Ce qui est souvent le cas dans un contexte de p\u00e9nurie, quand les ressources en homme et en mati\u00e8re sont insuffisantes, mais ce qui n\u2019est plus vrai aujourd\u2019hui dans nos pays industrialis\u00e9s dans lesquels l\u2019appareil de production est capable de r\u00e9pondre rapidement \u00e0 la demande courante des agents \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>Fond\u00e9e sur des situations de p\u00e9nurie, la th\u00e9orie mon\u00e9tariste a \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e aveugl\u00e9ment \u00e0 toutes les circonstances de la vie \u00e9conomique. C\u2019est cette croyance g\u00e9n\u00e9rale, encore dominante aujourd\u2019hui, qui a entra\u00een\u00e9 une refondation des structures mon\u00e9taires \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980 dont les principaux facteurs sont\u00a0:<\/p>\n<p>1- L\u2019ind\u00e9pendance des banques centrales\u00a0; 2- La lutte prioritaire contre l\u2019inflation\u00a0; 3- La d\u00e9l\u00e9gation du pouvoir mon\u00e9taire confi\u00e9e au syst\u00e8me bancaire priv\u00e9.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, cette reconfiguration mon\u00e9taire s\u2019est accompagn\u00e9e d\u2019un mouvement de d\u00e9r\u00e9gulation des activit\u00e9s bancaires et financi\u00e8res, dont les principales caract\u00e9ristiques sont la fin de la s\u00e9paration des activit\u00e9s de d\u00e9p\u00f4ts et d\u2019affaires des banques et la libre circulation des capitaux (29). C\u2019est ainsi que la sph\u00e8re financi\u00e8re a pris son essor au d\u00e9triment des Etats, affaiblis par une dette publique toujours plus importante (30). La dette \u00e9tait le seul moyen de faire entrer les \u00e9conomies des nations dans l\u2019\u00e8re de la finance globalis\u00e9e (31).<\/p>\n<p>Ainsi, si les Etats (zone euro) veulent desserrer l\u2019emprise de la finance et recouvrer leur souverainet\u00e9, il est imp\u00e9ratif qu\u2019ils reprennent en main leur pouvoir mon\u00e9taire (32), et dans le m\u00eame temps, qu\u2019ils se donnent les moyens, \u00e0 l\u2019instar de la Chine\u00a0\u2013\u00a0d\u2019une main de fer, certes\u00a0\u2013\u00a0(33, 34), de mieux contr\u00f4ler les activit\u00e9s du secteur financier pour les mettre au service de leurs objectifs \u00e9conomiques. Il va de soi que reprendre le pouvoir mon\u00e9taire ne r\u00e9soudrait pas pour autant tous nos probl\u00e8mes, mais sans un tel levier, qui constitue l\u2019un des piliers r\u00e9galiens de l\u2019\u00c9tat (battre monnaie) il est impossible de faire pr\u00e9valoir le bien commun sur les int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Thomas Erp\u00e9<\/strong><\/p>\n<hr class=\"spip\"\/>\n<p>(1) &#8211; Pourquoi le dollar \u00e9tait-il la seule monnaie convertible en or\u00a0? Parce qu\u2019\u00e0 la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Etat-Unis d\u00e9tenaient 3\/4 de la r\u00e9serve mondiale d\u2019or, raison pour laquelle les accords de Bretton Woods en 1944 ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019organiser le syst\u00e8me mon\u00e9taire mondial autour du dollar, mais avec un rattachement nominal \u00e0 l\u2019or. Au fil du temps, la banque centrale des EU (la FED) a abus\u00e9 de ce pouvoir extraordinaire en \u00e9mettant plus de dollars qu\u2019elle n\u2019avait d\u2019or en stock, notamment pour financer la guerre du Vietnam. Beaucoup de pays se sont inqui\u00e9t\u00e9s de cette situation et ont commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9clamer la conversion de leurs dollars en or. Pour \u00e9viter cela, le Pr\u00e9sident Richard Nixon a mis un terme \u00e0 cette facult\u00e9 le 15 ao\u00fbt 1971.<\/p>\n<p>(2) &#8211; Bref historique  de la monnaie scripturale\u00a0: son origine est dans la lettre de change invent\u00e9e au Moyen Age pour \u00e9viter le transport p\u00e9rilleux des esp\u00e8ces. Les orf\u00e8vres faisaient office de d\u00e9positaires pour l\u2019or et l\u2019argent, et les re\u00e7us qu\u2019ils \u00e9mettaient pour de tels d\u00e9p\u00f4ts commenc\u00e8rent bient\u00f4t \u00e0 circuler, endossant ainsi le r\u00f4le de premiers billets de banque, surtout lorsqu\u2019ils eurent l\u2019id\u00e9e de les r\u00e9diger au \u00ab\u00a0porteur\u00a0\u00bb au lieu de les lier \u00e0 un d\u00e9p\u00f4t sp\u00e9cifique. Le caract\u00e8re pratique de ces billets de banque, plus faciles \u00e0 porter que des sacs d\u2019or et d\u2019argent, les rendit rapidement populaires, et il ne fallut pas longtemps aux orf\u00e8vres pour r\u00e9aliser que les d\u00e9p\u00f4ts \u00e9taient rarement r\u00e9clam\u00e9s en grandes quantit\u00e9s. Il s\u2019ensuivit qu\u2019un orf\u00e8vre pouvait pr\u00eater temporairement ses d\u00e9p\u00f4ts de m\u00e9taux pr\u00e9cieux et toucher des int\u00e9r\u00eats sur ces pr\u00eats. Jusque-l\u00e0 tout va bien, c\u2019est une pratique l\u00e9gitime des banques. Mais les orf\u00e8vres d\u00e9cid\u00e8rent d\u2019aller un peu plus loin, en \u00e9mettant des re\u00e7us suppl\u00e9mentaires d\u2019or, m\u00eame si ces re\u00e7us n\u2019\u00e9taient en r\u00e9alit\u00e9 pas garantis par un d\u00e9p\u00f4t. C\u2019est ce que l\u2019on appela plus tard \u00ab\u00a0la r\u00e9serve bancaire fractionn\u00e9e\u00a0\u00bb, pratique consistant \u00e0 pr\u00eater bien plus d\u2019\u00ab\u00a0argent\u00a0\u00bb que ce que l\u2019on poss\u00e8de r\u00e9ellement sous forme de d\u00e9p\u00f4ts. Ceci est clairement de l\u2019escroquerie. N\u00e9anmoins, elle est parfaitement l\u00e9gale aujourd\u2019hui, mais elle demeure essentiellement la m\u00eame escroquerie que celle qu\u2019elle a toujours \u00e9t\u00e9, \u00e0 la diff\u00e9rence principale qu\u2019elle est aujourd\u2019hui plus sophistiqu\u00e9e et officiellement approuv\u00e9e.<\/p>\n<p>(3) \u2013 La  monnaie scripturale est cr\u00e9\u00e9e, transf\u00e9r\u00e9e et d\u00e9truite par voie d\u2019\u00e9critures comptables, et c\u2019est ce qui lui conf\u00e8re son caract\u00e8re abstrait. Elle ne sort pas du champ bancaire et, pour se transmettre, n\u00e9cessite un support\u00a0: ch\u00e8que, virement, lettre de change, carte bancaire.<\/p>\n<p>(4) &#8211; Il existe deux compartiments \u00e9tanches\u00a0: La monnaie centrale scripturale s\u2019\u00e9change entre les seuls titulaires de comptes ouverts \u00e0 la Banque centrale, tandis que la monnaie secondaire s\u2019\u00e9change entre les seuls titulaires de comptes ouverts dans les banques de d\u00e9p\u00f4ts (les agents non bancaire). Le Tr\u00e9sor sert de passerelle ou de sas entre les deux monnaies, centrale et secondaire, par les \u00e9changes qu\u2019il pratique avec les autres agents non bancaires puisqu\u2019il est le seul agent non bancaire \u00e0 disposer d\u2019un compte ouvert \u00e0 la banque centrale. Pour \u00eatre exact, ce sont les banques de d\u00e9p\u00f4t qui servent de passage oblig\u00e9 de l\u2019une vers l\u2019autre monnaie dans un sens comme dans l\u2019autre. Les deux monnaies s\u2019\u00e9changent \u00e0 parit\u00e9 l\u2019une contre l\u2019autre mais ne se substituent pas l\u2019une de l\u2019autre. Le processus est assez complexe, il ne peut \u00eatre explicit\u00e9 qu\u2019en suivant les sch\u00e9mas comptables (Jean Bayard, \u00ab\u00a0macro\u00e9conomie\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>(5) &#8211; R\u00e9serve obligatoire ou r\u00e9serve l\u00e9gale\u00a0: les banques de la zone euro sont tenues de conserver un certain montant de r\u00e9serves sur leur compte courant aupr\u00e8s de leur banque centrale nationale. Jusqu\u2019en janvier 2012, les banques devaient d\u00e9tenir au moins 2\u00a0% de certains engagements, essentiellement des d\u00e9p\u00f4ts de la client\u00e8le. Depuis lors, ce ratio a \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9 \u00e0 1\u00a0%.<\/p>\n<p>(6) \u2013 R\u00e8gles prudentielles\u00a0: ensemble des r\u00e8gles r\u00e9gissant la bonne conduite des banques afin d\u2019\u00e9viter les faillites en cascade. Un manque de fonds propres par rapport aux cr\u00e9dits accord\u00e9s peut conduire la banque \u00e0 un manque de liquidit\u00e9s et \u00e0 un risque trop \u00e9lev\u00e9 en cas de cr\u00e9dits non rembours\u00e9s. Les accords du Comit\u00e9 de B\u00e2le imposent un seuil minimum de 8\u00a0% de fonds propres par rapport aux engagements de la banque (ratio de solvabilit\u00e9 dit de \u00ab\u00a0Cooke\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>(7) \u2013 Les banques disposent de monnaie centrale assez facilement \u00e0 partir de trois sources\u00a0: a) cession de devises \u00e0 l\u2019Institut d\u2019\u00e9mission\u00a0; b) cession ou\/et mise en pension de titres reconnus admissibles (bien not\u00e9s)\u00a0; c) politique non conventionnelle de la Banque centrale alimentant les banques en liquidit\u00e9 de fa\u00e7on massive. M\u00eame les titres toxiques ou douteux sont accept\u00e9s.<\/p>\n<p>(8) &#8211; Compensation interbancaire\u00a0: La compensation bancaire est une technique mise en \u0153uvre par les banques afin de compenser les cr\u00e9ances et dettes qu\u2019elles d\u00e9tiennent les unes envers les autres. Elle permet aux banques de connaitre en d\u00e9tail (et en valeur) les ordres pass\u00e9s par leurs clients et de r\u00e9gulariser les transactions correspondantes. Toutes ces op\u00e9rations sont centralis\u00e9es par un seul interlocuteur, la chambre de compensation interbancaire.<\/p>\n<p>(9) \u2013 Uniquement pour les transactions de gros, dans la zone euro (Target 2), concerne le march\u00e9 interbancaire. En France, les transactions de d\u00e9tail ou de masse (CORE), dont les positions nettes d\u00e9bitrices et cr\u00e9ditrices port\u00e9es \u00e0 la Banque de France, sont r\u00e9gl\u00e9es de gr\u00e9 \u00e0 gr\u00e9 entre banques sans garantie.<\/p>\n<p>(10) \u2013 En fait, les banques ont r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper au contr\u00f4le de la Banque centrale quand elles \u00e9mettent de la monnaie, et aussi profitant des lacunes de la r\u00e9glementation, quand elles utilisent le syst\u00e8me de la compensation \u00e0 leurs fins propres (transactions pour propre compte). Ainsi, ni les taux directeurs, ni les r\u00e9serves obligatoires, ou la supervision des transactions ne permettent au pouvoir mon\u00e9taire de contr\u00f4ler l\u2019\u00e9mission mon\u00e9taire par les banques, qui sont seulement limit\u00e9es par la demande solvable et le ratio de solvabilit\u00e9. (Jean Bayard)<\/p>\n<p>(11) &#8211; Le cr\u00e9dit consenti est la principale source de cr\u00e9ation mon\u00e9taire, mais il en existe deux autres\u00a0:  l\u2019achat de devises \u00e9trang\u00e8res\u00a0et l\u2019activit\u00e9 propre des banques, si la somme de leurs actifs propres est sup\u00e9rieure \u00e0 celle de leurs passifs propres. La caract\u00e9ristique de cette troisi\u00e8me source de cr\u00e9ation et de destruction mon\u00e9taires, est que la banque mon\u00e9tise ses d\u00e9penses (pertes) et d\u00e9mon\u00e9tise ses recettes (profits). Ainsi, par exemple, elle cr\u00e9e de la monnaie quand elle verse les salaires de son personnel en cr\u00e9ditant leurs comptes et elle d\u00e9truit de la monnaie lorsqu\u2019elle d\u00e9bite les comptes de ses clients des int\u00e9r\u00eats, agios et autres frais qui lui sont dus. Si les deux premi\u00e8res sources de cr\u00e9ation sont bien connues des sp\u00e9cialistes, il n\u2019en va pas de m\u00eame de la troisi\u00e8me source sur laquelle il r\u00e8gne le silence d\u2019un cimeti\u00e8re\u00a0! En principe, une banque ne peut jamais \u00eatre en rupture de paiement puisqu\u2019elle cr\u00e9e la monnaie (les besoins en monnaie centrale r\u00e9pondent \u00e0 d\u2019autres n\u00e9cessit\u00e9s). Il faut attendre que le ratio de solvabilit\u00e9 soit d\u00e9t\u00e9rior\u00e9 pour qu\u2019une banque soit d\u00e9clar\u00e9e en difficult\u00e9. (Jean Bayard, \u00ab\u00a0macro\u00e9conomie\u00a0\u00bb)<\/p>\n<p>(12) \u2013 Il faut distinguer les banques de d\u00e9p\u00f4t qui cr\u00e9ent la monnaie et les soci\u00e9t\u00e9s et institutions financi\u00e8res qui se bornent \u00e0 la faire circuler, apr\u00e8s l\u2019avoir collect\u00e9e. Les autorit\u00e9s mon\u00e9taires entretiennent pourtant la confusion en regroupant ces deux fonctions sous le m\u00eame vocable \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9tablissement de cr\u00e9dit\u00a0\u00bb (Loi du  24 juillet 1984).<\/p>\n<p>(13) &#8211; Le pouvoir de cr\u00e9ation de monnaie scripturale s\u2019exerce par le fait que les banques de d\u00e9p\u00f4t, \u00e0 l\u2019instar de la Super-banque, ont la facult\u00e9 de \u00ab\u00a0tirer\u00a0\u00bb sur elles-m\u00eames, fait capital dont on ne semble pas ou ne veut pas mesurer toute la port\u00e9e. En termes techniques, \u00ab\u00a0tirer\u00a0\u00bb sur soi veut dire pour une banque qu\u2019elle n\u2019a aucun besoin d\u2019un compte approvisionn\u00e9, comme tout un chacun, pour s\u2019acquitter de ses dettes. (Jean Bayard)<\/p>\n<p>(14) &#8211; Les \u00ab\u00a0fuites\u00a0\u00bb mon\u00e9taires\u00a0: en permanence, la banque doit s\u2019assurer qu\u2019elle poss\u00e8de suffisamment de billets pour faire face aux \u00e9ventuelles demandes de ses clients. Ces demandes sont appel\u00e9es \u00ab\u00a0fuites\u00a0\u00bb. La couverture n\u2019est que partielle, car en g\u00e9n\u00e9ral les clients ne demandent la conversion en esp\u00e8ces que d\u2019une faible partie de leurs avoirs (couverture dite fractionnaire). La banque ne peut obtenir les billets et pi\u00e8ces dont elle a besoin qu\u2019aupr\u00e8s de la Banque centrale.<\/p>\n<p>(15) &#8211; La monnaie scripturale est une monnaie d\u2019\u00e9critures comptables et sa tra\u00e7abilit\u00e9 est garantie par le fait m\u00eame. Chaque transaction est enregistr\u00e9e, comptabilis\u00e9e. Si la banque pr\u00eatait les d\u00e9p\u00f4ts de ses clients, ils dispara\u00eetraient. On cherchera en vain l\u2019\u00e9criture comptable qui constaterait le transfert, il n\u2019y en a pas. On ne peut pas par un acte de foi pr\u00e9tendre que cette monnaie est utilis\u00e9e par les banques. (Jean Bayard)<\/p>\n<p>(16) &#8211; a) En 1971, la Banque de France a \u00e9dit\u00e9 un opuscule d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab\u00a0La Monnaie et la Politique mon\u00e9taire\u00a0\u00bb dans lequel elle pr\u00e9cisait\u00a0: \u00ab\u00a0Les particuliers \u2013 m\u00eame para\u00eet-il certains banquiers \u2013 ont du mal \u00e0 comprendre que les banques aient le pouvoir de cr\u00e9er de la monnaie\u00a0! Pour eux, une banque est un endroit o\u00f9 ils d\u00e9posent de l\u2019argent en compte et c\u2019est ce d\u00e9p\u00f4t qui permettrait \u00e0 la banque de consentir un cr\u00e9dit \u00e0 un autre client. Les d\u00e9p\u00f4ts permettraient les cr\u00e9dits\u00a0\u00bb.  Dans une note plus r\u00e9cente (\u00ab\u00a0Comment la monnaie est cr\u00e9\u00e9e\u00a0\u00bb), la Banque de France a confirm\u00e9 sa position. Dans son bulletin de mars 2014, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Money Creation in the Moderne Economy\u00a0\u00bb la Banque d\u2019Angleterre explique comment les banques ne pr\u00eatent pas les d\u00e9p\u00f4ts qu\u2019elles re\u00e7oivent, mais au contraire, cr\u00e9ent des d\u00e9p\u00f4ts par l\u2019acte de cr\u00e9dit. Tout l\u2019inverse de la s\u00e9quence g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9crite dans les manuels scolaires.<\/p>\n<p>(17) &#8211; Quantitative-Easing\u00a0: Le terme assouplissement quantitatif &#8211; traduction de l\u2019anglais &#8211; d\u00e9signe un type de politique mon\u00e9taire dite \u00ab\u00a0non conventionnelle\u00a0\u00bb consistant pour une banque centrale \u00e0 racheter massivement des titres de dettes aux acteurs financiers, notamment des bons du tr\u00e9sor ou des obligations d\u2019entreprises, et dans certaines circonstances des titres adoss\u00e9s \u00e0 des actifs comme des titres hypoth\u00e9caires. Cette politique a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre par la BCE \u00e0 partir de 2015.<\/p>\n<p>(18) &#8211; Ne croyons pas que seuls ceux qui empruntent payent des int\u00e9r\u00eats, nous en payons tous car les int\u00e9r\u00eats des emprunts n\u00e9cessaires \u00e0 toute activit\u00e9 de production sont r\u00e9percut\u00e9s dans les prix des biens et services que nous achetons. (Margrit Kennedy\u00a0:\u00a0<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Lib\u00e9rer-largent-linflation-taux-dint\u00e9r\u00eats\/dp\/2880581613\" class=\"spip_out\" rel=\"external\">Lib\u00e9rer l\u2019argent de l\u2019inflation et des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats<\/a>)<\/p>\n<p>(19) &#8211; Les fonctions des march\u00e9s financiers\u00a0: a) &#8211; Assurer une ad\u00e9quation optimale entre besoins et capacit\u00e9 de financement, mais aussi b) &#8211; fournir aux agents \u00e9conomiques de l\u2019information et des instruments de protection contre les risques li\u00e9s \u00e0 leurs op\u00e9rations. Les deux grandes cat\u00e9gories d\u2019activit\u00e9s financi\u00e8res sont celles (a) qui consistent \u00e0 pr\u00eater de l\u2019argent ou (b) \u00e0 sp\u00e9culer (anticipation, op\u00e9ration financi\u00e8re ou commerciale fond\u00e9e sur les fluctuations du march\u00e9).<\/p>\n<p>(20) \u2013 Il faut que le financement de la tr\u00e9sorerie \u00ab\u00a0co\u00fbte\u00a0\u00bb quelque chose (sacrifice expiatoire), que le prix soit impos\u00e9 par le march\u00e9, soit juste, n\u00e9cessaire au bon comportement mon\u00e9taire, budg\u00e9taire et financier de l\u2019\u00c9tat. L\u2019\u00c9tat doit se plier aux exigences du march\u00e9, seule voie autoris\u00e9e conform\u00e9ment au courant \u00e9conomique n\u00e9olib\u00e9ral. Le syst\u00e8me de financement administr\u00e9 \u00e9tait assimil\u00e9 par les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de hauts fonctionnaires \u00e0 un \u00ab\u00a0vestige de droit f\u00e9odal\u00a0\u00bb, un dispositif de \u00ab\u00a0vassalisation des banques\u00a0\u00bb par la posture de \u00ab\u00a0seigneur\u00a0\u00bb du Tr\u00e9sor. Les banques sont au-dessus des Etats, elles seraient mieux \u00e0 m\u00eame de d\u00e9fendre l\u2019int\u00e9r\u00eat collectif\u00a0!\u00a0(Benjamin Lemoine, <i>L\u2019ordre de la dette, enqu\u00eate sur les infortunes de l\u2019Etat et la prosp\u00e9rit\u00e9 du march\u00e9<\/i>, La D\u00e9couverte).<\/p>\n<p>(21) \u2013 En constituant la zone euro, les Etats membres ont renonc\u00e9 \u00e0 leur souverainet\u00e9 mon\u00e9taire et ont r\u00e9duit la souverainet\u00e9 budg\u00e9taire \u00e0 une peau de chagrin en imposant des normes strictes en mati\u00e8re de d\u00e9ficit et de dette publics. En bloquant l\u2019acc\u00e8s souverain aux instruments mon\u00e9taires et budg\u00e9taires de la politique macro\u00e9conomique, les Etats se sont eux-m\u00eames contraints \u00e0 ne soutenir leur \u00e9conomie que par la comp\u00e9titivit\u00e9 sur un vaste march\u00e9 de libre-\u00e9change, c\u2019est-\u00e0-dire par des politiques n\u00e9olib\u00e9rales \u00ab\u00a0de l\u2019offre\u00a0\u00bb. (Jacques G\u00e9n\u00e9reux, <i>Quand la connerie \u00e9conomique prend le pouvoir<\/i>, Le Seuil).<\/p>\n<p>(22) \u2013 L\u2019imp\u00f4t sur les soci\u00e9t\u00e9s de 33,3\u00a0% en 2017 est pass\u00e9 \u00e0 25\u00a0% en 2022. La r\u00e9duction de la fiscalit\u00e9 des m\u00e9nages les plus riches \u00e9tait cens\u00e9e stimuler l\u2019investissement priv\u00e9, ce qui ne s\u2019est pas v\u00e9rifi\u00e9 dans les faits. Les concessions fiscales accord\u00e9es aux riches ont cr\u00e9\u00e9 d\u2019un seul coup un surcro\u00eet de dette publique et de rente priv\u00e9e dans le m\u00eame mouvement. Elles ont mis en place un flux de redistribution \u00e0 l\u2019envers. Les riches b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une double r\u00e9compense\u00a0: le cadeau fiscal d\u2019un c\u00f4t\u00e9, le paiement d\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019autre. Le premier leur permet de d\u00e9gager l\u2019\u00e9pargne qui financera la dette. Laquelle a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par le cadeau fiscal lui-m\u00eame (Fr\u00e9d\u00e9ric Lemaire\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Cette dette dont les cr\u00e9anciers raffolent\u00a0\u00bb,<i> Le Monde diplomatique<\/i>, septembre 2021).<\/p>\n<p>(23) &#8211; Sur 20 ans (1996 \u00e0 2015) l\u2019endettement public au sens de Maastricht est pass\u00e9 de 683,6 M d\u2019euros \u00e0 2097,4 M d\u2019euros, soit une augmentation de 1413,8 M d\u2019euros. Dans le m\u00eame temps, l\u2019investissement de patrimoine ou Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) des administrations publiques (Etat et collectivit\u00e9s) s\u2019est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 un total de 1388,8 M d\u2019euros. Ainsi la dette publique a servi \u00e0 financer sur 20 ans un d\u00e9ficit qui correspond presque enti\u00e8rement \u00e0 l\u2019investissement public (97%).<\/p>\n<p>(24) \u2013 Les d\u00e9ficits publics ont surtout explos\u00e9 lors de la crise dite \u00ab\u00a0<i>subprime<\/i>\u00a0\u00bb en 2008-2009, et plus r\u00e9cemment depuis la crise sanitaire toujours en cours qui a oblig\u00e9 l\u2019\u00c9tat \u00e0 des d\u00e9penses massives (tests, vaccination, soutiens \u00e0 l\u2019\u00e9conomie).<\/p>\n<p>(25) &#8211; Il est indispensable de bien assimiler que les principes comptables de base ne s\u2019appliquent pas \u00e0 une Banque centrale qui n\u2019est en rien comparable aux autres banques normales. Elle n\u2019est donc pas tenue de valoriser ses actifs en valeur de march\u00e9. Cela signifie qu\u2019il n\u2019y a pas obligation pour une Banque centrale \u00e0 se recapitaliser comme une autre banque lorsque ses fonds propres baissent en raison des moins-values latentes ou r\u00e9alis\u00e9es sur certains actifs d\u00e9tenus. Rien n\u2019emp\u00eache \u00e9conomiquement et r\u00e9glementairement une Banque centrale de survivre sans aucun fonds propres et avec seulement des dettes. Cela en raison de son statut de pr\u00eateur en dernier ressort. (Jean-Claude Werrebourck &#8211; <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.lacrisedesannees2010.com\" class=\"spip_out\" rel=\"external\">la crise des ann\u00e9es 2010<\/a>).<\/p>\n<p>(26) \u2013 La banque centrale n\u2019a, en r\u00e9alit\u00e9, pas besoin de capital puisqu\u2019elle est seule \u00e9mettrice de la monnaie ayant cours l\u00e9gal. N\u2019y a-t-il alors aucune limite \u00e0 cette extension du bilan d\u2019une banque centrale\u00a0? La r\u00e9ponse est diff\u00e9rente selon que le Tr\u00e9sor public est d\u00e9biteur de la banque centrale de son pays ou non. Dans le cas de l\u2019Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire, la Banque centrale europ\u00e9enne n\u2019est pas la banque centrale d\u2019un pays\u00a0; de ce fait les Tr\u00e9sors publics nationaux peuvent tr\u00e8s bien \u00eatre d\u00e9biteurs vis-\u00e0-vis d\u2019une banque centrale ext\u00e9rieure. C\u2019est bien l\u00e0 la tenaille dans laquelle la construction europ\u00e9enne a enferm\u00e9 les Etats qui se trouvent accul\u00e9s \u00e0 aller chercher des financements sur des march\u00e9s financiers. (Jean-Marie Harribey\u00a0:\u00a0<i>Le trou noir du capitalisme<\/i>, le Bord de l\u2019eau).<\/p>\n<p>(27) &#8211; Une entreprise en faillite peut \u00eatre mise en liquidation, c\u2019est-\u00e0-dire dispara\u00eetre. Un Etat ne dispara\u00eet pas, m\u00eame s\u2019il peut conna\u00eetre des difficult\u00e9s financi\u00e8res.<\/p>\n<p>(28) &#8211; En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est tout l\u2019inverse. La production de marchandises ne cr\u00e9e pas la monnaie\u00a0:\u00a0toute accumulation, tout d\u00e9veloppement \u00e9conomique, qu\u2019il soit capitaliste, socialiste ou \u00e9cologiste ne change rien, n\u00e9cessite un investissement macro\u00e9conomique net et donc une cr\u00e9ation de monnaie (une avance). Or, la monnaie \u2013 mais pas la valeur\u00a0\u2013\u00a0est n\u00e9cessairement cr\u00e9\u00e9e par les institutions de nature bancaire (peu importe ici pour le raisonnement qu\u2019elles soient priv\u00e9es ou publiques, ou qu\u2019elles exigent un taux d\u2019int\u00e9r\u00eat ou pas). Cette cr\u00e9ation intervient pour lancer un processus productif, elle ne r\u00e9sulte donc pas de celui-ci. La monnaie n\u2019est ainsi pas cr\u00e9\u00e9e \u00ab\u00a0par la m\u00e9diation de la marchandise\u00a0\u00bb  mais pour pouvoir r\u00e9aliser mon\u00e9tairement la valeur de la marchandise. C\u2019est donc une erreur factuelle que de dire\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0la monnaie n\u2019est cr\u00e9\u00e9e qu\u2019\u00e0 l\u2019occasion du prix attribu\u00e9 aux marchandises des entreprises capitalistes\u00a0\u00bb. Erreur qui en entra\u00eene une autre implicite\u00a0:\u00a0celle de ne pas voir que l\u2019anticipation des besoins sociaux croissants n\u00e9cessiterait une cr\u00e9ation de monnaie pour les satisfaire. Les concepteurs et r\u00e9dacteurs des trait\u00e9s europ\u00e9ens interdisant le financement mon\u00e9taire des investissements publics par la banque centrale, eux, l\u2019ont bien compris\u00a0! \u00ab\u00a0(Jean-Marie Harribey, \u00e0 propos du livre de Bernard Friot <i>Le travail, enjeu des retraites<\/i> sur le site d\u2019Attac).<\/p>\n<p>(29) &#8211; La d\u00e9r\u00e9glementation financi\u00e8re a provoqu\u00e9 un brouillard d\u2019informations contradictoires (les prix de march\u00e9s financiers) qui s\u00e8ment une \u00e9norme confusion sur les tendances \u00e9conomiques lourdes, et paralysent aussi bien les investissements de long terme que la d\u00e9cision politique. En ce sens-l\u00e0, l\u2019exp\u00e9rience de la d\u00e9r\u00e9glementation nous a plong\u00e9 dans un monde \u201ccomplexe\u201d, au sens de confus. Mais ce n\u2019est nullement irr\u00e9versible, et c\u2019est une raison suppl\u00e9mentaire pour ne pas faire d\u00e9pendre notre prosp\u00e9rit\u00e9 des march\u00e9s financiers. (Ga\u00ebl Giraud)<\/p>\n<p>(30) \u2013 Dans son livre <i>Capital Rules\u00a0: The construction of Global Finance<\/i>, Rawi Abdelal montre que ce sont bien, en mati\u00e8re financi\u00e8re, des d\u00e9cisions politiques qui ont permis de lib\u00e9rer les mouvements de capitaux. Ces \u00e9v\u00e9nements majeurs de notre \u00e9poque ne sont pas le fruit d\u2019un mouvement naturel s\u2019imposant avec la puissance de l\u2019\u00e9vidence. Ils r\u00e9sultent de choix politiques conscients. Sans des gouvernements, sans des autorit\u00e9s publiques d\u00e9tentrices du droit de promulguer des lois, la finance n\u2019aurait pas pu se lib\u00e9raliser. Par ailleurs, Rawi Abdelal d\u00e9fend la th\u00e8se que les socialistes fran\u00e7ais ont jou\u00e9 un r\u00f4le pionnier et directeur dans la \u00ab\u00a0lib\u00e9ralisation\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9conomie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale.<\/p>\n<p>(31) \u2013 Id\u00e9ale \u00e9ponge \u00e0 devises permettant que le vase de l\u2019\u00e9pargne ne d\u00e9borde pas, la dette publique a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans l\u2019extension des march\u00e9s financiers \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980. A partir des ann\u00e9es 2000, la dette publique a \u00e9galement constitu\u00e9 l\u2019adjuvant indispensable \u00e0 l\u2019essor des march\u00e9s financiers. Elle facilite, au cours de cette p\u00e9riode, la g\u00e9n\u00e9ralisation d\u2019un mod\u00e8le bancaire \u00ab\u00a0de march\u00e9\u00a0\u00bb distinct de son anc\u00eatre, fond\u00e9 sur le cr\u00e9dit. (Fr\u00e9d\u00e9ric Lemaire \u00ab\u00a0Cette dette dont les cr\u00e9anciers raffolent\u00a0\u00bb, <i>Le Monde diplomatique<\/i>, septembre 2020)<\/p>\n<p>(32) &#8211; Toutes les d\u00e9rives de la finance ont pour origine la cr\u00e9ation ex-nihilo des moyens de paiement priv\u00e9s qui accaparent la plan\u00e8te. La privatisation du pouvoir mon\u00e9taire, bien que r\u00e9sultant de la volont\u00e9 des Etats porte en elle-m\u00eame dans un effet de r\u00e9troaction, la destruction de la souverainet\u00e9 de ces m\u00eames Etats, et par voie de cons\u00e9quence, du bien-\u00eatre des populations.<\/p>\n<p>(33) \u2013 <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/institut-rousseau.fr\/une-finance-aux-ordres-comment-le-pouvoir-chinois-met-le-secteur-financier-au-service-de-ses-ambitions\/\" class=\"spip_out\" rel=\"external\">Une finance aux ordres\u00a0: comment le pouvoir chinois met le secteur financier au service de ses ambitions<\/a>, (Nathan Sperber, Institut Rousseau).<\/p>\n<p>(34) &#8211; \u00ab\u00a0La chine contr\u00f4le v\u00e9ritablement la finance comme un service public. La cr\u00e9ation mon\u00e9taire et le cr\u00e9dit sont g\u00e9r\u00e9s par la Banque populaire de Chine, qui cr\u00e9e du cr\u00e9dit \u00e0 des fins d\u2019investissement direct en capital tangible pour accro\u00eetre la production et financer des investissements qui am\u00e9lioreront le niveau de vie, et non pour g\u00e9n\u00e9rer des profits financiers\u201d. (Michael Hudson)<\/p>\n<p>Mise \u00e0 jour mai 2022<\/p>\n<\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/www.legrandsoir.info\/pouvoir-monetaire-et-dette-publique.html\" target=\"_blank\"\">Source link <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En tant que simple citoyen, il y a longtemps d\u00e9j\u00e0 que j&rsquo;ai cherch\u00e9 \u00e0 comprendre comment la finance avait impos\u00e9 son emprise sur les Etats eux-m\u00eames. J&rsquo;ai d\u00e9couvert, en m&rsquo;informant&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":16727,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-16726","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16726","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16726"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16726\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16727"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16726"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16726"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16726"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}