{"id":20250,"date":"2025-12-01T08:39:42","date_gmt":"2025-12-01T07:39:42","guid":{"rendered":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2025\/12\/01\/nouvelles-reflexions-autour-du-concept-de-biopouvoir\/"},"modified":"2025-12-01T08:39:42","modified_gmt":"2025-12-01T07:39:42","slug":"nouvelles-reflexions-autour-du-concept-de-biopouvoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2025\/12\/01\/nouvelles-reflexions-autour-du-concept-de-biopouvoir\/","title":{"rendered":"Nouvelles r\u00e9flexions autour du concept de biopouvoir"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<ol class=\"campaign-loop campaign-list\">\n<li id=\"campaign-482494\" class=\"post-482494 campaign type-campaign status-publish hentry campaign-has-goal campaign-has-not-achieved-goal campaign-has-end-date campaign-has-not-ended\">\n\t<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/reseauinternational.net\/campaigns\/campagne-de-dons-septembre-octobre-2025\/\"><\/p>\n<h3>Soutenez-nous<\/h3>\n<p>\t\t\t<\/a><\/p>\n<p>\n\tVotre soutien nous est indispensable pour continuer \u00e0 vous fournir le meilleur de l\u2019information internationale alternative. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 vos dons que nous pourrons maintenir le cap pour une information plurielle et r\u00e9ellement alternative. Nous comptons sur vous.<\/p>\n<p>\n<span class=\"amount\">21 193,00\u00a0\u20ac<\/span> de l\u2019objectif de <span class=\"goal-amount\">25 000,00\u00a0\u20ac<\/span> atteint<\/p>\n<\/li>\n<\/ol>\n<p>Aujourd\u2019hui, c\u2019est le Docteur Laurent Vercoustre qui se charge de nous faire r\u00e9fl\u00e9chir autour d\u2019une id\u00e9e pas si neuve, l\u2019utilisation de la vie pour g\u00e9rer les affaires de la cit\u00e9. Apr\u00e8s H\u00e9l\u00e8ne Banoun en 2023 (*), voici venir les r\u00e9flexions d\u2019un grand gyn\u00e9cologue \u00e0 la plume aussi alerte qu\u2019entra\u00een\u00e9e (**). Au final les nouvelles n\u2019en sont peut \u00eatre pas plus r\u00e9jouissantes : biopouvoir et discipline, encore et toujours\u2026 Bonne lecture.<\/p>\n<h5 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">*<\/h5>\n<p>par <strong>Docteur Laurent Vercoustre<\/strong><\/p>\n<p>Le biopouvoir selon Michel Foucault<\/p>\n<p>Michel Foucault, d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e de son cours du 17 mars 1976 (dernier cours de l\u2019ann\u00e9e universitaire), \u00e9labore le concept de biopouvoir et le d\u00e9finit comme \u00abla prise en compte de la vie par le pouvoir\u00bb, voire m\u00eame comme \u00abune \u00e9tatisation du biologique\u00bb. Pouvoir dont il situe la naissance \u00e0 la seconde partie du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. C\u2019est en effet \u00e0 cette \u00e9poque que les \u00c9tats dans toute l\u2019Europe commencent \u00e0 prendre conscience que leur puissance d\u00e9pend de leur population, de sa bonne sant\u00e9, de sa force de travail. \u00c0 l\u2019appui de sa th\u00e8se, Foucault rapporte deux citations : celle d\u2019un certain Turmeau de la Morandi\u00e8re qui \u00e9crit en 1763 : \u00ab<em>Il faut multiplier les sujets et les bestiaux<\/em>\u00bb, et\u00a0 celle du citoyen Moheau qui proclame en 1778 : \u00ab<em>La population\u00a0 est le plus pr\u00e9cieux tr\u00e9sor du souverain. Sous l\u2019aspect financier, l\u2019homme est le principe de toute richesse ; c\u2019est un \u00e9l\u00e9ment, une mati\u00e8re premi\u00e8re propre \u00e0 ouvrager toutes les autres et qui, amalgam\u00e9e avec elles, leur donne une valeur et la re\u00e7oit d\u2019elle<\/em>\u00bb. Avant d\u2019\u00e9laborer ce concept de biopouvoir, Foucault avait d\u00e9crit une autre forme de pouvoir : le pouvoir disciplinaire. Il va r\u00e9unir ces deux formes, d\u00e9finissant ainsi le biopouvoir comme un pouvoir \u00e0 double face : discipline des individus et contr\u00f4le des populations.<\/p>\n<p>Examinons d\u2019abord le pouvoir disciplinaire. L\u2019objet du pouvoir disciplinaire, c\u2019est le corps, le corps qui devient le corps-machine. \u00c0 ce corps on va imposer des comportements, des rythmes de travail. Le pouvoir disciplinaire se manifeste au moment de la premi\u00e8re r\u00e9volution industrielle dans les ateliers, dans les fabriques. Dans les fabriques du XVII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, le savoir se transmettait d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre et on ne se pr\u00e9occupait pas du mode de production, ni du temps imparti \u00e0 la fabrication ; ce qui importait \u00e9tait simplement la qualit\u00e9 du produit fini. \u00c0 partir du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, on commence \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux gestes, \u00e0 leur s\u00e9quence, \u00e0 leur rapidit\u00e9, \u00e0 leur efficacit\u00e9. C\u2019est ainsi qu\u2019appara\u00eet dans les fabriques le sinistre personnage du contrema\u00eetre qui est charg\u00e9 non plus seulement de contr\u00f4ler si l\u2019on fait le travail, mais aussi de l\u2019organiser pour le r\u00e9aliser plus rapidement, avec des gestes mieux adapt\u00e9s. Le pouvoir disciplinaire se d\u00e9ploie aussi sous d\u2019autres formes, dans les h\u00f4pitaux, dans l\u2019arm\u00e9e, dans les \u00e9coles. Dans les h\u00f4pitaux il s\u00e9vit avec une rigueur comparable \u00e0 celle de l\u2019arm\u00e9e. Il faut se repr\u00e9senter une \u00e9cole au XVII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Les \u00e9l\u00e8ves forment une horde, ils sont appel\u00e9s les uns apr\u00e8s les autres aupr\u00e8s du professeur qui dispense \u00e0 chacun un cours de quelques minutes ; puis l\u2019\u00e9l\u00e8ve rejoint le groupe indiff\u00e9renci\u00e9. L\u2019enseignement collectif suppose une r\u00e9partition spatiale r\u00e9guli\u00e8re des \u00e9l\u00e8ves. Les techniques disciplinaires ont d\u2019abord consist\u00e9 en un art de la r\u00e9partition spatiale des individus. Le pouvoir disciplinaire fabrique des normes. Et ce sont ces normes qu\u2019il faut s\u2019efforcer de r\u00e9aliser. Elles d\u00e9finissent un mod\u00e8le auquel l\u2019individu doit se conformer. Les individus dits normaux sont ceux qui r\u00e9alisent la norme, et les anormaux ceux qui n\u2019y parviennent pas. La norme est un mod\u00e8le, et le normal correspond \u00e0 la r\u00e9alisation av\u00e9r\u00e9e de ce mod\u00e8le.<\/p>\n<p>Quelle est la finalit\u00e9 du pouvoir disciplinaire ? Elle se r\u00e9sume \u00e0 une phrase : elle vise \u00e0 l\u2019extorsion des forces de travail et \u00e0 leur maximalisation en vue d\u2019une production. C\u2019est la psychiatrie qui va faire communiquer la norme du pouvoir disciplinaire et la norme biologique. En effet, \u00e0 partir de la fin du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, les troubles du comportement sont rapport\u00e9s \u00e0 une anomalie psychique relevant de la m\u00e9decine. De ce fait, tous les \u00e9carts comportementaux, aussi minimes soient-ils, vont \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme l\u2019expression d\u2019une pathologie. D\u2019o\u00f9 un glissement, dans le sens o\u00f9 le pouvoir disciplinaire, \u00e0 partir de la fin du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle et du d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un horizon th\u00e9orique qui est moins celui du droit que celui de la m\u00e9decine. Le droit prend maintenant appui sur la m\u00e9decine.\u00a0 Ce qui fait dire \u00e0 Foucault : \u00ab<em>Nous devenons une soci\u00e9t\u00e9 essentiellement articul\u00e9e sur la norme<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>\u00a0La biopolitique appara\u00eet post\u00e9rieurement au pouvoir disciplinaire tant dans la pens\u00e9e de Foucault que dans la chronologie historique. Foucault a vite compris les limites du pouvoir disciplinaire, qui ne pouvait pas rendre compte d\u2019un certain nombre de ph\u00e9nom\u00e8nes. D\u2019abord, la discipline s\u2019adresse toujours \u00e0 quelqu\u2019un, elle fait pr\u00e9valoir le r\u00e8gne de l\u2019un. Ensuite, le pouvoir disciplinaire ne prend pas en compte le r\u00f4le de l\u2019\u00c9tat. Le pouvoir disciplinaire se d\u00e9compose en r\u00e9alit\u00e9 en une multitude de micro-pouvoirs diss\u00e9min\u00e9s dans diff\u00e9rentes corporations : l\u2019arm\u00e9e, l\u2019atelier, l\u2019\u00e9cole, l\u2019h\u00f4pital.\u00a0Comment concevoir un pouvoir qui serait aux mains de l\u2019\u00c9tat et qui s\u2019exercerait non pas sur un individu en particulier, mais sur un ensemble d\u2019individus ? Voil\u00e0 pourquoi Foucault \u00a0va concevoir un autre forme de pouvoir, le biopouvoir.\u00a0Le pouvoir disciplinaire, avec les strat\u00e9gies de surveillance et de dressage du corps individuel, appara\u00eet \u00e0 l\u2019\u00e2ge classique. Le biopouvoir, le pouvoir sur la vie, ne se manifeste qu\u2019\u00e0 la fin du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Son \u00e9mergence suppose une mutation \u00e9pist\u00e9mologique fondamentale, l\u2019apparition du concept de la vie. L\u2019\u00e8re de la biopolitique commence donc au seuil du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>L\u2019objet de ce pouvoir n\u2019est plus l\u2019individu mais la population.\u00a0 Foucault dans ce fameux cours du 17 mars 1976 avait \u00e9nonc\u00e9 une vision synth\u00e9tique de ces deux formes de pouvoir : \u00ab<em>Les disciplines avaient affaire \u00e0 l\u2019individu et \u00e0 son corps\u2026 La biopolitique a affaire \u00e0 la population<\/em>.\u00bb. Et il ajoute : \u00ab<em>Il ne s\u2019agit absolument pas de se brancher sur le corps individuel, comme le fait la discipline [\u2026]. [Il s\u2019agit] de prendre en compte la vie, les processus biologiques de l\u2019homme-esp\u00e8ce<\/em>\u00bb. Il est question cette fois d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des populations, qui deviennent au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, comme nous l\u2019avons dit plus haut, le principe m\u00eame du pouvoir du souverain ; pouvoir d\u2019autant plus fort que la population sur laquelle il s\u2019exerce est nombreuse et t\u00e9moigne d\u2019une vitalit\u00e9 productive.\u00a0Cette prise de conscience est contemporaine, nous dit Foucault, d\u2019une diss\u00e9mination massive du mot population observ\u00e9e par les historiens entre 1753 et 1756. La population se pr\u00e9sente d\u00e9sormais, \u00e0 travers de nouvelles sciences comme la d\u00e9mographie, \u00e0 la fois comme un ph\u00e9nom\u00e8ne naturel et comme un objet scientifique connaissable.<\/p>\n<p>Comment se manifeste le biopouvoir ? Le biopouvoir est un pouvoir qui op\u00e8re en prenant appui sur la vie. C\u2019est un pouvoir qui utilise la logique du vivant pour l\u2019infl\u00e9chir, pour la r\u00e9guler. Sa fonction est d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des populations. C\u2019est pourquoi Foucault donne un nouveau nom \u00e0 ce pouvoir sur la vie : \u00able dispositif de s\u00e9curit\u00e9\u00bb, qu\u2019il individualise ainsi par rapport au dispositif disciplinaire. \u00ab<em>Le dispositif de s\u00e9curit\u00e9 adopte donc la dynamique immanente de la vie. Il a essentiellement la fonction de r\u00e9pondre \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 ce que cette r\u00e9ponse annule cette r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 laquelle elle r\u00e9pond ; l\u2019annule, ou la limite, ou la freine, ou la r\u00e8gle<\/em>\u00bb. Foucault prend pour mod\u00e8le type de la normalisation biopolitique l\u2019inoculation de la variole. Le probl\u00e8me pos\u00e9 par la variole et les pratiques d\u2019inoculation \u00e0 partir du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0illustre ce nouveau mode de pouvoir. Le taux de mortalit\u00e9 par la variole \u00e9tait de 1 sur 8, et tout enfant qui naissait avait deux chances sur trois d\u2019attraper la variole. La variole repr\u00e9sentait donc, \u00e0 cette \u00e9poque, un ph\u00e9nom\u00e8ne largement end\u00e9mique \u00e0 forte mortalit\u00e9. Le pouvoir disciplinaire ne peut pas jouer ici, m\u00eame si la discipline est appel\u00e9e \u00e0 la rescousse. Le probl\u00e8me pos\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9tat est de savoir combien de personnes sont atteintes par la variole, \u00e0 quel \u00e2ge, avec quelle mortalit\u00e9, quels risques on prend \u00e0 se faire inoculer, quelle est la probabilit\u00e9 selon laquelle un individu risquera de mourir de variole malgr\u00e9 l\u2019inoculation, quels sont enfin les r\u00e9sultats statistiques sur l\u2019ensemble de la population. Le pouvoir ne s\u2019exerce pas ici sur le mode de l\u2019interdit ou de l\u2019exclusion. Il op\u00e8re en prenant appui sur un ph\u00e9nom\u00e8ne pour l\u2019att\u00e9nuer. Par ailleurs, Foucault souligne que la pratique de la variolisation \u00e9tait impensable dans les termes de la rationalit\u00e9 scientifique de notre \u00e9poque. C\u2019\u00e9tait une pure donn\u00e9e, proc\u00e9dant de l\u2019empirisme le plus d\u00e9pouill\u00e9. Il faudra attendre Pasteur pour donner une explication rationnelle \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p>La fonction de la biopolitique est de faire cro\u00eetre la vie, et plus concr\u00e8tement de jouer sur les facteurs de natalit\u00e9, de mortalit\u00e9, de long\u00e9vit\u00e9. L\u2019\u00c9tat met donc en place des processus de surveillance, de secours, d\u2019aide financi\u00e8re, d\u2019incitation, d\u2019hygi\u00e8ne, afin d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des populations. La m\u00e9dicalisation de la vie humaine est donc la cons\u00e9quence majeure de la biopolitique. Ainsi, pour Foucault, \u00ab<em>le corps est une r\u00e9alit\u00e9 biopolitique ; la m\u00e9decine est une strat\u00e9gie biopolitique<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>La norme produite par la biopolitique s\u2019oppose radicalement \u00e0 celle fabriqu\u00e9e par le pouvoir disciplinaire. Dans les disciplines, on partait d\u2019une norme et c\u2019est par rapport \u00e0 ce dressage effectu\u00e9 par la norme qu\u2019on pouvait ensuite distinguer le normal de l\u2019anormal. Dans le dispositif de s\u00e9curit\u00e9 au contraire, la normalit\u00e9 biopolitique d\u00e9rive d\u2019une observation de faits exp\u00e9rimentaux. C\u2019est en partant d\u2019une donn\u00e9e empirique que l\u2019on cherche \u00e0 am\u00e9liorer la distribution de la normalit\u00e9.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la finalit\u00e9 de la biopolitique, elle est, comme le pouvoir disciplinaire, li\u00e9e \u00e0 la production \u00e9conomique. Le biopouvoir parach\u00e8ve le disciplinaire. Le pouvoir disciplinaire, en intensifiant les performances du corps-machine, risque de l\u2019\u00e9puiser. La biopolitique s\u2019attache \u00e0 donc \u00e0 optimiser cette force en cherchant \u00e0 valoriser la vie. Son r\u00f4le est d\u2019\u00e9carter au maximum le p\u00e9ril de la mort cons\u00e9cutif au jeu disciplinaire.<\/p>\n<p>Voici comment Foucault r\u00e9sume sa th\u00e9orie du biopouvoir : \u00ab<em>Les disciplines du corps et les r\u00e9gulations de la population constituent les deux p\u00f4les autour desquels s\u2019est d\u00e9ploy\u00e9e l\u2019organisation du pouvoir sur la vie. La mise en place de cette grande technologie \u00e0 double face \u2014disciplinaire et biologique, tourn\u00e9e vers les performances du corps et regardant vers les processus de la vie \u2014caract\u00e9rise un pouvoir dont la plus haute fonction d\u00e9sormais n\u2019est peut-\u00eatre plus de tuer mais d\u2019investir la vie de part en part<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Cette nouvelle configuration du pouvoir va avoir une incidence sur l\u2019\u00e9conomie\u00a0 en favorisant le d\u00e9veloppement du capitalisme. Elle marque une rupture avec le pr\u00e9c\u00e9dent pouvoir qui fonctionnait selon le mod\u00e8le de la souverainet\u00e9. Le mod\u00e8le de la souverainet\u00e9, c\u2019est le mod\u00e8le du roi. Ce mod\u00e8le du roi ne doit pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 seulement comme l\u2019expression d\u2019un pouvoir absolu ou despotique. Ce serait oublier, nous dit Foucault, \u00ab<em>que les monarchies occidentales se sont \u00e9difi\u00e9es comme des syst\u00e8mes de droit, se sont r\u00e9fl\u00e9chies \u00e0 travers des th\u00e9ories de droit et ont fait fonctionner leurs m\u00e9canismes de pouvoir dans la forme du droit<\/em>.\u00bb C\u2019est \u00e0 cette id\u00e9e du pouvoir que nous nous r\u00e9f\u00e9rons habituellement, celle d\u2019un pouvoir qui s\u2019exprime sur un mode juridique, c\u2019est \u00e0 dire sur le mode du licite et de l\u2019illicite ; un pouvoir enti\u00e8rement articul\u00e9 au droit. Foucault nous invite \u00e0 nous \u00ab<em>d\u00e9faire d\u2019une repr\u00e9sentation juridique et n\u00e9gative du pouvoir. Renon\u00e7ons \u00e0 penser le pouvoir en termes de loi, d\u2019interdit, de libert\u00e9, et de souverainet\u00e9<\/em>\u00bb. Il existe une nouvelle forme de pouvoir qui se distingue radicalement du mod\u00e8le de la souverainet\u00e9 et qui consiste en une prise en charge des forces m\u00eames de la vie. Dans le mod\u00e8le de la souverainet\u00e9,\u00a0 le souverain avait droit de vie et de mort sur ses sujets. Il avait entre ses mains le pouvoir de faire mourir\u00a0ou\u00a0de laisser vivre. Foucault oppose ce pouvoir \u00e0 celui de la biopolitique, qui est ordonn\u00e9e \u00e0 la norme de \u00abfaire vivre\u00a0et\u00a0laisser mourir\u00bb, selon un calcul gouvernemental o\u00f9 le \u00ablaisser mourir\u00bb n\u2019est pas l\u2019envers mais la condition du \u00abfaire vivre\u00bb, d\u2019un faire vivre optimis\u00e9.<\/p>\n<p>Le biopouvoir est un pouvoir qui prend appui sur la vie, qui imite le vivant. Mais qu\u2019est-ce que le vivant ? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question je ferai appel au philosophe Georges Canguilhem. Canguilhem se signale comme le philosophe qui a port\u00e9 \u00e0 son plus haut degr\u00e9 la r\u00e9flexion sur le ph\u00e9nom\u00e8ne de la vie. Canguilhem ne soutient pas une possibilit\u00e9 d\u2019objectivation de la vie. Il se range au contraire r\u00e9solument du c\u00f4t\u00e9 du vitalisme. Pour lui le vitalisme est irr\u00e9futable. Qu\u2019est-ce que le vitalisme ? C\u2019est cette conviction qui affirme que la vie a un fonctionnement sp\u00e9cifique qui \u00e9chappe \u00e0 notre compr\u00e9hension.\u00a0Il nous faut admettre que plus les sciences exp\u00e9rimentales d\u00e9montent les m\u00e9canismes du vivant, moins ce vivant est pensable. On peut reproduire en laboratoire les conditions originaires de la vie et fabriquer quelques acides amin\u00e9s ; on ne comprendra jamais comment on est pass\u00e9 de la \u00absoupe primordiale\u00bb, \u00e0 la biodiversit\u00e9 que nous connaissons et au milieu de laquelle l\u2019homme occupe une place si singuli\u00e8re. Il \u00e9tait plus facile aux Anciens de penser la vie. L\u2019id\u00e9e d\u2019un commencement, d\u2019une gen\u00e8se, d\u2019une histoire de la vie est \u00e9trang\u00e8re \u00e0 l\u2019Antiquit\u00e9. Pour les Anciens, le monde \u00e9tait ce qu\u2019il avait toujours \u00e9t\u00e9, un cosmos immuable.<\/p>\n<p>Canguilhem, m\u00eame s\u2019il reconnait en tant que vitaliste que toute compr\u00e9hension du ph\u00e9nom\u00e8ne de la vie nous \u00e9chappera toujours, va s\u2019attacher \u00e0 nous montrer la dynamique de cette vie. Il formule son vitalisme comme\u00a0la \u00ab<em>confiance [\u2026] dans la vitalit\u00e9 de la vie<\/em>\u00bb et \u00ab<em>la m\u00e9fiance permanente de la vie devant la m\u00e9canisation de la vie<\/em>\u00bb. Pour lui, la vie a une double polarit\u00e9 :<\/p>\n<p>\u2013 une polarit\u00e9 normalisatrice, qui consiste en sa capacit\u00e9 \u00e0 imposer \u00e0 l\u2019environnement ou \u00e0 n\u00e9gocier avec lui les conditions de sa propre existence : \u00ab<em>Vivre, c\u2019est valoriser les objets et les circonstances de son exp\u00e9rience, c\u2019est pr\u00e9f\u00e9rer et exclure des moyens, des situations, des mouvements. La vie, c\u2019est le contraire d\u2019une indiff\u00e9rence au milieu<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>\u2013 Au contraire, la maladie est la perte de cette capacit\u00e9 normalisatrice ; elle nous condamne \u00e0 un \u00e9tat o\u00f9 l\u2019on ne r\u00e9ussit pas \u00e0 affronter \u00abl\u2019infid\u00e9lit\u00e9 du milieu\u00bb. Canguilhem d\u00e9finit la vie comme une activit\u00e9 orient\u00e9e vers des valeurs vitales, c\u2019est \u00e0 dire programm\u00e9e pour supprimer les valeurs n\u00e9gatives \u2013 la maladie, la monstruosit\u00e9, la mort \u2013 qui la menacent en permanence. La vie est produite par le processus vital lui-m\u00eame et non pas impos\u00e9e de l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>On ne retient en g\u00e9n\u00e9ral de la pens\u00e9e de Canguilhem que cette id\u00e9e d\u2019une vie autor\u00e9gulatrice, capable d\u2019autocorrection, d\u2019une vie qui affirme sa norme vis-\u00e0-vis de l\u2019environnement. C\u2019est plus tard dans son \u0153uvre que Canguilhem va reformuler sa conception de la vie et donner toute la profondeur \u00e0 sa pens\u00e9e en introduisant le concept d\u2019erreur. Il va montrer que la vie se caract\u00e9rise autant et peut-\u00eatre plus par sa capacit\u00e9 \u00e0 se tromper que par sa capacit\u00e9 normalisatrice. Il attribue d\u2019abord \u00e0 l\u2019erreur une fonction \u00e9pist\u00e9mologique : la connaissance de la vie est uniquement possible gr\u00e2ce aux erreurs de la vie. C\u2019est le pathologique qui nous permet de conna\u00eetre le normal. Canguilhem reformule son vitalisme en reconnaissant la productivit\u00e9 normative de l\u2019erreur. \u00c0 la limite, la vie est ce qui est capable d\u2019erreur. Double polarit\u00e9 de la vie donc, \u00a0par sa capacit\u00e9 normalisatrice et par sa capacit\u00e9 \u00e0 l\u2019erreur. Dans son article \u00abVie\u00bb publi\u00e9 dans l\u2019Encyclop\u00e9die en 1973, il \u00e9crit que \u00ab<em>la valeur de la vie, la vie comme valeur\u00bb s\u2019enracine \u00abdans la connaissance de son essentielle pr\u00e9carit\u00e9\u00bb. <\/em>Si elle n\u2019\u00e9tait que capacit\u00e9 d\u2019autor\u00e9gulation et d\u2019autocorrection, si elle n\u2019\u00e9tait qu\u2019organique, la vie serait pathologique, pour le dire comme Canguilhem. Elle serait strictement conservatrice et finalement d\u00e9p\u00e9rirait. Par cons\u00e9quent; la vie ne s\u2019arr\u00eate pas sur un \u00e9tat d\u2019\u00e9quilibre, mais elle met sans cesse cet \u00e9tat d\u2019\u00e9quilibre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve et le d\u00e9passe. La vie normale est la vie normative, c\u2019est \u00e0 dire la vie qui ne se contente pas d\u2019une norme donn\u00e9e qu\u2019elle impose \u00e0 son milieu, mais qui la remet constamment en question et cr\u00e9e ses propres normes. Sa normativit\u00e9 consiste <em>\u00e0 \u00abfaire craquer les normes\u00bb. Le vitalisme de Canguilhem est habit\u00e9 par une double logique : une logique de pr\u00e9carit\u00e9 et d\u2019autocorrection. Ce n\u2019est pas tout. La logique du vivant impose que la pr\u00e9carit\u00e9 exc\u00e8de la tendance auto-correctrice, c\u2019est \u00e0 dire que \u00abla normalit\u00e9 hom\u00e9ostatique de l\u2019organisme\u00a0 n\u2019existe que par les \u00e9carts normatifs de ce m\u00eame organisme<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, m\u00eame si l\u2019on peut \u00e9mettre des id\u00e9es sur une certaine logique du vivant, la vie, l\u2019essence de la vie, la vie comme ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9passera toujours la pens\u00e9e humaine. Alors, laissons l\u2019\u00e9crivain ou le po\u00e8te exprimer le myst\u00e8re de la vie. Ainsi Maupassant d\u00e9crivant les sensations qu\u2019il \u00e9prouve \u00e0 l\u2019aube, alors qu\u2019il \u00e9tait venu chasser en Normandie : \u00ab<em>L\u2019air est plein de fra\u00eecheur, de frissons myst\u00e9rieux. [\u2026] On aspire, on boit la vie qui rena\u00eet, la vie mat\u00e9rielle du monde, la vie qui parcourt les astres et dont le secret est notre immense tourment<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Il reste pourtant que le savoir acquis par les sciences de la vie procure \u00e0 l\u2019homme un certain pouvoir sur cette vie m\u00eame. Avec les d\u00e9couvertes de la g\u00e9n\u00e9tique, l\u2019homme est un peu devenu architecte de la vie. Nos soci\u00e9t\u00e9s sont continuellement confront\u00e9es \u00e0 ce nouveau pouvoir. Le g\u00e9nie g\u00e9n\u00e9tique, le diagnostic pr\u00e9implantatoire, les possibilit\u00e9s du clonage bousculent les r\u00e8gles de la vie sociale.<\/p>\n<p>Revenons maintenant \u00e0 Foucault. Pour Foucault, les techniques du pouvoir imitent la dynamique propre \u00e0 la vie, c\u2019est \u00e0 dire sa polarit\u00e9 entre le maintien et la transgression de l\u2019\u00e9quilibre vital. Ce pouvoir vise la vie comme objet mais \u00e9galement comme mod\u00e8le de fonctionnement. Le fonctionnement des techniques biopolitiques (ou dispositifs de s\u00e9curit\u00e9) suit donc une logique du vivant : il laisse libre cours aux ph\u00e9nom\u00e8nes vitaux mais se greffe sur leur dynamique. Les techniques de biopouvoir adoptent la dynamique immanente de la vie, et travaillent en m\u00eame temps \u00e0 amener cette vie vers des normes s\u00e9curitaires. Les techniques biopolitiques cr\u00e9ent les conditions favorables pour que la population puisse maintenir son \u00e9quilibre int\u00e9rieur. Mais elles ne se limitent pas au maintien de l\u2019hom\u00e9ostasie, elles prennent en compte la dynamique transgressive de la vie en encourageant l\u2019auto-d\u00e9passement de la vie m\u00eame. Ainsi, le dispositif de s\u00e9curit\u00e9 est capable de cr\u00e9er et de modifier ses normes. Sa normativit\u00e9 consiste \u00e0 pathologiser la vie afin de la rendre gouvernable. Les techniques biopolitiques partagent donc une double relation avec les ph\u00e9nom\u00e8nes vitaux, qu\u2019ils gouvernent et dont ils imitent la dynamique propre en la transposant aux normes sociales comme si elles \u00e9taient vitales.<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9crit un pouvoir omnipr\u00e9sent, le biopouvoir. La sant\u00e9 n\u2019est pas une pr\u00e9occupation annexe des \u00c9tats occidentaux. Elle repr\u00e9sente une force qui structure le tissu social, force dont l\u2019objectif est de procurer aux individus une pl\u00e9nitude de sant\u00e9, comme en t\u00e9moignent toutes les proclamations internationales. Pour Foucault, la biopolitique repr\u00e9sente une modalit\u00e9 de pouvoir consubstantielle aux \u00c9tats : \u00ab<em>L\u2019homme, pendant des mill\u00e9naires, est rest\u00e9 ce qu\u2019il \u00e9tait pour Aristote : un animal vivant et de plus capable d\u2019une existence politique. L\u2019homme moderne est un animal dans la politique duquel sa vie d\u2019\u00eatre vivant est en question<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc pr\u00e9sent\u00e9 dans toutes ses arcanes le concept de biopouvoir, pilier de la pens\u00e9e de Michel Foucault. On ne peut malheureusement pas en rester l\u00e0. Il nous faut en effet pr\u00e9senter un autre regard sur ce biopouvoir, et tout particuli\u00e8rement celui de la biologiste H\u00e9l\u00e8ne Banoun. Celle-ci op\u00e8re en effet une r\u00e9volution conceptuelle majeure qui vient fragiliser pour ne pas dire faire voler en \u00e9clats la pens\u00e9e foucaldienne. A ce biopouvoir d\u00e9crit par Foucault comme une positivit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire comme un facteur de gain en sant\u00e9 pour les populations, elle oppose un biopouvoir corrompu capable d\u2019induire des catastrophes sanitaires \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la plan\u00e8te. C\u2019est ce biopouvoir despotique et maltraitant qu\u2019a impos\u00e9 la crise de la COVID.<\/p>\n<p>Mais l\u00e0 n\u2019est sans doute pas la principale critique qu\u2019on peut adresser \u00e0 Foucault.\u00a0 Une toute autre fa\u00e7on d\u2019envisager le rapport des individus \u00e0 la sant\u00e9 se fait jour. La sant\u00e9 n\u2019est plus une prise de pouvoir sur l\u2019individu, elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration du milieu de vie et cherche \u00e0 promouvoir le concept du patient artisan de sa sant\u00e9. C\u2019est l\u2019exigence de la Charte d\u2019Ottawa propos\u00e9e par l\u2019OMS en 1986 qui doit nous inspirer aujourd\u2019hui. Pour cette charte, c\u2019est le processus qui conf\u00e8re aux populations la ma\u00eetrise de leur sant\u00e9 et des moyens de l\u2019am\u00e9liorer qui op\u00e9rera un v\u00e9ritable changement. La t\u00e2che politique et conceptuelle qui s\u2019impose \u00e0 nous aujourd\u2019hui consiste \u00e0 nous d\u00e9faire du biopouvoir comme horizon de pens\u00e9e, et \u00e0 recomposer un rapport de force favorisant une v\u00e9ritable autonomie sanitaire des populations.<\/p>\n<p>source : <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.aimsib.org\/2025\/11\/30\/nouvelles-reflexions-autour-du-concept-de-biopouvoir\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"AIMSIB\">AIMSIB<\/a><\/p>\n<div class=\"sharedaddy sd-block sd-like jetpack-likes-widget-wrapper jetpack-likes-widget-unloaded\" id=\"like-post-wrapper-237719536-497347-692d439a8dcbe\" data-src=\"https:\/\/widgets.wp.com\/likes\/?ver=15.2#blog_id=237719536&amp;post_id=497347&amp;origin=reseauinternational.net&amp;obj_id=237719536-497347-692d439a8dcbe\" data-name=\"like-post-frame-237719536-497347-692d439a8dcbe\" data-title=\"Aimer ou rebloguer\">\n<h3 class=\"sd-title\">J\u2019aime \u00e7a\u00a0:<\/h3>\n<p><span class=\"button\"><span>J\u2019aime<\/span><\/span> <span class=\"loading\">chargement\u2026<\/span><\/p>\n<p><span class=\"sd-text-color\"\/><a target=\"_blank\" class=\"sd-link-color\"\/><\/div>\n<p><meta itemscope=\"\" itemprop=\"mainEntityOfPage\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/WebPage\" itemid=\"https:\/\/reseauinternational.net\/nouvelles-reflexions-autour-du-concept-de-biopouvoir\/\"\/><meta itemprop=\"headline\" content=\"Nouvelles r\u00e9flexions autour du concept de biopouvoir\"\/><span style=\"display: none;\" itemprop=\"author\" itemscope=\"\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/Person\"><meta itemprop=\"name\" content=\"R\u00e9seau International\"\/><\/span><span style=\"display: none;\" itemprop=\"image\" itemscope=\"\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/ImageObject\"><meta itemprop=\"url\" content=\"https:\/\/i0.wp.com\/reseauinternational.net\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/biopouvoir-20251201-1.png?fit=800%2C467&amp;ssl=1\"\/><meta itemprop=\"width\" content=\"800\"\/><meta itemprop=\"height\" content=\"467\"\/><\/span><span style=\"display: none;\" itemprop=\"publisher\" itemscope=\"\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/Organization\"><span style=\"display: none;\" itemprop=\"logo\" itemscope=\"\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/ImageObject\"><meta itemprop=\"url\" content=\"https:\/\/reseauinternational.net\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Capture-de\u0301cran-2022-06-14-a\u0300-16.51.07.png\"\/><\/span><meta itemprop=\"name\" content=\"R\u00e9seau International\"\/><\/span><meta itemprop=\"datePublished\" content=\"2025-12-01T08:28:06+00:00\"\/><meta itemprop=\"dateModified\" content=\"2025-12-01T08:28:16+00:00\"\/><\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/reseauinternational.net\/nouvelles-reflexions-autour-du-concept-de-biopouvoir\/\" target=\"_blank\"\">Source link <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soutenez-nous Votre soutien nous est indispensable pour continuer \u00e0 vous fournir le meilleur de l\u2019information internationale alternative. 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