{"id":2270,"date":"2024-12-15T20:33:42","date_gmt":"2024-12-15T19:33:42","guid":{"rendered":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2024\/12\/15\/la-chute-du-gouvernement-barnier-ne-suffit-pas\/"},"modified":"2024-12-15T20:33:42","modified_gmt":"2024-12-15T19:33:42","slug":"la-chute-du-gouvernement-barnier-ne-suffit-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2024\/12\/15\/la-chute-du-gouvernement-barnier-ne-suffit-pas\/","title":{"rendered":"La chute du gouvernement Barnier ne suffit pas"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div style=\"word-wrap:break-word;\">\n<p>Mais au-del\u00e0 de cet \u00e9pisode parlementaire, c\u2019est une crise politique et sociale profonde qui se joue\u00a0: d\u00e9fiance envers les institutions, tensions entre classes sociales, et question cruciale du r\u00f4le du peuple dans un syst\u00e8me per\u00e7u comme verrouill\u00e9. Georges Gastaud, philosophe, \u00e9crivain et actuel secr\u00e9taire national adjoint du P\u00f4le de renaissance communiste en France (PRCF), nous \u00e9claire sur les dynamiques en cours, entre luttes des classes populaires, jeux de pouvoir, et enjeux g\u00e9opolitiques. D\u00e9cryptage.<\/p>\n<p>Investig\u2019Action\u00a0: Pouvez-vous nous expliquer pourquoi cette tension autour de la question des budgets\u00a0? Quelle \u00e9tait la strat\u00e9gie de Michel Barnier, pourtant vuln\u00e9rable d\u00e8s sa prise de fonction\u00a0?<\/p>\n<p>Le budget 2025 \u00e9tait une question centrale, avant tout pour le peuple fran\u00e7ais, d\u00e9j\u00e0 durement \u00e9prouv\u00e9 par des ann\u00e9es d\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Cette aust\u00e9rit\u00e9, amplifi\u00e9e par le d\u00e9passement des 3\u00a0% de d\u00e9ficit autoris\u00e9 par l\u2019Union europ\u00e9enne (nous sommes \u00e0 6\u00a0%) sous le gouvernement pr\u00e9c\u00e9dent, a profond\u00e9ment affaibli la France. Le pays est ab\u00eem\u00e9, non car Michel Barnier a \u00e9t\u00e9 censur\u00e9, comme le supposait Arnaud Armand[1], mais par 40 ann\u00e9es de politique n\u00e9olib\u00e9rale dans le cadre de la construction europ\u00e9enne\u00a0; services publics en crise, agriculteurs en d\u00e9tresse, et conditions de travail des soignants d\u00e9grad\u00e9es. Michel Barnier proposait donc un budget d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 visant \u00e0 ramener progressivement la France dans les clous des 3\u00a0%. Cela n\u2019avait rien de surprenant venant de l\u2019ancien commissaire europ\u00e9en qui a n\u00e9goci\u00e9 le Brexit. (Michel Barnier, c\u2019\u00e9tait fondamentalement l\u2019Union europ\u00e9enne prenant le pouvoir \u00e0 Matignon \u2013 je ne vais donc pas pleurer sur le sort de ce monsieur.)<\/p>\n<p>Pour les d\u00e9put\u00e9s, l\u2019enjeu \u00e9tait double. Premi\u00e8rement, savoir s\u2019il fallait accepter le diktat europ\u00e9en et poursuivre dans un syst\u00e8me domin\u00e9 par les financiers internationaux, ou le rejeter\u00a0? Malheureusement, aucun groupe parlementaire n\u2019a contest\u00e9 ce cadre.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, d\u00e9terminer quels Fran\u00e7ais payeraient la facture\u00a0: les masses populaires ou les grandes fortunes\u00a0? Le budget Barnier tranchait en faveur des seconds. Et malgr\u00e9 des mesures symboliques comme une taxe temporaire sur le CAC40 et quelques milliardaires, il excluait tout retour sur la r\u00e9forme des retraites (r\u00e9el tabou pour le bloc central, qui est loin d\u2019\u00eatre un bloc centriste, mais penche dangereusement vers la droite), ou toute abrogation des politiques budg\u00e9taires d\u00e9sastreuses des services publics. Cette position for\u00e7ait la gauche \u00e0 voter contre ce budget.<\/p>\n<p>Le Rassemblement national (RN), lui, \u00e9tait assis entre deux chaises puisque ce parti est d\u00e9chir\u00e9 entre une base sociale populaire (principalement au Nord) et une autre plut\u00f4t bourgeoise (fa\u00e7ade m\u00e9diterran\u00e9enne).<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, ce budget traduisait des choix de classe clairement align\u00e9s sur la politique macroniste et la logique europ\u00e9enne. Barnier, nomm\u00e9 pour poursuivre cette ligne, n\u2019avait pas d\u2019autre issue que de l\u2019imposer par tous les moyens n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Le Rassemblement national avait h\u00e9rit\u00e9 du r\u00f4le d\u2019arbitre et a finalement d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9vincer Barnier. Pourquoi\u00a0?<\/p>\n<p>Le RN a d\u2019abord soutenu Barnier, le faisant chanter et obtenant de sa part des concessions. Barnier s\u2019y est pli\u00e9, rassurant l\u2019\u00e9lectorat bourgeois en traitant le RN comme un parti bien install\u00e9 qui ne faisait pas d\u2019histoires, et participant de fait \u00e0 la d\u00e9diabolisation de ce qui \u00e9tait encore r\u00e9cemment appel\u00e9 le Front national. Mais la contestation populaire, notamment dans les manifestations paysannes, a perturb\u00e9 les petits jeux du RN qui d\u00fbt changer de camp pour maintenir l\u2019\u00e9quilibre entre ses deux \u00e9lectorats contradictoires en termes de lutte des classes. Ces volte-face sont d\u00e8s lors fr\u00e9quentes chez le RN, et nous en verrons d\u2019autres.<\/p>\n<p>De plus, comme l\u2019ensemble des forces politiques fran\u00e7aises, le RN pr\u00e9pare la pr\u00e9sidentielle. La Ve R\u00e9publique ne donne au Parlement qu\u2019un r\u00f4le tr\u00e8s secondaire. Chacun sait que le v\u00e9ritable arbitrage est l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, donc chacun s\u2019y pr\u00e9pare. Tous les partis savent que Macron est grill\u00e9, politiquement affaibli (il n\u2019y a peut-\u00eatre que Macron qui ne le sait pas), et l\u2019enjeu est donc de d\u00e9terminer qui s\u2019affrontera au second tour \u2013 enjeu d\u2019autant plus urgent que des pr\u00e9sidentielles anticip\u00e9es sont possibles.<\/p>\n<p>Le RN et le Nouveau Front Populaire (NFP) rivalisent pour incarner l\u2019opposition. En faisant chuter le gouvernement, Marine Le Pen incarne son discours populiste et cherche \u00e0 se positionner comme l\u2019adversaire principale du pouvoir en place. Cependant, elle op\u00e8re cette chute sans trop de v\u00e9h\u00e9mence. Elle a d\u2019ailleurs d\u00e9clar\u00e9 que son parti \u00ab\u00a0laisserait le prochain Premier ministre travailler\u00a0\u00bb et elle avait prescrit \u00e0 son groupe de ne pas applaudir lors du vote de la censure. Ainsi, Le Pen m\u00e9nage son \u00e9lectorat l\u00e9gitimiste, nanti et bourgeois qui redoute l\u2019instabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, sur la sc\u00e8ne internationale, le RN cherche \u00e9galement \u00e0 rassurer les forces euro-atlantiques, longtemps hostiles \u00e0 son programme. Aujourd\u2019hui, il \u00e9vite de remettre frontalement en cause des institutions cl\u00e9s comme l\u2019Union europ\u00e9enne ou l\u2019OTAN qui forment l\u2019architecture principale de l\u2019oligarchie capitaliste, et qui ont enclench\u00e9 une marche \u00e0 la guerre qu\u2019une grande partie de l\u2019\u00e9lectorat bourgeois soutient. Le RN pr\u00e9f\u00e8re une posture prudente\u00a0: affaiblir le gouvernement sans provoquer de rupture brutale. On fait tomber le gouvernement, mais on ne fait pas tomber le Pr\u00e9sident, sinon indirectement. Le jeu du Rassemblement national sera plut\u00f4t d\u2019attendre que les choses viennent \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance selon les rythmes du calendrier r\u00e9publicain, et d\u2019affronter un macroniste affaibli au second tour.<\/p>\n<p>Jean-Luc M\u00e9lenchon, qui n\u2019est plus d\u00e9put\u00e9, \u00e9tait pr\u00e9sent depuis le balcon de l\u2019Assembl\u00e9e nationale lors du vote de la censure. Quelles perspectives pour la France Insoumise\u00a0?<\/p>\n<p>La France insoumise (LFI) avait pris la place autrefois occup\u00e9e par le Parti communiste de France (PCF) pour repr\u00e9senter la classe ouvri\u00e8re, mais son choix d\u2019une union avec la gauche traditionnelle, notamment le Parti Socialiste (PS), l\u2019a amen\u00e9e \u00e0 des compromis co\u00fbteux qui ont corrompu sa repr\u00e9sentation des masses populaires. LFI n\u2019a, par exemple, jamais r\u00e9ellement contest\u00e9 ce d\u00e9ficit fran\u00e7ais, dette publique ill\u00e9gitime impos\u00e9e par les march\u00e9s financiers suite \u00e0 l\u2019interdiction pour la France d\u2019emprunter \u00e0 taux z\u00e9ro aupr\u00e8s de sa propre banque centrale. Cette faiblesse id\u00e9ologique illustre un glissement vers la social-d\u00e9mocratie, qui elle-m\u00eame est aujourd\u2019hui plut\u00f4t sociale-lib\u00e9rale. Bref\u00a0: pour faire l\u2019union de la gauche, la France Insoumise a \u00e9volu\u00e9 vers la droite.<\/p>\n<p>LFI a cependant marqu\u00e9 des points en contribuant \u00e0 la chute de Barnier et en refusant de transiger davantage sur le programme du Nouveau Front Populaire, qui est insuffisant, faiblard et social-d\u00e9mocrate. Le parti a notamment annonc\u00e9 qu\u2019il n\u2019irait pas plus loin dans les compromis avec le PS qui, lui, tend la main au bloc central. Mais les Insoumis restent sur une ligne ambigu\u00eb, oscillant entre compromis et rupture. Ils devront bien arr\u00eater l\u2019\u00e9quilibrisme et choisir leur camp\u00a0: tomber \u00e0 gauche ou \u00e0 droite.<\/p>\n<p>[&#8230;]<\/p>\n<p>En d\u00e9finitive, l\u2019issue d\u00e9pendra de la mobilisation populaire. Une forte irruption du peuple pourrait faire \u00e9chouer les man\u0153uvres institutionnelles, chuter Macron et r\u00e9clamer une r\u00e9publique sociale, souveraine et fraternelle, en rupture avec l\u2019ordre actuel.<\/p>\n<p>Toute la question est de savoir comment cette crise politique va permettre ou pas au peuple fran\u00e7ais de passer \u00e0 l\u2019offensive.<\/p>\n<p><strong>La d\u00e9mission de Macron est-elle in\u00e9vitable\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Elle est probable. In\u00e9vitable, non, car face aux difficult\u00e9s internes, il lui reste l\u2019option d\u2019une fuite en avant g\u00e9opolitique, profitant de son r\u00f4le de chef des arm\u00e9es et de la diplomatie pour d\u00e9tourner l\u2019attention vers l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me de la Ve R\u00e9publique est dangereusement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 en faveur de l\u2019ex\u00e9cutif. Ce dernier est, d\u2019ailleurs, tr\u00e8s l\u00e9gislatif, puisque le pr\u00e9sident contr\u00f4le et interf\u00e8re en permanence avec la vie parlementaire\u00a0: il nomme le Premier ministre, inspire les lois, et mobilise les d\u00e9put\u00e9s \u00e0 sa convenance. En cas de crise internationale, ce d\u00e9s\u00e9quilibre s\u2019accentue\u00a0: le pr\u00e9sident, chef des arm\u00e9es, concentre encore plus de pouvoirs, ce qui peut conduire \u00e0 une dangereuse fuite en avant, notamment dans le contexte d\u2019ing\u00e9rences occidentales en G\u00e9orgie, Moldavie ou Syrie.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, bien que l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise soit amen\u00e9e \u00e0 se retirer de pratiquement toutes les anciennes colonies d\u2019Afrique occidentale, la France reste une puissance militaire et nucl\u00e9aire. \u00c0 sa t\u00eate, le Pr\u00e9sident Macron joue le va-t-en-guerre aventuriste et cherche la bagarre avec l\u2019Iran, la Chine ou la Russie. Il a d\u00e9j\u00e0 multipli\u00e9 les provocations sur la sc\u00e8ne internationale, notamment en envoyant la chasse fran\u00e7aise en mer Noire ou en proposant l\u2019envoi de troupes en Ukraine. La politique \u00e9trang\u00e8re d\u2019Emmanuel Macron fait de lui un v\u00e9ritable danger public, pour le peuple fran\u00e7ais et les autres.<\/p>\n<p>Alors, pour Macron, deux sc\u00e9narios \u00e9mergent\u00a0: une d\u00e9rive \u00ab\u00a0bonapartiste\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire une position au-dessus des partis et des forces politiques, depuis laquelle Macron accentuerait son autorit\u00e9 interne par un gouvernement belliciste (par exemple en nommant S\u00e9bastien Lecornu, ministre des Arm\u00e9es et partisan d\u2019une politique de confrontation)\u00a0; ou une d\u00e9mission forc\u00e9e sous la pression d\u2019un soul\u00e8vement populaire. Dans ce dernier cas, le peuple pourrait imposer une rupture d\u00e9mocratique, transformant une d\u00e9mission en destitution. Elle serait suivie, comme nous l\u2019avons dit plus t\u00f4t, d\u2019une bataille interne \u00e0 la gauche en vue des pr\u00e9sidentielles anticip\u00e9es, mais aussi, car certains \u00e9lus de gauche sont attach\u00e9s \u00e0 la Ve R\u00e9publique.<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il advienne, et que l\u2019issue soit progressiste ou r\u00e9actionnaire, le syst\u00e8me institutionnel actuel devra \u00e9voluer. Une sortie par la droite, accentuant une fascisation d\u00e9j\u00e0 latente et admettant une alliance potentielle entre RN et droite classique (d\u00e9j\u00e0 encourag\u00e9e par des figures comme \u00c9ric Ciotti ou Bruno Retailleau), est possible. \u00c0 l\u2019inverse, une mobilisation populaire pourrait ouvrir la voie \u00e0 un changement progressiste. Le statu quo, en revanche, para\u00eet impossible \u00e0 maintenir.<\/p>\n<p>Et le peuple, dans tout \u00e7a\u00a0?<\/p>\n<p>La gauche institutionnelle n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 proposer au peuple des solutions de rupture, notamment contre l\u2019UE et l\u2019OTAN, ni \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 ses besoins. En r\u00e9action, les classes populaires se tournent naturellement vers le RN et sa politique nationaliste. En cours de route, ce qui \u00e9tait un vote de contestation devient un vote d\u2019adh\u00e9sion, ralliant des \u00e9lecteurs d\u00e9senchant\u00e9s \u00e0 toute la ligne raciste du Rassemblement national. Cette \u00e9volution, bien qu\u2019inqui\u00e9tante, n\u2019est que symptomatique d\u2019un vide politique \u00e0 gauche.<\/p>\n<p><strong>Alors, nous, classe ouvri\u00e8re, devons-nous r\u00e9ellement regarder tous ces petits jeux\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le RN s\u2019appuie sur le peuple, non pour le lib\u00e9rer, mais pour le tromper\u00a0; la gauche, quant \u00e0 elle, s\u2019est compromise en virant \u00e0 droite. Face \u00e0 ces trahisons, les classes populaires doivent compter sur leurs propres forces et faire irruption. La vraie question n\u2019est pas si Macron d\u00e9missionnera, mais comment l\u2019y contraindre\u00a0: sous la pression populaire, et non comme un geste de complaisance qui pr\u00e9serverait l\u2019ordre bourgeois.<\/p>\n<p>La censure du gouvernement Barnier ne suffit pas\u00a0; le peuple doit aller plus loin. Macron n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un Pr\u00e9sident l\u00e9gitime. Non seulement, car il s\u2019assied compl\u00e8tement sur le contrat social r\u00e9publicain fran\u00e7ais, mais aussi, car il a \u00e9t\u00e9, \u00e0 deux reprises, \u00e9lu par une sorte d\u2019escroquerie politique et comme simple barrage \u00e0 Marine Le Pen. Et, si \u00e7a ne suffisait pas, il impose aux Fran\u00e7ais la politique n\u00e9olib\u00e9rale qu\u2019ils ont rejet\u00e9e d\u00e8s le premier tour.<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n<strong><br class=\"autobr\"\/><br \/>\nLes Fran\u00e7ais doivent-ils craindre l\u2019instabilit\u00e9 \u00e0 la suite de cette censure\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>La censure de Michel Barnier ne doit pas faire peur. Le r\u00e9el danger pour les Fran\u00e7ais \u00e9tait la continuit\u00e9 d\u2019une politique macroniste d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, de casse et de marche \u00e0 la guerre. Tout coup d\u2019arr\u00eat avec cette derni\u00e8re est bon \u00e0 prendre. Pour les esprits r\u00e9volutionnaires, une crise politique n\u2019est pas \u00e0 craindre\u00a0; elle est salutaire. Quand les chats se disputent, c\u2019est le moment pour les souris de sortir du trou \u2013 de bousculer le pouvoir, et pourquoi pas, \u00e0 terme, de le prendre.<\/p>\n<p>L\u2019histoire fran\u00e7aise nous montre que les questions politiques br\u00fblantes sont syst\u00e9matiquement d\u00e9nou\u00e9es par les luttes populaires, et non par les urnes. Aujourd\u2019hui, l\u2019urgence est de stopper les politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, les privatisations, les d\u00e9localisations, et les contre-r\u00e9formes, tout en revendiquant des avanc\u00e9es sociales\u00a0: une s\u00e9curit\u00e9 sociale renforc\u00e9e, la fin des in\u00e9galit\u00e9s structurelles, et une retraite \u00e0 60 ans qui est digne d\u2019\u00eatre v\u00e9cue et ne fabrique pas des millions de retrait\u00e9s pauvres forc\u00e9s de faire les poubelles des supermarch\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Vers quoi va-t-on\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Je crois donc que la situation fran\u00e7aise \u00e9volue vers la radicalisation. Et c\u2019est une bonne nouvelle. Une crise r\u00e9volutionnaire se profile en France, avec un syst\u00e8me o\u00f9 ceux d\u2019en haut ne peuvent plus gouverner comme avant, et ceux d\u2019en bas refusent de l\u2019\u00eatre (condition l\u00e9ninienne \u00e0 la r\u00e9volution). Chez le peuple, il y a refus de consentir. Lors des l\u00e9gislatives anticip\u00e9es de juin dernier, le peuple, en \u00e9lisant une chambre ingouvernable, tel un sujet politique \u00e0 plusieurs t\u00eates, a amorc\u00e9 cette dynamique d\u2019\u00e9clatement des cadres \u00e9tablis. Maintenant, il faut organiser la contre-attaque et pr\u00e9parer une v\u00e9ritable alternative.<\/p>\n<p>Pour cela, il me semble essentiel de restaurer une lecture classiste des enjeux g\u00e9opolitiques et nationaux. L\u2019\u00e9mancipation nationale, selon Jaur\u00e8s, est le socle de l\u2019\u00e9mancipation sociale. La t\u00e2che est de rendre la France non pas grande (\u00e0 la \u00ab\u00a0MAGA\u00a0\u00bb au ton imp\u00e9rialiste), mais de la rendre vivable, en assumant des luttes populaires, sociales, pour la souverainet\u00e9 nationale ainsi que le climat. Nous avons aujourd\u2019hui les moyens de remettre la classe ouvri\u00e8re au centre de la vie nationale, de rassembler les peuples et nous devons enfin former des nations libres, souveraines et fraternelles, coop\u00e9rant durablement en dehors du cadre n\u00e9olib\u00e9ral.<\/p>\n<p>En d\u2019autres termes, une vieille formule, quoique l\u00e9g\u00e8rement revisit\u00e9e pour mieux f\u00e9d\u00e9rer et mobiliser un prol\u00e9tariat international, continue \u00e0 \u00e9tablir le programme de notre \u00e9poque\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Patria, socialismo o muerte, venceremos\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<p><strong>Georges GASTAUD<\/strong><\/p>\n<p>[1]\u201cCe n\u2019est pas le budget qu\u2019on censure, ce n\u2019est pas le gouvernement qu\u2019on censure derri\u00e8re, c\u2019est le pays qu\u2019on met en danger, c\u2019est le pays qu\u2019on ab\u00eeme\u201d, a d\u00e9clar\u00e9 le 3 d\u00e9cembre Antoine Armand, ministre de l\u2019\u00c9conomie, au cours d\u2019une interview sur France 2.<\/p>\n<p>Sources\u00a0: Investig\u2019Action <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/investigaction.net\/\" class=\"spip_url spip_out auto\" rel=\"nofollow external\">http:\/\/investigaction.net\/<\/a><br class=\"autobr\"\/><br \/>\net <br class=\"autobr\"\/><br \/>\n<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/bernard-gensane.over-blog.com\/-375\" class=\"spip_url spip_out auto\" rel=\"nofollow external\">http:\/\/bernard-gensane.over-blog.com\/-375<\/a><\/p>\n<p><strong>* Georges Gastaud <\/strong> est pr\u00e9sident de l\u2019association COURRIEL (\u00ab\u00a0Collectif unitaire r\u00e9publicain pour la r\u00e9sistance, l\u2019initiative et l\u2019\u00e9mancipation linguistique\u00a0\u00bb), une association de d\u00e9fense de la langue fran\u00e7aise contre le tout-anglais. Il d\u00e9nonce le franglais comme une man\u0153uvre des grands groupes \u00e0 l\u2019assaut des march\u00e9s nationaux \u00ab\u00a0par le biais d\u2019une publicit\u00e9 efficace et pas ch\u00e8re vu qu\u2019une langue suffit\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div class=\"spip_document_36494 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center\">\n<figure class=\"spip_doc_inner\">\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.legrandsoir.info\/local\/cache-vignettes\/L395xH378\/gastaud-ba009.png?1734277683\" width=\"395\" height=\"378\" alt=\"\"\/><br \/>\n<\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><script async defer>(function(d, s, id) {\nvar js, fjs = d.getElementsByTagName(s)[0];\nif (d.getElementById(id)) return;\njs = d.createElement(s); js.id = id;\njs.src=\"https:\/\/connect.facebook.net\/fr_FR\/sdk.js#xfbml=1&version=v3.0\";\nfjs.parentNode.insertBefore(js, fjs);\n}(document, 'script', 'facebook-jssdk'));<\/script><br \/>\n<br \/><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/www.legrandsoir.info\/la-chute-du-gouvernement-barnier-ne-suffit-pas.html\" target=\"_blank\"\">Source link <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mais au-del\u00e0 de cet \u00e9pisode parlementaire, c\u2019est une crise politique et sociale profonde qui se joue\u00a0: d\u00e9fiance envers les institutions, tensions entre classes sociales, et question cruciale du r\u00f4le du&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2271,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-2270","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2270","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2270"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2270\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2271"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2270"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2270"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2270"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}