{"id":32504,"date":"2026-10-17T13:32:46","date_gmt":"2026-10-17T11:32:46","guid":{"rendered":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2026\/10\/17\/tendre-maroc-demmanuelle-de-boysson-un-roman-solaire-et-courageux-2\/"},"modified":"2026-10-17T13:32:46","modified_gmt":"2026-10-17T11:32:46","slug":"tendre-maroc-demmanuelle-de-boysson-un-roman-solaire-et-courageux-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2026\/10\/17\/tendre-maroc-demmanuelle-de-boysson-un-roman-solaire-et-courageux-2\/","title":{"rendered":"\u00ab Tendre Maroc \u00bb d\u2019Emmanuelle de Boysson, un roman solaire et courageux"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p><strong>Entretien. Avec \u00ab\u00a0Tendre Maroc\u00a0\u00bb, Emmanuelle de Boysson nous fait revivre son pass\u00e9 \u00e0 Mohammedia, puis \u00e0 Casablanca\u00a0. Nous plongeons dans un Maroc \u00e9blouissant, chatoyant et envo\u00fbtant des ann\u00e9es 1960-1970. La joie est l\u00e0, mais le drame n\u2019est pas loin. Ce r\u00e9cit \u00e0 fleur de peau, accompagn\u00e9 d\u2019une jolie musique des mots, raconte aussi les pr\u00e9mices d\u2019une vocation d\u2019\u00e9crivaine.<\/strong><\/p>\n<p>Emmanuelle de Boysson nous re\u00e7oit dans son appartement de la rive gauche \u00e0 Paris jonch\u00e9 de livres du sol au plafond. Lov\u00e9e dans le canap\u00e9 de son salon aux couleurs du Maroc, souriante et attentive, elle r\u00e9pond \u00e0 nos questions, y compris les plus personnelles. Nous d\u00e9couvrons ses secrets intimes, jamais r\u00e9v\u00e9l\u00e9s, ses \u00e9preuves dont elle a fait une force.<\/p>\n<p>Demain, elle s\u2019envole pour Rabat afin de pr\u00e9senter son dernier livre dans le cadre de la 7\u00e8me \u00e9dition du Festival \u00ab\u00a0Litt\u00e9ratures itin\u00e9rantes\u00a0\u00bb qui invite trente autrices de 12 pays. Une chance, il ne restait qu\u2019une place\u00a0! Elle \u00e9tait pour Emma.<\/p>\n<p><strong>Quel a \u00e9t\u00e9 le d\u00e9clencheur de ce texte intime, charnel et m\u00e9lancolique sur votre enfance faite d\u2019ombres et de lumi\u00e8res ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans mon pr\u00e9c\u00e9dent livre \u00ab\u00a0Un coup au c\u0153ur\u00a0\u00bb paru en 2024, je racontais ma r\u00e9surrection apr\u00e8s un arr\u00eat cardiaque de trente minutes, le coma et mon exp\u00e9rience de mort imminente. A l\u2019automne, la pi\u00e8ce <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.francesoir.fr\/culture-art-expo\/coeur-perdu-au-huitieme-electrochoc-le-coeur-est-reparti-grace-aux-pompiers\"><strong>\u00ab\u00a0A c\u0153ur perdu\u00a0\u00bb<\/strong><\/a>, qui s\u2019est inspir\u00e9e de mon histoire personnelle, a \u00e9t\u00e9 mise en sc\u00e8ne au Th\u00e9\u00e2tre Essa\u00efon \u00e0 Paris et a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 par la merveilleuse com\u00e9dienne Carmen Vadillo.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9chapp\u00e9 de justesse \u00e0 la mort gr\u00e2ce au massage cardiaque d\u2019Anton, mon compagnon, je suis sortie de cette \u00e9preuve fragile et vuln\u00e9rable. Aussi ai-je \u00e9prouv\u00e9 le besoin d\u2019aller \u00e0 la recherche de mon enfance afin de m\u2019y ressourcer. Certes, il y a des ant\u00e9c\u00e9dents dans la famille, mon p\u00e8re est mort d\u2019une crise cardiaque \u00e0 60 ans. Mais je pense que ce coup au c\u0153ur prend racine dans les silences, les non-dits de ma famille.<\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous pu faire ce travail de m\u00e9moire\u00a0tant d\u2019ann\u00e9es plus tard ?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, je suis revenue \u00e0 Mohammedia \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un prix litt\u00e9raire au Maroc. Les murs de la maison o\u00f9 j\u2019ai v\u00e9cu de 6 \u00e0 13 ans \u00e9taient gris\u00e2tres et l\u00e9zard\u00e9s, le jardin r\u00e9duit comme peau de chagrin. Lorsque j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire, j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne pas revenir sur les lieux de mon enfance afin de ne pas en brouiller le souvenir.\u00a0<\/p>\n<p>Myriam, une amie Marocaine, m\u2019a offert un flacon d\u2019eau de fleur d\u2019oranger il y a deux ans. En l\u2019ouvrant une sc\u00e8ne de mon enfance a surgit. Nous d\u00e9gustions des cornes de gazelle avec mes fr\u00e8res et s\u0153urs chez la femme du Pacha. Ma m\u00e8re portait un caftan rouge, ses bracelets tintaient, elle rayonnait, parlait arabe, s\u2019enfon\u00e7ait dans les coussins. J\u2019ai entrevu une flopp\u00e9e d\u2019instantan\u00e9s\u00a0; l\u2019odeur du cuir, du cumin, du jasmin, de la rose ont affleur\u00e9. Les sensations de notre enfance sont l\u00e0, enfouies dans notre cerveau. J\u2019ai eu envie de puiser dans ce r\u00e9servoir de po\u00e9sie pour retrouver mon enfance. Mais cela a aussi \u00e9t\u00e9 le moyen de me connecter \u00e0 la joie de mon voyage dans l\u2019au-del\u00e0, comme si l\u2019enfance \u00e9tait une pr\u00e9figuration du paradis. Il ne s\u2019agissait pas de raconter mes souvenirs, mais de les revivre avec tous mes sens et d\u2019entra\u00eener ainsi le lecteur dans une exp\u00e9rience immersive.<\/p>\n<p><strong>L\u2019intrigue de ce roman, c\u2019est Blanche, votre m\u00e8re, une femme \u00e0 la fois fascinante, distante et myst\u00e9rieuse\u00a0plus pr\u00e9occup\u00e9e par les d\u00e9favoris\u00e9s que par ses enfants\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Mon p\u00e8re avait pris la direction de l\u2019ICOMA, l\u2019industrie cotonni\u00e8re du Maroc, et il \u00e9tait souvent en voyage. Ma m\u00e8re \u00e9tait une femme de t\u00eate, autoritaire, tr\u00e8s organis\u00e9e avec cinq enfants. Elle a cr\u00e9\u00e9 un dispensaire pour venir en aide aux pauvres des bidonvilles. Elle pr\u00e9parait des paniers avec des vivres pour les femmes qui attendaient en file indienne avec leurs gosses assis sur des nattes. Elle donnait des cours de morale aux jeunes filles. J\u2019\u00e9tais \u00e0 la fois admirative et g\u00ean\u00e9e par tous ces actes de charit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Vous intitulez votre livre \u00ab\u00a0Tendre Maroc\u00a0\u00bb, mais votre m\u00e8re, elle, n\u2019\u00e9tait pas tendre<\/strong><\/p>\n<p>Un jour ma m\u00e8re m\u2019a demand\u00e9 de donner ma poup\u00e9e Zora, \u00e0 la peau noire, \u00e0 une petite Berb\u00e8re, j\u2019ai protest\u00e9, puis j\u2019ai ob\u00e9is. J\u2019\u00e9tais une privil\u00e9gi\u00e9e, je n\u2019avais pas le droit de me plaindre. Je manquais terriblement d\u2019amour. Lorsque je me jetais dans les jupes de ma m\u00e8re pour recevoir de l\u2019affection, elle me repoussait et me disait\u00a0: \u00ab\u00a0L\u00e2che moi, ne me colle pas\u00a0\u00bb. Je ne recevais jamais de mots doux, de gestes tendres, de compliments. La seule fois o\u00f9 ma m\u00e8re m\u2019a dit \u00ab\u00a0Je t\u2019aime\u00a0\u00bb, c\u2019\u00e9tait sur son lit de mort.<\/p>\n<figure role=\"group\" class=\"caption caption-img align-center\">\n<img decoding=\"async\" data-entity-type=\"file\" data-entity-uuid=\"bdb9cc27-960a-4d15-806b-a8a3d6ec2625\" height=\"480\" width=\"491\" loading=\"lazy\" class=\"lazyload\" src=\"https:\/\/www.francesoir.fr\/sites\/default\/files\/inline-images\/Le%CC%81gende%202%20.jpeg\"\/><figcaption><strong>Emmanuelle de Boysson ouvre les placards de son bureau et nous pr\u00e9sente des cahiers scolaires \u00e0 grands carreaux dans lesquels elle tenait son journal \u00a9Corine Moriou<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Le journal que vous teniez depuis l\u2019\u00e2ge de onze ans vous a aid\u00e9 \u00e0 d\u00e9rouler le fil du pass\u00e9\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>En effet, ce journal a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cieux pour raconter ma jeunesse. J\u2019ai d\u2019ailleurs toujours les cahiers \u00e0 petits carreaux sur lesquels j\u2019\u00e9crivais que je vais vous montrer\u00a0! Le jour o\u00f9 j\u2019ai lu le journal d\u2019Anne Franck, cela a \u00e9t\u00e9 une r\u00e9v\u00e9lation. Une jeune fille livrait tous ses \u00e9tats d\u2019\u00e2me dans une \u00e9criture intimiste en s\u2019adressant \u00e0 Kitty, son amie imaginaire. J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019Anne serait mon amie et je lui \u00e9crivais alors que j\u2019\u00e9tais pensionnaire au Carmel Saint-Joseph \u00e0 Casablanca. Ma m\u00e8re r\u00e9pondait peu aux lettres que je lui envoyais. Je me sentais seule et isol\u00e9e, l\u2019\u00e9criture a pris une place importante.<\/p>\n<p><strong>Le manque d\u2019amour maternel, l\u2019\u00e9loignement, la solitude ont-ils \u00e9t\u00e9 les ferments de votre vocation d\u2019\u00e9crivain\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Plus je lisais Anne Franck, plus elle me transmettait le d\u00e9sir de devenir \u00e9crivain. Un jour mon professeur de fran\u00e7ais a lu mon autoportrait devant toute la classe et j\u2019en ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s fi\u00e8re. Mais ma m\u00e8re jugeait que l\u2019on ne devait pas \u00e9taler sa vie priv\u00e9e. \u00ab\u00a0Etre \u00e9crivain, c\u2019est du narcissisme\u00bb, disait-elle. Je me suis autoris\u00e9e \u00e0 publier mon premier livre \u00ab\u00a0Le Cardinal et l\u2019Hindouiste. Le myst\u00e8re des fr\u00e8res Dani\u00e9lou\u00a0\u00bb, aux \u00e9ditions Albin Michel, en 1999, un an apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de ma m\u00e8re. Un scandale dans ma famille\u00a0! Depuis, j\u2019ai \u00e9crit bien d\u2019autres livres, des essais, des romans.<\/p>\n<p>Auparavant, jeune femme, mari\u00e9e m\u00e8re de trois enfants, j\u2019ai fait \u00ab\u00a0du social\u00a0\u00bb pendant une quinzaine d\u2019ann\u00e9es. C\u2019\u00e9tait l\u2019influence de ma m\u00e8re, bien entendu. J\u2019animais des stages pour les demandeurs d\u2019emploi notamment dans le cadre du r\u00e9seau Retravailler initi\u00e9 par Evelyne Sullerot.<\/p>\n<p><strong>Tendre Maroc est un livre sur la naissance de votre vocation d\u2019\u00e9crivain mais aussi un livre sur l\u2019impossible transmission d\u2019amour entre les femmes de votre famille ?<\/strong><\/p>\n<p>Entre les femmes de ma famille, quelque chose s\u2019est gripp\u00e9, fissur\u00e9, c\u2019est une ligne de faille qui remonte de loin. J\u2019ai tent\u00e9 de trouver des explications \u00e0 ce manque d\u2019amour entre m\u00e8re et fille qui s\u2019est transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. Mon arri\u00e8re-grand-m\u00e8re Madeleine Dani\u00e9lou, qui a fond\u00e9 les coll\u00e8ges Sainte-Marie, n\u2019aimait pas sa propre m\u00e8re. Ma grand-m\u00e8re, Catherine, aimait surtout son fils et son mari, Georges Izard, un brillant avocat et acad\u00e9micien. Ma m\u00e8re a manqu\u00e9 d\u2019affection. Elle a v\u00e9cu la guerre et des \u00e9v\u00e8nements difficiles dans sa jeunesse, ce que j\u2019ai d\u00e9couvert bien plus tard en fouillant dans ses agendas et ses papiers \u00e0 l\u2019abandon dans la maison familiale.<\/p>\n<p><strong>N\u00e9anmoins Emma a trouv\u00e9 des voies d\u2019\u00e9mancipation, de libert\u00e9 et des sources de joie gr\u00e2ce \u00e0 sa cousine Camille et Mehdi, son amour d\u2019enfance ?<\/strong><\/p>\n<p>Ma cousine, Camille, avec laquelle j\u2019avais un mois d\u2019\u00e9cart, \u00e9tait plus d\u00e9vergond\u00e9e que moi. Je l\u2019adorais. Avec elle j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 flirter, j\u2019ai impos\u00e9 ma premi\u00e8re boom, nous avons os\u00e9 le bain de minuit. Et puis il y avait Mehdi, fils de p\u00eacheur, vivant dans un quartier pauvre. Il repr\u00e9sentait l\u2019amour transgressif avec des interdits qui accentuaient mon d\u00e9sir. Nous nous aimions sagement. Il me disait \u00ab\u00a0Nous ne venons pas du m\u00eame monde\u00a0\u00bb. Mes parents s\u2019opposaient \u00e0 nos retrouvailles\u2026<\/p>\n<p><strong>Vous \u00e9voquez avec tendresse les ann\u00e9es 1960\/1970, les chanteurs ploucs et d\u00e9pass\u00e9s et ceux qui avaient gr\u00e2ce \u00e0 vos yeux.<\/strong><\/p>\n<p>Dans mon cocon, je r\u00eavassais \u00e0 ma guise et je lisais \u00ab\u00a0Mademoiselle \u00e2ge tendre\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Salut les copains\u00a0\u00bb. J\u2019ai tout not\u00e9 dans mon journal qui est truff\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences de cette \u00e9poque.<\/p>\n<p>Les seuls chanteurs qui trouvaient gr\u00e2ce \u00e0 mes yeux \u00e9taient Julien Clerc, Eddy Mitchell, Jacques Dutronc, Antoine, Michel Polnareff.<\/p>\n<p><strong>Vers la fin du livre, le rythme s\u2019acc\u00e9l\u00e8re. Vous relatez le viol que vous avez subi par le ma\u00eetre-nageur d\u2019un grand h\u00f4tel, un vieux bonhomme de petite taille et corpulent. Comment vous \u00eates-vous-sortie de cette \u00e9preuve\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Cette histoire, je n\u2019en ai parl\u00e9 \u00e0 personne. Ma m\u00e8re n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 au courant. Ce traumatisme m\u2019a anesth\u00e9si\u00e9e pendant longtemps. J\u2019\u00e9tais barricad\u00e9e, glac\u00e9e, cousue de fil blanc. A cela s\u2019ajoutaient les interdits de ma m\u00e8re qui disait \u00ab\u00a0Les gar\u00e7ons sont d\u00e9goutants\u00a0\u00bb. Mais ma m\u00e8re n\u2019est pas \u00e0 l\u2019origine du mal. Tout s\u2019est jou\u00e9 \u00e0 la Merzouga. Il m\u2019a fallu toutes sortes de th\u00e9rapies pour gu\u00e9rir: la gestalt, une psychanalyse pendant dix ans\u2026<\/p>\n<p><strong>Jeune femme, avez-vous v\u00e9cu d\u2019autres \u00e9preuves\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Alors que j\u2019\u00e9tais mari\u00e9e, j\u2019ai subi un second viol par un journaliste. Je n\u2019ai pas port\u00e9 plainte. Mais je n\u2019ai jamais oubli\u00e9 cette sale histoire. Le mouvement #MeToo a lib\u00e9r\u00e9 la parole, il y a encore beaucoup \u00e0 faire contre les violences sexuelles. Cela bousille vraiment la vie des femmes.<\/p>\n<p>A 24 ans, j\u2019ai aussi v\u00e9cu une erreur m\u00e9dicale, le m\u00e9decin est depuis d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Enceinte de neuf mois, je me suis pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Maternit\u00e9 Sainte F\u00e9licit\u00e9. C\u2019\u00e9tait un vendredi d\u2019ao\u00fbt, la date du terme. Mon gyn\u00e9cologue m\u2019a dit de rentrer chez moi. Le lundi, je suis revenue \u00e0 la clinique, mon b\u00e9b\u00e9 \u00e9tait mort. J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de faire de ce drame une renaissance. Ma m\u00e8re m\u2019a appris \u00e0 surmonter les \u00e9preuves, \u00e0 aller jusqu\u2019au bout de mes projets, \u00e0 devenir ind\u00e9pendante. Elle \u00e9tait mon socle. Dans l\u2019\u00e9criture, j\u2019ai trouv\u00e9 une fa\u00e7on de prolonger ma vie et de viser l\u2019\u00e9ternit\u00e9\u2026 Surtout apr\u00e8s mon exp\u00e9rience de mort imminente.<\/p>\n<p><strong>En quoi le Maroc a-t-il chang\u00e9 aujourd\u2019hui par rapport \u00e0 celui de votre enfance, soixante ans plus tard ?<\/strong><\/p>\n<p>Le Maroc s\u2019est beaucoup modernis\u00e9. Il reste pas mal d\u2019injustices sociales. Le roi Mohammed VI essaie d\u2019y pallier. C\u2019est un royaume qui a le m\u00e9rite d\u2019\u00eatre assez mod\u00e9r\u00e9 par rapport \u00e0 certains pays islamis\u00e9s. Les femmes ont pris leur \u00e9lan, mais pas suffisamment. Des femmes sont encore enferm\u00e9es dans la charia, des codes \u00e0 l\u2019ancienne. Il y a un \u00e9norme travail d\u2019\u00e9mancipation \u00e0 faire, l\u2019\u00e9crivaine Le\u00efla Slimani milite dans ce sens. C\u2019est un pays \u00e0 plusieurs facettes. Marrakech s\u2019est internationalis\u00e9, on y fait des affaires. Il reste des lieux pr\u00e9serv\u00e9s comme l\u2019Atlas ou une ville comme F\u00e8s.<\/p>\n<figure role=\"group\" class=\"caption caption-img\">\n<img decoding=\"async\" data-entity-type=\"file\" data-entity-uuid=\"1f5e3278-ec17-4631-9be7-d5a5973dc29d\" height=\"682\" width=\"1288\" loading=\"lazy\" class=\"lazyload\" src=\"https:\/\/www.francesoir.fr\/sites\/default\/files\/inline-images\/tendre%20maroc_0.png\"\/><figcaption><strong>\u00ab\u00a0Tendre Maroc\u00a0\u00bb publi\u00e9 chez Calman L\u00e9vy, 18,50 euros<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<p><script>(function(d, s, id) {  var js, fjs = d.getElementsByTagName(s)[0];  if (d.getElementById(id)) return;  js = d.createElement(s); js.id = id;  js.src = \"\/\/connect.facebook.net\/fr_FR\/sdk.js#xfbml=1&version=v2.3\";  fjs.parentNode.insertBefore(js, fjs);}(document, \"script\", \"facebook-jssdk\"));<\/script><br \/>\n<br \/><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/www.francesoir.fr\/culture-livres\/tendre-maroc-d-emmanuelle-de-boysson-un-roman-solaire-et-courageux\" target=\"_blank\"\">Source link <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entretien. Avec \u00ab\u00a0Tendre Maroc\u00a0\u00bb, Emmanuelle de Boysson nous fait revivre son pass\u00e9 \u00e0 Mohammedia, puis \u00e0 Casablanca\u00a0. Nous plongeons dans un Maroc \u00e9blouissant, chatoyant et envo\u00fbtant des ann\u00e9es 1960-1970. La&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":32505,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-32504","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32504","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32504"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32504\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/32505"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32504"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32504"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32504"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}