{"id":5965,"date":"2025-04-08T17:32:51","date_gmt":"2025-04-08T15:32:51","guid":{"rendered":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2025\/04\/08\/russie-aes-nos-pays-oeuvrent-pour-combattre-ensemble-limperialisme-le-neocolonialisme\/"},"modified":"2025-04-08T17:32:51","modified_gmt":"2025-04-08T15:32:51","slug":"russie-aes-nos-pays-oeuvrent-pour-combattre-ensemble-limperialisme-le-neocolonialisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2025\/04\/08\/russie-aes-nos-pays-oeuvrent-pour-combattre-ensemble-limperialisme-le-neocolonialisme\/","title":{"rendered":"Russie-AES: \u00ab\u00a0Nos pays \u0153uvrent pour combattre ensemble l&rsquo;imp\u00e9rialisme, le n\u00e9ocolonialisme\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<br \/><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cdn1.img.sputniknews.africa\/img\/07e8\/0a\/03\/1068531609_0:122:2272:1400_600x0_80_0_0_82856bad4ef592c2e105983c05978b51.jpg\" \/><\/p>\n<div itemscope=\"\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/Article\">\n<p>https:\/\/fr.sputniknews.africa\/20250408\/russie-aes-nos-pays-uvrent-pour-combattre-ensemble-limperialisme-le-neocolonialisme-1071634182.html<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" itemprop=\"url\" href=\"https:\/\/fr.sputniknews.africa\/20250408\/russie-aes-nos-pays-uvrent-pour-combattre-ensemble-limperialisme-le-neocolonialisme-1071634182.html\" title=\"Russie-AES: &quot;Nos pays \u0153uvrent pour combattre ensemble l'imp\u00e9rialisme, le n\u00e9ocolonialisme&quot;\"\/><\/p>\n<p>Russie-AES: \u00ab\u00a0Nos pays \u0153uvrent pour combattre ensemble l&rsquo;imp\u00e9rialisme, le n\u00e9ocolonialisme\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Russie-AES: \u00ab\u00a0Nos pays \u0153uvrent pour combattre ensemble l&rsquo;imp\u00e9rialisme, le n\u00e9ocolonialisme\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sputnik Afrique<\/p>\n<p>Coop\u00e9ration s\u00e9curitaire, aide de Moscou \u00e0 la cr\u00e9ation de l&rsquo;industrie militaire de l&rsquo;AES, continuit\u00e9 des consultations AES-Russie, retrait du Mali, du Niger et&#8230; 08.04.2025, Sputnik Afrique<\/p>\n<p>2025-04-08T15:00+0200<\/p>\n<p>2025-04-08T15:00+0200<\/p>\n<p>2025-04-08T15:00+0200<\/p>\n<p>russie<\/p>\n<p>afrique subsaharienne<\/p>\n<p>alliance des \u00e9tats du sahel (aes)<\/p>\n<p>opinion<\/p>\n<p>mali<\/p>\n<p>abdoulaye diop<\/p>\n<p>https:\/\/cdn1.img.sputniknews.africa\/img\/07e8\/0a\/03\/1068531609_0:122:2272:1400_1920x0_80_0_0_76d2814f20ccfba0704aaf1b8b1bb67f.jpg<\/p>\n<p>Sputnik: Votre Excellence, Monsieur Abdoulaye Diop, bonjour, et merci d&rsquo;avoir accept\u00e9 de donner cette interview. La visite des trois ministres des Affaires \u00e9trang\u00e8res de l&rsquo;AES, c&rsquo;est une premi\u00e8re en Russie. Si vous pouvez nous donner plus de d\u00e9tails sur les sujets qui ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s avec la partie russe, sur quoi vous \u00eates convenus?Abdoulaye Diop: Merci, nous sommes ici \u00e0 Moscou avec nos coll\u00e8gues, les ministres des Affaires \u00e9trang\u00e8res du Burkina Faso, mais aussi celui du Niger, \u00e0 l&rsquo;invitation de notre homologue russe, Sergue\u00ef Lavrov, dans le cadre de consultations entre la Conf\u00e9d\u00e9ration des \u00c9tats du Sahel, d&rsquo;une part, et la Russie, dans ce format conf\u00e9d\u00e9ral. Vous savez que chacun de nos pays entretient d\u00e9j\u00e0 des relations bilat\u00e9rales avec la Russie, mais nous voudrions franchir un autre cap en essayant d&rsquo;\u00e9tablir nos relations de partenariat, dans ce cadre en particulier, pour avoir des consultations politiques. Je me r\u00e9jouis que nous ayons pu avoir cette opportunit\u00e9, d&rsquo;avoir ce dialogue ouvert avec notre coll\u00e8gue de la Russie.Dans ce cadre-l\u00e0, il est apparu un certain nombre de param\u00e8tres importants pour nous. D&rsquo;abord, les consultations ont d\u00e9montr\u00e9 que la Russie et les pays de l&rsquo;AES partagent une vision commune de leur engagement au plan international, un engagement bas\u00e9 sur le respect de la souverainet\u00e9 de nos pays, le respect des choix souverains de nos pays, mais aussi la prise en compte des int\u00e9r\u00eats de nos populations, bas\u00e9 sur le fait aussi que nos pays \u0153uvrent au plan international pour faire en sorte que leur voix soit entendue pour combattre ensemble l&rsquo;imp\u00e9rialisme, le n\u00e9ocolonialisme, l&rsquo;assujettissement de nos pays, l&rsquo;instrumentalisation des droits de l&rsquo;homme, un certain nombre de questions sur lesquelles nous nous battons, le rejet de l&rsquo;ing\u00e9rence dans les affaires int\u00e9rieures des pays. Donc, c&rsquo;est dire que sur le plan international, nous avons des principes et des valeurs que nous partageons.Mais au-del\u00e0 de \u00e7a, nous avons aussi voulu, dans le cadre de ces consultations, b\u00e2tir avec la Russie un partenariat strat\u00e9gique avec l&rsquo;AES pour nous permettre de travailler ensemble pour faire avancer notre agenda, d&rsquo;abord sur la question de paix et de s\u00e9curit\u00e9, qui est vraiment la question essentielle, qui a m\u00eame \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine de la cr\u00e9ation de la Conf\u00e9d\u00e9ration des \u00c9tats du Sahel, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour faire face aux d\u00e9fis et \u00e0 la menace s\u00e9curitaire, domaine dans lequel la Russie a une exp\u00e9rience, il y a des capacit\u00e9s av\u00e9r\u00e9es que nous avons pu enregistrer au plan bilat\u00e9ral, mais nous souhaitons maintenant que la Russie accompagne le dispositif de la Conf\u00e9d\u00e9ration \u00e0 travers le soutien aux op\u00e9rations militaires conjointes que nous engageons sur le terrain et plus tard avec comme objectif d&rsquo;arriver \u00e0 mettre en place une force unifi\u00e9e de l&rsquo;AES pour contenir cette menace s\u00e9curitaire. Mais aussi, nous avons voulu renforcer notre collaboration sur le plan diplomatique qui est aussi un deuxi\u00e8me volet de la Conf\u00e9d\u00e9ration, c&rsquo;est de permettre \u00e0 nos pays de parler d&rsquo;une seule voix sur la sc\u00e8ne internationale. La Russie a besoin de nos pays, nous avons besoin de la Russie en tant que membre permanent du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations Unies qui n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 dans le pass\u00e9 aussi \u00e0 apporter son appui \u00e0 nos pays chaque fois que nous avons \u00e9t\u00e9 victimes d&rsquo;actions injustes sur le plan international et nos pays aussi \u0153uvrent \u00e0 soutenir la Russie chaque fois qu&rsquo;elle le sollicite pour pouvoir lui apporter un soutien politique.Donc le troisi\u00e8me volet, c&rsquo;est sur la question du d\u00e9veloppement. L&rsquo;AES en tant qu&rsquo;entit\u00e9 \u00e9volue pour renforcer l&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique, rapprocher nos populations, mettre en place des projets structurants, des chemins de fer, des infrastructures routi\u00e8res, des projets \u00e9nerg\u00e9tiques, des projets dans le domaine agricole, l&rsquo;exploitation aussi de nos ressources mini\u00e8res. Donc il y a un certain nombre de projets structurants, y compris la mise en place d&rsquo;une banque d&rsquo;investissement qui permettra de g\u00e9n\u00e9rer des ressources propres pour financer les besoins de d\u00e9veloppement et de transformation de nos pays.Donc sur l&rsquo;ensemble de ces questions, nous pouvons dire que nous avons eu des \u00e9changes tr\u00e8s francs, tr\u00e8s ouverts. Nous avons pu enregistrer un engagement tr\u00e8s fort de la Russie de continuer \u00e0 travailler avec nous et de renforcer sa collaboration au plan multilat\u00e9ral sur ces questions. Nous sommes aussi convenus d&rsquo;institutionnaliser ce m\u00e9canisme de consultation, de se voir au moins une fois dans l&rsquo;ann\u00e9e et de fa\u00e7on alternative en Russie et dans l&rsquo;espace AES.Nous nous r\u00e9jouissons de pouvoir accueillir la prochaine r\u00e9union au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e prochaine dans l&rsquo;espace AES. D&rsquo;ici l\u00e0, un m\u00e9canisme de suivi est mis en place. Nous pensons que c&rsquo;est un pas important pour nos pays qui va dans le sens de la consolidation de nos liens, mais aussi c&rsquo;est la reconnaissance progressive par beaucoup d&rsquo;acteurs bilat\u00e9raux et multilat\u00e9raux de la r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9opolitique que constitue aujourd&rsquo;hui l&rsquo;AES en tant qu&rsquo;acteur important pour pouvoir travailler \u00e0 satisfaire les int\u00e9r\u00eats de nos populations.Sputnik: Est-ce qu&rsquo;un sommet AES-Russie est pr\u00e9vu dans le futur proche?Abdoulaye Diop: Ce n&rsquo;est pas quelque chose qui est \u00e0 priori exclu, nous n&rsquo;avons pas ouvertement discut\u00e9 de cette question, mais le m\u00e9canisme est l\u00e0, en fonction des orientations de nos chefs d&rsquo;\u00c9tat, il est possible que nous arrivions \u00e0 ce niveau, mais d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 je peux dire que son Excellence le Pr\u00e9sident Vladimir Poutine comme nos chefs d&rsquo;\u00c9tat, son Excellence le Pr\u00e9sident le Capitaine Ibrahim Traor\u00e9, Pr\u00e9sident du Faso, le G\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;Arm\u00e9e, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du Niger Abdourahamane Tchiani, comme son Excellence le G\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;Arm\u00e9e Assimi Go\u00efta, Pr\u00e9sident de la Transition, chef de l&rsquo;\u00c9tat du Mali, ont beaucoup de choses en commun, ont vraiment une vision partag\u00e9e des pr\u00e9occupations de nos pays, et ils se consultent r\u00e9guli\u00e8rement, et je n&rsquo;exclus pas qu&rsquo;un jour ils d\u00e9cident de se retrouver dans ce cadre, ou en tout cas dans un cadre plus pertinent, pour pouvoir maintenir ce dialogue politique, et renforcer surtout la solidarit\u00e9 et le travail en commun.Nous, ministres, avec notre coll\u00e8gue Sergue\u00ef Lavrov, nous allons continuer cette animation politique, cette consultation, nos ambassadeurs ici, comme les ambassadeurs de Russie dans nos capitales, vont continuer aussi \u00e0 animer ce travail, \u00e0 se concerter pour pouvoir obtenir des r\u00e9sultats concrets, au b\u00e9n\u00e9fice de nos populations, et dans un esprit de partenariat gagnant-gagnant avec la Russie.Sputnik: Les trois pays travaillent pour une autonomie dans le secteur d&rsquo;armement, le Mali a annonc\u00e9 la mise en place d&rsquo;une industrie militaire d&rsquo;armement, le Burkina se lance dans la production de drones de surveillance, alors vu le fait que la Russie est un partenaire strat\u00e9gique des trois pays dans le domaine militaire, est-ce que Moscou offre une assistance \u00e0 cet \u00e9gard?Abdoulaye Diop: Nous travaillons d\u00e9j\u00e0 avec la Russie sur plusieurs projets, vous savez que ce soit dans le domaine s\u00e9curitaire comme dans le domaine de la diplomatie ou sur le plan \u00e9conomique, nos pays souhaitent renforcer nos capacit\u00e9s, d\u00e9velopper une autonomie, pour que nous sortions des sch\u00e9mas de d\u00e9pendance.Dans ce cadre, nous savons que l&rsquo;acquisition d&rsquo;\u00e9quipements militaires va \u00eatre un besoin, un besoin de plus en plus croissant, et que nos pays ne vont pas rester dans une dynamique d&rsquo;aller juste continuer \u00e0 importer des \u00e9quipements militaires.Donc il est important qu&rsquo;avec le partenaire russe qui n&rsquo;est pas d\u2019ailleurs oppos\u00e9 \u00e0 \u00e7a, le transfert de technologie, le renforcement de nos capacit\u00e9s de transformation, que nous envisageons ensemble, comme vous l&rsquo;avez dit, au Mali, le Pr\u00e9sident Go\u00efta \u00e0 l&rsquo;ambition de d\u00e9velopper une industrie militaire dans notre pays. Au niveau de l&rsquo;espace AES aussi, il y a une volont\u00e9 de mettre en place aussi des capacit\u00e9s de transformation. Nous pensons que ceci va dans la bonne direction, d&rsquo;essayer de faire en sorte qu&rsquo;avec le partenaire russe qui a une technologie, une exp\u00e9rience av\u00e9r\u00e9e, que, en conjonction avec les entreprises et l&rsquo;\u00c9tat russe, que nous puissions aussi cr\u00e9er des capacit\u00e9s militaires, une industrie militaire dans l&rsquo;espace AES, qui va diminuer notre d\u00e9pendance par rapport aux importations d&rsquo;\u00e9quipements militaires, mais qui va aussi en m\u00eame temps cr\u00e9er des emplois pour nos pays, et renforcer notre vision d&rsquo;aller vers une industrialisation de nos pays, et la transformation structurelle de nos \u00e9conomies.Sputnik: En f\u00e9vrier dernier, les experts de l&rsquo;AES ont discut\u00e9 d&rsquo;une politique commune en mati\u00e8re de visa, quand pourrait-elle \u00eatre mise en \u0153uvre, et aussi je voulais demander si le passeport AES est accept\u00e9 par la Russie ou pas?Abdoulaye Diop: Toutes ces questions rentrent dans ce que nous appelons notre volont\u00e9 de renforcer la libre circulation de nos citoyens dans notre espace. Nous r\u00e9fl\u00e9chissons \u00e9galement \u00e0 comment nous pouvons faciliter la circulation aussi des visiteurs, des touristes et des partenaires dans notre espace.La question des visas est une initiative de nos chefs d&rsquo;\u00c9tat, nos experts ont analys\u00e9 la question, ont fait des propositions pour pouvoir d\u00e9velopper ce concept. Aujourd&rsquo;hui la question est sur la table de nos ministres, qui travaillent pour pouvoir mat\u00e9rialiser cette volont\u00e9. C&rsquo;est un projet qui est en cours.En ce qui concerne le passeport AES, il n&rsquo;y a pas que le passeport, il y a le passeport, il y a aussi la carte d&rsquo;identit\u00e9 biom\u00e9trique AES qui doit permettre \u00e0 nos citoyens de circuler dans cet environnement s\u00e9curitaire assez complexe, pour pouvoir renforcer les moyens biom\u00e9triques de contr\u00f4le.Le passeport lui-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 en janvier par nos trois pays, le Burkina, le Mali et le Niger, pour pouvoir faciliter la circulation de nos concitoyens. Naturellement ce passeport, sur le plan technique, contient des normes et des sp\u00e9cifications techniques qui vont m\u00eame au-del\u00e0 de ce qui est normalement demand\u00e9 par l&rsquo;OACI, l&rsquo;Organisation de l&rsquo;aviation civile internationale.Et nos pays ont la volont\u00e9 de pouvoir mettre \u00e0 disposition de nos concitoyens un document s\u00e9curis\u00e9 et fiable de ce point de vue, il n&rsquo;y a pas de probl\u00e8me. Quand le passeport a \u00e9t\u00e9 \u00e9mis, il a aussi ob\u00e9i aux diff\u00e9rentes proc\u00e9dures de notification. D&rsquo;abord, \u00e0 l&rsquo;OACI qui est l&rsquo;Organisation de l&rsquo;aviation civile internationale qui est bas\u00e9e au Canada. Une notification lui a \u00e9t\u00e9 faite avec la transmission des diff\u00e9rentes sp\u00e9cifications techniques, et aussi la transmission des sp\u00e9cimens physiques de ce passeport d&rsquo;abord pour le passeport ordinaire. Ensuite cette m\u00eame notification a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 tous les \u00c9tats concern\u00e9s pour qu&rsquo;ils prennent note de cela. Quelques jours plus tard nous avons fait d&rsquo;abord pour le passeport ordinaire et ensuite nous avons \u00e9mis un passeport diplomatique et un passeport de service qui ont suivi le m\u00eame cheminement de communication des sp\u00e9cifications techniques, mais aussi des transmissions des sp\u00e9cimens physiques \u00e0 l&rsquo;OACI et \u00e0 tous les \u00c9tats concern\u00e9s.Naturellement, les \u00c9tats ont diff\u00e9rentes proc\u00e9dures pour pouvoir traiter ces passeports et les ins\u00e9rer dans leur syst\u00e8me. Certains sont \u00e0 des stades avanc\u00e9s, d&rsquo;autres ont leur propre syst\u00e8me. A ce jour nous n&rsquo;avons enregistr\u00e9 aucun rejet par aucun pays de ce passeport.Il ne peut en \u00eatre puisque tous les \u00c9tats doivent juste ob\u00e9ir \u00e0 un certain nombre de sp\u00e9cifications techniques qui sont observ\u00e9es. Mais le d\u00e9lai de traitement peut varier d&rsquo;un pays \u00e0 l&rsquo;autre. La base que vous avez suivi sur le syst\u00e8me international par rapport \u00e0 la reconnaissance ou pas du passeport AES n&rsquo;a pas lieu d&rsquo;\u00eatre. Beaucoup de pays progressivement acceptent l&rsquo;utilisation de ce passeport. Nous sommes certains que progressivement dans les jours qui viennent ce passeport va pouvoir \u00eatre utilis\u00e9 par nos concitoyens pour leurs d\u00e9placements \u00e0 travers le monde. Mais je vous assure que ce passeport r\u00e9pond aux normes les plus \u00e9lev\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 et de fiabilit\u00e9.Sputnik: R\u00e9cemment les trois pays ont introduit un droit de douane de 0,5% sur les marchandises import\u00e9es des pays tiers pour utiliser les ressources g\u00e9n\u00e9r\u00e9es \u00e0 financer le fonctionnement des organes de l&rsquo;AES. Comment et par qui ces ressources seront-elles g\u00e9r\u00e9es?Abdoulaye Diop: La question de ce qu&rsquo;on appelle le pr\u00e9l\u00e8vement conf\u00e9d\u00e9ral n&rsquo;est pas une question nouvelle en tant que telle. Peut-\u00eatre pour la Conf\u00e9d\u00e9ration, l&rsquo;utilisation de 0,5% de taxes sur les importations, le m\u00eame m\u00e9canisme a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 par la CEDEAO, la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, pour son financement.Aujourd&rsquo;hui que nos pays ne sont plus membres de la CEDEAO, nous avons mis en place un pr\u00e9l\u00e8vement conf\u00e9d\u00e9ral qui permet de pr\u00e9lever les m\u00eames ressources, mais cette fois-ci dirig\u00e9es pour pouvoir financer la Conf\u00e9d\u00e9ration des \u00c9tats du Sahel: d&rsquo;abord son fonctionnement et ensuite le financement de certaines de ses institutions, comme la banque d&rsquo;investissements, mais \u00e9galement un certain nombre de projets structurants. Ce pr\u00e9l\u00e8vement s&rsquo;inscrit dans la vision de nos chefs d&rsquo;\u00c9tat de faire en sorte que les structures, les organisations que nous \u00e9tablissons, nous ne les \u00e9tablissons pas pour pouvoir demander aux partenaires ext\u00e9rieurs de les financer, ce qui en d\u00e9finitive les autorise \u00e0 contr\u00f4ler nos organisations et de dicter leur agenda.Il faut compter sur nous-m\u00eames, il faut que nous arrivions nous-m\u00eames \u00e0 d\u00e9gager prioritairement les ressources n\u00e9cessaires pour financer nos organisations. Ceci ne veut pas dire que l&rsquo;AES en tant que structure n&rsquo;aura pas \u00e0 travailler, avec certains partenaires par rapport \u00e0 certains projets, leur financement, mais nous le ferons de mani\u00e8re \u00e0 ne pas \u00eatre d\u00e9pendants de ces financements ext\u00e9rieurs et ne pas surtout permettre que ces financements autorisent d&rsquo;autres acteurs \u00e0 prendre le contr\u00f4le de nos ordres. Donc la question sera entre nos mains.C&rsquo;est vous dire en r\u00e9sum\u00e9 que la question du pr\u00e9l\u00e8vement n&rsquo;est pas une question nouvelle. C&rsquo;est juste que le pr\u00e9l\u00e8vement, les ressources qui sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9es sont redirig\u00e9es maintenant vers l&rsquo;AES.Sputnik: Et pensez-vous prendre d&rsquo;autres mesures en termes de politique fiscale dans l&rsquo;AES?Abdoulaye Diop: Je ne suis pas n\u00e9cessairement responsable de ces questions, mais ce que je peux dire c&rsquo;est que du point de vue du principe, nos pays et nos concitoyens doivent \u00eatre pr\u00eats \u00e0 assumer aussi des responsabilit\u00e9s financi\u00e8res plus grandes.Aujourd&rsquo;hui, le syst\u00e8me international lui-m\u00eame fait face \u00e0 un certain nombre de d\u00e9fis qui font qu&rsquo;\u00e0 cause des guerres, des tensions ou des consid\u00e9rations g\u00e9opolitiques, les ressources pour le financement du d\u00e9veloppement ou de l&rsquo;action humanitaire deviennent de plus en plus rares. Il appartiendra \u00e0 nos pays de pouvoir identifier des sources innovantes de financement ou de mobiliser davantage de ressources internes dans nos pays pour faire face \u00e0 ces responsabilit\u00e9s. Donc \u00e7a doit \u00eatre une approche syst\u00e9mique par rapport au financement du d\u00e9veloppement dans nos pays.Sputnik: Les pays de l&rsquo;AES se sont retir\u00e9s de l&rsquo;OIF r\u00e9cemment. Est-ce qu&rsquo;on peut dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une rupture culturelle avec la France?Abdoulaye Diop: Une rupture culturelle, c&rsquo;est trop dire. Entre la France et nos pays, il y a des liens historiques, m\u00eame si cela a \u00e9t\u00e9 fait dans des circonstances qui ne nous font pas n\u00e9cessairement honneur parce que c&rsquo;est li\u00e9 \u00e0 la colonisation ou \u00e0 un certain nombre de situations historiques que nous ne devons pas nier.Maintenant, le fait de parler fran\u00e7ais pour nos pays, c&rsquo;est un h\u00e9ritage colonial. C&rsquo;est un h\u00e9ritage colonial, mais l&rsquo;OIF est une organisation internationale de la francophonie qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1970, c&rsquo;est une organisation politique entre les pays qui ont le fran\u00e7ais en partage. Il y a m\u00eame des pays qui parlent \u00e0 peine fran\u00e7ais, qui sont membres de l&rsquo;OIF.Nos pays, en d\u00e9cidant de quitter cette organisation, n&rsquo;ont pas d\u00e9cid\u00e9 de se couper d&rsquo;un lien avec les pays qui ont le fran\u00e7ais en partage, mais de se sortir d&rsquo;une organisation qui est sous l&rsquo;influence d&rsquo;un pays en particulier qui promeut cette langue. Nos pays n&rsquo;ont pas comme objectif de perp\u00e9tuer cet h\u00e9ritage colonial.Deuxi\u00e8mement, la raison principale qui a motiv\u00e9 le retrait de nos pays, c&rsquo;est le fait que cette organisation, comme chaque organisation qui a ses principes, nos pays ont \u00e9t\u00e9 suspendus, c&rsquo;est vrai, pour cause de rupture de l&rsquo;ordre constitutionnel. Ce sont dans les textes de l&rsquo;organisation, nous ne nions pas cet \u00e9tat de fait. Ce que nous d\u00e9non\u00e7ons, c&rsquo;est le fait que dans l&rsquo;organisation, on fait une politique de deux poids, deux mesures: face aux m\u00eames situations, dans les m\u00eames pays, le traitement est diff\u00e9rent en fonction du fait que tel pays ait un rapport apais\u00e9 ou tendu avec la France. Je crois que c&rsquo;est ce qui est inacceptable. Nous ne pouvons pas \u00eatre dans une organisation, nous ne pouvons pas payer nos cotisations, et que quand il y a des situations, nos trois pays soient trait\u00e9s diff\u00e9remment, je ne souhaite pas que les mesures restrictives soient prises aussi contre tel ou tel pays. Par principe, nous sommes contre les sanctions, mais si cela doit se faire, il faut le faire de fa\u00e7on \u00e9quilibr\u00e9e.Nous ne pouvons pas \u00eatre dans une organisation et \u00eatre trait\u00e9s diff\u00e9remment, surtout sur la base de consid\u00e9rations politiques ou g\u00e9opolitiques, ou parce que ces d\u00e9cisions sont t\u00e9l\u00e9guid\u00e9es par un pays qui a des tensions ou des difficult\u00e9s avec nous.Ce sont ces questions que nous avons d\u00e9nonc\u00e9es. Naturellement, nos pays, comme je l&rsquo;ai indiqu\u00e9 hier, parlaient le fran\u00e7ais avant la cr\u00e9ation de l&rsquo;OIF, et certainement vont continuer \u00e0 parler le fran\u00e7ais en tant qu&rsquo;h\u00e9ritage colonial. Pour nos pays, comme le Mali, avec notre nouvelle constitution, le fran\u00e7ais est une langue de travail, c&rsquo;est un outil dont nous avons besoin, mais nos langues nationales ont maintenant le statut de langue officielle. Pour nous, ce qui est important et ce qui doit \u00eatre aujourd&rsquo;hui un des objectifs recherch\u00e9s, c&rsquo;est de pouvoir promouvoir davantage nos langues nationales. Cette ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par notre Pr\u00e9sident Go\u00efta, comme l&rsquo;ann\u00e9e de la culture. C&rsquo;est aussi l&rsquo;occasion, on peut mieux v\u00e9hiculer la culture que dans nos langues nationales. Donc le Burkina, le Mali comme le Niger, nous avons des langues nationales en partage, nous pouvons aussi travailler \u00e0 valoriser ces langues nationales et \u00e0 nous situer dans un multilinguisme qui nous permettra de parler anglais, russe, chinois ou d&rsquo;autres langues sans \u00eatre l\u00e0 pour pouvoir promouvoir une langue. Nous utilisons une langue parce que c&rsquo;est un v\u00e9hicule commercial, parce que nous avons besoin de faire telle ou telle chose. Mais au-del\u00e0 de \u00e7a, ce n&rsquo;est pas notre responsabilit\u00e9 de faire la promotion d&rsquo;une langue ou d&rsquo;un pays.Sputnik: L&rsquo;OIF finan\u00e7ait des projets \u00e9ducatifs en Mali, y compris en langue locale. La Russie aussi poss\u00e8de une grande exp\u00e9rience dans les projets \u00e9ducatifs. On a aussi des centres sp\u00e9cialis\u00e9s dans les langues africaines. On a l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;\u00c9tat de Saint-P\u00e9tersbourg o\u00f9 les \u00e9tudiants apprennent le bambara. Pensez-vous qu&rsquo;en collaboration avec les experts et les linguistes russes, la Russie pourrait aider le Mali \u00e0 pr\u00e9server et promouvoir ses langues locales?Abdoulaye Diop: C&rsquo;est un objectif que nous saluons, que les experts russes ou que la Russie en tant qu&rsquo;\u00c9tat d\u00e9cident de venir travailler avec nos pays pour la promotion de nos langues, au c\u00f4t\u00e9 de la langue russe aussi, c&rsquo;est un objectif louable. Nous restons ouverts \u00e0 cela. Encore une fois, la promotion de nos langues nationales est un objectif politique et une priorit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e au sein de nos pays.Nous ne sommes pas ferm\u00e9s \u00e0 l&rsquo;utilisation de langues de travail, qui pourraient \u00eatre le russe, le fran\u00e7ais ou l&rsquo;anglais, dans notre syst\u00e8me parce que nous en avons besoin, mais la priorit\u00e9 pour nous, c&rsquo;est les langues nationales qui nous permettent de valoriser nos cultures, de valoriser notre identit\u00e9 parce que la vaste majorit\u00e9 de nos concitoyens s&rsquo;exprime beaucoup plus dans ces langues nationales que dans les langues \u00e9trang\u00e8res.Sputnik: Il y a une dynamique d&rsquo;apprentissage de la langue russe au Sahel via les Maisons russes partenaires. Alors, comment voyez-vous cette dynamique? Est-ce que vous saluez que les citoyens de l\u2019AES apprennent le russe aussi?Abdoulaye Diop: Les relations culturelles avec la Russie ne datent pas d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, cela date des premi\u00e8res ann\u00e9es de nos ind\u00e9pendances: nous avons des milliers de Maliens qui parlent le russe, qui ont fr\u00e9quent\u00e9 l&rsquo;ex-URSS aujourd&rsquo;hui, la Russie \u00e9galement, donc ils parlent tr\u00e8s bien le russe et d&rsquo;autres langues qui \u00e9taient parl\u00e9es dans cet espace.Nous encourageons tous les efforts qui vont dans le sens de permettre aussi l&rsquo;acquisition d&rsquo;autres langues. Par exemple, le russe, en tant que langue de travail, permettra aussi de favoriser les \u00e9changes entre la Russie et nos pays et la compr\u00e9hension mutuelle.Nous saluons vraiment et encourageons ces diff\u00e9rents efforts, mais ce n&rsquo;est pas quelque chose de nouveau pour nous. Mais si \u00e7a peut aider \u00e0 la compr\u00e9hension mutuelle, au renforcement des \u00e9changes commerciaux et culturels entre les deux pays, cela ne peut permettre que de faire en sorte que le peuple russe, comme les peuples de l&rsquo;AES, puissent partager des valeurs communes et travailler pour l&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;une paix mondiale.Sputnik: Les \u00c9tats-Unis ont arr\u00eat\u00e9 le programme USAID. Est-ce que le Mali est touch\u00e9 par cela? Et si oui, est-ce que vous avez pris des mesures dans ce sens pour limiter les cons\u00e9quences?Abdoulaye Diop: Personnellement, je ne suis pas d\u00e9stabilis\u00e9 par cette d\u00e9cision. D&rsquo;ailleurs, le gouvernement du Mali non plus n&rsquo;est pas d\u00e9stabilis\u00e9.Le premier enseignement pour nous, c&rsquo;est que depuis d\u00e9j\u00e0 quelques mois, nous \u00e9tions en discussion avec l&rsquo;USAID au Mali. Nous avons eu des discussions tr\u00e8s difficiles qui sont all\u00e9es dans un blocage, parce que la fa\u00e7on dont l&rsquo;aide am\u00e9ricaine \u00e9tait dispens\u00e9e au niveau du Mali ne permettait pas aux Maliens de choisir les priorit\u00e9s, ne permettait pas aux Maliens de choisir les ONG qui sont choisies pour leur ex\u00e9cution, et les ressources en question ne passaient m\u00eame pas par le budget de l&rsquo;\u00c9tat. C&rsquo;est une telle question sur laquelle le Mali a object\u00e9 dans le souci d&rsquo;une appropriation nationale.Si un partenaire \u00e9tranger doit ex\u00e9cuter des programmes au Mali, \u00e7a doit se faire avec l&rsquo;\u00c9tat ou en accord avec l&rsquo;\u00c9tat malien pour pouvoir le faire. La deuxi\u00e8me le\u00e7on, c&rsquo;est que ces pays qui se l\u00e8vent du jour au lendemain ou s&rsquo;ils d\u00e9cident de suspendre leur aide, \u00e7a veut dire que l&rsquo;aide ne venait pas pour nos populations, mais l&rsquo;aide est un instrument politique ou un instrument de politique \u00e9trang\u00e8re pour atteindre un certain nombre d&rsquo;objectifs. S&rsquo;ils estiment qu&rsquo;ils ne peuvent pas atteindre ces objectifs, ils peuvent changer.La troisi\u00e8me le\u00e7on que nous devons tirer de \u00e7a, c&rsquo;est que nos pays doivent \u00eatre r\u00e9alistes. Nous ne pouvons pas b\u00e2tir nos plans sur la base des int\u00e9r\u00eats des autres qui veulent faire ces choses-l\u00e0 ou pas. Ces aides, un jour ou l&rsquo;autre, ont vocation \u00e0 se tarir ou ont vocation \u00e0 diminuer, parce qu&rsquo;il y a des pays qui se l\u00e8vent m\u00eame, qui demandent, parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas vot\u00e9 pour eux dans telle direction, parce qu&rsquo;il y a telle ou telle raison, ou il y a des changements politiques dans nos pays, ils d\u00e9cident de ne pas le faire.Donc il faut que nous trouvions les m\u00e9canismes n\u00e9cessaires qui permettent encore une fois de financer nos pays avec nos ressources internes, mais aussi d&rsquo;identifier des ressources \u00e0 l&rsquo;international qui n&rsquo;ob\u00e9issent pas n\u00e9cessairement \u00e0 ces dictats politiques. Il y a des cadres qui se font aujourd&rsquo;hui, que ce soit dans le cadre des BRICS ou d&rsquo;autres, qui nous permettent d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 certains types de ressources qui ne sont pas li\u00e9es \u00e0 certaines conditionnalit\u00e9s politiques qui viennent handicaper notre \u00e9volution. Donc nos pays en Afrique, nous devons en tirer les le\u00e7ons.Aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est l&rsquo;USAID, hier c&rsquo;\u00e9tait la Su\u00e8de pour le cas du Mali, demain \u00e7a sera un autre pays. Donc ce ne sont pas des incidents isol\u00e9s, \u00e7a s&rsquo;inscrit dans une dynamique. \u00c0 nous de comprendre que cette aide-l\u00e0 vise des objectifs politiques et sera fonction de conditionnalit\u00e9s politiques qui peuvent ou ne pas \u00eatre acceptables pour nous.Sputnik: La Russie et l&rsquo;Ukraine ont r\u00e9cemment convenu d&rsquo;un cessez-le-feu limit\u00e9 qui interdit les attaques contre les infrastructures \u00e9nerg\u00e9tiques et garantit la s\u00e9curit\u00e9 de la navigation dans la mer Noire, ce qui ouvre la voie vers la reprise de la circulation des navires avec le bl\u00e9 et les engrais russes. Comment appr\u00e9ciez-vous ces actualit\u00e9s? Quelle est l&rsquo;importance de la reprise \u00e9ventuelle des exportations de bl\u00e9 et d&rsquo;engrais russes vers le Mali et les pays du Sahel?Abdoulaye Diop: Je dois dire que la paix entre la Russie et l&rsquo;Ukraine sera b\u00e9n\u00e9fique pour le monde entier, pour la stabilit\u00e9 mais aussi pour l&rsquo;\u00e9conomie mondiale, l&rsquo;\u00e9conomie de nos pays, donc c&rsquo;est quelque chose que nous soutenons. Nous encourageons en tout cas la Russie \u00e0 poursuivre les efforts qu&rsquo;elle est en train d&rsquo;engager pour pouvoir arriver \u00e0 \u00e9tablir la paix avec son voisin, pour pouvoir aller de l&rsquo;avant, ce n&rsquo;est pas facile. Mais d&#8217;embl\u00e9e je dois dire que le Mali marque sa solidarit\u00e9 avec la Russie, comme l&rsquo;AES marque aussi sa solidarit\u00e9 avec la Russie dans ce combat et nous souhaitons qu&rsquo;on puisse avancer ensemble pour pouvoir trouver la paix.Mais je dois dire que pour le Mali, qui a d&rsquo;ailleurs rompu ses relations avec l&rsquo;Ukraine, nous l&rsquo;avons dit hier, nous consid\u00e9rons l&rsquo;Ukraine comme un \u00c9tat terroriste dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;Ukraine a ouvertement r\u00e9clam\u00e9 et revendiqu\u00e9 un soutien des groupes terroristes dans le Sahel et particuli\u00e8rement au niveau du Mali, ce qui a caus\u00e9 la mort de beaucoup de nos soldats et des citoyens maliens. Nous condamnons cet acte et nous estimons que d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, l&rsquo;Ukraine doit pouvoir assumer ses responsabilit\u00e9s et \u00eatre trait\u00e9e par les peuples africains comme un fauteur de troubles au niveau de notre espace, un acteur irresponsable qui vient cr\u00e9er l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans nos r\u00e9gions. Mais cela ne nous emp\u00eache pas de souhaiter qu\u2019il y ait la paix entre la Russie et l\u2019Ukraine et que si cette paix peut permettre d\u2019\u00e9couler plus facilement les productions ukrainiennes ou russes vers des populations ou des pays qui en ont besoin, c\u2019est une excellente chose. En tout cas, le Mali et l\u2019AES d\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale sont favorables \u00e0 toutes les initiatives qui conduisent \u00e0 la paix, mais une paix juste et durable, une paix qui prend en compte les pr\u00e9occupations s\u00e9curitaires de la Russie.<\/p>\n<p>russie<\/p>\n<p>afrique subsaharienne<\/p>\n<p>mali<\/p>\n<div itemprop=\"copyrightHolder\" itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/Organization\">\n<p>Sputnik Afrique<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" itemprop=\"url\" href=\"https:\/\/fr.sputniknews.africa\" title=\"Sputnik Afrique\"> <\/a><\/p>\n<p>feedback.fr@sputniknews.com<\/p>\n<p>+74956456601<\/p>\n<p>MIA \u201eRossiya Segodnya\u201c<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/t.me\/sputnik_afrique\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/t.me\/sputnik_africa\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/t.me\/sputnik_ethiopia\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/x.com\/sputnik_afrique\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/x.com\/sputnik_africa\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/x.com\/sputnik_ethio\"> <\/a><\/div>\n<p>2025<\/p>\n<div itemprop=\"creator\" itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/Organization\">\n<p>Sputnik Afrique<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" itemprop=\"url\" href=\"https:\/\/fr.sputniknews.africa\" title=\"Sputnik Afrique\"> <\/a><\/p>\n<p>feedback.fr@sputniknews.com<\/p>\n<p>+74956456601<\/p>\n<p>MIA \u201eRossiya Segodnya\u201c<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/t.me\/sputnik_afrique\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/t.me\/sputnik_africa\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/t.me\/sputnik_ethiopia\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/x.com\/sputnik_afrique\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/x.com\/sputnik_africa\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/x.com\/sputnik_ethio\"> <\/a><\/div>\n<p>Actus<\/p>\n<p>fr_FR<\/p>\n<div itemprop=\"sourceOrganization\" itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/Organization\">\n<p>Sputnik Afrique<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" itemprop=\"url\" href=\"https:\/\/fr.sputniknews.africa\" title=\"Sputnik Afrique\"> <\/a><\/p>\n<p>feedback.fr@sputniknews.com<\/p>\n<p>+74956456601<\/p>\n<p>MIA \u201eRossiya Segodnya\u201c<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/t.me\/sputnik_afrique\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/t.me\/sputnik_africa\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/t.me\/sputnik_ethiopia\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/x.com\/sputnik_afrique\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/x.com\/sputnik_africa\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/x.com\/sputnik_ethio\"> <\/a><\/div>\n<p><a target=\"_blank\" itemprop=\"thumbnailUrl\" href=\"https:\/\/cdn1.img.sputniknews.africa\/img\/07e8\/0a\/03\/1068531609_0:122:2272:1400_1920x0_80_0_0_76d2814f20ccfba0704aaf1b8b1bb67f.jpg\"\/><a target=\"_blank\" itemprop=\"thumbnailUrl\" href=\"https:\/\/cdn1.img.sputniknews.africa\/img\/07e8\/0a\/03\/1068531609_123:0:2150:1520_1920x0_80_0_0_d63dbb8ac5547e6fc9f73ebafab4e16f.jpg\">https:\/\/cdn1.img.sputniknews.africa\/img\/07e8\/0a\/03\/1068531609_123:0:2150:1520_1920x0_80_0_0_d63dbb8ac5547e6fc9f73ebafab4e16f.jpg<\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"thumbnailUrl\" href=\"https:\/\/cdn1.img.sputniknews.africa\/img\/07e8\/0a\/03\/1068531609_377:0:1897:1520_1920x0_80_0_0_21731fd78454206712539bddeb1fea19.jpg\" title=\"Meeting of the heads of the Russian and Malian Foreign Ministries S. Lavrov and A. Diop\"\/><\/p>\n<div itemprop=\"publisher\" itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/Organization\">\n<p>Sputnik Afrique<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" itemprop=\"url\" href=\"https:\/\/fr.sputniknews.africa\" title=\"Sputnik Afrique\"> <\/a><\/p>\n<p>feedback.fr@sputniknews.com<\/p>\n<p>+74956456601<\/p>\n<p>MIA \u201eRossiya Segodnya\u201c<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/t.me\/sputnik_afrique\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/t.me\/sputnik_africa\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/t.me\/sputnik_ethiopia\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/x.com\/sputnik_afrique\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/x.com\/sputnik_africa\"> <\/a><a target=\"_blank\" itemprop=\"sameAs\" href=\"https:\/\/x.com\/sputnik_ethio\"> <\/a><\/div>\n<p>russie, afrique subsaharienne, alliance des \u00e9tats du sahel (aes), opinion, mali, abdoulaye diop<\/p>\n<div itemprop=\"about\" itemscope=\"\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/Thing\">\n<p>russie, afrique subsaharienne, alliance des \u00e9tats du sahel (aes), opinion, mali, abdoulaye diop<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Sputnik:<\/strong> <em>Votre Excellence, Monsieur Abdoulaye Diop, bonjour, et merci d&rsquo;avoir accept\u00e9 de donner cette interview. La visite des trois ministres des Affaires \u00e9trang\u00e8res de l&rsquo;AES, c&rsquo;est une premi\u00e8re en Russie. Si vous pouvez nous donner plus de d\u00e9tails sur les sujets qui ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s avec la partie russe, sur quoi vous \u00eates convenus?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Abdoulaye Diop<\/strong>: Merci, nous sommes ici \u00e0 Moscou avec nos coll\u00e8gues, les ministres des Affaires \u00e9trang\u00e8res du Burkina Faso, mais aussi celui du Niger, \u00e0 l&rsquo;invitation de notre homologue russe, Sergue\u00ef Lavrov, dans le cadre de consultations entre la Conf\u00e9d\u00e9ration des \u00c9tats du Sahel, d&rsquo;une part, et la Russie, dans ce format conf\u00e9d\u00e9ral. Vous savez que chacun de nos pays entretient d\u00e9j\u00e0 des relations bilat\u00e9rales avec la Russie, mais nous voudrions franchir un autre cap en essayant d&rsquo;\u00e9tablir nos relations de partenariat, dans ce cadre en particulier, pour avoir des consultations politiques. Je me r\u00e9jouis que nous ayons pu avoir cette opportunit\u00e9, d&rsquo;avoir ce dialogue ouvert avec notre coll\u00e8gue de la Russie.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Dans ce cadre-l\u00e0, il est apparu un certain nombre de param\u00e8tres importants pour nous. D&rsquo;abord, les consultations ont d\u00e9montr\u00e9 que la Russie et les pays de l&rsquo;AES partagent une vision commune de leur engagement au plan international, un engagement bas\u00e9 sur le respect de la souverainet\u00e9 de nos pays, le respect des choix souverains de nos pays, mais aussi la prise en compte des int\u00e9r\u00eats de nos populations, bas\u00e9 sur le fait aussi que nos pays \u0153uvrent au plan international pour faire en sorte que leur voix soit entendue pour combattre ensemble l&rsquo;imp\u00e9rialisme, le n\u00e9ocolonialisme, l&rsquo;assujettissement de nos pays, l&rsquo;instrumentalisation des droits de l&rsquo;homme, un certain nombre de questions sur lesquelles nous nous battons, le rejet de l&rsquo;ing\u00e9rence dans les affaires int\u00e9rieures des pays. Donc, c&rsquo;est dire que sur le plan international, nous avons des principes et des valeurs que nous partageons.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Mais au-del\u00e0 de \u00e7a, nous avons aussi voulu, dans le cadre de ces consultations, b\u00e2tir avec la Russie un partenariat strat\u00e9gique avec l&rsquo;AES pour nous permettre de travailler ensemble pour faire avancer notre agenda, d&rsquo;abord sur la question de paix et de s\u00e9curit\u00e9, qui est vraiment la question essentielle, qui a m\u00eame \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine de la cr\u00e9ation de la Conf\u00e9d\u00e9ration des \u00c9tats du Sahel, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour faire face aux d\u00e9fis et \u00e0 la menace s\u00e9curitaire, domaine dans lequel la Russie a une exp\u00e9rience, il y a des capacit\u00e9s av\u00e9r\u00e9es que nous avons pu enregistrer au plan bilat\u00e9ral, mais nous souhaitons maintenant que la Russie accompagne le dispositif de la Conf\u00e9d\u00e9ration \u00e0 travers le soutien aux op\u00e9rations militaires conjointes que nous engageons sur le terrain et plus tard avec comme objectif d&rsquo;arriver \u00e0 mettre en place une force unifi\u00e9e de l&rsquo;AES pour contenir cette menace s\u00e9curitaire. Mais aussi, nous avons voulu renforcer notre collaboration sur le plan diplomatique qui est aussi un deuxi\u00e8me volet de la Conf\u00e9d\u00e9ration, c&rsquo;est de permettre \u00e0 nos pays de parler d&rsquo;une seule voix sur la sc\u00e8ne internationale. La Russie a besoin de nos pays, nous avons besoin de la Russie en tant que membre permanent du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations Unies qui n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 dans le pass\u00e9 aussi \u00e0 apporter son appui \u00e0 nos pays chaque fois que nous avons \u00e9t\u00e9 victimes d&rsquo;actions injustes sur le plan international et nos pays aussi \u0153uvrent \u00e0 soutenir la Russie chaque fois qu&rsquo;elle le sollicite pour pouvoir lui apporter un soutien politique.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Donc le troisi\u00e8me volet, c&rsquo;est sur la question du d\u00e9veloppement. L&rsquo;AES en tant qu&rsquo;entit\u00e9 \u00e9volue pour renforcer l&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique, rapprocher nos populations, mettre en place des projets structurants, des chemins de fer, des infrastructures routi\u00e8res, des projets \u00e9nerg\u00e9tiques, des projets dans le domaine agricole, l&rsquo;exploitation aussi de nos ressources mini\u00e8res. Donc il y a un certain nombre de projets structurants, y compris la mise en place d&rsquo;une banque d&rsquo;investissement qui permettra de g\u00e9n\u00e9rer des ressources propres pour financer les besoins de d\u00e9veloppement et de transformation de nos pays.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Donc sur l&rsquo;ensemble de ces questions, nous pouvons dire que nous avons eu des \u00e9changes tr\u00e8s francs, tr\u00e8s ouverts. Nous avons pu enregistrer un engagement tr\u00e8s fort de la Russie de continuer \u00e0 travailler avec nous et de renforcer sa collaboration au plan multilat\u00e9ral sur ces questions. Nous sommes aussi convenus d&rsquo;institutionnaliser ce m\u00e9canisme de consultation, de se voir au moins une fois dans l&rsquo;ann\u00e9e et de fa\u00e7on alternative en Russie et dans l&rsquo;espace AES.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Nous nous r\u00e9jouissons de pouvoir accueillir la prochaine r\u00e9union au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e prochaine dans l&rsquo;espace AES. D&rsquo;ici l\u00e0, un m\u00e9canisme de suivi est mis en place. Nous pensons que c&rsquo;est un pas important pour nos pays qui va dans le sens de la consolidation de nos liens, mais aussi c&rsquo;est la reconnaissance progressive par beaucoup d&rsquo;acteurs bilat\u00e9raux et multilat\u00e9raux de la r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9opolitique que constitue aujourd&rsquo;hui l&rsquo;AES en tant qu&rsquo;acteur important pour pouvoir travailler \u00e0 satisfaire les int\u00e9r\u00eats de nos populations.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Sputnik<\/strong>: <em>Est-ce qu&rsquo;un sommet AES-Russie est pr\u00e9vu dans le futur proche?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Abdoulaye Diop<\/strong>: Ce n&rsquo;est pas quelque chose qui est \u00e0 priori exclu, nous n&rsquo;avons pas ouvertement discut\u00e9 de cette question, mais le m\u00e9canisme est l\u00e0, en fonction des orientations de nos chefs d&rsquo;\u00c9tat, il est possible que nous arrivions \u00e0 ce niveau, mais d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 je peux dire que son Excellence le Pr\u00e9sident Vladimir Poutine comme nos chefs d&rsquo;\u00c9tat, son Excellence le Pr\u00e9sident le Capitaine Ibrahim Traor\u00e9, Pr\u00e9sident du Faso, le G\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;Arm\u00e9e, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du Niger<em> <\/em>Abdourahamane Tchiani, comme son Excellence le G\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;Arm\u00e9e Assimi Go\u00efta, Pr\u00e9sident de la Transition, chef de l&rsquo;\u00c9tat du Mali, ont beaucoup de choses en commun, ont vraiment une vision partag\u00e9e des pr\u00e9occupations de nos pays, et ils se consultent r\u00e9guli\u00e8rement, et je n&rsquo;exclus pas qu&rsquo;un jour ils d\u00e9cident de se retrouver dans ce cadre, ou en tout cas dans un cadre plus pertinent, pour pouvoir maintenir ce dialogue politique, et renforcer surtout la solidarit\u00e9 et le travail en commun.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Nous, ministres, avec notre coll\u00e8gue Sergue\u00ef Lavrov, nous allons continuer cette animation politique, cette consultation, nos ambassadeurs ici, comme les ambassadeurs de Russie dans nos capitales, vont continuer aussi \u00e0 animer ce travail, \u00e0 se concerter pour pouvoir obtenir des r\u00e9sultats concrets, au b\u00e9n\u00e9fice de nos populations, et dans un esprit de partenariat gagnant-gagnant avec la Russie.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Sputnik<\/strong>: <em>Les trois pays travaillent pour une autonomie dans le secteur d&rsquo;armement, le Mali a annonc\u00e9 la mise en place d&rsquo;une industrie militaire d&rsquo;armement, le Burkina se lance dans la production de drones de surveillance, alors vu le fait que la Russie est un partenaire strat\u00e9gique des trois pays dans le domaine militaire, est-ce que Moscou offre une assistance \u00e0 cet \u00e9gard?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Abdoulaye Diop<\/strong>: Nous travaillons d\u00e9j\u00e0 avec la Russie sur plusieurs projets, vous savez que ce soit dans le domaine s\u00e9curitaire comme dans le domaine de la diplomatie ou sur le plan \u00e9conomique, nos pays souhaitent renforcer nos capacit\u00e9s, d\u00e9velopper une autonomie, pour que nous sortions des sch\u00e9mas de d\u00e9pendance.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Dans ce cadre, nous savons que l&rsquo;acquisition d&rsquo;\u00e9quipements militaires va \u00eatre un besoin, un besoin de plus en plus croissant, et que nos pays ne vont pas rester dans une dynamique d&rsquo;aller juste continuer \u00e0 importer des \u00e9quipements militaires.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Donc il est important qu&rsquo;avec le partenaire russe qui n&rsquo;est pas d\u2019ailleurs oppos\u00e9 \u00e0 \u00e7a, le transfert de technologie, le renforcement de nos capacit\u00e9s de transformation, que nous envisageons ensemble, comme vous l&rsquo;avez dit, au Mali, le Pr\u00e9sident Go\u00efta \u00e0 l&rsquo;ambition de d\u00e9velopper une industrie militaire dans notre pays. Au niveau de l&rsquo;espace AES aussi, il y a une volont\u00e9 de mettre en place aussi des capacit\u00e9s de transformation. Nous pensons que ceci va dans la bonne direction, d&rsquo;essayer de faire en sorte qu&rsquo;avec le partenaire russe qui a une technologie, une exp\u00e9rience av\u00e9r\u00e9e, que, en conjonction avec les entreprises et l&rsquo;\u00c9tat russe, que nous puissions aussi cr\u00e9er des capacit\u00e9s militaires, une industrie militaire dans l&rsquo;espace AES, qui va diminuer notre d\u00e9pendance par rapport aux importations d&rsquo;\u00e9quipements militaires, mais qui va aussi en m\u00eame temps cr\u00e9er des emplois pour nos pays, et renforcer notre vision d&rsquo;aller vers une industrialisation de nos pays, et la transformation structurelle de nos \u00e9conomies.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Sputnik<\/strong>: <em>En f\u00e9vrier dernier, les experts de l&rsquo;AES ont discut\u00e9 d&rsquo;une politique commune en mati\u00e8re de visa, quand pourrait-elle \u00eatre mise en \u0153uvre, et aussi je voulais demander si le passeport AES est accept\u00e9 par la Russie ou pas?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Abdoulaye Diop<\/strong>: Toutes ces questions rentrent dans ce que nous appelons notre volont\u00e9 de renforcer la libre circulation de nos citoyens dans notre espace. Nous r\u00e9fl\u00e9chissons \u00e9galement \u00e0 comment nous pouvons faciliter la circulation aussi des visiteurs, des touristes et des partenaires dans notre espace.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>La question des visas est une initiative de nos chefs d&rsquo;\u00c9tat, nos experts ont analys\u00e9 la question, ont fait des propositions pour pouvoir d\u00e9velopper ce concept. Aujourd&rsquo;hui la question est sur la table de nos ministres, qui travaillent pour pouvoir mat\u00e9rialiser cette volont\u00e9. C&rsquo;est un projet qui est en cours.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>En ce qui concerne le passeport AES, il n&rsquo;y a pas que le passeport, il y a le passeport, il y a aussi la carte d&rsquo;identit\u00e9 biom\u00e9trique AES qui doit permettre \u00e0 nos citoyens de circuler dans cet environnement s\u00e9curitaire assez complexe, pour pouvoir renforcer les moyens biom\u00e9triques de contr\u00f4le.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Le passeport lui-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 en janvier par nos trois pays, le Burkina, le Mali et le Niger, pour pouvoir faciliter la circulation de nos concitoyens. Naturellement ce passeport, sur le plan technique, contient des normes et des sp\u00e9cifications techniques qui vont m\u00eame au-del\u00e0 de ce qui est normalement demand\u00e9 par l&rsquo;OACI, l&rsquo;Organisation de l&rsquo;aviation civile internationale.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Et nos pays ont la volont\u00e9 de pouvoir mettre \u00e0 disposition de nos concitoyens un document s\u00e9curis\u00e9 et fiable de ce point de vue, il n&rsquo;y a pas de probl\u00e8me. Quand le passeport a \u00e9t\u00e9 \u00e9mis, il a aussi ob\u00e9i aux diff\u00e9rentes proc\u00e9dures de notification. D&rsquo;abord, \u00e0 l&rsquo;OACI qui est l&rsquo;Organisation de l&rsquo;aviation civile internationale qui est bas\u00e9e au Canada. Une notification lui a \u00e9t\u00e9 faite avec la transmission des diff\u00e9rentes sp\u00e9cifications techniques, et aussi la transmission des sp\u00e9cimens physiques de ce passeport d&rsquo;abord pour le passeport ordinaire. Ensuite cette m\u00eame notification a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 tous les \u00c9tats concern\u00e9s pour qu&rsquo;ils prennent note de cela. Quelques jours plus tard nous avons fait d&rsquo;abord pour le passeport ordinaire et ensuite nous avons \u00e9mis un passeport diplomatique et un passeport de service qui ont suivi le m\u00eame cheminement de communication des sp\u00e9cifications techniques, mais aussi des transmissions des sp\u00e9cimens physiques \u00e0 l&rsquo;OACI et \u00e0 tous les \u00c9tats concern\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Naturellement, les \u00c9tats ont diff\u00e9rentes proc\u00e9dures pour pouvoir traiter ces passeports et les ins\u00e9rer dans leur syst\u00e8me. Certains sont \u00e0 des stades avanc\u00e9s, d&rsquo;autres ont leur propre syst\u00e8me. A ce jour nous n&rsquo;avons enregistr\u00e9 aucun rejet par aucun pays de ce passeport.Il ne peut en \u00eatre puisque tous les \u00c9tats doivent juste ob\u00e9ir \u00e0 un certain nombre de sp\u00e9cifications techniques qui sont observ\u00e9es. Mais le d\u00e9lai de traitement peut varier d&rsquo;un pays \u00e0 l&rsquo;autre. La base que vous avez suivi sur le syst\u00e8me international par rapport \u00e0 la reconnaissance ou pas du passeport AES n&rsquo;a pas lieu d&rsquo;\u00eatre. Beaucoup de pays progressivement acceptent l&rsquo;utilisation de ce passeport. Nous sommes certains que progressivement dans les jours qui viennent ce passeport va pouvoir \u00eatre utilis\u00e9 par nos concitoyens pour leurs d\u00e9placements \u00e0 travers le monde. Mais je vous assure que ce passeport r\u00e9pond aux normes les plus \u00e9lev\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 et de fiabilit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Sputnik<\/strong>: <em>R\u00e9cemment les trois pays ont introduit un droit de douane de 0,5% sur les marchandises import\u00e9es des pays tiers pour utiliser les ressources g\u00e9n\u00e9r\u00e9es \u00e0 financer le fonctionnement des organes de l&rsquo;AES. Comment et par qui ces ressources seront-elles g\u00e9r\u00e9es?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Abdoulaye Diop<\/strong>: La question de ce qu&rsquo;on appelle le pr\u00e9l\u00e8vement conf\u00e9d\u00e9ral n&rsquo;est pas une question nouvelle en tant que telle. Peut-\u00eatre pour la Conf\u00e9d\u00e9ration, l&rsquo;utilisation de 0,5% de taxes sur les importations, le m\u00eame m\u00e9canisme a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 par la CEDEAO, la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, pour son financement.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Aujourd&rsquo;hui que nos pays ne sont plus membres de la CEDEAO, nous avons mis en place un pr\u00e9l\u00e8vement conf\u00e9d\u00e9ral qui permet de pr\u00e9lever les m\u00eames ressources, mais cette fois-ci dirig\u00e9es pour pouvoir financer la Conf\u00e9d\u00e9ration des \u00c9tats du Sahel: d&rsquo;abord son fonctionnement et ensuite le financement de certaines de ses institutions, comme la banque d&rsquo;investissements, mais \u00e9galement un certain nombre de projets structurants. Ce pr\u00e9l\u00e8vement s&rsquo;inscrit dans la vision de nos chefs d&rsquo;\u00c9tat de faire en sorte que les structures, les organisations que nous \u00e9tablissons, nous ne les \u00e9tablissons pas pour pouvoir demander aux partenaires ext\u00e9rieurs de les financer, ce qui en d\u00e9finitive les autorise \u00e0 contr\u00f4ler nos organisations et de dicter leur agenda.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Il faut compter sur nous-m\u00eames, il faut que nous arrivions nous-m\u00eames \u00e0 d\u00e9gager prioritairement les ressources n\u00e9cessaires pour financer nos organisations. Ceci ne veut pas dire que l&rsquo;AES en tant que structure n&rsquo;aura pas \u00e0 travailler, avec certains partenaires par rapport \u00e0 certains projets, leur financement, mais nous le ferons de mani\u00e8re \u00e0 ne pas \u00eatre d\u00e9pendants de ces financements ext\u00e9rieurs et ne pas surtout permettre que ces financements autorisent d&rsquo;autres acteurs \u00e0 prendre le contr\u00f4le de nos ordres. Donc la question sera entre nos mains.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>C&rsquo;est vous dire en r\u00e9sum\u00e9 que la question du pr\u00e9l\u00e8vement n&rsquo;est pas une question nouvelle. C&rsquo;est juste que le pr\u00e9l\u00e8vement, les ressources qui sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9es sont redirig\u00e9es maintenant vers l&rsquo;AES.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Sputnik<\/strong>: <em>Et pensez-vous prendre d&rsquo;autres mesures en termes de politique fiscale dans l&rsquo;AES?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Abdoulaye Diop<\/strong>: Je ne suis pas n\u00e9cessairement responsable de ces questions, mais ce que je peux dire c&rsquo;est que du point de vue du principe, nos pays et nos concitoyens doivent \u00eatre pr\u00eats \u00e0 assumer aussi des responsabilit\u00e9s financi\u00e8res plus grandes.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Aujourd&rsquo;hui, le syst\u00e8me international lui-m\u00eame fait face \u00e0 un certain nombre de d\u00e9fis qui font qu&rsquo;\u00e0 cause des guerres, des tensions ou des consid\u00e9rations g\u00e9opolitiques, les ressources pour le financement du d\u00e9veloppement ou de l&rsquo;action humanitaire deviennent de plus en plus rares. Il appartiendra \u00e0 nos pays de pouvoir identifier des sources innovantes de financement ou de mobiliser davantage de ressources internes dans nos pays pour faire face \u00e0 ces responsabilit\u00e9s. Donc \u00e7a doit \u00eatre une approche syst\u00e9mique par rapport au financement du d\u00e9veloppement dans nos pays.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Sputnik<\/strong>: <em>Les pays de l&rsquo;AES se sont retir\u00e9s de l&rsquo;OIF r\u00e9cemment. Est-ce qu&rsquo;on peut dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une rupture culturelle avec la France?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Abdoulaye Diop<\/strong>: Une rupture culturelle, c&rsquo;est trop dire. Entre la France et nos pays, il y a des liens historiques, m\u00eame si cela a \u00e9t\u00e9 fait dans des circonstances qui ne nous font pas n\u00e9cessairement honneur parce que c&rsquo;est li\u00e9 \u00e0 la colonisation ou \u00e0 un certain nombre de situations historiques que nous ne devons pas nier.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Maintenant, le fait de parler fran\u00e7ais pour nos pays, c&rsquo;est un h\u00e9ritage colonial. C&rsquo;est un h\u00e9ritage colonial, mais l&rsquo;OIF est une organisation internationale de la francophonie qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1970, c&rsquo;est une organisation politique entre les pays qui ont le fran\u00e7ais en partage. Il y a m\u00eame des pays qui parlent \u00e0 peine fran\u00e7ais, qui sont membres de l&rsquo;OIF.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Nos pays, en d\u00e9cidant de quitter cette organisation, n&rsquo;ont pas d\u00e9cid\u00e9 de se couper d&rsquo;un lien avec les pays qui ont le fran\u00e7ais en partage, mais de se sortir d&rsquo;une organisation qui est sous l&rsquo;influence d&rsquo;un pays en particulier qui promeut cette langue. Nos pays n&rsquo;ont pas comme objectif de perp\u00e9tuer cet h\u00e9ritage colonial.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Deuxi\u00e8mement, la raison principale qui a motiv\u00e9 le retrait de nos pays, c&rsquo;est le fait que cette organisation, comme chaque organisation qui a ses principes, nos pays ont \u00e9t\u00e9 suspendus, c&rsquo;est vrai, pour cause de rupture de l&rsquo;ordre constitutionnel. Ce sont dans les textes de l&rsquo;organisation, nous ne nions pas cet \u00e9tat de fait. Ce que nous d\u00e9non\u00e7ons, c&rsquo;est le fait que dans l&rsquo;organisation, on fait une politique de deux poids, deux mesures: face aux m\u00eames situations, dans les m\u00eames pays, le traitement est diff\u00e9rent en fonction du fait que tel pays ait un rapport apais\u00e9 ou tendu avec la France. Je crois que c&rsquo;est ce qui est inacceptable. Nous ne pouvons pas \u00eatre dans une organisation, nous ne pouvons pas payer nos cotisations, et que quand il y a des situations, nos trois pays soient trait\u00e9s diff\u00e9remment, je ne souhaite pas que les mesures restrictives soient prises aussi contre tel ou tel pays. Par principe, nous sommes contre les sanctions, mais si cela doit se faire, il faut le faire de fa\u00e7on \u00e9quilibr\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Nous ne pouvons pas \u00eatre dans une organisation et \u00eatre trait\u00e9s diff\u00e9remment, surtout sur la base de consid\u00e9rations politiques ou g\u00e9opolitiques, ou parce que ces d\u00e9cisions sont t\u00e9l\u00e9guid\u00e9es par un pays qui a des tensions ou des difficult\u00e9s avec nous.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Ce sont ces questions que nous avons d\u00e9nonc\u00e9es. Naturellement, nos pays, comme je l&rsquo;ai indiqu\u00e9 hier, parlaient le fran\u00e7ais avant la cr\u00e9ation de l&rsquo;OIF, et certainement vont continuer \u00e0 parler le fran\u00e7ais en tant qu&rsquo;h\u00e9ritage colonial. Pour nos pays, comme le Mali, avec notre nouvelle constitution, le fran\u00e7ais est une langue de travail, c&rsquo;est un outil dont nous avons besoin, mais nos langues nationales ont maintenant le statut de langue officielle. Pour nous, ce qui est important et ce qui doit \u00eatre aujourd&rsquo;hui un des objectifs recherch\u00e9s, c&rsquo;est de pouvoir promouvoir davantage nos langues nationales. Cette ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par notre Pr\u00e9sident Go\u00efta, comme l&rsquo;ann\u00e9e de la culture. C&rsquo;est aussi l&rsquo;occasion, on peut mieux v\u00e9hiculer la culture que dans nos langues nationales. Donc le Burkina, le Mali comme le Niger, nous avons des langues nationales en partage, nous pouvons aussi travailler \u00e0 valoriser ces langues nationales et \u00e0 nous situer dans un multilinguisme qui nous permettra de parler anglais, russe, chinois ou d&rsquo;autres langues sans \u00eatre l\u00e0 pour pouvoir promouvoir une langue. Nous utilisons une langue parce que c&rsquo;est un v\u00e9hicule commercial, parce que nous avons besoin de faire telle ou telle chose. Mais au-del\u00e0 de \u00e7a, ce n&rsquo;est pas notre responsabilit\u00e9 de faire la promotion d&rsquo;une langue ou d&rsquo;un pays.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Sputnik:<\/strong> <em>L&rsquo;OIF finan\u00e7ait des projets \u00e9ducatifs en Mali, y compris en langue locale. La Russie aussi poss\u00e8de une grande exp\u00e9rience dans les projets \u00e9ducatifs. On a aussi des centres sp\u00e9cialis\u00e9s dans les langues africaines. On a l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;\u00c9tat de Saint-P\u00e9tersbourg o\u00f9 les \u00e9tudiants apprennent le bambara. Pensez-vous qu&rsquo;en collaboration avec les experts et les linguistes russes, la Russie pourrait aider le Mali \u00e0 pr\u00e9server et promouvoir ses langues locales?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Abdoulaye Diop<\/strong>: C&rsquo;est un objectif que nous saluons, que les experts russes ou que la Russie en tant qu&rsquo;\u00c9tat d\u00e9cident de venir travailler avec nos pays pour la promotion de nos langues, au c\u00f4t\u00e9 de la langue russe aussi, c&rsquo;est un objectif louable. Nous restons ouverts \u00e0 cela. Encore une fois, la promotion de nos langues nationales est un objectif politique et une priorit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e au sein de nos pays.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Nous ne sommes pas ferm\u00e9s \u00e0 l&rsquo;utilisation de langues de travail, qui pourraient \u00eatre le russe, le fran\u00e7ais ou l&rsquo;anglais, dans notre syst\u00e8me parce que nous en avons besoin, mais la priorit\u00e9 pour nous, c&rsquo;est les langues nationales qui nous permettent de valoriser nos cultures, de valoriser notre identit\u00e9 parce que la vaste majorit\u00e9 de nos concitoyens s&rsquo;exprime beaucoup plus dans ces langues nationales que dans les langues \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Sputnik<\/strong>: <em>Il y a une dynamique d&rsquo;apprentissage de la langue russe au Sahel via les Maisons russes partenaires. Alors, comment voyez-vous cette dynamique? Est-ce que vous saluez que les citoyens de l\u2019AES apprennent le russe aussi?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Abdoulaye Diop<\/strong>: Les relations culturelles avec la Russie ne datent pas d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, cela date des premi\u00e8res ann\u00e9es de nos ind\u00e9pendances: nous avons des milliers de Maliens qui parlent le russe, qui ont fr\u00e9quent\u00e9 l&rsquo;ex-URSS aujourd&rsquo;hui, la Russie \u00e9galement, donc ils parlent tr\u00e8s bien le russe et d&rsquo;autres langues qui \u00e9taient parl\u00e9es dans cet espace.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Nous encourageons tous les efforts qui vont dans le sens de permettre aussi l&rsquo;acquisition d&rsquo;autres langues. Par exemple, le russe, en tant que langue de travail, permettra aussi de favoriser les \u00e9changes entre la Russie et nos pays et la compr\u00e9hension mutuelle.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Nous saluons vraiment et encourageons ces diff\u00e9rents efforts, mais ce n&rsquo;est pas quelque chose de nouveau pour nous. Mais si \u00e7a peut aider \u00e0 la compr\u00e9hension mutuelle, au renforcement des \u00e9changes commerciaux et culturels entre les deux pays, cela ne peut permettre que de faire en sorte que le peuple russe, comme les peuples de l&rsquo;AES, puissent partager des valeurs communes et travailler pour l&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;une paix mondiale.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Sputnik<\/strong>: <em>Les \u00c9tats-Unis ont arr\u00eat\u00e9 le programme USAID. Est-ce que le Mali est touch\u00e9 par cela? Et si oui, est-ce que vous avez pris des mesures dans ce sens pour limiter les cons\u00e9quences?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Abdoulaye Diop<\/strong>: Personnellement, je ne suis pas d\u00e9stabilis\u00e9 par cette d\u00e9cision. D&rsquo;ailleurs, le gouvernement du Mali non plus n&rsquo;est pas d\u00e9stabilis\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Le premier enseignement pour nous, c&rsquo;est que depuis d\u00e9j\u00e0 quelques mois, nous \u00e9tions en discussion avec l&rsquo;USAID au Mali. Nous avons eu des discussions tr\u00e8s difficiles qui sont all\u00e9es dans un blocage, parce que la fa\u00e7on dont l&rsquo;aide am\u00e9ricaine \u00e9tait dispens\u00e9e au niveau du Mali ne permettait pas aux Maliens de choisir les priorit\u00e9s, ne permettait pas aux Maliens de choisir les ONG qui sont choisies pour leur ex\u00e9cution, et les ressources en question ne passaient m\u00eame pas par le budget de l&rsquo;\u00c9tat. C&rsquo;est une telle question sur laquelle le Mali a object\u00e9 dans le souci d&rsquo;une appropriation nationale.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Si un partenaire \u00e9tranger doit ex\u00e9cuter des programmes au Mali, \u00e7a doit se faire avec l&rsquo;\u00c9tat ou en accord avec l&rsquo;\u00c9tat malien pour pouvoir le faire. La deuxi\u00e8me le\u00e7on, c&rsquo;est que ces pays qui se l\u00e8vent du jour au lendemain ou s&rsquo;ils d\u00e9cident de suspendre leur aide, \u00e7a veut dire que l&rsquo;aide ne venait pas pour nos populations, mais l&rsquo;aide est un instrument politique ou un instrument de politique \u00e9trang\u00e8re pour atteindre un certain nombre d&rsquo;objectifs. S&rsquo;ils estiment qu&rsquo;ils ne peuvent pas atteindre ces objectifs, ils peuvent changer.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>La troisi\u00e8me le\u00e7on que nous devons tirer de \u00e7a, c&rsquo;est que nos pays doivent \u00eatre r\u00e9alistes. Nous ne pouvons pas b\u00e2tir nos plans sur la base des int\u00e9r\u00eats des autres qui veulent faire ces choses-l\u00e0 ou pas. Ces aides, un jour ou l&rsquo;autre, ont vocation \u00e0 se tarir ou ont vocation \u00e0 diminuer, parce qu&rsquo;il y a des pays qui se l\u00e8vent m\u00eame, qui demandent, parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas vot\u00e9 pour eux dans telle direction, parce qu&rsquo;il y a telle ou telle raison, ou il y a des changements politiques dans nos pays, ils d\u00e9cident de ne pas le faire.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Donc il faut que nous trouvions les m\u00e9canismes n\u00e9cessaires qui permettent encore une fois de financer nos pays avec nos ressources internes, mais aussi d&rsquo;identifier des ressources \u00e0 l&rsquo;international qui n&rsquo;ob\u00e9issent pas n\u00e9cessairement \u00e0 ces dictats politiques. Il y a des cadres qui se font aujourd&rsquo;hui, que ce soit dans le cadre des BRICS ou d&rsquo;autres, qui nous permettent d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 certains types de ressources qui ne sont pas li\u00e9es \u00e0 certaines conditionnalit\u00e9s politiques qui viennent handicaper notre \u00e9volution. Donc nos pays en Afrique, nous devons en tirer les le\u00e7ons.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est l&rsquo;USAID, hier c&rsquo;\u00e9tait la Su\u00e8de pour le cas du Mali, demain \u00e7a sera un autre pays. Donc ce ne sont pas des incidents isol\u00e9s, \u00e7a s&rsquo;inscrit dans une dynamique. \u00c0 nous de comprendre que cette aide-l\u00e0 vise des objectifs politiques et sera fonction de conditionnalit\u00e9s politiques qui peuvent ou ne pas \u00eatre acceptables pour nous.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Sputnik<\/strong>: <em>La Russie et l&rsquo;Ukraine ont r\u00e9cemment convenu d&rsquo;un cessez-le-feu limit\u00e9 qui interdit les attaques contre les infrastructures \u00e9nerg\u00e9tiques et garantit la s\u00e9curit\u00e9 de la navigation dans la mer Noire, ce qui ouvre la voie vers la reprise de la circulation des navires avec le bl\u00e9 et les engrais russes. Comment appr\u00e9ciez-vous ces actualit\u00e9s? Quelle est l&rsquo;importance de la reprise \u00e9ventuelle des exportations de bl\u00e9 et d&rsquo;engrais russes vers le Mali et les pays du Sahel?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p><strong>Abdoulaye Diop<\/strong>: Je dois dire que la paix entre la Russie et l&rsquo;Ukraine sera b\u00e9n\u00e9fique pour le monde entier, pour la stabilit\u00e9 mais aussi pour l&rsquo;\u00e9conomie mondiale, l&rsquo;\u00e9conomie de nos pays, donc c&rsquo;est quelque chose que nous soutenons. Nous encourageons en tout cas la Russie \u00e0 poursuivre les efforts qu&rsquo;elle est en train d&rsquo;engager pour pouvoir arriver \u00e0 \u00e9tablir la paix avec son voisin, pour pouvoir aller de l&rsquo;avant, ce n&rsquo;est pas facile. Mais d&#8217;embl\u00e9e je dois dire que le Mali marque sa solidarit\u00e9 avec la Russie, comme l&rsquo;AES marque aussi sa solidarit\u00e9 avec la Russie dans ce combat et nous souhaitons qu&rsquo;on puisse avancer ensemble pour pouvoir trouver la paix.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article__block\" data-type=\"text\">\n<p>Mais je dois dire que pour le Mali, qui a d&rsquo;ailleurs rompu ses relations avec l&rsquo;Ukraine, nous l&rsquo;avons dit hier, nous consid\u00e9rons l&rsquo;Ukraine comme un \u00c9tat terroriste dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;Ukraine a ouvertement r\u00e9clam\u00e9 et revendiqu\u00e9 un soutien des groupes terroristes dans le Sahel et particuli\u00e8rement au niveau du Mali, ce qui a caus\u00e9 la mort de beaucoup de nos soldats et des citoyens maliens. Nous condamnons cet acte et nous estimons que d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, l&rsquo;Ukraine doit pouvoir assumer ses responsabilit\u00e9s et \u00eatre trait\u00e9e par les peuples africains comme un fauteur de troubles au niveau de notre espace, un acteur irresponsable qui vient cr\u00e9er l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans nos r\u00e9gions. Mais cela ne nous emp\u00eache pas de souhaiter qu\u2019il y ait la paix entre la Russie et l\u2019Ukraine et que si cette paix peut permettre d\u2019\u00e9couler plus facilement les productions ukrainiennes ou russes vers des populations ou des pays qui en ont besoin, c\u2019est une excellente chose. En tout cas, le Mali et l\u2019AES d\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale sont favorables \u00e0 toutes les initiatives qui conduisent \u00e0 la paix, mais une paix juste et durable, une paix qui prend en compte les pr\u00e9occupations s\u00e9curitaires de la Russie.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><script async=\"async\" type=\"text\/plain\" class=\"_iub_cs_activate\" data-iub-purposes=\"3\" data-suppressedsrc=\"https:\/\/connect.facebook.net\/en_US\/sdk.js#xfbml=1&amp;version=v3.2\"><\/script><br \/>\n<br \/><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/fr.sputniknews.africa\/20250408\/russie-aes-nos-pays-uvrent-pour-combattre-ensemble-limperialisme-le-neocolonialisme-1071634182.html\" target=\"_blank\"\">Source link <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>https:\/\/fr.sputniknews.africa\/20250408\/russie-aes-nos-pays-uvrent-pour-combattre-ensemble-limperialisme-le-neocolonialisme-1071634182.html Russie-AES: \u00ab\u00a0Nos pays \u0153uvrent pour combattre ensemble l&rsquo;imp\u00e9rialisme, le n\u00e9ocolonialisme\u00a0\u00bb Russie-AES: \u00ab\u00a0Nos pays \u0153uvrent pour combattre ensemble l&rsquo;imp\u00e9rialisme, le n\u00e9ocolonialisme\u00a0\u00bb Sputnik Afrique Coop\u00e9ration s\u00e9curitaire, aide de Moscou \u00e0 la&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5966,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-5965","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5965","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5965"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5965\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5966"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5965"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5965"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5965"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}