{"id":7697,"date":"2025-05-06T04:46:58","date_gmt":"2025-05-06T02:46:58","guid":{"rendered":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2025\/05\/06\/coup-de-poignard-franco-marocain-enfant-de-la-societe-sott-net\/"},"modified":"2025-05-06T04:46:58","modified_gmt":"2025-05-06T02:46:58","slug":"coup-de-poignard-franco-marocain-enfant-de-la-societe-sott-net","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monde25.info\/index.php\/2025\/05\/06\/coup-de-poignard-franco-marocain-enfant-de-la-societe-sott-net\/","title":{"rendered":"coup de poignard franco-marocain ? \u2014 Enfant de la Soci\u00e9t\u00e9 \u2014 Sott.net"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<div class=\"article-image-super to-center\"><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/fr.sott.net\/image\/s36\/727217\/full\/681207d29e1c606b5fe9bf02.jpg\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.sott.net\/image\/s36\/727217\/super\/681207d29e1c606b5fe9bf02.jpg\" alt=\"jhgf\" title=\"Cliquer pour agrandir\"\/><\/a><\/div>\n<p>Le 28 avril, \u00e0 douze heures trente-trois pr\u00e9cises, un voile noir s&rsquo;est abattu sur la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique, gagnant jusque dans les provinces m\u00e9ridionales de la France. Une coupure d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 d&rsquo;une ampleur inhabituelle a suspendu l&rsquo;activit\u00e9 humaine, comme si un doigt divin avait soudainement press\u00e9 l&rsquo;interrupteur du monde moderne. \u00c0 Madrid, \u00e0 Barcelone, la foule est descendue dans la rue, brandissant des t\u00e9l\u00e9phones priv\u00e9s de leur lumi\u00e8re \u2014 antennes d\u00e9risoires tendues vers un ciel muet.<\/p>\n<p>Les carrefours, orphelins de leurs feux tricolores, sont devenus des th\u00e9\u00e2tres d&rsquo;improvisation lente, o\u00f9 les automobiles rampent, incertaines, dans un ballet sans chef d&rsquo;orchestre. Les entrailles du pays, son r\u00e9seau ferr\u00e9, sont fig\u00e9es ; les m\u00e9tros comme les trains demeurent immobiles, t\u00e9moins silencieux d&rsquo;une d\u00e9pendance trop bien huil\u00e9e. M\u00eame les a\u00e9roports, ces temples de la vitesse et de la r\u00e9gularit\u00e9, ont connu leur lot d&rsquo;incidents. Et les centrales nucl\u00e9aires, g\u00e9antes calmes aux gestes mesur\u00e9s, se sont arr\u00eat\u00e9es dans un automatisme prudent, selon les rites \u00e9tablis pour conjurer le pire.<\/p>\n<p>Mais avant d&rsquo;interroger les raisons de ce cataclysme technique, il convient de s&rsquo;arr\u00eater un instant, et de scruter le c\u0153ur invisible de la b\u00eate : ce qu&rsquo;est, dans son architecture intime, un r\u00e9seau \u00e9lectrique national. L\u00e0 se cachent les cl\u00e9s, non d&rsquo;un simple accident, mais d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement qui, par-del\u00e0 ses cons\u00e9quences, r\u00e9v\u00e8le la nature de notre fragilit\u00e9.<\/p>\n<p><span class=\"BoldGrey\">Fonctionnement d&rsquo;un r\u00e9seau \u00e9lectrique national<\/span><\/p>\n<p>Il convient d&rsquo;abord de comprendre, avec un peu de s\u00e9rieux et de m\u00e9thode, le fonctionnement de ce que l&rsquo;on appelle le r\u00e9seau \u00e9lectrique &#8211; ce syst\u00e8me invisible, mais vital comme le sang qui circule dans nos art\u00e8res. Prenons une image simple : celle d&rsquo;un verre. Un verre dans lequel, \u00e0 chaque instant, entre et sort un liquide. Ce liquide, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. Ce qui en sort, c&rsquo;est la consommation ; ce qui y entre, c&rsquo;est la production. Et le niveau du verre repr\u00e9sente l&rsquo;\u00e9quilibre fragile du syst\u00e8me tout entier.<\/p>\n<p>Il y a des heures o\u00f9 la demande augmente \u2014 des pics soudains de consommation d&rsquo;\u00e9nergie. Alors, pour \u00e9viter que le niveau du verre ne chute, il faut injecter plus d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, produire davantage. \u00c0 l&rsquo;inverse, lorsque la consommation faiblit, il faut savoir restreindre la production, car trop remplir ce verre, c&rsquo;est risquer le d\u00e9bordement \u2014 c&rsquo;est provoquer la noyade du syst\u00e8me.<\/p>\n<p>Ci-dessous, nous avons une reproduction graphique de ce processus de r\u00e9gulation. La ligne jaune correspond \u00e0 la consommation r\u00e9elle, l&rsquo;eau qui entre, l&rsquo;eau qui sort \u2014 c&rsquo;est le flot \u00e9lectrique, ce sang invisible du monde moderne. Mais ce flot ne se r\u00e9gule pas de lui-m\u00eame. Il ob\u00e9it \u00e0 des pr\u00e9visions, \u00e0 des projections, \u00e0 cette ligne verte, anticipation de ce que l&rsquo;on consommera, de ce que l&rsquo;on produira. Et la ligne rouge ? Ce n&rsquo;est rien moins que le plan, la programmation technique. Ils sont les gestes du syst\u00e8me \u00e9lectrique espagnol qui, tel un grand organisme nerveux, active ou d\u00e9sactive ses organes \u2014 turbines, centrales, \u00e9oliennes &#8211; pour r\u00e9pondre \u00e0 la demande pr\u00e9vue. \u00c0 20 h 05, on pr\u00e9voit 27 000 MW. \u00c0 20 h 30, il faut en fournir 31 000. Alors, on allume. On pousse les machines. On fait monter la pression.<\/p>\n<div class=\"article-image-super to-center\"><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/fr.sott.net\/image\/s36\/727221\/full\/_6423_2f3c4.jpg\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/fr.sott.net\/image\/s36\/727221\/super\/_6423_2f3c4.jpg\" alt=\"ftghhtf\" title=\"Cliquer pour agrandir\"\/><\/a><\/div>\n<p>Un black-out comme celui qui frappa l&rsquo;Espagne le 28 avril ne peut s&rsquo;expliquer que de deux mani\u00e8res. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, une production trop importante d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 provoque une \u00ab surchauffe \u00bb et saute, \u00e0 l&rsquo;instar d&rsquo;un fusible \u00e9lectrique. Le verre d&rsquo;eau d\u00e9borde. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, une consommation trop importante peut \u00e9puiser les capacit\u00e9s du r\u00e9seau. Le verre d&rsquo;eau est \u00e0 sec.<\/p>\n<p>Le gouvernement espagnol semble pencher pour cette seconde explication. En effet, Pedro S\u00e1nchez, le chef du gouvernement espagnol, s&rsquo;est exprim\u00e9 dans la nuit de lundi, r\u00e9v\u00e9lant qu&rsquo;\u00e0 peine quelques instants apr\u00e8s 12 h 30, une rupture brutale et inexplicable s&rsquo;est produite dans le syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique national : quinze gigawatts, soit pr\u00e8s de soixante pour cent de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 consomm\u00e9e \u00e0 cet instant pr\u00e9cis, se sont volatilis\u00e9s en cinq secondes, comme happ\u00e9s dans un n\u00e9ant silencieux. \u00ab Jamais pareille chose ne s&rsquo;\u00e9tait produite \u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p>Cette perte foudroyante de la capacit\u00e9 de production est \u00e0 l&rsquo;origine du d\u00e9sastre sans pr\u00e9c\u00e9dent qui a pr\u00e9cipit\u00e9 l&rsquo;ensemble de la p\u00e9ninsule dans une obscurit\u00e9 absolue. Quant aux causes profondes de ce naufrage technique, elles demeurent, pour l&rsquo;heure, entour\u00e9es d&rsquo;un \u00e9pais myst\u00e8re. Selon les propos m\u00eames de M. S\u00e1nchez, ni les ing\u00e9nieurs ni les experts les plus chevronn\u00e9s n&rsquo;ont encore su d\u00e9signer l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de cette \u00e9trange disparition de m\u00e9gawatts \u2014 un ph\u00e9nom\u00e8ne qui \u00e9chappe, pour l&rsquo;instant, \u00e0 toute logique rationnelle. Il a \u00e9galement appel\u00e9 les citoyens \u00e0 \u00e9viter les sp\u00e9culations et \u00e0 suivre uniquement les sources officielles [<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.egaliteetreconciliation.fr\/Blackout-espagnol-coup-de-poignard-franco-marocain-78311.html#nb1\">1<\/a>].<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc le gouvernement qui, d&rsquo;un ton docte, annonce : \u00ab Nous avons perdu quinze gigawatts. \u00bb Perdu, dit-il, comme on perd ses clefs ou un ticket de m\u00e9tro. Quinze gigawatts, \u00e9vapor\u00e9s comme par magie \u2014 l&rsquo;Espagne, pateline et distraite, se serait promen\u00e9e avec cette charge colossale dans la poche, l&rsquo;aurait sem\u00e9e quelque part entre Madrid et S\u00e9ville, sans que personne n&rsquo;en f\u00fbt alert\u00e9 jusqu&rsquo;au moment fatidique o\u00f9 le noir s&rsquo;abattit sur la nation, tel un suaire sur un cadavre.<\/p>\n<p>Et l&rsquo;on s&rsquo;imagine, dans un \u00e9clat d&rsquo;absurde, quelque ministre effar\u00e9, fouillant ses poches vides avec l&rsquo;air \u00e9plor\u00e9 d&rsquo;un domestique pris en faute : \u00ab Je vous jure, ils \u00e9taient l\u00e0, il y a un instant&#8230; \u00bb Mais enfin, o\u00f9 donc les avez-vous donc fourr\u00e9s, ces gigawatts ? Sont-ils tomb\u00e9s dans un trou noir administratif, un gouffre budg\u00e9taire, ou bien ont-ils \u00e9t\u00e9 balay\u00e9s par ce vent d&rsquo;incomp\u00e9tence qui souffle de plus en plus fort sur les institutions ? Et surtout \u2014 question bien plus grave \u2014 quel ph\u00e9nom\u00e8ne, quelle main invisible, quel \u00e9v\u00e9nement abyssal a pu provoquer cette soudaine et myst\u00e9rieuse \u00e9vaporation de puissance ?<\/p>\n<p>Mais voil\u00e0 : pour le citoyen paisible, ce citoyen \u00e0 qui l&rsquo;on a appris \u00e0 ne jamais comprendre et \u00e0 toujours croire, tout cela a l&rsquo;air tr\u00e8s logique. Quinze gigawatts, et tout s&rsquo;\u00e9teint. Cela va de soi, n&rsquo;est-ce pas ? Comme si l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 \u00e9tait un f\u00fbt de vin perc\u00e9 qui se vide dans la cave sans que nul ne s&rsquo;en rende compte. Or, ce que l&rsquo;on tait, ce que l&rsquo;on n&rsquo;ose plus dire de peur de troubler l&rsquo;ignorance satisfaite, c&rsquo;est que le r\u00e9seau \u00e9lectrique, ce r\u00e9seau tiss\u00e9 avec rigueur et pr\u00e9voyance, n&rsquo;est pas un jouet m\u00e9canique qu&rsquo;un souffle suffit \u00e0 faire tomber. Ce n&rsquo;est pas un d\u00e9cor de carton que le vent de la n\u00e9gligence renverse au faux premier pas. Il y a l\u00e0-dedans des relais, des sauvegardes, des cloisonnements pens\u00e9s pour pr\u00e9cis\u00e9ment emp\u00eacher l&rsquo;effondrement que l&rsquo;on nous pr\u00e9sente aujourd&rsquo;hui comme un fait accompli.<\/p>\n<p>Car l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 ce ne sont point des gigots que l&rsquo;on trimbale dans des sacs, ce sont des \u00e9lectrons qui dansent fr\u00e9n\u00e9tiquement dans des c\u00e2bles tendus d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre du pays. Le tout est con\u00e7u pour tenir bon, pour isoler la faille, pour contenir l&rsquo;accident \u2014 et non pour s&rsquo;\u00e9vanouir d&rsquo;un bloc comme une arm\u00e9e de fant\u00f4mes \u00e0 la premi\u00e8re alerte. Ce r\u00e9seau, cette toile tendue sur tout le territoire, est une forteresse. Il peut plier localement, il peut fl\u00e9chir ici o\u00f9 l\u00e0, mais tomber, s&rsquo;effondrer int\u00e9gralement ? Non. Cela est contraire \u00e0 son essence.<\/p>\n<p>D&rsquo;ailleurs, Pedro S\u00e1nchez lui-m\u00eame \u2014 cet homme que l&rsquo;on ne saurait accuser d&rsquo;exc\u00e8s de lucidit\u00e9 \u2014 l&rsquo;avait dit avec ce ton inspir\u00e9 que prennent les chefs lorsqu&rsquo;ils croient dire vrai : \u00ab Le z\u00e9ro \u00e9lectrique est une impossibilit\u00e9 technique. \u00bb Et pourtant, voici qu&rsquo;on nous le sert froid, comme une soupe r\u00e9chauff\u00e9e dans un r\u00e9fectoire de caserne. L&rsquo;impossible est devenu banal. Voil\u00e0 le progr\u00e8s.<\/p>\n<p>Fort heureusement, l&rsquo;Espagne n&rsquo;a pas manqu\u00e9 d&rsquo;hommes encore capables de lire, de douter, et d&rsquo;interroger le r\u00e9el \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire, en ces temps de foi m\u00e9diatique, de v\u00e9ritables h\u00e9r\u00e9tiques. \u00c0 l&rsquo;image de ces architectes et ing\u00e9nieurs am\u00e9ricains qui, jadis, os\u00e8rent mettre en pi\u00e8ces la fable du 11 septembre au nom des lois \u00e9l\u00e9mentaires de la physique, voici que des \u00e9lectriciens, moins vers\u00e9s en rh\u00e9torique, mais non moins aff\u00fbt\u00e9s dans leur domaine, ont \u00e9merg\u00e9 des marges. Et, presque aussit\u00f4t, un graphique surgit, comme un \u00e9clair dans la nuit, troublant l&rsquo;ordre \u00e9tabli du r\u00e9cit officiel.<\/p>\n<p>Ce que l&rsquo;on vous pr\u00e9sente ici, ce n&rsquo;est pas un simple graphique. C&rsquo;est une radiographie, une autopsie presque. Celle de ce qui s&rsquo;est jou\u00e9 lundi dans les entrailles du r\u00e9seau \u00e9lectrique espagnol, et que personne, bien s\u00fbr, ne vous expliquera ainsi. Les esprits libres de la p\u00e9ninsule, ceux qu&rsquo;on appelle avec d\u00e9dain \u00ab complotistes \u00bb, murmurent deux noms, \u00e9voquent deux puissances \u00e9tatiques &#8211; deux mains gant\u00e9es peut-\u00eatre agissant d&rsquo;un m\u00eame mouvement \u2014 qui auraient tir\u00e9 les leviers dans l&rsquo;ombre.<\/p>\n<p><strong><span class=\"BoldGrey\">a) La piste marocaine<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Int\u00e9ressons-nous tout d&rsquo;abord aux deux perturbations qui pr\u00e9c\u00e8dent la chute du r\u00e9seau \u00e9lectrique espagnol. Soudain, la ligne de tension s&rsquo;anime, prise de spasmes brutaux : elle grimpe, chute, puis remonte encore dans un mouvement incoh\u00e9rent, convulsif. Ces sursauts, ces pointes anormales ne sauraient \u00eatre le fruit du hasard. Leur origine, n\u00e9cessairement, s&rsquo;inscrit dans l&rsquo;une des quatre causes identifiables par toute intelligence m\u00e9thodique.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re est d&rsquo;ordre naturel : de rares ph\u00e9nom\u00e8nes atmosph\u00e9riques ou de brutales variations de temp\u00e9rature pourraient, en th\u00e9orie, produire ces alt\u00e9rations &#8211; un r\u00e9chauffement fulgurant, une contraction ou dilatation des c\u00e2bles, des perturbations impr\u00e9visibles venues du ciel. Mais hier, l&rsquo;AEMET (l&rsquo;agence m\u00e9t\u00e9orologique nationale) fut formelle : nulle anomalie n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e, ni sur le front thermique, ni dans l&rsquo;ordre des cieux. Le ciel fut calme, docile. Nous pouvons donc, sans r\u00e9serve, exclure ce premier facteur.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me hypoth\u00e8se renvoie \u00e0 la panne, \u00e0 la rupture, voire au sabotage. Or, cette piste est peu plausible. La nature m\u00eame du r\u00e9seau espagnol l&rsquo;exclut. Ce r\u00e9seau n&rsquo;est pas une simple ligne qu&rsquo;on sectionne d&rsquo;un coup de cisaille ; c&rsquo;est une toile, un maillage dense, pens\u00e9 pour la r\u00e9silience. Qu&rsquo;un point c\u00e8de, et le reste s&rsquo;adapte, d\u00e9tourne, contourne. Une ligne tombe, mais l&rsquo;\u00e9nergie continue de circuler. Une panne ne saurait donc engendrer une perturbation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n<p>Reste la main de l&rsquo;homme. Une erreur, peut-\u00eatre ? Un geste maladroit, une op\u00e9ration hasardeuse ou inopportune ? Ce sc\u00e9nario est jug\u00e9 improbable. Trop de garde-fous, trop de contr\u00f4les, trop de protocoles. Que l&rsquo;on d\u00e9branche ou enclenche un composant d&rsquo;importance par inadvertance semble relever de l&rsquo;exception, non de la norme. Ce n&rsquo;est pas impossible, certes, mais peu cr\u00e9dible.<\/p>\n<p>Enfin, la derni\u00e8re hypoth\u00e8se, la plus contemporaine, la plus inqui\u00e9tante aussi : celle du coup invisible, du coup digital : la cyberattaque. Chaque jour, le r\u00e9seau espagnol affronte plus d&rsquo;un millier de ces offensives muettes. Elles visent des cibles pr\u00e9cises : entreprises, infrastructures, parfois m\u00eame des usines. Elles sont localis\u00e9es, souvent contenues avant de faire mal. Mais si un jour l&rsquo;une d&rsquo;elles devait se glisser entre les mailles, ruser les d\u00e9fenses, et atteindre le c\u0153ur m\u00eame du syst\u00e8me&#8230; alors oui, nous pourrions assister \u00e0 ce genre d&rsquo;anomalie.<\/p>\n<p>Il advint que plusieurs centrales \u00e9lectriques espagnoles signal\u00e8rent un ph\u00e9nom\u00e8ne pour le moins singulier : une surtension persistante. L\u00e0 o\u00f9 les lignes devaient sagement ronronner \u00e0 220 GW, elles se prenaient de soubresauts, oscillant audacieusement entre 220 et 240 GW. Caprice de l&rsquo;atmosph\u00e8re ? Pulsion du soleil andalou ? Certains ing\u00e9nieurs \u00e9voqu\u00e8rent la possibilit\u00e9 d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment ext\u00e9rieur perturbateur, d&rsquo;un d\u00e9s\u00e9quilibre, sinon surnaturel, du moins assez intelligent pour faire jaillir des pics de tension des entrailles m\u00eames des plaques photovolta\u00efques, ces autels modernes dress\u00e9s au dieu Climat.<\/p>\n<p>Il suffirait de quelques manipulations habiles, de modestes sabotages bien plac\u00e9s sur ces vastes champs solaires, pour qu&rsquo;une r\u00e9action en cha\u00eene se d\u00e9clenche : surchauffe, d\u00e9charge involontaire, emballement du syst\u00e8me. Et soudain, le r\u00e9seau national devient la proie de sursauts nerveux, comme un cheval effray\u00e9 par un bruit qu&rsquo;il est seul \u00e0 entendre.<\/p>\n<p>Mais ce n&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 qu&rsquo;un pr\u00e9lude. Car voil\u00e0 que surgit le Centre cryptologique national, branche du Centre national d&rsquo;information \u2014 notre \u00e9quivalent ib\u00e9rique des grandes chapelles du renseignement. Ces messieurs, qui voient des menaces l\u00e0 o\u00f9 nous ne voyons que lignes \u00e9lectriques, annoncent qu&rsquo;une activit\u00e9 \u00ab inhabituellement intense \u00bb \u00e9manant du nord de l&rsquo;Afrique avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e peu avant le grand blackout qui plongea l&rsquo;Espagne et le Portugal dans le noir [<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.egaliteetreconciliation.fr\/Blackout-espagnol-coup-de-poignard-franco-marocain-78311.html#nb2\">2<\/a>]. Une co\u00efncidence ? Voyons.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 peine eu-t-on le temps d&rsquo;envisager un cyberassaut transcontinental, que \u2014 par une de ces pirouettes bureaucratiques dont les services secrets ont le secret \u2014 les m\u00eames sources d\u00e9clar\u00e8rent, quelques heures plus tard, qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9, \u00ab cela ne venait pas du Maroc \u00bb [<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.egaliteetreconciliation.fr\/Blackout-espagnol-coup-de-poignard-franco-marocain-78311.html#nb3\">3<\/a>]. Ah bon ? Et d&rsquo;o\u00f9 alors ? Du d\u00e9sert ? D&rsquo;un mirage ? Ou peut-\u00eatre&#8230; de nulle part.<\/p>\n<p>Alors que croire ? La premi\u00e8re version ou la seconde ? Ou aucune des deux ? Faut-il en conclure que le CNI parle en deux langues, selon le vent qui souffle sur les bureaux de Madrid ? Ou que quelque main invisible \u2014 plus politique qu&rsquo;\u00e9lectrique &#8211; aurait gentiment sugg\u00e9r\u00e9 \u00e0 nos agents de r\u00e9viser leurs conclusions ? Et si le renseignement n&rsquo;\u00e9tait plus qu&rsquo;un instrument au service d&rsquo;une narration changeante, une fable fluide qu&rsquo;on adapte selon les n\u00e9cessit\u00e9s diplomatiques ou \u00e9conomiques ? On nous demande de ne pas poser trop de questions. Alors, naturellement, nous en poserons deux fois plus.<\/p>\n<p><strong><span class=\"BoldGrey\">b) La piste fran\u00e7aise<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Si l&rsquo;on revient au graphique que nous avons examin\u00e9 plus t\u00f4t \u2014 ce funeste sismogramme d&rsquo;un d\u00e9sastre \u00e9lectrique -, une \u00e9vidence cr\u00e8ve les yeux : avant que le r\u00e9seau espagnol ne rende l&rsquo;\u00e2me, il y eut une ultime flamb\u00e9e, un jaillissement d&rsquo;\u00e9nergie. Voil\u00e0 qui ruine sans appel la version aseptis\u00e9e du gouvernement de Madrid, selon laquelle une brutale perte de quinze gigawatts aurait pr\u00e9cipit\u00e9 l&rsquo;effondrement. Non : ce ne fut point la p\u00e9nurie, mais bien l&rsquo;exc\u00e8s qui acc\u00e9l\u00e9ra la ruine.<\/p>\n<p>Mais d&rsquo;o\u00f9 provenait cette orgie de kilowatts ? L&rsquo;Espagne moderne, bard\u00e9e de ses oripeaux \u00e9cologiques, se fie \u00e0 un ar\u00e9opage h\u00e9t\u00e9roclite de g\u00e9n\u00e9rateurs : le solaire, l&rsquo;\u00e9olien, l&rsquo;hydro\u00e9lectrique, le cycle combin\u00e9 \u2014 ce dernier carburant aux hydrocarbures ou \u00e0 l&rsquo;atome, r\u00e9sidus d&rsquo;un monde que l&rsquo;on feint de renier. Au c\u0153ur de cette mosa\u00efque, les \u00e9nergies dites \u00ab renouvelables \u00bb forment un corps capricieux, lunatique, tributaire des vents et des astres. Le blackout n&rsquo;est pas survenu par hasard \u00e0 midi \u2014 moment o\u00f9 les panneaux solaires, en pleine extase photonique, vomissaient leur offrande. Le syst\u00e8me, incapable d&rsquo;absorber ce flux imp\u00e9tueux, c\u00e9da. Comme un vase que l&rsquo;on emplit sans cesse, il d\u00e9borda, et le pays sombra dans une nuit artificielle.<\/p>\n<p>Faut-il en accuser le ciel ib\u00e9rique ? Non, car des dispositifs existent pour \u00e9viter pareille issue. Le gestionnaire de r\u00e9seau a le pouvoir, comme un chef d&rsquo;orchestre, d&rsquo;\u00e9teindre les sources inutiles, de doser le flux, de vendre m\u00eame les surplus \u00e0 ses voisins. Et l\u00e0 r\u00e9side un d\u00e9tail capital, que les experts feignent d&rsquo;oublier : l&rsquo;Espagne est une forteresse \u00e9nerg\u00e9tique. Depuis que l&rsquo;Union europ\u00e9enne s&rsquo;est elle-m\u00eame coup\u00e9e du gaz russe, l&rsquo;Espagne est devenue une \u00eele de production au milieu d&rsquo;un continent fam\u00e9lique. Forte de ses installations renouvelables, elle produit sa propre \u00e9nergie, et souvent m\u00eame plus qu&rsquo;il ne lui en faut. Alors, docile aux dogmes du libre-\u00e9change technocratique impos\u00e9 par les c\u00e9nacles bruxellois, elle exporte. Vers le Portugal, vers le Maroc, mais surtout vers la France. Cette France, orgueilleuse de ses r\u00e9acteurs, se fait alors passeuse d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, courtier d&rsquo;un trop-plein qui traverse les fronti\u00e8res et va gonfler les veines \u00e9nerg\u00e9tiques de l&rsquo;Allemagne industrielle.<\/p>\n<p>Mais que se passe-t-il si la France refuse soudainement de recevoir le surplus d&rsquo;\u00e9nergie espagnole ? Que se passe-t-il si le robinet reste ouvert, mais que le tuyau d&rsquo;en face est brutalement bouch\u00e9 ? Il se passe ce que tout bon physicien redoute : un reflux, une surcharge, un d\u00e9bordement. Hier, \u00e0 12 h 33, le syst\u00e8me espagnol a connu un choc brutal : un pic de tension, trois fois sup\u00e9rieur \u00e0 ce que le r\u00e9seau pouvait tol\u00e9rer. Non pas parce qu&rsquo;il manquait d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 &#8211; comme le pr\u00e9tendit cyniquement M. S\u00e1nchez &#8211; mais parce qu&rsquo;il y en avait trop. Parce qu&rsquo;au moment m\u00eame o\u00f9 la France devait absorber ce surplus, elle s&rsquo;est d\u00e9connect\u00e9e. D\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment. Et le flot, n&rsquo;ayant plus d&rsquo;exutoire, a fait exploser le circuit.<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est l\u00e0, selon les voix qu&rsquo;on aime traiter de \u00ab complotistes \u00bb, que r\u00e9side le vrai scandale : l&rsquo;effondrement ne fut pas la cons\u00e9quence d&rsquo;un \u00e9chec technique, mais d&rsquo;un sabotage politique. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;Espagne qui chancela, c&rsquo;est un alli\u00e9 qui, dans l&rsquo;ombre, retira sa main. Car l&rsquo;Espagne d\u00e9range. Elle produit trop, elle vend trop, elle ose concurrencer la r\u00e9publique nucl\u00e9aire fran\u00e7aise, fruit d&rsquo;un demi-si\u00e8cle de centralisme planificateur. Cette arrogance verte, ce d\u00e9sir d&rsquo;\u00e9mancipation solaire, devient insupportable aux yeux d&rsquo;un ambitieux Macron qui souhaiterait que son pays soit le seul producteur fiable d&rsquo;\u00e9nergie, tirant ainsi profit de l&rsquo;h\u00e9ritage nucl\u00e9aire l\u00e9gu\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. Alors, il frappe. Non avec des armes, mais avec des prises d\u00e9branch\u00e9es.<\/p>\n<p>Et l&rsquo;on feint ensuite de s&rsquo;\u00e9tonner. On d\u00e9cr\u00e8te que les \u00e9nergies renouvelables sont instables. Qu&rsquo;elles manquent de cette \u00ab inertie \u00bb propre aux centrales thermiques. Et l&rsquo;on entend d\u00e9j\u00e0 les oracles de l&rsquo;orthodoxie \u00e9nerg\u00e9tique murmurer leurs mantras : \u00ab Il faut revenir au bon sens \u00bb, \u00ab Il nous faut du nucl\u00e9aire \u00bb. Curieux, tout de m\u00eame, que ce bon sens profite toujours aux m\u00eames : \u00e0 la France, riche de ses 59 r\u00e9acteurs ; au Maroc, promis \u00e0 l&rsquo;atome dans les d\u00e9cennies \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Ainsi se referme le pi\u00e8ge. L&rsquo;Espagne, isol\u00e9e, trop verte, trop libre, se retrouve soumise non plus \u00e0 la dette, mais \u00e0 une autre forme de servitude : la d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique. On brise son \u00e9lan, on moque son audace, et sous couvert de stabilit\u00e9, on l&rsquo;encha\u00eene \u00e0 nouveau. Car dans ce si\u00e8cle o\u00f9 l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 est reine, celui qui contr\u00f4le le flux tient la clef du pouvoir. Et celui qui d\u00e9branche d\u00e9tient la puissance.<\/p>\n<p>Telles sont les \u00e9lucubrations que colportent avec une assurance proph\u00e9tique les plus retentissants oracles du complotisme hispanique.<\/p>\n<p><span class=\"BoldGrey\">Quelques nuances<\/span><\/p>\n<p>Il sied pourtant de ne point s&#8217;emballer. L&rsquo;esprit critique exige, en tout temps, qu&rsquo;on se garde d&rsquo;\u00e9riger un sch\u00e9ma en dogme sur la seule foi d&rsquo;un graphique, f\u00fbt-il saisissant dans sa clart\u00e9. L&rsquo;\u00e9vidence, si elle existe, r\u00e9clame toujours davantage qu&rsquo;un simple trac\u00e9 sur papier glac\u00e9. Et puis, faut-il vraiment pr\u00eater \u00e0 Emmanuel Macron, ce curieux avatar du monde branch\u00e9 \u2014 chantre du \u00ab Plug, baby, plug ! \u00bb, slogan aussi grotesque que r\u00e9v\u00e9lateur \u2014 l&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 d&rsquo;une man\u0153uvre aussi perverse contre son voisin de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es ? L&rsquo;hypoth\u00e8se amuse, elle distrait m\u00eame, tant elle colle \u00e0 l&rsquo;image que l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 donne de lui. Mais enfin, \u00e0 trop vouloir voir un strat\u00e8ge dans chaque pantin, on risque de faire trop d&rsquo;honneur aux ficelles. Cela dit, reconnaissons-le, ce dernier trait n&rsquo;innocente pas le pr\u00e9sident fran\u00e7ais : sans qu&rsquo;il soit besoin d&rsquo;en rajouter dans le mauvais calembour, c&rsquo;est plut\u00f4t un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 charge qu&rsquo;\u00e0 d\u00e9charge.<\/p>\n<p>Plus s\u00e9rieusement, Nicolas Meilhan rappelait avec justesse et clart\u00e9 ce constat sur les ondes de Tocsin : la France est aujourd&rsquo;hui le c\u0153ur battant du r\u00e9seau \u00e9lectrique europ\u00e9en, le pivot silencieux sur lequel repose l&rsquo;\u00e9quilibre pr\u00e9caire d&rsquo;un continent tout entier. L&rsquo;Hexagone, avec ses lignes tendues vers le Royaume-Uni, la Belgique, l&rsquo;Allemagne, la Suisse, l&rsquo;Italie et l&rsquo;Espagne, n&rsquo;est pas seulement interconnect\u00e9 : il est le garant d&rsquo;un ordre \u00e9lectrique fragile, dont l&rsquo;instabilit\u00e9 menace chaque jour davantage.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"\u00ab Cette panne d\u00e9montre le danger du tout-renouvelable ! \u00bb - Nicolas Meilhan\" width=\"1110\" height=\"624\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/oJZflKQiXj8?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Ce r\u00e9seau, l&rsquo;Espagne en a fait l&rsquo;am\u00e8re exp\u00e9rience, est d&rsquo;une sensibilit\u00e9 presque maladive : il respire au rythme fixe de 50 Hz. Une production qui vacille provoque une variation. Une fr\u00e9quence qui grimpe, une tension qui fl\u00e9chit \u2014 et le m\u00e9canisme vacille. \u00c0 ce jeu-l\u00e0, la France joue un r\u00f4le singulier : elle stabilise, elle amortit, elle porte. Gr\u00e2ce \u00e0 son parc nucl\u00e9aire, cet h\u00e9ritage industriel que d&rsquo;autres pays nous envient tout en le m\u00e9prisant, 70 % de notre \u00e9lectricit\u00e9 est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e avec une constance qui conf\u00e8re \u00e0 notre r\u00e9seau une inertie pr\u00e9cieuse.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur de ce dispositif, les \u00ab grosses machines tournantes \u00bb, comparables \u00e0 des dynamos g\u00e9antes, incarnent une sagesse technologique : elles absorbent les chocs, ralentissent ou acc\u00e9l\u00e8rent selon les besoins du syst\u00e8me, offrant \u00e0 cette Europe f\u00e9brile le luxe d&rsquo;un \u00e9quilibre. Mais ce r\u00f4le de gardien n&rsquo;est pas sans co\u00fbt. Il \u00e9puise nos centrales, acc\u00e9l\u00e8re leur vieillissement. Un moteur ne s&rsquo;use que lorsqu&rsquo;on le malm\u00e8ne, et l&rsquo;on ne malm\u00e8ne pas impun\u00e9ment les joyaux de la France atomique. Si l&rsquo;on veut conduire nos r\u00e9acteurs jusqu&rsquo;\u00e0 quatre-vingts ann\u00e9es de service, il faudra cesser de les employer comme des freins d&rsquo;urgence pour une Europe ingouvern\u00e9e.<\/p>\n<p>Lorsque la fr\u00e9quence chute \u2014 comme ce fut le cas, semble-t-il, en Espagne -, la machine s&rsquo;arr\u00eate d&rsquo;elle-m\u00eame, par r\u00e9flexe de survie. Et c&rsquo;est alors \u00e0 EDF de trancher : prot\u00e9ger la France, ou maintenir la solidarit\u00e9 continentale. Le choix est vite fait. Couper l&rsquo;interconnexion n&rsquo;est pas une agression : c&rsquo;est un acte de salubrit\u00e9 publique. La France, en se retirant, ne trahit pas l&rsquo;Europe : elle la sauve d&rsquo;elle-m\u00eame. Mais dans le geste, l&rsquo;Espagne s&rsquo;effondre.<\/p>\n<p>Ce syst\u00e8me \u2014 que d&rsquo;aucuns appellent \u00ab march\u00e9 \u00bb \u2014 est en r\u00e9alit\u00e9 un \u00e9chafaudage de d\u00e9pendances mutuelles : nous d\u00e9pendons de l&rsquo;Autre quand il y a trop, quand il y a trop peu, quand nous sommes s\u00fbrs de notre force ou tremblants dans notre p\u00e9nurie. Ce n&rsquo;est plus une coop\u00e9ration, c&rsquo;est une cha\u00eene d&rsquo;impuissances crois\u00e9es. Et dans ce th\u00e9\u00e2tre \u00e9lectrique, chacun se repasse la patate chaude \u00e9lectrique en esp\u00e9rant qu&rsquo;elle n&rsquo;explose pas dans sa propre main.<\/p>\n<p>Cette fois, le malheur a frapp\u00e9 l&rsquo;Espagne. Mais, comme l&rsquo;a dit Meilhan cela aurait pu parfaitement se produire en France, peut-\u00eatre m\u00eame que cela a failli arriver et qu&rsquo;on en est pass\u00e9 \u00e0 deux doigts. Nous dansons au bord d&rsquo;un gouffre, les yeux riv\u00e9s sur le compteur.<\/p>\n<p>L&rsquo;avenir seul l\u00e8vera le voile sur le sens v\u00e9ritable du black-out espagnol. S&rsquo;agit-il d&rsquo;un coup port\u00e9 dans l&rsquo;ombre, une estocade sournoise inflig\u00e9e \u00e0 un rival dont la pr\u00e9sence, sur l&rsquo;\u00e9chiquier \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9en, devenait trop encombrante ? Si tel est le cas, il ne faudrait point se fier aux maximes des vieux almanachs : la foudre, loin de respecter les proverbes, pourrait bien s&rsquo;abattre derechef sur la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique. Mais s&rsquo;il fallait voir l\u00e0 un acte m\u00fbrement r\u00e9fl\u00e9chi, une man\u0153uvre froide dict\u00e9e par la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server la stabilit\u00e9 du r\u00e9seau fran\u00e7ais \u2014 ce c\u0153ur battant du syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique continental \u2014 alors nul n&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;abri. Car ce qui frappe l&rsquo;un, demain frappera l&rsquo;autre. Et la France, \u00e0 son tour, devra peut-\u00eatre s&rsquo;\u00e9clairer \u00e0 l&rsquo;aide de bougies.\n\t\t<\/p>\n<\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/fr.sott.net\/article\/44325-Blackout-espagnol-coup-de-poignard-franco-marocain\" target=\"_blank\"\">Source link <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 28 avril, \u00e0 douze heures trente-trois pr\u00e9cises, un voile noir s&rsquo;est abattu sur la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique, gagnant jusque dans les provinces m\u00e9ridionales de la France. 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