Le Parquet de Paris soupçonne Elon Musk d’avoir orchestré la polémique liée aux deepfakes de Grok, “des attardés mentaux”, réagit le milliardaire


Le Parquet de Paris soupçonne Elon Musk d’avoir délibérément orchestré la polémique sur le chatbot de X, Grok, et la génération de deepfakes à caractère sexuel en début de cette année. Pour les magistrats français, des éléments laissent entendre que le milliardaire américain a souhaité valoriser les actions de ses entreprises avec une fusion entre SpaceX et xAI. Le patron de Tesla a réagi en qualifiant les magistrats “d’attardés mentaux”.

En janvier 2026, le chatbot Grok d’Elon Musk a déclenché une polémique mondiale en générant des deepfakes sexuels non consentis à partir de photos publiées sur X, y compris celles de femmes, de célébrités et même de mineurs, grâce à ses nouvelles fonctions d’édition et de génération d’images déployées fin décembre 2025. 

Le gendarme US des marchés financiers informé

Rapidement, cette affaire a conduit à des enquêtes réglementaires en Europe, notamment une procédure formelle lancée par la Commission européenne contre X fin janvier 2026 pour violation des règles sur les contenus et la protection des données. Une procédure qui s’ajoute à plusieurs autres visant X. Dans la foulée, l’autorité irlandaise (DPC) lance une enquête au titre du RGPD concernant la génération illégale d’images de personnes réelles sans consentement. En France, bien que sans enquête autonome annoncée jusque-là, le scandale a alimenté un débat public intense en janvier-février 2026 sur les infractions pénales potentielles.

Entre-temps, Elon Musk annonçait en grande pompe la fusion capitalistique de xAI et de SpaceX, annoncée début février. “SpaceX a fait l’acquisition de xAI pour former le moteur d’innovation (…) le plus ambitieux sur Terre (et au-delà), alliant l’IA, les fusées, l’Internet spatial, les communications directes vers les mobiles et la plus importante plateforme d’information en temps réel et de liberté d’expression au monde”, avait écrit le milliardaire américain.

Elon Musk avait justifié cette opération par son projet de construire en orbite des centrales photovoltaïques géantes, plus efficaces que sur la Terre, combinées à des centres de données d’IA. Un projet baptisé “Sentient Sun”.

Ce timing, entre la polémique liée à Grok et la fusion de xAI avec SpaceX, a justement suscité des soupçons de la justice française. Samedi, le parquet de Paris a déclaré que “la polémique suscitée par les deepfakes à caractère sexuel générés par Grok (agent IA de X) pourrait avoir été générée à dessein, afin de valoriser artificiellement les sociétés X et xAI”, en prévision de “l’introduction en Bourse prévue en juin 2026 de la nouvelle entité née de la fusion entre SpaceX et xAI, et alors que la société X était en perte manifeste de vitesse”.

Quelques jours auparavant, c’est-à-dire le mardi, explique encore le Parquet, une “transmission spontanée d’informations” a été communiquée au ministère américain de la Justice, « via le bureau d’entraide pénale internationale du ministère de la Justice français”. Cette transmission a également été émise « à l’intention des avocats français de la Securities and Exchange Commission (SEC), qui est l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers », a ajouté le ministère public.

Des “attardés mentaux”

En outre, d’autres éléments renforcent les soupçons des magistrats parisiens, explique certains médias français, comme des messages du patron de SpaceX dans lesquels il aurait incité à générer des images avec Grok ou dans lesquels il se réjouissait des capacités du chatbot ou du fait que l’application était en tête des téléchargements.

Le même jour, Elon Musk a réagi à une dépêche AFP sur le sujet. “Ce sont des attardés mentaux”, a-t-il écrit en français référence aux magistrats français.

Elon Musk est convoqué le 20 avril 2026 par le parquet de Paris pour une audition libre, en sa qualité de gérant de fait de la plateforme X au moment des faits, dans le cadre d’une enquête préliminaire sur la cybercriminalité ouverte à la suite de signalements dès début 2025.

L’enquête porte initialement sur des biais algorithmiques de X signalés en 2025, élargie ensuite à l’été 2025 pour inclure les dysfonctionnements de Grok avant d’être élargie suite à la diffusion massive de deepfakes sexuels non consentis. Des perquisitions ont eu lieu début février 2026 dans les locaux français de X, qualifiées d' »abusives » par la plateforme, et des salariés sont convoqués du 20 au 24 avril en tant que témoins. 

 





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