Le baromètre de mai 2026 réalisé par l’institut MIS Group pour France-Soir et BonSens.org révèle une fracture sanitaire profonde et durable. Sur un échantillon représentatif de 1 200 Français âgés de 18 à 75 ans (méthode des quotas : sexe, âge, région, CSP), les résultats de la vague du 30 avril au 4 mai 2026 confirment que la crise de confiance née de la gestion de la Covid-19 ne s’est pas résorbée : elle s’est même enracinée et contamine désormais l’ensemble des politiques de santé publique.
Ce troisième volet de la série complète les deux précédents (consensus souverainiste et triomphe du « Parti du Rejet »). Il montre que la défiance n’est pas une simple « méfiance anti-vaccin » irrationnelle, mais une rupture de confiance politique, exigeant transparence, pluralité scientifique et retour au bon sens. Le diagnostic sans ambiguïté mène à conclure que la défiance n’est plus conjoncturelle, elle est devenue structurelle.
Synthèse du diagnostic sanitaire
La diapositive résume en quatre chiffres les grandes tendances :
- 82 % refusent le vaccin de la nouvelle campagne Covid (avec 71%, la méfiance s’étend massivement à la grippe).
- 50 % pointent les mensonges du gouvernement comme cause principale de leur défiance et rejettent explicitement la responsabilité attribuée aux réseaux sociaux et aux « antivax » comme voudraient le faire croire les autorités.
- 65 % perçoivent une hausse explosive des cancers et exigent massivement des enquêtes indépendantes (89 %).
- 78 % réclament la transparence absolue des données de mortalité et un retour au bon sens face aux crises, y compris animales.

Ces quatre piliers dessinent un consensus citoyen clair : les Français veulent la vérité, la proportionnalité et la fin des politiques perçues comme autoritaires ou opaques.
L’enracinement de la défiance : une fracture née de la crise covid-19
Avec un socle encore majoritaire :
- 70 % des Français restent favorables au principe général de la vaccination (baisse statistiquement significative par rapport aux 73 % de février 2026).
- Mais 54 % se disent désormais défavorables à certaines vaccinations spécifiques (stable par rapport aux résultats de 55 % en février).

Le rejet actuel n’est donc pas un dogme anti-vaccin global, mais une rupture de confiance « chirurgicale » et ciblée envers les nouvelles politiques sanitaires post-Covid. Cette fracture, née de la crise de 2020-2021, ne se referme pas.
L’adhésion de principe à la vaccination reste majoritaire, mais s’érode sur le long terme
Le graphique historique est particulièrement parlant. De 2000 à 2024, l’adhésion à la vaccination en général était très élevée (souvent supérieure à 80-90 %) selon les données de Santé Public France. Depuis 2025, on observe une érosion nette :
- En mai 2026 : 70 % favorables (dont 27 % « très favorables »), 30 % défavorables.
- La courbe montre une baisse progressive et continue depuis mai 2025.

Ce décrochage, documenté par les sondages MIS Group (et non par Santé Publique France qui publie des données décalées, par exemple publication en avril 2026 des données d’adhésion vaccinale pour 2024), confirme que la crise Covid a durablement entamé la confiance historique des Français dans la vaccination.
Le rejet massif des nouvelles campagnes de vaccination
Les chiffres sont sans appel :
- 82 % refusent le vaccin lors de la nouvelle campagne Covid (légère hausse par rapport aux 81 % de février).
- 71 % refusent également de se faire vacciner contre la grippe.

L’adhésion aux rappels vaccinaux contre la Covid-19 et la grippe s’effondre. La méfiance née du Covid contamine désormais les campagnes de santé publique traditionnelles. Ce n’est plus un phénomène marginal : c’est une majorité écrasante qui dit « non » aux injections répétées.
L’inquiétude tenace sur la réalité des effets secondaires
- 54 % estiment qu’il y a beaucoup d’effets secondaires liés au vaccin Covid.
- 46 % déclarent avoir ressenti des effets indésirables après au moins une dose dont 15 % d’effets importants à majeurs.
- 35 % demandent la suspension immédiate des vaccins Covid-19.

Cette inquiétude reste très élevée plus de trois ans après le pic de la campagne de vaccination. Elle alimente directement le refus des nouvelles doses.
Les causes de la défiance : un motif éminemment politique
Les Français sont très clairs sur les responsabilités :
- 64 % affirment que les réseaux sociaux ou les « antivax » ne sont pas responsables de leur perte de confiance.
- 50 % déclarent que ce sont les mensonges du gouvernement qui ont détruit leur confiance (en hausse par rapport aux 47 % de février).
- 56 % estiment que les médias n’ont pas bien informé sur les risques.

La responsabilité est donc clairement politique et institutionnelle, et non « complotiste » ou extérieure.
L’Alerte Citoyenne Majeure : la perception des cancers
- 65 % des Français perçoivent une augmentation explosive des cas de cancers.
- 89 % exigent que les autorités enquêtent immédiatement sur les causes de cette hausse.
- 55 % jugent anormal que le gouvernement refuse d’évoquer un lien éventuel avec la technologie à ARNm.

C’est l’une des alertes les plus fortes du sondage : une majorité écrasante demande des réponses concrètes et indépendantes sur ce sujet de santé publique majeur.
Le besoin urgent de transparence et de pluralité scientifique
Les exigences sont massives :
- 78 % veulent que les autorités fournissent aux chercheurs indépendants toutes les données de mortalité par statut vaccinal.
- 60 % souhaitent que toutes les voix scientifiques soient entendues, y compris les voix dissidentes (ex. Pr Perronne, Pr Raoult).
- 58 % demandent une meilleure protection des lanceurs d’alerte.
- 50 % estiment que l’actuelle ministre de la Santé a des conflits d’intérêts avec les laboratoires et n’aurait pas dû être nommée.

La demande de transparence et de débat scientifique libre est donc un consensus très large.
Le rejet des politiques sanitaires extrêmes s’étend à la santé animale
La volonté de proportionnalité et de bon sens observée chez les humains s’applique aussi à la santé animale (crise de la Dermatose Nodulaire Contagieuse – DNC) :
- 64 % estiment qu’il n’est pas nécessaire de tuer tout un cheptel si une seule bête est malade, car des alternatives à l’abattage existent.
- 37 % s’opposent à l’obligation vaccinale des animaux contre la DNC.

Les Français rejettent les mesures radicales et demandent du pragmatisme partout.
Conclusion
Ce troisième volet confirme que la défiance sanitaire n’est pas une parenthèse : elle s’est enracinée et s’étend à l’ensemble des politiques de santé. Les Français restent attachés au principe de la vaccination (70 %), mais ils refusent massivement les campagnes actuelles (82 % Covid, 71 % grippe) et exigent la vérité sur les effets secondaires, les hausses des cancers et les données de mortalité par statut vaccinal.
Ils rejettent explicitement la thèse officielle qui attribue leur méfiance aux réseaux sociaux et à ceux que le gouvernement dénomme les « antivax » : 50 % pointent les « mensonges du gouvernement » et 56 % critiquent le rôle des médias. La demande de transparence (78 %), de pluralité scientifique et de bon sens (même pour la santé animale) est écrasante.
Ces informations partagées par l’association BonSens.org dans un rapport sur la désinformation en santé envoyé à Stéphanie Rist, la ministre de la Santé, n’ont pas été prises en considération, accentuant ainsi la perte de confiance dans la capacité des institutions de santé à aborder les réels problèmes auxquels les Français sont confrontés. De plus, Santé Publique France, dans son baromètre sur la confiance vaccinale publié en avril 2026, diffuse encore des chiffres de 2024 qui ne reflètent donc pas la réelle baisse d’adhésion mesurée en temps quasi-réel par cette vague du sondage qui apporte une information actualisée pour mai 2026.
Santé Publique France a été interrogée par France-Soir sur les raisons de ce retard dans la publication de l’information, mais plus important, pourquoi n’a-t-elle pas, dans son rapport de 2026, intégré les chiffres de 2023 qui montraient déjà la tendance de la perte d’adhésion ? Le rôle d’une agence de santé n’est-il pas d’adresser ce genre de sujets avec des données à jour afin que les décideurs publics soient informés en temps réel des problématiques réelles ? SPF, contactée par France-Soir, avait promis une réponse pour lundi dernier sans qu’elle ne soit donnée à ce jour.

Un autre point fondamental est la différence entre le discours tenu par la ministre de la Santé sur l’imputation en termes de désinformation en santé : la baisse d’adhésion vaccinale est imputée aux « antivax » et aux réseaux sociaux, par le ministère et d’autres médecins qui ont accès aux médias mainstream, alors qu’en réalité les Français savent faire la part des choses et expliquent la baisse d’adhésion par la perte de confiance dans l’exécutif du fait de leurs mensonges notamment pendant la crise Covid (50 % en mai 2026, en hausse statistiquement significative de 3 points depuis février 2026). Cette déconnexion est flagrante et le refus de la part du gouvernement de prendre cela en considération interpelle.
En dernier lieu, pourquoi la ministre ne prend-elle pas en compte les déclaratifs des effets secondaires de la vaccination (15 % des vaccinés déclarent avoir subi des effets indésirables graves ou majeurs) qui entraînent pour eux une déshérence médicale ? Destinataire du contre-rapport sur la désinformation en santé, la ministre de la Santé Stéphanie Rist, n’a visiblement pas voulu en prendre connaissance ou en tenir compte. Nier un problème ne l’a jamais fait disparaître et, en général, les données reviennent comme un boomerang. C’est ce que l’on peut mesurer dans ce sondage.
Cette crise de confiance sanitaire s’inscrit finalement dans un mouvement plus large révélé par les deux premiers volets : les Français veulent reprendre le contrôle – souveraineté économique, rupture politique et, désormais, vérité et proportionnalité en santé. Le message est clair : les Français ne veulent plus de cette politique de santé imposée sans débat, sans transparence et sans écoute des citoyens et des scientifiques lanceurs d’alerte.
Méthodologie et marge d’erreur
L’enquête a été menée par MIS Group (Shopper Union France SAS) pour France-Soir / BonSens.org entre le 30 avril et le 4 mai 2026 sur 1 200 répondants représentatifs. Les marges d’erreur sont très faibles (ex. : ±2,8 points pour un résultat à 50 %). Les consensus observés (> 85 %) sont donc statistiquement inattaquables.

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