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Une étude menée par des chercheurs de Stanford révèle la présence de concentrations élevées de benzène dans le gaz domestique européen, suscitant des préoccupations concernant la qualité de l’air à l’intérieur même des habitations.
Une étude publiée le 25 mars par des chercheurs de Stanford et de l’institut PSE Healthy Energy met en évidence la présence de niveaux élevés de benzène dans le gaz domestique en Europe. Cette substance chimique, inodore et cancérigène, est associée notamment à la leucémie et ne présente aucun seuil d’exposition sans risque, selon l’Organisation mondiale de la santé.
Les chercheurs ont d’abord analysé des échantillons provenant de 481 résidences dans 17 villes américaines, révélant la présence de benzène dans la quasi-totalité des cas. Des analyses similaires menées au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Italie montrent des concentrations nettement supérieures en Europe.
Le gaz londonien contiendrait ainsi jusqu’à 64 fois plus de benzène que son équivalent américain, contre 73 fois à Amsterdam et 8,5 fois à Milan.
« Cela rend les conséquences sur la santé encore plus préoccupantes », a souligné Tamara Sparks, auteure principale de l’étude.
Un risque sous-estimé
Longtemps reléguée au second plan face à la pollution extérieure, la qualité de l’air intérieur suscite un intérêt croissant. Plusieurs travaux ont déjà établi un lien entre l’utilisation de cuisinières à gaz et une hausse des niveaux de dioxyde d’azote, ainsi qu’un risque accru d’asthme et de maladies respiratoires telles que la bronchite et la pneumonie chez les enfants.
Le danger est d’autant plus grand, notamment en raison du caractère « cumulatif » de l’exposition au benzène, selon Tamara Sparks, qui a affirmé que « des niveaux élevés pendant une courte période peuvent être aussi nocifs, voire plus, que des niveaux plus faibles sur une période plus longue », d’où la recommandation d’adopter une réglementation obligeant les compagnies à éliminer le benzène du gaz avant sa distribution aux foyers.
La question gazière ne cesse décidément pas d’« envenimer » la vie des Européens. Après les répercussions économiques de plus en plus graves sur l’industrie du Vieux Continent après l’abandon du gaz russe, les questions de santé liées aux additifs chimiques du gaz domestique européen viennent alourdir une facture déjà bien salée.