Plainte d’Israël face à l’inaction du Liban contre le Hezbollah, par Gideon Sa’ar


Je tiens par la présente à vous informer des attaques violentes et incessantes menées en territoire israélien par l’organisation terroriste du Hezbollah depuis le Liban. Depuis le 2 mars 2026 à 1 heure du matin, le Hezbollah lance et mène des attaques coordonnées et indiscriminées contre la population civile israélienne, à la demande et sur ordre de ses commanditaires à Téhéran. À ce jour, il a lancé plus de 3 500 roquettes, missiles et drones contre Israël, notamment depuis des zones situées au sud du Litani, mettant en danger des millions d’Israéliens et les forçant à se réfugier dans des abris antiaériens. Pas plus tard qu’hier, Nuriel Dubin, âgée de 27 ans, a été tuée par une frappe de missile du Hezbollah.

Ces attaques visent les communautés qui ont déjà été déplacées pendant plus de 18 mois après leur évacuation du nord d’Israël à la suite des attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023 et des attaques meurtrières perpétrées par le Hezbollah, qui s’est rallié au Hamas dès le 8 octobre 2023.

Ces attaques flagrantes constituent une violation du droit international, ainsi que des résolutions 1701 (2006) et 1559 (2004) du Conseil de sécurité, et s’inscrivent dans le droit fil du mépris affiché par le Hezbollah à l’égard des accords sur la cessation des hostilités conclus en novembre 2024. Les agissements du Hezbollah et le conflit armé qui l’oppose actuellement à Israël mettent gravement en danger la vie des résidents israéliens et portent atteinte à la souveraineté du Liban. Ils mettent également en danger le personnel de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL).

Le Hezbollah n’a pas cessé ses attaques contre Israël, même après le retrait des Forces de défense israéliennes vers la Ligne bleue en 2000.

Le Gouvernement libanais a officiellement rejeté les attaques inacceptables menées par le Hezbollah, comme il l’a indiqué dans une lettre datée du 2 mars 2026 qu’il a adressée au Conseil de sécurité. Des déclarations faites par des responsables libanais ont une nouvelle fois démontré que les actions du groupe font passer les intérêts du régime iranien avant la sécurité et la sûreté des Libanais.

Israël n’acceptera aucune violation de sa souveraineté ni aucune attaque dirigée contre lui ou ses citoyens, et prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger ces derniers, conformément au droit international. En réponse aux attaques lancées depuis le Liban, les Forces de défense israéliennes ont mené des opérations ciblées pour protéger les civils israéliens et affaiblir les capacités militaires du Hezbollah. Ces opérations, notamment les frappes de précision visant des commandants de haut rang du Hezbollah, les principaux chefs de la force d’élite Radwan et des agents iraniens impliqués dans la planification d’attaques imminentes contre des civils israéliens, ont permis de neutraliser des centaines de terroristes.

Étant donné que le Hezbollah est fermement implanté dans des zones du sud du Liban qui sont très proches de populations civiles israéliennes, qu’il a publiquement menacé de mener des raids contre ces populations et qu’il lance des attaques incessantes de missiles et de drones, la présence de forces défensives avancées est primordiale. Les Forces de défense israéliennes effectuent des opérations dans des zones stratégiques du sud du Liban afin d’empêcher une incursion au sol et de limiter la capacité du Hezbollah de frapper directement des communautés israéliennes, notamment par des tirs à vue visant les zones civiles voisines. Étant donné que bon nombre de ces communautés sont la cible de tirs de roquettes, dont elles ne sont averties qu’avec quelques secondes d’avance, ou dont elles ne sont pas averties du tout, ces mesures de défense sont indispensables.

Les attaques menées par le Hezbollah depuis le nord et le sud du Litani montrent que le groupe n’a pas été désarmé et que les résolutions 1701 (2006) et 1559 (2004) du Conseil de sécurité, ainsi que les accords de 2024, n’ont pas été appliqués. C’est au Gouvernement libanais qu’il revient de veiller à l’application intégrale et effective de ces résolutions, notamment l’obligation de désarmer le Hezbollah et d’éliminer la menace qu’il fait peser sur Israël et la région.

Le fait que le Gouvernement libanais n’ait pas pris de mesures concernant les infrastructures militaires du Hezbollah est la preuve d’un manque de volonté et d’efforts, ainsi que d’une incapacité à combattre efficacement le Hezbollah. Bien que le Liban ait affirmé en janvier avoir pris le « contrôle opérationnel » de la région située au sud du Litani, une grande partie des attaques lancées contre Israël provenaient de cette zone, ce qui met en évidence le fossé entre les discours et la réalité. De plus, le Liban n’a pris aucune mesure concrète pour mettre fin à la mainmise du Hezbollah sur certaines fonctions de l’État, notamment les systèmes financiers et bancaires, l’éducation, les réseaux communautaires et le réseau de distribution alimentaire, ainsi que d’autres secteurs économiques, et a laissé en fonction des ministres qui entretiennent des liens avec le Hezbollah.

Depuis la signature des accords de cessation des hostilités en novembre 2024, Israël a fait état de violations commises par le Hezbollah et signalé des sites militaires au mécanisme international de surveillance et de mise en œuvre, dans l’espoir que l’Armée libanaise passe à l’action. Cependant, le premier barrage de roquettes tiré le 2 mars 2026 provenait d’un site qui avait été signalé à plusieurs reprises à l’Armée libanaise, mais contre lequel rien n’avait été fait. Le Liban a manifestement manqué à son obligation d’empêcher le lancement d’attaques depuis son territoire.

Les agissements du Hezbollah au Liban sont indissociables de la campagne plus large menée par l’Iran contre Israël. Le régime iranien continue de réaliser d’énormes investissements dans le renforcement de son réseau régional de supplétifs terroristes, en apportant un financement considérable au Hezbollah et en lui fournissant du matériel militaire de pointe, notamment des munitions à guidage de précision et des drones kamikazes. En effet, selon les estimations, l’Iran aurait versé environ 1,2 milliard de dollars au Hezbollah depuis le cessez-le-feu. Il joue également un rôle direct dans la formation des militants et l’encadrement des hauts responsables. Le Hezbollah continue d’implanter une grande partie de ses infrastructures militaires, notamment ses caches d’armes et sites de tir, ses centres de commandement et de contrôle, ainsi que d’autres installations à vocation militaire, au sein de zones civiles. Ces agissements ne font que confirmer les inquiétudes qu’Israël a exprimées à maintes reprises au fil des années en ce qui concerne les violations persistantes commises par le Hezbollah et le non-respect des résolutions du Conseil de sécurité sur ce sujet ainsi que des accords de 2024.

En conséquence, nous demandons au Conseil de sécurité et au Secrétaire général :

1. De condamner sans équivoque le Hezbollah pour les graves violations qu’il commet et de le désigner comme une organisation terroriste ;

2. D’exiger des autorités libanaises qu’elles s’acquittent de leur obligation de désarmer le Hezbollah et les autres groupes armés et qu’elles veillent au respect immédiat des résolutions 1701 (2006) et 1559 (2004), notamment les points demandant la dissolution et le désarmement de toutes les milices ;

3. De s’attaquer au rôle joué par l’Iran, qui représente une menace pour la paix et la sécurité internationales et constitue la principale source d’instabilité dans la région, en l’amenant à rendre des comptes pour la poursuite des transferts d’armes et de fonds au Hezbollah.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre comme document du Conseil de sécurité. Je vous informe qu’une copie de la présente lettre a été adressée au Secrétaire général.



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