Renault annonce la suppression de 15 à 20 % de ses postes d’ingénieurs d’ici à deux ans, partout dans le monde. Cette décision s’inscrit dans une réorganisation profonde de la conception automobile, amorcée récemment, visant à produire plus vite et moins cher, notamment grâce à une coopération accrue avec la Chine. Le constructeur entend ainsi répondre à une concurrence mondiale jugée inédite, au grand dam, peut-être, de la qualité.
Selon les informations relayées par Frandroid, entre 1 600 et 2 400 postes seraient concernés, sans licenciements directs mais via des non-remplacements et des reconversions. Derrière la prudence affichée, le virage stratégique se lit aussi dans la géographie du pouvoir industriel. Le centre de Shanghai, devenu un pivot du développement, a permis à la nouvelle Twingo d’être conçue en deux ans seulement.
Renault envisage désormais de donner plus d’autonomie à certains pôles, notamment en Inde ou en Roumanie, réduisant le rôle central du Technocentre français. Officiellement, « la stratégie, toutes les technologies à haute valeur ajoutée et les projets amont resteront en France ».
Il s’agit, in fine, de réduire de 40 % les coûts de développement. Pour y parvenir, Renault accélère les cycles, allège les équipes et intègre davantage de composants issus de Chine. Une logique industrielle efficace, certes, mais à quel prix ? À force de courir après l’économie, que va-t-il rester de l’identité et du savoir-faire historique de Renault ?