La grande arnaque du salut par la science, par Lotfi Hadjiat


On ne devrait payer un médecin seulement après qu’il nous ait guéri, s’il nous guérit.

Vous croyez vraiment que la science est au service des hommes… ? Figurez-vous que c’est exactement l’inverse.

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Tous les êtres vivants communient avec la nature excepté l’homme, et cette non-communion acharnée il appelle ça : la science.

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Les instances scientifiques ont désormais pour seule mission de condamner durement ceux qui promeuvent la communion avec la nature et la santé qui en découle, et de faire passer cette communion pour une charlatanerie dangereuse.

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L’esprit dans l’homme n’aspire qu’à une chose, communier avec…, eh bien précisément, avec quoi ?… Même si on communie avec la nature, celle-ci ne comble pas toutes les attentes de notre esprit, notre intellect a besoin d’affinités intellectuelles que la nature n’offre pas… Notre esprit ne peut communier qu’avec une source spirituelle. C’est ce défaut de communion d’esprit qui fait la souffrance de l’homme.

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On communie de cœur et d’esprit d’abord avec ses proches, ses amis, ses semblables, ses moins semblables… mais, au fond, on aspire à plus. Certains aspirent à plus… on se tourne alors vers la religion, les sagesses ancestrales, millénaires… on cherche encore… On peut malheureusement se laisser tenter par des sectes, des escrocs… et puis on se dit que si la communion mystique n’advient pas c’est qu’on n’est pas prêt… on se met alors à tenter de déceler ses blocages, ses résistances intérieures, profondes, inconscientes… Enfin, si rien n’advient, on se résigne à expier, expier encore… jusqu’à la mort. 

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Il n’y a malheureusement pas de recette pour la communion mystique. On peut chercher la sagesse toute sa vie, écouter les signes jusqu’à sa mort, et ne pas parvenir à cette communion. 

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Après avoir chercher toute sa vie, explorer, expier, prier… on se met à douter. Et on reste avec notre manque de communion, inconsolable et pas forcément gai. Les plus faibles croiront au salut par la science. Ou par les dogmes. Et la science est le pire des dogmes.

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Imaginons un homme qui parvient à la communion mystique et qui voudrait en parler aux autres. Mais qui le croira… ? « Quelles sont vos preuves ? », « Quelles sont vos sources ? », « Est-ce que ça a été vérifiée par la science ? », « Imposteur ! », « Crapule ! », « Sale drogué ! », lui lancera-t-on. Première règle : on ne cherche pas la communion mystique pour en convaincre les autres. 

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On peut partager beaucoup de choses sur les réseaux virtuels, des informations, des idées, des poèmes, des aphorismes, des textes de toutes sortes, des photos, des images, des vidéos, de la musique… des coups de gueule, des coups de cœur, des coups de folie, des coups de boule…, mais on ne peut pas partager une communion mystique.

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Il y a pire que la Caverne de Platon : la caverne virtuelle dans la Caverne de Platon. Et dans cette caverne virtuelle il y a d’autres cavernes, des cryptes toujours plus virtuelles, des fosses septiques, des abîmes sceptiques et ainsi de suite, tel un vortex incessant et insondable de futilité, d’idiotie, d’intelligence, de haine… Celui qui réussit à s’en libérer et qui revient à la caverne dans la Caverne pour transmettre la lumière aux prisonniers ne sera entendu que s’il fait une vidéo, écouté que si elle fait 700000 vues, et pris au sérieux que si elle fait 15 millions de vues. Si le libérateur bégaye, c’est râpé. Moïse bégayait…

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Les réseaux virtuels sont tout de même de moins en moins virtuels, ils font gagner du flouze bien réel – beaucoup de flouze -, ils nous font envoyer en prison bien réelle, avec des barreaux de cellule bien réels, et ils nous font parfois rencontrer des personnes de chair et d’os bien réels… Finalement, ils ne manque à ces réseaux que de devenir réels !… 

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Sur les réseaux virtuels, on se lamente, « Le salut ne vient pas ! Nous sommes foutus… ! ». J’aimerais tout de même rappeler, à toutes fins utiles, au cas où, que le salut ne peut être que réel, pas virtuel. Inutile donc d’être à l’affût du salut dans les réseaux virtuels. 

Jeûner longtemps nous guérirait du cancer. Et jeûner numériquement, c’est-à-dire nous priver d’Internet, pourrait nous guérir de la plus phénoménale aliénation de toute l’histoire de l’humanité.

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Il n’y a pas de salut par la science, et encore moins de salut par Internet.

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La salut vient d’abord en écoutant son intuition. En la cultivant, en la développant, en la clarifiant… Même s’il n’y a aucun preuve scientifique de cette intuition mystérieuse.

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L’humanité est tellement perdue qu’elle a créé son propre Déluge : le déchaînement inarrêtable des simulacres numériques, déluge numérique dans lequel elle périra.

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La grande arnaque du salut par la science prétend que tout est rationalisable, y compris le salut de l’humanité. Mais voyons bien que si les hommes font arriver la science à son terme – sans destruction nucléaire totale -, c’est-à-dire si l’humanité est intégralement remplacée par des robots qui prendront des décisions à la place des hommes, l’humanité ne sera alors pas sauvée puisqu’elle aura été remplacée, supprimée. Au moins on sera débarrassé de la droite prométhéenne. 

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D’où vient cette furieuse aliénation scientifique ?… De l’impossibilité pour l’homme d’une communion profonde par le medium scientifique. Et on demande à ceux qui contestent le salut par la science des preuves scientifiques !…

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Je ne ferais vraiment confiance à la science que lorsqu´elle soignera les âmes… c’est-à-dire lorsque les poules auront des dents, de la cryptomonnaie, des smartphones et feront des vidéos sur TikTok avec Elon Musk en invité surprise. 



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